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  • African Cities Insights I Faire la ville ensemble : co-construire la ville africaine par l'apprentissage

    < Back Faire la ville ensemble : co-construire la ville africaine par l'apprentissage Stéphanie Wattrelos Rutily, Insaf Ben Othmane La tendance mondiale à l'urbanisation s'accélère, avec plus de la moitié de la population mondiale vivant en ville, une proportion qui devrait atteindre 70 % d'ici 2050. Cependant, 90 % de cette croissance se produit en Asie et en Afrique, avec 75 % concentrée dans les villes intermédiaires de moins d'un million d'habitants. Les gouvernements africains sont confrontés à d'énormes défis pour améliorer les conditions de vie et répondre aux besoins des nouveaux citadins. L'urbanisme participatif représente un changement de paradigme qui appelle à des arrangements coopératifs où les habitants et les acteurs de la ville participent au processus de planification, de conception et de gestion. Le Campus AFD, Oecumene Spaces For Dignity et Africa Innovation Network ont co-construit « Faire La Ville Ensemble » pour soutenir les acteurs de la ville dans la prise de conscience des changements de paradigme nécessaires. La structure pédagogique numérique alterne entre apprentissage en ligne et temps collaboratifs dans un atelier numérique, fondée sur des principes pédagogiques innovants. Nous vivons dans un monde en rupture, où tout change, tout s'accélère, tout devient plus complexe, plus fragile et incertain. La planète s'urbanise à un rythme sans précédent. Déjà, plus de la moitié de la population mondiale vit en ville ; cette proportion atteindra 70 % d'ici 2050. Toutefois, bien que cette tendance soit mondiale, elle n'est pas uniforme : 90 % de la croissance urbaine mondiale se produit en Asie et en Afrique, avec des caractéristiques variées d'un pays à l'autre en termes de vitesse, d'échelle, de structure du tissu urbain et de couverture territoriale ; la croissance urbaine se déroule dans des mégapoles, mais 75 % de cette croissance se produit et continuera de se produire dans les villes intermédiaires de moins d'un million d'habitants. Les gouvernements africains, tant nationaux que locaux, sont confrontés à d'immenses défis pour améliorer les conditions de vie de leurs habitants et répondre aux besoins des nouveaux citadins. L'ampleur, la force et la vitesse de ces changements nous obligent à agir rapidement, à réinventer nos façons de penser et de vivre dans le monde, et surtout à replacer les habitants et les utilisateurs au cœur de la construction des villes et des territoires. « L'urbanisme participatif est un paradigme de planification qui appelle à des arrangements coopératifs dans lesquels les habitants et les acteurs de la ville sont impliqués dans le processus de planification, de conception et de gestion. Il promeut le dialogue ouvert et la collaboration fructueuse entre les parties prenantes : habitants, utilisateurs, experts, décideurs et investisseurs, permettant de renforcer la cohésion sociale et une meilleure gestion des ressources avec un engagement toujours plus grand des communautés, des institutions locales et des acteurs locaux. Cependant, l'urbanisme participatif n'est pas intuitif. Il nécessite un fort engagement des maîtres d'ouvrage et, par conséquent, des élus locaux ainsi que la participation d'une vaste gamme d'acteurs prêts à s'investir. Il requiert un investissement important en temps et en ressources, une méthodologie structurée et des efforts ciblés pour assurer le succès. Qui dit urbanisme participatif dit participation. De nouvelles compétences doivent être acquises pour mobiliser et fédérer les acteurs locaux, collaborer et co-construire. » Insaf Ben Othmane Hamrouni, Fondatrice et Directrice exécutive, Œcumene Spaces For Dignity. La construction de la ville, en Afrique comme dans le monde, ne peut plus se faire sans les habitants, les utilisateurs, les acteurs économiques, les associations, les experts et les opérateurs. Cela doit être présent à toutes les étapes du projet (de sa conception à sa mise en œuvre). Ce changement de paradigme dans la manière de penser l'urbanisme et cette reconfiguration des rôles impliquent de nouveaux « modes de faire » : « faire avec » et, surtout, « faire ensemble ». Le continent africain bénéficie de certains atouts, tels que : La puissance de l'innovation africaine combinant à la fois l'esprit du jugaad (faire mieux ou aussi bien avec moins de ressources) et le leapfrogging (capacité à faire un bond qualitatif) ; Une culture du collectif et de la fabrication informelle de la ville (une culture de l'apprentissage communautaire) ; L'émergence des communs urbains, qui prennent la forme de « lieux, publics ou privés, partagés par les habitants qui développent des usages pluriels, impliquant ainsi une multitude d'acteurs différents dans une gouvernance ouverte et mobilisant les ressources variées du territoire, matérielles et immatérielles, pour des usages destinés à différents cercles d'utilisateurs » (Françoise et al., 2022). Ces communs urbains se concrétisent de manière plus tangible par le développement de tiers-lieux culturels, de terrains de sport, de jardins partagés, de Fab labs, d'espaces de marché et de communautés d'apprentissage. En Afrique, des initiatives d'urbanisme participatif ont émergé dans le processus de fabrication du tissu urbain et prennent des formes multiples, telles que l'urbanisme tactique, l'urbanisme éphémère, l'urbanisme temporaire, l'urbanisme transitoire, etc. Véritable levier de transformation des territoires par la co-construction, le partage, la participation et l'innovation, l'urbanisme participatif offre de nombreuses opportunités pour construire des territoires plus inclusifs, résilients et durables, répondant aux besoins de leurs habitants. Pour Luc Gnacadja, la gestion et la gouvernance urbaine doivent se hisser à la hauteur des défis. Le premier facteur requis est le leadership et la qualité managériale des acteurs clés de la gouvernance publique. « Nous ne sommes pas équipés pour sortir de nos schémas mentaux et inventer de nouvelles manières de faire ; nous devons collectivement apprendre à libérer nos imaginaires et à nous affranchir de nos préjugés, à penser systématiquement et à connecter plutôt que séparer. Il ne s'agit pas d'éclipser le savoir-faire technique, mais de renforcer la capacité à identifier, mobiliser et synergiser les initiatives sur le terrain pour activer des collaborations qui mettent en valeur l'intelligence collective et partagent la connaissance, la créativité et la co-construction de solutions propres à chaque territoire. Et cela doit être appris, vécu et expérimenté plutôt que décrété. » Stéphanie Wattrelos Rutily, Urbaniste, chargée de projets pédagogiques, Campus AFD. La ville africaine durable doit être plus inclusive, libérant la créativité de chacun pour construire des solutions durables. Pour relever le défi de la ville pour tous et soutenir les acteurs de la ville dans la sensibilisation aux changements de paradigme nécessaires, le Campus AFD, Oecumene Spaces For Dignity et Africa Innovation Network ont co-construit, avec et pour ces acteurs, « Faire La Ville Ensemble » un nouveau parcours d'apprentissage immersif et collaboratif. Ses objectifs : comprendre les dynamiques complexes à l'œuvre dans les territoires urbains ; identifier les notions de participation et co-définir ensemble les concepts clés pour une participation ouverte et partagée en Afrique ; sensibiliser et initier les acteurs de la ville en Afrique aux approches et outils pour co-construire des projets urbains en s'appuyant sur l'intelligence collective et la créativité. Cette formation vise à transformer les postures et à accompagner le changement pour passer du rôle traditionnel de chef de projet à celui de facilitateur au sein de son territoire. « Ce que je retiens de mon parcours sur “Faire la ville ensemble”, ce sont ces moments intenses qui ponctuent les différentes phases de mise en œuvre de la participation comme outil essentiel à la fabrication de la ville. Cet exercice complexe et instructif nous a permis, en tant que participants, de faire face aux défis de nos villes, notamment en Afrique, où l'anarchie, la précarité et l'absence de planification stratégique en constituent le trait central. Mais à mesure que nous apprenions ces méthodes de participation, nous avons réalisé qu'il est possible de rêver de villes africaines inclusives et durables qui se construisent différemment, avec de nouvelles approches impliquant les différents acteurs dans la création d'une vision partagée de leur ville. Cela permet aux autres parties prenantes de planifier ensemble et de travailler vers un objectif commun. Ces méthodes bénéficient à l'Agence d'urbanisme du Grand Tunis, qui intervient principalement pour assister les autorités locales dans l'élaboration de leurs outils d'urbanisme, constituant une opportunité de mettre ces approches en pratique. » Jihene Ghiloufi Dahmeni, Ingénieur, Directrice de la gestion de l'information urbaine, Tunisie. La structure pédagogique numérique « Faire la Ville Ensemble », co-construite avec les acteurs locaux, alternera apprentissage en ligne et temps collaboratifs dans un atelier numérique, en s'appuyant sur des principes pédagogiques innovants, à savoir : Conçue comme un commun numérique, la plateforme « Faire la Ville Ensemble » propose du contenu éducatif dynamique et interactif (expériences de terrain, vidéos, infographies, boîtes à outils, quiz...) à découvrir à son propre rythme et en autonomie ; Et pour explorer, inventer, se mettre à la place de… et apprendre par le jeu, l'intelligence collective et la créativité, des ateliers numériques collaboratifs ponctuent tout le parcours pour ceux qui disposent de plus de temps. Plus qu'une simple formation, « Faire la Ville Ensemble » est une véritable expérience d'apprentissage qui s'appuie sur l'innovation, l'intelligence collective et la puissance du partage d'expériences. C'est avant tout une communauté d'acteurs de la ville engagés dans la volonté de replacer l'humain au cœur de la construction de la ville. Previous Next

  • AIN Videos Podcasts I Réinventer les villes Sénégalaises au carrefour de l'urbanisme inclusif et des opportunités économiques

    Alé Badara SY promeut l'urbanisation adaptative au Sénégal, intégrant la communauté pour transformer les défis climatiques en opportunités économiques et créer des villes inclusives et durables. < Back Réinventer les villes Sénégalaises au carrefour de l'urbanisme inclusif et des opportunités économiques Alé Badara SY Alé Badara SY, expert en urbanisme et président d'un club de réflexion urbaine, souligne l'importance de s'adapter aux réalités territoriales au Sénégal pour répondre aux défis d'urbanisation, de changement climatique, et de logement. Il identifie la nécessité de projets d'infrastructure adaptatifs, un accès équitable au logement et renforce le leadership et la capacité de planification des acteurs locaux. Alé plaide pour une approche inclusive qui transforme les défis climatiques en opportunités économiques, insistant sur l'implication des communautés, en particulier des femmes et des jeunes, dans les processus de planification urbaine pour créer des villes durables et vivables. https://www.youtube.com/watch?v=g9iIfIqnszQ

  • African Cities Insights I The potential of Artificial Intelligence for Africa

    < Back The potential of Artificial Intelligence for Africa The advent of artificial intelligence (AI) has the potential to transform African cities, but its successful integration requires a comprehensive understanding of its implications and the development of appropriate governance frameworks. The digital sector is set to grow by around $180 billion by 2030, with jobs in AI expected to grow by over 200% by 2025. AI has the potential to address challenges such as poverty, inequality, and limited access to essential services, such as improving healthcare outcomes, enhancing agricultural productivity, and optimizing urban infrastructure. AI governance, where AI ethics meet implementation through institutions and regulation, is crucial for upholding these values in the AI ecosystem. The Global Index on Responsible AI provides governments with baseline information on their country's AI activities, offering clear benchmarks for countries to ensure their citizens' rights are protected and promoted in the context of AI use. Responsible AI refers to the design, development, deployment, and governance of AI in a way that respects and protects all human rights and upholds the principles of AI ethics. “AI governance, the way in which I like to define and describe it, is where AI ethics meets implementation through institutions and regulation. So AI ethics are the values that should guide the use and development of artificial intelligence.” Rachel Adams, PhD, the Founder and CEO of the Global Center on AI Governance The advent of artificial intelligence (AI) has ushered in a new era of technological advancement, reshaping industries and societies worldwide. As AI continues to evolve, its potential to transform African cities is immense. However, the successful integration of AI requires a comprehensive understanding of its implications, as well as the development of appropriate governance frameworks. The digital sector is primed for immense growth, accounting for around $180 billion by 2030, set to increase as a consequence of the enactment of the African Continental Free Trade Area (AfCFTA). Jobs in AI are likely to grow by over 200% by 2025. AI’s potential is already being used to help detect cases of tuberculosis in Nigeria, combatting poachers in Malawi, and to prevent crop disease by Cashew farmers in Ghana. Further, a program run by the South African Department of Health, called ‘MomConnect’ uses AI chatbots and software to assist over 1.8 million mothers with pre- and post-natal care. AI can be broadly defined as the simulation of human intelligence in machines, enabling them to perform tasks that typically require human cognition. This includes learning, reasoning, problem-solving, perception, and language understanding. AI applications are diverse, ranging from natural language processing and computer vision to machine learning and robotics. In the African context, AI has the potential to address a wide range of challenges, including poverty, inequality, and limited access to essential services. For instance, AI-powered systems can be used to improve healthcare outcomes, enhance agricultural productivity, and optimize urban infrastructure. AI governance really should be about how we create rules and standards that can guide everybody within the AI ecosystem to ensure that we uphold these values as AI is designed, developed, used, governed and so forth. The Global Index on Responsible AI (GIRAI) is the first tool to set globally-relevant benchmarks for responsible AI and assess them in countries around the world. This study constitutes the largest global data collection on responsible AI to-date. In its first edition, the Global Index on Responsible AI covers 138 countries and jurisdictions, including 41 countries from Africa. “One of the most significant things about the Global Index on Responsible AI is it included data collected from 41 African countries and no study had ever been so comprehensive in assessing responsible AI or even just AI across so many African countries.” One of the key implications of the findings of the Global Index on Responsible AI for Africa is the need for increased investment in local AI capacity. By fostering a vibrant AI ecosystem, African countries can develop their own AI technologies and applications, reducing their dependence on foreign solutions. Additionally, the index highlights the importance of building a skilled workforce capable of harnessing the power of AI. Rachel stated that the Global Index on Responsible AI provides governments with baseline information on their country's responsible AI activities and commitments. She emphasized that AI is often multi-sectoral and requires a comprehensive understanding of government-wide efforts. The index offers clear benchmarks for countries to ensure that their citizens' rights are protected and promoted in the context of AI use. These benchmarks include guidelines on public procurement, building AI skills, implementing AI ethics principles, and having data protection laws and institutions. By conducting the index annually, governments can track their progress in AI adoption and its impact on their societies. “The Global Index on Responsible AI showed us that just because you have a policy in place does not mean that you are ensuring that these technologies are governed in a way that is ethical, responsible, and protects human rights and democracy. So having a Policy alone - and policies are not binding - they just kind of demonstrate executive intent. They demonstrate that a government cares about this issue and recognizes its importance and will do a set of things.” Rachel continued to further state that they have a problem on the continent where they develop policies but lack the funding or capacity to implement them. She emphasized the need for active agencies within countries, such as oversight institutions, data protection authorities, human rights commissions, and sectoral level bodies, to understand the impact of AI on their sectors and adjust accordingly to ensure that societal values are not negatively impacted. Additionally, she highlighted the importance of networks of people, particularly civil society organizations, to be involved in this process. Global Index on Responsible AI: 2024 Scores Comprehensive, comparable, country-level data She continued by emphasizing the important role of universities and research communities in understanding the best ways to govern AI. She highlighted the lack of knowledge about the precise impacts of AI on African societies and economies, emphasizing the need for research to inform policy decisions. She also cautioned against implementing rigid government approaches similar to those in the European Union, which could hinder the growth of local innovators. Instead, she advocated for governance mechanisms that support the growth of local industries and do not impose excessive compliance costs. Additionally, Rachel stressed the importance of civil society in advocating for change, educating the public about AI, and ensuring that people's rights are protected. “The responsible design, deployment and governance of AI are proportionate to the purpose of its use and meet the technological needs of the individuals and societies it seeks to serve.” When it comes to tracking and measuring responsible AI, it’s important that it’s clearly defined. That means defining responsible AI through a human rights lens. Responsible AI refers to the design, development, deployment and governance of AI in a way that respects and protects all human rights and upholds the principles of AI ethics through every stage of the AI lifecycle and value chain. It requires all actors involved in the national AI ecosystem to take responsibility for the human, social and environmental impacts of their decisions. Rachel mentioned that South Africa had a low score for frameworks, indicating a lack of governance efforts. However, South Africa scored highest in government actions, demonstrating active involvement in AI development and safeguarding. Other countries with interesting AI policies include Senegal and Egypt, which focus on building local AI ecosystems and promoting international cooperation. While these countries have made progress in AI governance, the implementation of regulatory standards is still awaited. Rachel also mentioned her involvement in drafting the African Union Continental AI strategy, which aims to establish such standards for the continent. Regional average scores through the lens of pillars and dimensions “The African Observatory on Responsible AI serves as a valuable platform for knowledge sharing and collaboration on AI-related issues.” It brings together researchers, policymakers, and industry experts to discuss the potential of AI for the continent and address the challenges associated with its adoption. The African Observatory plays a crucial role in promoting the development of AI governance frameworks. By fostering dialogue and consensus among stakeholders, the Observatory can help to ensure that AI is used ethically and responsibly in Africa. Rachel mentioned that the African Observatory on Responsible AI is working to build the capacity of researchers across the continent in AI ethics. The Observatory is launching two certificate courses, one on AI and human rights in Africa with the University of Pretoria and another on African AI ethics and policy with the University of Cape Town. Additionally, they are working to raise the visibility of African voices and expertise in global AI debates and decision-making. “AI can play a significant role in addressing challenges related to Africa rapid urbanization and improving the quality of life for urban residents.” In terms of urban Infrastructure, AI can optimize traffic management, energy consumption, and waste collection. For instance, in Nairobi, AI-driven traffic management systems help reduce congestion by adjusting traffic light patterns in real-time. Similarly, in Cape Town, AI is used to monitor and manage energy consumption, leading to more efficient use of resources. In healthcare, AI-powered diagnostic tools and personalized medicine can improve healthcare access and outcomes. In Kenya, chatbots like SophieBot provide medical advice and information, making healthcare more accessible, especially in remote areas. In Nigeria, AI-driven platforms like Ubenwa use machine learning to detect birth asphyxia from a baby’s cry, potentially saving lives. In education, AI can personalize learning experiences and enhance educational outcomes. In South Africa, the Siyavula platform uses AI to provide personalized learning experiences in mathematics and science, helping students improve their understanding and performance. In financial Services, AI can enable more inclusive financial services and improve access to credit. In Ghana, AI-powered microlending apps like Fido use machine learning to assess creditworthiness and provide loans to individuals who might not have access to traditional banking services. “While the potential of AI for African cities is immense, there are several challenges that need to be addressed.” The lack of high-quality data can hinder the development and deployment of AI applications. Rachel stated that more data is needed and that existing data should be used more effectively. She emphasized the importance of data governance and data protection, noting that most African countries have data protection laws and authorities. She advocated for implementing these laws, capacitating oversight institutions, and informing people about their rights. Additionally, she highlighted the need to ensure responsible data collection practices and create a culture of data protection compliance and respect for personal data and emphasized that existing laws can address these issues rather than requiring new ones. Infrastructure limitations, such as insufficient internet connectivity and computing power, can constrain AI adoption. Additionally, talent shortages due to the scarcity of AI skills and expertise can limit the development and implementation of AI solutions. Ethical concerns also arise with the use of AI, particularly related to privacy, bias, and accountability. Rachel acknowledged that AI systems are often biased due to their reliance on Western data and worldviews. She emphasized the need to develop more representative data sets from African sources and to prioritize African-generated content in training these systems. Furthermore, she highlighted the importance of ensuring a fair and ethical supply chain for content and data generation, including intellectual property issues and worker protection. Adams stressed the importance of considering these factors when building capacities for more representative AI systems. Rachel Adams also expressed deep concern about the worsening of global inequality due to AI. She pointed out the bias and elitist nature of AI, which disproportionately benefits those with access to technology. To address these imbalances, Adams emphasized the need to ensure that AI does not exacerbate existing inequalities. She also voiced her concern about the lack of focus on structural inequality in AI research and governance. Adams underscored the critical role of governance in understanding and addressing these inequalities, particularly emphasizing the efforts of the Global Center on AI Governance. On AI colonization, Rachel acknowledged the question and mentioned her upcoming book, "The New Empire of AI: The Future of Global Inequality," which addresses the issue of AI colonization. She emphasized the need for regulations and guidelines to prevent exploitation by foreign AI firms and the importance of building local AI ecosystems. While acknowledging the presence of AI, she suggested that Africa should focus on building its own capacity to use AI for its own challenges rather than rejecting it entirely. She highlighted the existing talent and innovative AI applications in Africa that uphold African values and encouraged their support and promotion for a positive impact on African societies. “To overcome these challenges, African countries need to invest in data infrastructure, develop AI talent, and establish ethical guidelines for AI development and use. Additionally, international cooperation and knowledge sharing can play a crucial role in accelerating AI adoption in Africa.” Rachel continued to state that governments should primarily focus on regulating the emerging AI industry. She suggested that governments share their data with trusted partners through well-crafted public procurement or data sharing guidelines. While governments don't need to build AI themselves, they can share resources to enable locally appropriate AI development. She emphasized that AI should not be used as a solution for everything and highlighted the importance of considering when AI is the right solution and when it is not. Adams recommended that governments upskill their public servants and policymakers to make informed decisions about AI usage, ensuring ethical and responsible implementation. The Global Index on Responsible AI and the African Observatory on Responsible AI provide valuable insights into the potential of AI for African cities. By addressing the challenges and seizing the opportunities, African countries can harness the power of AI to improve the lives of their citizens and drive sustainable development. Rachel at REAIM Summit Previous Next

  • Africityshoot: Gorée-Senegal

    L'île de Gorée, située au large de la côte de Dakar, Sénégal, est un site emblématique marqué par son histoire poignante et son architecture unique. Connu principalement pour sa Maison des Esclaves, Gorée est un symbole poignant de la traite transatlantique des esclaves. Ses ruelles étroites et ses maisons colorées, souvent en pierre de basalte et aux toits rouges, témoignent de son passé colonial. L'urbanisme de l'île conserve un charme historique avec un aménagement qui maximise l'espace tout en préservant son patrimoine architectural. Gorée est aujourd'hui un centre culturel et mémoriel, attirant des visiteurs du monde entier pour ses musées, ses galeries d'art et ses vues spectaculaires sur l'océan Atlantique. Gorée-Senegal L'île de Gorée, située au large de la côte de Dakar, Sénégal, est un site emblématique marqué par son histoire poignante et son architecture unique. Connu principalement pour sa Maison des Esclaves, Gorée est un symbole poignant de la traite transatlantique des esclaves. Ses ruelles étroites et ses maisons colorées, souvent en pierre de basalte et aux toits rouges, témoignent de son passé colonial. L'urbanisme de l'île conserve un charme historique avec un aménagement qui maximise l'espace tout en préservant son patrimoine architectural. Gorée est aujourd'hui un centre culturel et mémoriel, attirant des visiteurs du monde entier pour ses musées, ses galeries d'art et ses vues spectaculaires sur l'océan Atlantique.

  • African Cities Insights I Innovation at the service of community projects in Africa

    < Back Innovation at the service of community projects in Africa Yoel Mukalay Africa's rich architectural heritage is reflected in its ancient architecture, which has served African societies in various ways throughout history. However, the continent is also home to breathtaking sustainable designs, incorporating local culture and materials. Innovative architecture is being implemented throughout Africa to provide immediate solutions to communities, such as education, health, and water. For example, the "Women's Opportunity Centre" in Rwanda empowers women by reviving a lost Rwandan design tradition with circular forms. Education is also a key focus, with architects using traditional building techniques with modern engineering methods to create more structurally robust structures. The HIkma religious and secular complex in Niger uses Compressed Earth Bricks (CEB) made with laterite soil for a culture and education hub. Health is another area where innovative architecture is being implemented. The Emergency NGO Children's Surgical Hospital in Lake Victoria uses resources from earth, water, and the sun, with a photovoltaic roof that provides shade and uncovered walkways. The African continent is human to the human race and civilization, a civilization reflected in its ancient architecture. From the Pyradis in Egypt to the Nubian pyramids at Meroe to The ruin of the temple at Yeha, Ethiopia. Architecture has served African societies in multiple ways throughout history. In recent years, Africa is well known and depicted mainly on the humanitarian side by the mainstream media, blurring the rich architectural heritage the continent has brought to the world. However; the continent is home to breathtaking sustainable designs. The uniqueness of some buildings currently designed in Africa by various local as well as foreign architects, is the sustainable aspect of the building and the impact they have on local communities. Challenges Africa presents vary from a climate with an intense hit to acquiring necessary materials, yet the know-how of some remarkable architects have helped to design sustainable buildings which do respond directly to the local climate, the site, and make usage of local materials in including the local culture in the design. Taking inspiration and re-interpreting traditional and ancient local architecture, with contemporary methods and structure, the innovative architecture being implemented throughout the continent is providing immediate solutions to communities in Africa with easy access to basic services, such as education, health, water. “Empower local communities…” To illustrate the impact of the innovative architecture has on local women communities, the “Women’s Opportunity Centre’’ was designed by Sharon Davis Design, located in Katonza, Rwanda to empower one small community of women that dedicate their days to small subsistence farms, fetching freshwater, and scavenging wood for fuel. In the architect’s words, the design “revives a lost Rwandan design tradition with deep spatial and social layers. Its circular forms radiate outward, from intimate classrooms at the center of the site to a community space, farmer’s market, and the civic realm beyond. Women’s Opportunity Center_administration_buildings_2013_© Elizabeth Felicella The center’s circular structures are modeled after the historic King’s Palace in southern Rwanda, whose woven-reed dwellings were part of an indigenous tradition that the region had all but lost. The design draws on the delicacy of this vernacular Rwandan construction method with rounded, perforated brick walls that allow for passive cooling and solar shading, while maintaining a sense of privacy. Architects, in partnership with local companies, have been able to create water purification, biogas, and other sustainable systems that can be produced and maintained by the locals themselves. “Education for everyone…” The innovative architecture has not left behind the importance of education. On education, Nelson Mandela could say “Education is the most powerful weapon which you can use to change the world”. The parallel between what Mandela said and the poverty of many communities in Africa brings about crucial questions, such as how can architecture truly modify places and give children schools better conditions? Is it possible to give an architectural answer to very poor societies around the African Continent? Architects need to think about using architecture as a tool, even in places that lack money and building technologies, and Diébédo Francis Kéré is doing exactly that in Africa. Primary School in Gando_perspective_2001_© Siméon Duchoud In his home country, Burkina Faso, Diébédo Francis Kéré designed a primary school in Gando, in 2001, with a design reflecting an architectural style that combines traditional building techniques with modern engineering methods. The design for the Primary School has developed from a lengthy list of parameters including cost, climate, resource availability, and construction feasibility. In order to maximize results with the minimal resources available, a clay/mud hybrid construction was primarily used. These traditional clay-building techniques were modified and modernized in order to create a more structurally robust construction in the form of bricks. The clay bricks have the added advantage of being cheap, easy to produce, and also provide thermal protection against the hot climate. The roof of the Primary School has been pulled away from the learning space of the interior though, and a perforated clay ceiling with ample ventilation was introduced. This dry-stacked brick ceiling allows for maximum ventilation, pulling cool air in from the interior windows and releasing hot air out through the perforated ceiling. Startup_lion_campus_exterior_view01_2021_©kere_architecture In turn, the ecological footprint of the school is vastly reduced by alleviating the need for air-conditioning. The contribution of the entire community to build the school has been a step in the future with more possibilities, both for those who now have a decent building in which to learn (the school) and for those who now know how to build this building. “Architecture for culture and religion…” One of the well-known aspects of Africa is its religious diversity. Religious facilities can be used for more than spiritual purposes, but rather to pursue knowledge alongside religious practice. One living example is the HIkma, religious and secular complex. Designed by atelier Masomi + studio Chahar, the building complex is located Masomi in Dandaji, a village in the arid Western Niger with a young population of around 3000. HIKMA - A Religious and Secular Complex_Facade_2018_© James Wang The project is a culture and education hub where the secular and religious peacefully coexist to cultivate minds and strengthen the community. The new library provides books, a computer lab, and quiet study spaces to improve reading and vocabulary skills for the community and to increase graduation rates of a population with low literacy rates and high economic vulnerability. By involving women groups in the project, additional spaces for literacy, accounting courses, and workshops have been added. The new mosque engages women and the youth positively in addition to other spaces, as productive members of the community. The project introduces Compressed Earth Bricks (CEB) made with laterite soil found on-site; a new material in the area with the advantage of being lower maintenance than adobe, with similar thermal benefits. Most of the project materials are sourced from less than a 5km radius distance to the site, while the use of concrete is limited to structural elements such as columns and lintels. The thermal mass of the CEBs and natural ventilation keep indoor temperatures comfortable and remove the need for mechanical cooling. The effect is amplified with extensive planting throughout the site, using a drip irrigation system to help the vegetation thrive. The system dramatically lowers water consumption and will use an underground water reservoir that captures the rainy season’s downpours. “Architecture for health…” Women’s empowerment centers, better schools, culture, and education hubs, and many other facilities would have not served a sick and unhealthy society. “To be able to achieve the laudable goals (of preventing and treating HIV/AIDS), especially for us in sub-Saharan Africa, there is the need for us to invest in improving our weak health systems. The inadequate number of healthcare facilities in many of our countries is a major issue of concern.”John Dramani Mahama. To face the inadequate number of healthcare facilities, The Emergency NGO Children’s Surgical Hospital was designed by TAMassociati with Renzo Piano Building Workshop for Pediatric Surgery, at Lake Victoria, 35 Kilometers from Kampala. The Hospital is built by using resources of the earth, water, and the sun. A strong sustainable approach in design choices: load bearing walls with the rammed earth technique and a roof made from a suspended canopy structure supporting 3,700 square meters of photovoltaic panels. Children’s Surgical Hospital_Bird view_2021_©EMERGENCY_NGO Responding to the site’s topographical curves towards a nearby lake, the scheme’s walls and pathways form terraces on which the hospital itself stands. Stacked walls break the distinction between various zones to create a unity between the lake, park, and internal hospital environment, leading to “a spatial continuum between interior and exterior.” Born from the earth, the hospital gets its energy from the sun, with 9,800 square meters of photovoltaic panels ensuring the hospital has an autonomous electricity supply during the day. The photovoltaic roof “floats” above the building, also guaranteeing shade for the hospital and uncovered walkways. Africa has not only brought to the world a rich architectural heritage, the innovative architecture being implemented on the continent continues to pursue solutions to provide a better service to local communities by inspiring itself from the cultural history of the continent through sustainable and vernacular ways to truly modify places and give people better-living conditions and also answer to poor societies, not only in Africa, but all around the world. Previous Next

  • African Cities Insights I Repenser Conakry à travers le prisme de la mobilité urbaine durable

    < Back Repenser Conakry à travers le prisme de la mobilité urbaine durable Sébastien Goethals Conakry, la capitale de la Guinée, fait face à des défis en matière de mobilité urbaine durable en raison de sa forme urbaine unique et de sa nature hyper centralisée. Avec une population de 2,7 millions d'habitants en 2020, la ville est en passe de doubler d'ici 2040. Son infrastructure est principalement utilisée pour des fonctions logistiques et minières, malgré un potentiel pour la mobilité urbaine. Le manque d'intermodalité et de gouvernance des transports contribue à l'immobilité urbaine et à la congestion. Les grandes tendances incluent la difficulté à décentraliser les fonctions politiques, économiques et industrielles, l'inefficacité des transports publics informels, la sous-utilisation des infrastructures ferroviaires et l'extension de l'agglomération urbaine loin des opportunités économiques. Une approche holistique et centrée sur les personnes en matière de mobilité urbaine peut aider à déclencher un modèle de développement urbain agile et inclusif pour Conakry. Le Plan de Transport Urbain de Conakry vise à résoudre les problèmes de mobilité en construisant une ville polycentrique et décentralisée avec un réseau de transport multimodal. Installée sur une étroite péninsule sur la côte atlantique, Conakry – capitale de la Guinée – possède l'une des formes urbaines les plus uniques et les plus difficiles du continent. La « ville linéaire d'Afrique » est une agglomération urbaine animée, façonnée et entourée par l'océan, les mangroves et la montagne Kakoulima, ne laissant plus de place pour une future expansion urbaine. Au fil des ans, Conakry s'est progressivement éloignée de son centre-ville original à Kaloum, situé à l'extrémité de la péninsule. La croissance spatiale de la capitale guinéenne a principalement été informelle et résulte d'une croissance démographique continue que la ville portuaire n'était pas prévue pour accueillir. Avec 2,7 millions d'habitants en 2020, la population de Conakry est en passe de doubler d'ici 2040. La ville reste « hyper centralisée », avec presque toutes les fonctions métropolitaines concentrées à Kaloum. Madina Market Area Alors que la ville-péninsule devient de plus en plus congestionnée, deux lignes ferroviaires traversent l'agglomération de Conakry, mais elles sont principalement utilisées pour des fonctions logistiques et minières, malgré l'opportunité qu'elles représentent pour libérer la mobilité urbaine pour les Conakrykas. La capacité municipale de gouvernance urbaine et de mise en œuvre de la planification stratégique étant encore très limitée, de nombreuses synergies entre transport et utilisation des sols restent invisibles aux yeux des décideurs locaux. Au-delà de l'approche classique de la planification des infrastructures de transport, cet article introduit comment une approche holistique et centrée sur les personnes en matière de mobilité urbaine peut déclencher un modèle de développement urbain agile et inclusif pour une ville africaine principalement façonnée par l'informalité. Conakry, la ville linéaire d'Afrique en quête de mobilité Depuis 1958, date de l'indépendance de la Guinée, la population urbaine de Conakry croît à un rythme annuel de 6 %, atteignant un peu moins de 3 millions d'habitants en 2020, avec une densité de 16 000 habitants/km². Une population urbaine très jeune – la moitié a moins de 20 ans – fait face rapidement à une pression démographique avec une densification bâtie limitée. L'urbanisation n'a pas été accompagnée de croissance économique ou de politiques urbaines coordonnées capables d'apporter des réponses appropriées à la croissance démographique. Kaloum reste le principal centre économique et politique de l'agglomération. Conakry-Guinea, Google earth 2022 La carte de Conakry parle d'elle-même : « une ville-péninsule linéaire et hyper centralisée », avec à son extrémité Kaloum, port et centre-ville, éloignée de l'agglomération. Alors que le centre-ville est façonné par une grille orthogonale dense, le reste de l'agglomération est principalement le résultat d'une urbanisation informelle, contenue entre des routes radiales et des « corniches » (plutôt que des avenues urbaines), des fronts de mer bâtis, des cours d'eau et deux lignes de chemin de fer convergentes dédiées au transport de fret, qui ont formé la carte mentale des navetteurs de Conakry se rendant tous les jours à Kaloum et au marché de Madina. La densité des rues de Conakry est donc l'une des plus faibles d'Afrique. Stratégiquement situé le long de l'autoroute Fidel Castro, le marché animé de Madina a étendu son empreinte au fil des ans loin de son espace initial. Dans les rues environnantes, une forte intensité d'activité humaine prospère, ressemblant à un laboratoire à ciel ouvert pour la mobilité urbaine… et la congestion. La logistique urbaine dépend fortement du transport par camions sortant du port situé à Kaloum, où les rues urbaines et les routes luttent contre la congestion et la sécurité routière qui asphyxient le centre-ville. La complexité de « l'immobilité urbaine » et de la congestion à Conakry réside dans le manque d'intermodalité et de gouvernance des transports. En même temps, de nombreuses opportunités pour les passagers et le fret ne sont pas exploitées en ce qui concerne les chemins de fer et les voies navigables. Plusieurs grandes tendances définissent la congestion actuelle de Conakry et la mobilité insoutenable : Malgré plusieurs tentatives, Conakry a du mal à décentraliser et à relocaliser ses fonctions politiques, économiques et industrielles en dehors de Kaloum et de Madina, laissant le reste de l'agglomération éloigné des opportunités ; Représentant 80 % des déplacements quotidiens, les piétons font face à un manque dramatique de marche à pied ; La densité des routes et des rues pavées est dramatiquement faible et conduit tous les flux de trafic vers les principales voies de circulation. Les routes principales et les intersections sont également les principaux espaces d'activité du marché ; Le transport public informel est inefficace et devient une source de congestion et d'insécurité, car les magbanas, taxis et moto-taxis n'ont pas d'arrêts dédiés ; Un système de transport public efficace et durable a peu de viabilité financière dans le contexte actuel. Les lignes de bus sans voies dédiées ne peuvent être attractives, et la plupart des Conakrykas préfèrent compter sur les taxis et les magbanas avec des itinéraires et des horaires plus flexibles. Cette situation a conduit à plusieurs reprises à la faillite de la compagnie de transport public (SOTRAGUI) ; Les deux-roues sont de plus en plus présents sur les routes de Conakry, avec une part de 30 à 50 % observée sur les principales artères de la ville ; L'infrastructure ferroviaire traversant la ville est sous-utilisée à la fois pour le trafic de passagers et de fret ; Malgré l'opportunité offerte par le chemin de fer, la plupart du trafic de fret sortant du port repose sur des camions circulant et se garant dans des rues qui ne peuvent pas absorber de tels véhicules, ce qui pose des problèmes de sécurité des piétons et des problèmes critiques de viabilité urbaine ; L'agglomération urbaine s'étend loin des opportunités économiques, entraînant de grands risques d'appauvrissement, bien que certaines opportunités de décentralisation du port et du marché à Kagbelen existent. Recréer une péninsule polycentrique, multipolaire et multimodale : Décentraliser, débloquer, reconnecter et diversifier l'espace urbain de Conakry De 2017 à 2019, le « Plan de transport urbain » de Conakry a été élaboré pour répondre à ces problèmes urgents de mobilité et a finalement été conçu comme un « plan de mobilité urbaine durable », ciblant les priorités selon leur faisabilité avec des échéances (2020 à 2040) et avec une approche à plusieurs échelles d'interventions à court et à long terme (zone métropolitaine, district, quartier, rue). CONAKRY URBAN MOBILITY PLAN Le plan a ensuite été reformulé en plans d'investissement quinquennaux qui identifient les synergies financières et pratiques entre les projets. Le plan propose une vision du développement urbain durable basée sur une ville linéaire polycentrique et décentralisée reconstruite le long d'un réseau de transport public multimodal, reposant principalement sur les chemins de fer et les routes existants où les populations urbaines et les activités économiques sont déjà en place. En associant les besoins urgents de Conakry en matière d'action et d'anticipation stratégique des défis de développement à long terme, le projet adopte une approche ascendante centrée sur les personnes, avec un plan directeur métropolitain liant transport de masse, logistique urbaine, marchabilité et développement orienté vers le transport. Construire progressivement un réseau de transport multimodal, en commençant par un service de train urbain amélioré sur la voie ferrée existante et une première ligne de Bus Rapid Transit (BRT) : La première phase vise à restaurer la ligne CBK et à construire des voies ferrées parallèles de Kaloum à Simbaya ; En commençant par des voies de bus dédiées dans le centre historique de Kaloum, la première ligne BRT se connecte à la gare de Cosa via la Route Le Prince ; Le réseau multimodal commence avec 726 000 habitants à moins de 10 minutes à pied d'une station. Déconcentrer les fonctions gouvernementales, les programmes de logement, les commerces de détail et la logistique dans quatre sous-centres à usage mixte et praticables : Kaloum comme centre culturel et historique piétonnier, libérant de l'espace pour des projets de logement et des fronts de mer verts ; Koloma comme centre administratif à usage mixte et quartier d'affaires connecté au BRT ; Sonfonia Plateau comme un important pôle de transport public et un campus pour l'entrepreneuriat, l'éducation, le commerce et le logement ; Kagbelen comme un hub logistique national, un port sec et le nouveau marché principal de la ville, à l'interface entre Conakry et le reste de la Guinée. Réhabiliter et connecter les réseaux de rues urbaines inachevées et les artères secondaires à travers l'agglomération : Chaque rue existante de Conakry a été répertoriée et hiérarchisée pour définir comment les lignes directrices de conception peuvent être appliquées à chaque catégorie de rue ; Des corridors de transport non motorisé (NMT) et des voies vertes continues pour les piétons sont prévus à travers la ville en synergie avec d'autres projets de transport et la réhabilitation du front de mer. Transférer le transport de fret vers le chemin de fer et réorganiser la logistique urbaine pour améliorer la sécurité routière : Avec la multiplication des voies ferrées sur la ligne CBK, le tronc ferroviaire combine le trafic de fret, la logistique urbaine et le transport public sur un seul axe, conduisant au développement de multiples hubs logistiques et de nouveaux marchés ; Le port sec de Kagbelen et le hub logistique majeur soutiennent la déconcentration des activités du port en eau profonde et libèrent Kaloum et Madina de la congestion croissante du trafic, notamment des camions ; Avec le développement d'un marché plus grand près de Kagbelen, le marché de Madina peut se concentrer sur sa requalification et sa modernisation. L'accessibilité aux biens et aux activités commerciales devient plus équilibrée à travers la ville. Avec une capacité prévue de 235 600 passagers par jour et par direction, le réseau de transport en commun de masse multimodal peut porter la part des transports publics de 17 % à 41 % pour les transports motorisés et épargner un million de tonnes de CO2 à l'empreinte carbone annuelle de Conakry d'ici 2030. Au-delà de l'infrastructure, l'objectif principal du projet est de restaurer la ville en tant que catalyseur de synergies entre les personnes et l'espace, les passagers et le transport de fret, la logistique urbaine saine et les marchés de rue, le transport et la marchabilité, l'économie urbaine et la viabilité. Du gris au vert, la planification d'un tel réseau multimodal n'est que le point de départ d'un changement en matière de viabilité urbaine et de prospérité économique si des actions ciblées sont entreprises à l'échelle des rues et au sein des communautés. C'est pourquoi l'étude de planification a été accompagnée d'un projet pilote de rue à Kaloum, où des actions simples avec la participation du public créent un nouvel environnement, comme protéger les trottoirs du stationnement des voitures, convertir la rue en sens unique, planter des arbres et utiliser la tarification du stationnement pour réinvestir l'argent dans les espaces publics. Les stations de transit multimodal doivent être conçues comme des catalyseurs pour des espaces publics à échelle humaine, des interventions de modération du trafic et des environnements améliorés pour les marchés et les activités commerciales en plein air. Le plan souligne l'importance d'associer chaque investissement lié au transport (et aux infrastructures grises) à une part dédiée aux espaces verts, aux solutions fondées sur la nature et aux espaces piétonniers inclusifs. Par exemple, la zone de Sandervalia à Kaloum est redessinée en intégrant une voie de bus dédiée pilote avec une Rambla verte menant au front de mer sud du centre-ville. Le développement équitable orienté vers le transit (eTOD) autour des stations de chemin de fer et de BRT nécessite une approche socialement inclusive avec des lignes directrices de planification et de conception qui incluent une part de logements abordables, suffisamment d'espace pour des marchés couverts et en plein air, et suffisamment d'espace vert pour éviter les effets d'îlot de chaleur urbain qui affectent généralement la densité urbaine. Le quartier de Cosa est à la jonction entre une gare ferroviaire et une station BRT, le marché de Cosa et des terrains vacants entourant l'infrastructure ferroviaire. L'investissement coordonné permet des synergies pour des espaces publics intermédiaires, des liaisons piétonnes et des stations de taxis pour une complémentarité juste avec les transporteurs existants tels que les magbanas, taxis et moto-taxis. Alors que le chemin de fer et le BRT améliorent les trajets longue distance, les transporteurs locaux ont une nouvelle opportunité de se concentrer sur les rues secondaires et les quartiers qui nécessitent une meilleure connectivité avec le réseau principal. L'exemple de Cosa illustre à quel point il est essentiel de planifier et de concevoir en anticipation pour créer les conditions idéales pour qu'un écosystème de mobilité urbaine durable prospère dans une ville africaine. Cette approche de la gouvernance urbaine à plusieurs échelles est précisément le rôle d'une autorité de transport urbain et d'une agence de planification urbaine travaillant ensemble sur une vision commune. Intégrer la mobilité urbaine comme un lien sain entre les personnes et l'espace Libérer l'avenir de Conakry semble plus lié aux synergies entre les parties prenantes de la ville qu'aux solutions techniques et aux projets sectoriels seuls. Résoudre les problèmes d'utilisation des sols et de congestion du trafic soulève la question du type de viabilité et de mode de vie urbains que la capitale de la Guinée souhaite fondamentalement promouvoir et développer. Si l'investissement dans les transports publics est une opportunité pour ramener de véritables espaces publics praticables et multimodaux, il vaut la peine de briser les silos des projets sectoriels. La réhabilitation du chemin de fer est une occasion unique de construire la première autoroute piétonne d'Afrique, longue de 40 km, et de connecter les marchés en plein air les uns aux autres dans des conditions saines. Le transfert du trafic de fret de la route au rail éloigne des milliers de camions des rues de Conakry et rend l'infrastructure de transport en commun de masse plus réaliste à investir, rendant les rues et les routes plus sûres pour tous. L'amélioration des conditions de mobilité ne donne pas seulement de l'espace aux personnes, mais aussi aux solutions fondées sur la nature, aux espaces verts réduisant les îlots de chaleur urbains et aux espaces urbains résilients aux événements climatiques immédiats. Previous Next

  • African Cities Insights I Exploiter l'Internet des objets pour améliorer la qualité de l'air urbain à Douala Cameroun

    < Back Exploiter l'Internet des objets pour améliorer la qualité de l'air urbain à Douala Cameroun Dr OLINGA OLINGA Joseph Magloire La ville de Douala, en tant que capitale économique du Cameroun, fait face à des défis environnementaux majeurs, notamment dans la gestion de la qualité de l'air. Une urbanisation rapide, une croissance démographique, un parc de véhicules vieillissant et une augmentation des activités industrielles contribuent à la détérioration de la qualité de l'air, posant de sérieux risques pour la santé et l'environnement. Le projet "Clean Air for All African Cities", en collaboration avec la mairie de Douala et l'Université de Douala, a lancé le déploiement de capteurs IoT à faible coût à travers la ville pour surveiller en temps réel les principaux polluants. Ce projet pilote vise à fournir des données essentielles pour orienter les stratégies d'atténuation, sensibiliser le public et éclairer les décisions politiques. Bien que Douala ne dispose pas encore d'un plan d'action spécifique pour la gestion de la qualité de l'air, cette initiative représente une étape cruciale vers l'amélioration de la qualité de l'air et la préservation du bien-être de sa population urbaine. L'étude souligne la nécessité d'un plan global de gestion de la qualité de l'air, aligné sur les meilleures pratiques internationales, pour faire face aux défis environnementaux croissants de Douala. Le coût du développement industriel de la principale ville du Cameroun En raison de son statut privilégié de capitale économique, la ville de Douala est en quelque sorte victime de son propre potentiel économique. D’un point de vue environnemental, les principaux défis auxquels Douala est confrontée sont la gestion des déchets, les inondations récurrentes et, de plus en plus, la pollution de l'air. La qualité de l'air à Douala est un problème majeur, car la ville connaît une urbanisation rapide et une croissance démographique, combinées à l'augmentation du parc de véhicules vieillissants, à l'absence d'un système de transport urbain de masse et à la hausse des activités industrielles. En effet, la ville abrite les deux zones industrielles les plus importantes du pays, les zones industrielles de Bassa’a et de Bonabéri, qui représentent à elles seules près de 70% du tissu industriel national. En plus de ces sites, la Mission d'Aménagement et de Gestion des Zones Industrielles prévoit la création d'autres zones industrielles, notamment à Yassa sur 400 hectares et à Dibombari sur 300 hectares. La mise en opération prochaine de ces zones industrielles contribuera sans aucun doute à la détérioration de la qualité de l'air dans la ville. Il va sans dire que la qualité de l'air est désormais un facteur à prendre en compte dans l'évaluation de l'exposition de la population aux risques sanitaires. Vue sur la ville de Douala au Cameroun, Leandry Jieutsa 2023 Internet des objets pour des villes à l'air pur La dernière étude sur la qualité de l'air à Douala remonte à 2003. Actuellement, sous la supervision du Ministère de l'Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable, une étude est en cours pour identifier les principales sources de pollution atmosphérique à Douala, dans le but de les atténuer. De plus, la collaboration entre la Communauté Urbaine de Douala (CUD) et l'Équipe Pluridisciplinaire de Recherche sur les Changements Climatiques (EPR-CC) de l'Université de Douala, dans le cadre du projet "Clean Air for All African Cities", a permis l'installation de huit (08) capteurs pilotes dans certains quartiers de la ville. Sur la base de ces sources d'information, il peut être conclu que les principales sources de pollution atmosphérique à Douala sont les émissions du trafic automobile, les activités industrielles, la poussière soulevée par le trafic, et dans une certaine mesure, la combustion des déchets. Vue sur la ville de Douala au Cameroun, Leandry Jieutsa 2023 L'Internet des objets (IoT) offre des opportunités uniques pour surveiller la qualité de l'air en temps réel et en détail à l'échelle d'une ville dense et étendue comme Douala. Il a été choisi dans le cadre du projet "Clean Air for All African Cities" car cette technologie de capteurs à faible coût développée par AIRQO permet un suivi de la qualité de l'air en temps réel, à moindre coût et de manière peu intrusive, en déployant un réseau de capteurs connectés. Les informations collectées sont essentielles pour orienter les décisions, les actions, et la mobilisation collective pour une meilleure qualité de l'air en milieu urbain. À ce jour, huit (08) capteurs pilotes ont été installés dans certains quartiers de la ville. Le déploiement de ces capteurs a été effectué dans les zones les plus polluées de la ville, notamment le long des grands axes routiers, dans les quartiers industriels, et dans les zones densément peuplées suivant une grille prédéfinie. Le défi est de densifier ce réseau pour disposer d'un maillage suffisamment fin des données collectées afin d'informer les décideurs sur les mesures d'atténuation à prendre. Les données collectées à ce jour portent sur les principaux polluants atmosphériques (particules fines, oxydes d'azote, ozone, dioxyde de soufre, etc.), ainsi que sur les paramètres météorologiques (température, humidité, vent, etc.). Il ressort des données actuelles qu'à moyen terme, la pollution atmosphérique aura un impact négatif majeur sur la santé de la population urbaine à Douala, augmentant les risques de maladies respiratoires, de maladies cardiovasculaires et de cancers. Elle a également des conséquences sur l'environnement et les bâtiments, dégrade la qualité des écosystèmes, et contribue au changement climatique. La réglementation camerounaise ne recommande pas encore ce type de document ; cependant, les meilleures pratiques internationales en la matière, notamment l'Accord de Paris de 2015, recommandent que les États élaborent une Contribution Déterminée au niveau National (CDN) qui présente les engagements nationaux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et donc, des polluants atmosphériques. Au niveau local, le Plan d’Action pour l’Énergie Durable et le Climat sert de cadre d’action pragmatique. Dans le contexte camerounais, un plan d'action pour la réduction des émissions et la gestion de la qualité de l'air pourrait inclure l'amélioration des connaissances locales sur les sources de pollution grâce à l'installation d'un réseau de capteurs connectés, y compris le renforcement des capacités des acteurs locaux dans la collecte, le traitement, et l'analyse des données, la mise en place de zones vertes à faibles émissions (hôpitaux, écoles, espaces sportifs, etc.), la promotion des modes de transport propres et de la mobilité douce (marche et vélo), comme recommandé dans le Plan de Mobilité Urbaine Durable de Douala (PMUS), ainsi que le renforcement des réglementations sur les émissions industrielles, et la sensibilisation aux problématiques de pollution de l'air. Cependant, à ce jour, la Ville de Douala n'a pas encore mis en œuvre de plan d'action spécifique sur la qualité de l'air, mais ce projet pilote réalisé avec l'Équipe Pluridisciplinaire de Recherche sur les Changements Climatiques (EPR-CC) de l'Université de Douala, dans le cadre du projet "Clean Air for All African Cities", pourrait constituer une première étape importante. Previous Next

  • African Cities Insights I A vision built from earth

    < Back A vision built from earth Leandry Jieutsa, Kairu Karega Nzinga Biegueng Mboup is an architect passionate about creating sustainable and climate-conscious structures for African cities. Mboup’s design philosophy is influenced by her pan-African upbringing. She studied regional modernism at the University of Pretoria, emphasizing climate-responsive design and passive design strategies. Mboup’s bioclimatic design approach prioritizes simple yet effective elements like building orientation, thermal massing, natural ventilation, and locally sourced materials for minimal environmental impact. She studied under Professor Lindsay Bremner in London, where she learned about the impact of human activities on the planet and the need for low-impact materials. This led her to establish the architectural practice Worofila in Dakar, focusing on integrating traditional building methods with modern technologies. Mboup’s commitment to bioclimatic design, using locally-sourced earth and biomaterials, is evident in her projects. Worofila also emphasizes collaboration and mutual respect, ensuring their designs are not only beautiful but also deeply rooted in local culture. "There is no reason why we should ever depend on the importation of anything...in order to build" architect Nzinga Biegueng Mboup declares. This unwavering belief in the power of local resources and ingenuity is at the heart of Mboup's inspiring architectural practice, one that beautifully merges contemporary design with a deep respect for African contexts and the environment. Nzinga Biegueng Mboup is an architect driven by a deep passion for creating sustainable and climate-conscious structures that cater to the unique needs of African cities. Her work is profoundly influenced by her pan-African upbringing. Born in Mozambique to parents of Senegalese and Cameroonian descent, and raised in South Africa, Mboup's diverse background informs her design philosophy. Growing up amidst the urban landscape of Maputo in the late 80s and early 90s, Mboup developed a fascination with cities and how they can bring people together. However, she also observed stark contrasts in infrastructure and living conditions across different African cities. As she explains, "I've always been preoccupied... through many various travels going on holidays in Cameroon and growing up in all these different environments and wondering how African cities could be better, especially once I started seeing the sort of obvious infrastructure issues..." . This realization sparked a desire within her to use her skills to improve living conditions. Nzinga Biegueng Mboup, Architect and cofounder of Worofila, © Festus Jackson-Davis Initially, Mboup considered pursuing urban planning. However, her family, particularly an uncle who was an engineer and contractor, encouraged her towards a more technical field. This perspective was informed by the realities of urban planning in Africa, where her family believed that true influence required political engagement. As Mboup recalls, they told her, "to be an urban planner in Africa is to be a politician. If you want to be an effective planner, you need to be in politics, because otherwise, none of your policies are actually going to carry any weight..." While a brief stint studying engineering in South Africa deepened her technical knowledge, Mboup yearned for a field that embraced both the analytical and the human aspects of design. "I missed the way in which architecture was able to integrate...human science like sociology, philosophy history, " she explains. Architecture, she discovered, was a "complete science" where creativity and social conscience could harmoniously converge. It was during her architectural studies in South Africa, against the backdrop of post-apartheid reconstruction, that Mboup's design philosophy truly began to take shape. At the University of Pretoria, she was exposed to the principles of "regional modernism," a school of thought championed by architects like Norman Eaton who sought to blend modernism with an understanding of local contexts and materials. "They tried to instill in us...an attention to design according to the climate," she explains, emphasizing the importance of climate-responsive design. This emphasis on adapting to local conditions was further amplified by South Africa's diverse climate, where design strategies shifted from the hot, arid interior to the more temperate coastal regions. This experience instilled in her a deep appreciation for passive design strategies – using the very elements of a place to create comfortable and sustainable structures. Mboup explains bioclimatic design as "taking into consideration the climate in order to create buildings that are responsive to the climate using passive design strategies and also using bio-based materials which you normally have in your locality" . This approach prioritizes simple yet effective design elements such as building orientation, thermal massing, natural ventilation, and the use of locally sourced materials to create comfortable living spaces with minimal environmental impact. Mboup's architectural journey then led her to London, where she encountered a new perspective on sustainability: the Anthropocene. Studying under Professor Lindsay Bremner, she grappled with the profound impact of human activities on the planet, especially our dependence on fossil fuels. This experience was a turning point, solidifying her commitment to designing with low-impact materials and minimizing the ecological footprint of her work. London also offered a serendipitous connection back to Africa. Mboup's tenure at Adjaye Associates marked a significant turning point in her professional development. Working on the International Finance Corporation (IFC) headquarters project in Dakar, she gained invaluable insights into large-scale architectural practices. "This experience reinforced my belief in the power of architecture to influence social and economic dynamics," she explains. It was here that she honed her skills and began to envision a practice that would prioritize sustainability and community engagement. Among the notable projects she has worked on is the Goethe-Institut designed by Francis Kéré, showcasing innovative earth construction techniques. "The biggest challenges often lie in changing perceptions about earth as a building material," she notes. Yet, the success of this project has demonstrated the aesthetic and functional potential of earth construction, garnering attention both locally and internationally.” Her collaboration with Kéré Architecture on the Goethe-Institut project exemplifies the power of partnership in sustainable design. "Working with a firm that shares a commitment to sustainability was incredibly enriching," she reflects. Driven by a deep desire to ground her practice in the realities of the African continent, Mboup established herself in Dakar, co-founding the architectural practice Worofila with Nicolas Rondet. Worofila, meaning "seven" in Bambara is the name of the street where the collective started, reflects Mboup's belief in architecture as a fundamental expression of a place and its people. "Worofila is not just a practice; it's a movement towards redefining how we approach architecture in Senegal," she asserts. The firm focuses on integrating traditional building methods with modern technologies, ensuring that their designs are both innovative and deeply rooted in local culture. Her commitment to bioclimatic design is evident in every project. "Using locally-sourced earth and biomaterials is essential for architecture in Senegal," she emphasizes. These materials not only reduce the carbon footprint of construction but also enhance the thermal performance of buildings, making them more comfortable for occupants. "I want to encourage architects to prioritize environmental stewardship in their work," she adds. This philosophy is beautifully embodied in one of Mboup's most personal projects: her own family home in Senegal. Constructed using compressed stabilized earth bricks (CSEB) made primarily from locally-sourced laterite, the house is a testament to Mboup's conviction in the aesthetic and functional potential of earth construction. This personal connection to the material is rooted in her family's history – her father, inspired by the earth architecture of Cameroon, had dreamt of building earth resorts in Senegal, even going so far as to have a manual brick press flown in for the endeavor. Mboup's commitment to using CSEB extends beyond its aesthetic appeal. It represents a conscious choice to utilize readily available materials, stimulate local economies, and reduce reliance on imported products. "There's an opportunity to develop an internal economy," she emphasizes, highlighting the ripple effect of choosing local resources. Worofila's work, however, goes beyond simply using earth as a building material. The practice places great emphasis on understanding the nuances of local construction practices and collaborating closely with local artisans. "There was a lot of pedagogy involved. There was a lot of knowledge transmission in the process of making," Mboup states. This approach, centered on mutual respect and shared learning, ensures that their designs are not only beautiful but also build upon existing skills and traditions. This dedication to collaboration was evident in Worofila's work on the Goethe Institute project in Dakar, where they collaborated with a construction company that had no prior experience building with earth. Through patient guidance and on-site knowledge sharing, the team achieved a level of craftsmanship that Mboup describes as "some of the most incredible bricklaying work" she had witnessed. Mboup's research projects, such as Dakarmorphose and Habiter Dakar, delve into the evolution of Dakar's urban and cultural landscape. "One of the most surprising findings was the resilience of traditional building practices amidst rapid urbanization," she shares. She was particularly struck by the presence of "remnants of the original...villages of the indigenous people," which challenged her understanding of the city's history and the layers of meaning embedded within its fabric. This realization highlighted the importance of understanding the historical and social context of a place before intervening, a principle that guides her practice to this day. "The goal is to understand the past to inform the future," she explains. Her research not only enriches her architectural practice but also serves as a bridge between academia and the community, fostering a dialogue about the role of architecture in shaping urban life. While mud bricks feature prominently in Worofila's portfolio, Mboup is acutely aware of its limitations, particularly in dense urban environments where space is often limited. "Using their CSEB makes sense in the city but unstabilized bricks such as adobes may be more suited to other environments in which you have space to make them and sun-dry them and as one has to protect the earthern walls by having overhanging roofs," she observes, acknowledging the need for alternative solutions in certain contexts. This realization has fueled Worofila’s current research, which focuses on exploring even lower-tech building materials and techniques – methods that are readily accessible, adaptable across various contexts, and require minimal specialized equipment. This shift represents a deepening of her commitment to democratizing sustainable architecture, making it a viable option for everyone, not just a select few. Mboup's latest endeavor, a project close to her heart, embodies this vision: a training center in the Thiès region, in a city with a rich history of ceramic production. This center will serve as a hub for disseminating knowledge about sustainable building practices, and empowering individuals with the skills to create environmentally sound and culturally relevant structures. "Our goal is really finding a way to democratize it and also teach people the very basic notion of good design principles," she asserts, highlighting the center's mission to make sustainable design accessible to all. The center's design, directly informed by Worofila’s ongoing research into low-tech building methods, will itself serve as a testament to the beauty and functionality of these techniques. By choosing city grappling with the decline of its traditional ceramic industry, Worofila’sproject aims to revitalize local craftsmanship and create new opportunities for a community whose skills are increasingly undervalued. The center, she hopes, will demonstrate that "We can, as Africans, live in environments that are produced by us and that are adapted to the way in which we live." Looking ahead, Nzinga sees both opportunities and challenges for architecture in Senegal and Africa. "The greatest opportunity lies in the growing awareness of sustainability among architects and clients alike," she notes. However, she also acknowledges the challenges posed by rapid urbanization and climate change. "We must be proactive in addressing these issues, ensuring that our designs are resilient and adaptable," she asserts. Through her work, she envisions contributing to an evolving architectural landscape that prioritizes resilience, sustainability, and cultural integrity. "Architecture is not just about buildings; it's about people and their stories," she concludes, embodying the spirit of a new generation of architects committed to making a difference. In Nzinga Biegueng Mboup, we find not just an architect but a passionate advocate for a sustainable future, one that honors the past while boldly stepping into the future. As she continues to inspire and educate, her contributions will undoubtedly leave a lasting impact on the architectural landscape of Africa. Previous Next

  • AIN Videos Podcasts I Vers une Modernisation Participative: Défis et Aspirations de la Commune de Bakel

    El Hadji Diouf de Bakel évoque la participation citoyenne, défis en eau et assainissement, et vise la modernisation de sa ville. < Back Vers une Modernisation Participative: Défis et Aspirations de la Commune de Bakel EL Hadji Diouf Dans cette vidéo El Hadji Diouf, premier adjoint au maire de Bakel, décrit l'implication citoyenne dans la conception du budget communal et les défis principaux de la commune, notamment la gestion de l'eau, la mobilité urbaine, et l'assainissement. Il mentionne les progrès réalisés grâce au soutien de l'État et de la diaspora, mais souligne la nécessité d'améliorer le traitement des déchets et la gestion des inondations. El Hadji Diouf aspire à transformer Bakel en une commune moderne qui répond aux besoins fondamentaux des citoyens. https://www.youtube.com/watch?v=HV4Q3Z9jtr8

  • African Cities Insights I Comment les drones facilitent l’obtention de titres fonciers en RDC

    < Back Comment les drones facilitent l’obtention de titres fonciers en RDC Cities Alliance Kasangulu, une petite ville en République Démocratique du Congo, fait face à des défis dus au manque de droits fonciers formalisés et à l'absence de données précises. Le gouvernement de la RDC met en œuvre un projet pilote utilisant des drones pour faciliter la clarification foncière et autonomiser les femmes, visant à moderniser la gouvernance foncière et à promouvoir un développement économique inclusif basé sur des droits fonciers sécurisés. L'initiative a impliqué la cartographie des conflits, des ateliers participatifs, et l'utilisation de drones topographiques et de logiciels de cartographie pour aider l'administration du registre foncier à passer de la documentation papier à la documentation numérique. Le projet a également fourni une formation technique aux jeunes et aux agents fonciers pour l'opération des drones. L'introduction de drones civils a facilité la collecte de données en temps réel et modernisé les outils de gestion. Le projet a également contribué à sécuriser les droits des communautés locales et à augmenter leur résilience, particulièrement pour les ménages dirigés par des femmes. L'initiative a aussi le potentiel pour la durabilité et la résilience environnementale en fournissant des données géographiques précises pour surveiller l'expansion de la ville et protéger les zones vertes. Kasangulu est une petite ville de la République Démocratique du Congo (RDC), située à seulement 35 km au sud-est de Kinshasa, une mégalopole en rapide expansion comptant près de 15 millions d'habitants. L'expansion urbaine de Kinshasa exerce une pression sur le Kasangulu rural, car les riches habitants de Kinshasa cherchent à acquérir des terrains en périphérie de la mégapole. En revanche, la communauté de Kasangulu est principalement composée de pauvres agriculteurs, dont beaucoup de femmes qui sont les principales soutiens de famille pour leurs nombreuses familles. La plupart des habitants de Kasangulu n'ont pas de droits formalisés sur leurs terres. Par tradition coutumière, les familles de Kasangulu ont historiquement reçu des allocations de terres et "possèdent" les mêmes parcelles depuis des générations – mais sans aucun document légal ou officiel prouvant leur propriété. Cette dualité a créé une insécurité puisque ces terres ne sont protégées ni sécurisées par des documents officiels, laissant les résidents vulnérables aux conflits fonciers, y compris les menaces d'accaparement de terres et d'expulsion. Les efforts pour produire des titres fonciers officiels ont été entravés par l'absence de données précises, des systèmes de gestion foncière obsolètes et le manque d'espaces de dialogue entre les membres de la communauté, les parties prenantes foncières et les autorités locales. En conséquence, le gouvernement de la RDC entreprend des réformes d'aménagement régional pour résoudre, entre autres, la dualité et les conflits qu'elle entraîne entre la loi des chefs coutumiers et les autorités législatives foncières. « Dans la situation actuelle, il y a un manque sévère de données et d'outils modernes, ce qui crée du désordre et affecte la vie des communautés locales pauvres, » explique Barthelemy Boika, directeur technique de l'IRDAC, une organisation de développement travaillant aux côtés des autorités locales et des communautés pour aborder les problèmes de tenure foncière. Dans le cadre de cet effort, l'IRDAC a mis en œuvre le projet pilote Drones pour la Clarification Foncière et l'Autonomisation des Femmes - Moderniser la gouvernance foncière en République Démocratique du Congo, à Kasangulu, avec le soutien financier de Cities Alliance. Le pilote est un projet multipartite qui inclut la facilitation de la communication entre toutes les parties prenantes foncières, l'introduction de nouveaux outils de gestion foncière et la promotion du développement économique inclusif basé sur des droits fonciers sécurisés. « Assurer la sécurité de la tenure, les droits fonciers et immobiliers dans les établissements urbains informels reste l'un des défis de développement les plus persistants et inextricables aujourd'hui. La situation est particulièrement aiguë en Afrique, qui connaît des taux de croissance démographique très élevés, notamment dans ses villes de taille petite et moyenne. À Kasangulu, en RDC, une organisation locale collecte des données avec des drones et travaille avec les communautés et les autorités locales pour sécuriser les titres fonciers. » Rassembler tous les acteurs Un objectif clé de l'initiative IRDAC était d'établir une réconciliation entre toutes les parties prenantes et d'ouvrir le dialogue entre les résidents, les chefs traditionnels, les autorités concernées et le secteur privé, afin que chaque partie impliquée dans les problèmes fonciers ait l'opportunité de discuter et de travailler ensemble pour répondre aux défis identifiés et proposer des solutions communes. Cela a été réalisé en menant des cartographies des parties prenantes et des conflits et en établissant des ateliers participatifs et des événements. Au cours du processus, il a été constaté que la plupart des résidents de Kasangulu ignoraient les risques associés à l'insécurité de la tenure foncière informelle. Ce manque d'information sur les raisons et les méthodes de formalisation des droits fonciers, combiné à la faible capacité d'achat des ménages, aide à expliquer le faible accès des communautés locales aux titres fonciers. Parmi les 116 membres de la communauté consultés durant le processus, seulement une personne possédait un certificat d'enregistrement officiel. Les ateliers participatifs ont offert un espace unique pour que tous les acteurs acquièrent une compréhension globale des problèmes fonciers en jeu à Kasangulu et des responsabilités et droits des différents intervenants. Multi-stakeholder dialogue La voie à suivre, convenue par les parties prenantes, impliquait l'intégration de nouvelles technologies avec la participation communautaire. Dans le cadre de ce processus, des drones topographiques et des logiciels de cartographie ont été utilisés pour aider l'administration du registre foncier à passer de la documentation papier au numérique. Comme première étape, l'IRDAC a fourni une formation technique aux jeunes et aux agents fonciers pour leur permettre d'opérer les drones. « Le projet a apporté de nouvelles technologies à une administration qui ne savait pas comment les utiliser. Conformément à notre engagement social et à l'objectif du projet, nous avons formé 14 jeunes hommes et femmes de la communauté locale, ainsi que 8 représentants des autorités locales intéressés par la manipulation des drones, la collecte de données et la formation aux enquêtes sur le terrain. » L'introduction de drones civils dans le système de gestion foncière a facilité la collecte de données précises en temps réel, mais a également aidé à attirer l'attention sur le sujet et a renforcé la nécessité d'un soutien public pour sécuriser les propriétés foncières. Une autre facette du pilote consistait à aider l'administration à moderniser ses outils de gestion et à établir une base de données cadastrale numérique et automatisée qui répond à des questions clés, par exemple, combien de parcelles y a-t-il à Kasangulu ? Quelles sont leurs superficies ? Où sont-elles situées ? Les données collectées par les drones et les outils SIG ont été vérifiées et complétées par des enquêtes sur le terrain. « Les images de données collectées par les drones sont des données silencieuses. Vous devez aller sur le terrain pour découvrir qui possède quelle terre. Ensuite, vous compilez les deux pour obtenir des données attributives. » Ce processus est essentiel pour la formalisation des droits fonciers et immobiliers, et l'octroi de titres fonciers. Construire une résilience sociale et une durabilité En leur fournissant une base légale, le projet a contribué à sécuriser les droits des communautés locales et à augmenter leur résilience. Les ménages possédant un titre foncier sécurisé peuvent accéder à des microcrédits, ce qui est particulièrement utile pour les ménages dirigés par des femmes - souvent les plus vulnérables à l'insécurité foncière. Selon Boika, le titre foncier devient un moyen de subsistance pour les familles et leurs enfants et crée un cercle vertueux. « Posséder des titres fonciers sécurisés leur permet d'obtenir des microcrédits, de démarrer des activités génératrices de revenus et d'améliorer leurs conditions de vie et leur bien-être. Les femmes à Kasangulu ont été très impliquées dans ce projet : 40 à 50 % d'entre elles possèdent une parcelle de terrain que ce projet aide à formaliser et à numériser. » Cependant, bien que les femmes aient été au centre des activités de développement économique et qu'elles devaient bénéficier considérablement des prêts microcrédits potentiels, en raison de la pandémie de Covid-19, de nombreux projets sont actuellement en suspens. L'initiative pilote a également un fort potentiel pour favoriser la durabilité et la résilience environnementale en fournissant aux autorités de Kasangulu des données géographiques précises et actualisées. Cela leur permettra de surveiller et de gérer l'expansion de la ville pour protéger les zones vertes environnantes contre l'expansion urbaine. « Kasangulu est bordée de forêts. Et quand une ville s'étend, elle empiète sur les forêts et leur environnement environnant car les informations correspondantes ne sont ni disponibles ni sécurisées. » Néanmoins, l'initiative n'aurait pas d'avenir si les leçons apprises ne sont pas portées à un niveau légal, surtout dans le contexte des réformes du gouvernement de la RDC. « Les innovations et les leçons apprises à Kasangulu ont été transmises à l'autorité de certification foncière du gouvernement afin qu'elles puissent traduire ces expériences en cadres légaux et les intégrer dans la politique nationale d'aménagement du territoire, pour permettre aux provinces de numériser le cadastre foncier, plus tard, à l'échelle nationale lorsque les ressources seront disponibles » Il est également nécessaire de renforcer les capacités de l'administration et d'intégrer l'innovation dans les systèmes de gestion foncière, et un programme interactif sur mesure pour la gestion du registre foncier devrait être introduit. La technologie seule ne suffit pas. Un dialogue participatif est requis L'initiative IRDAC est conforme à la politique foncière actuelle en RDC, en termes d'intégration de l'innovation technologique et des systèmes de gestion foncière efficaces. Le projet pilote montre comment la numérisation peut être utilisée pour légaliser les actes fonciers coutumiers et sécuriser les parcelles de terre des communautés mais, surtout, il montre qu'un système inclusif ne peut être atteint qu'en maintenant des canaux efficaces et participatifs avec toutes les parties prenantes impliquées. Avec son impact social et environnemental, l'initiative démontre également l'importance des titres fonciers dans la poursuite d'un développement inclusif. « Ce projet a montré comment la technologie seule n'est pas suffisante. Ses principales innovations étaient l'établissement d'un espace pour le dialogue participatif multi-acteurs, conjointement avec l'utilisation des drones. C'est pourquoi ce projet ouvre de nouvelles opportunités pour nous de travailler avec d'autres partenaires et institutions. » L'accès à la terre avec une tenure sécurisée est désormais reconnu dans les agendas de développement mondial, donnant un élan considérable à cette question. Bien que cet intérêt mondial soit encourageant, le changement ne doit pas se produire exclusivement au niveau de la politique nationale. Les individus et les communautés urbains pauvres sont des acteurs essentiels dans le renforcement de la sécurité de la tenure, et des solutions incrémentielles à petite échelle et à court terme peuvent être clés pour améliorer la sécurité de la tenure, les conditions de logement et la construction de la ville. À travers l'initiative « Tenure sécurisée dans les villes africaines : Microfonds pour l'innovation communautaire », Cities Alliance a attribué des subventions à des organisations qui, comme l'IRDAC, innovent pour améliorer la sécurité de la tenure, les droits fonciers et immobiliers dans les villes africaines au niveau local. L'initiative a été financée par le réseau Omidyar, avec le soutien de PLACE. A propos de Cities Alliance Cities Alliance est un partenariat mondial qui lutte contre la pauvreté urbaine et soutient les villes dans la réalisation d'un développement durable. Hébergée par l'UNOPS, l'organisation compte 23 membres, incluant des institutions multilatérales, des agences des Nations Unies, des gouvernements, des organisations non gouvernementales, des gouvernements locaux et des réseaux de villes. Nos principaux domaines de travail incluent l'égalité des genres, la migration, la résilience climatique et l'innovation, avec un accent sur l'informalité. Previous Next

  • AIN Videos Podcasts I La place des matériaux locaux dans la production de logements abordables

    Enjeu des matériaux locaux pour le logement abordable < Back La place des matériaux locaux dans la production de logements abordables Pierre-Marie BISSEK L’accès au logement abordable reste encore une difficulté dans plusieurs villes du Cameroun. Le coût du logement est largement fonction du coût des matériaux de construction. Pierre-Marie BISSEK II LOA nous parle de la question des matériaux locaux et de ses avantages pour le logement abordable. https://www.youtube.com/watch?v=H95N0TKv0YM

  • African Cities Insights I Geo Sanitation - INSTAMAP: A geoportal to facilitate decision-making on urban water management in Antananarivo, Madagascar

    < Back Geo Sanitation - INSTAMAP: A geoportal to facilitate decision-making on urban water management in Antananarivo, Madagascar Lova Andriarimalala Antananarivo, Madagascar, faces recurring flooding and landslides, causing significant damage to agricultural land and buildings. The city faces challenges in implementing integrated urban water management plans due to topography, uncontrolled urban expansion, and climate change. A Sanitation Geoportal is proposed to centralize and democratize geographic data related to sanitation, streamline project development, and reduce costs. The platform aims to improve coordination, streamline project development, and reduce costs by replacing physical documents with digital versions. The Sanitation Geoportal for Antananarivo is a groundbreaking project that uses advanced geospatial technologies to address urban sanitation and environmental management challenges. The platform consolidates data from multiple sources, enabling coordinated planning across sectors. It uses predictive modeling to forecast potential risks, promoting proactive planning and intervention. The Geoportal's design eliminates redundancy, promotes efficient resource use, and encourages public participation. Its modern interface promotes widespread adoption and integration into everyday planning. Key impacts include improving health, promoting economic development, and promoting social inclusion. The project aims to enhance the well-being of target populations and promote environmental protection. The core challenge is implementing integrated and effective urban water management plans for Antananarivo Antananarivo's city faces recurrent flooding and landslides, affecting several neighborhoods annually. In January 2022, the town witnessed 12,000 displaced individuals (1), around 10 fatalities (1), and significant damage to 8,000 hectares of agricultural land and 4,500 buildings (2). These problems stem from challenging topography, uncontrolled urban expansion, and reactive rather than preventive measures, exacerbated by climate change. This context highlights the need for an integrated approach to sustainable urban development. Key issues include difficulties accessing geographic data, as obtaining data requires navigating multiple entities and platforms. Additionally, data fragmentation leads to non-standardized, specific datasets, complicating their usage. An example is the disjointed relationship between administrative boundaries and census results. A street in the Malagasy capital Antananarivo after torrential rains on January 8, 2020 (MAMYRAEL / AFP), Furthermore, no unified geospatial platform for managing stormwater and wastewater data is slowing project implementation and decision-making in urban sanitation and development. The proposed solution is a Sanitation Geoportal, aimed at enhancing the coordination of planning tools and stakeholder actions. This platform will centralize and democratize geographic data related to sanitation and cross-cutting themes, streamline project development by enabling online data consultation, and reduce costs, such as reprography expenses, by replacing physical documents with digital versions. The urbanization of Antananarivo has evolved haphazardly since Madagascar's independence, significantly encroaching on the wetlands of the Betsimitatatra plain. Driven by its economic allure, this urban sprawl has surged without the support of large-scale infrastructure projects since the 67 Ha development. Consequently, most of the city's neighborhoods now face severe sanitation issues. Flooding and poor sanitation characterize these challenges. Floods are common during the wet season, largely due to obstructed drainage systems clogged with solid waste and vegetation. Additionally, inadequate wastewater systems force residents to connect to stormwater drains, creating environmental and health hazards. Institutionally, multiple actors, including two key ministries, are involved in the city's sanitation efforts. However, coordination and organizational problems are prominent, compounded by financial and technical constraints. Funding is deficient, and there is a pressing need to enhance staff capacity. On the user level, strategic behavioral changes are essential, as sectoral degradation fosters further non-compliance. In late January 2022, the four main rivers crossing the city experienced severe flooding. This was particularly evident along the left bank of the Ikopa River, where flood zones extended beyond the usual boundaries. Analysis via GIS revealed that approximately 4,500 buildings, mainly residential and housing around 58,000 people, were directly affected, inundating 165 hectares of residential areas. The economic repercussions were severe, especially for agriculture. Over 8,000 hectares of farmland, predominantly rice fields, were impacted. Additionally, about 337 km of roads were submerged, affecting transportation, commerce, and daily mobility. The floods of the week of January 17 covered 120 km², or 15% of the urban area, excluding water bodies. In the southwest, flooding was exacerbated by a breach in the left bank of the Sisaony River at Ampitatafika. This led to the inundation of low-lying areas, primarily rice fields. By January 2023, the breach remained unrepaired, causing ongoing flooding during the cyclone season. The resulting devastation formed a large lake, submerging extensive agricultural parcels in the Fokontany of Anjanamaintso and Ambohidava. The Sanitation Geoportal for Antananarivo presents a pioneering approach to addressing the city’s pressing sanitation and environmental management challenges. Geosanitation Instamap a module to visualise and spatially share the impacts of heavy rains, Lova A 2023 This innovative project leverages advanced geospatial technologies to create a sustainable, resilient, and smart solution, uniquely suited to the complexities of urban management in the African context. Below is a detailed explanation of the project’s approach and innovations: 1. Addressing Key Sanitation and Environmental Management Challenges The Geoportal will consolidate data from multiple sources into a single, accessible platform. This integration facilitates comprehensive analysis and coordinated planning across different sectors, overcoming the current fragmentation of data and responsibilities among various entities. By incorporating real-time data capabilities, the Geoportal will offer dynamic monitoring of stormwater and wastewater systems. This functionality enables quick responses to emergencies like floods and pollution incidents, significantly enhancing urban resilience. The platform fosters improved coordination among governmental bodies, NGOs, private sector participants, and local communities. By providing a shared, transparent data interface, it promotes a holistic approach to urban planning and sanitation management, ensuring that diverse interests and insights are integrated into decision-making processes. 2. Innovations in Resilience The Geoportal will utilize predictive modeling to forecast potential sanitation and environmental risks. This capability allows for proactive planning and intervention, reducing the impact of natural hazards such as floods. For example, it will predict areas at risk of flooding and suggest preventive measures based on historical data and real-time inputs. A dedicated module within the Geoportal will focus on environmental risk management, offering real-time alerts for hazards like flooding and landslides. This system ensures timely dissemination of critical information, enabling authorities and communities to act swiftly and effectively. The platform will support scenario-based planning, allowing users to simulate various intervention strategies and assess their outcomes. This flexibility is crucial for adapting to changing environmental conditions and urban growth patterns. 3. Sustainability Innovations The Geoportal’s design as a centralized hub for geospatial data eliminates redundancy and promotes the efficient use of resources. It simplifies access to critical information, reducing the time and cost associated with data collection and analysis. By providing open access to data and planning documents, the Geoportal encourages public participation and transparency. This inclusivity not only educates communities about sanitation issues but also fosters a culture of accountability and collaborative problem-solving. The Geoportal’s capability to streamline project planning and resource allocation enhances the efficiency of sanitation infrastructure investments. It reduces wastage and ensures that financial and material resources are deployed where they are most needed, aligning with principles of sustainable development. Geosanitation spatial data visualisation, Lova A 2023 4. Smart Innovations The Geoportal will feature a modern, intuitive interface designed to be accessible to users with varying levels of technical expertise. This ease of use promotes widespread adoption and integration into everyday planning and management activities. The platform’s ability to automatically process and update data ensures that users have access to the latest information without the need for manual intervention. This automation reduces administrative burdens and enhances operational efficiency. Designed with interoperability in mind, the Geoportal can integrate with other systems and platforms, allowing for future expansions and adaptations. This scalability ensures that the platform remains relevant as urban management needs evolve. The Sanitation Geoportal for Antananarivo is set to significantly enhance the well-being of target populations, foster economic development, promote social inclusion, and advance environmental protection in Antananarivo. The Geoportal will centralize and visualize data related to stormwater and wastewater management, addressing critical sanitation issues. Enhancing coordination among stakeholders and providing real-time data, will streamline interventions in sanitation infrastructure, reducing the frequency and severity of flooding and landslides. This will directly mitigate health and human security risks associated with poor sanitation and lack of rainwater management. Improved infrastructure planning facilitated by the Geoportal will lead to cleaner neighborhoods, particularly in flood-prone areas. This will enhance overall public health by reducing exposure to unsanitary conditions. The Geoportal will aid in safeguarding agricultural lands from flooding, preserving the productivity of about 8,000 hectares of farmland affected by past inundations. This is crucial for local rice farmers, ensuring economic stability and contributing to food security. By providing a unified platform for data, the Geoportal will enhance the efficiency of resource allocation in sanitation and infrastructure projects. It will enable precise and timely interventions, minimizing costs associated with emergency responses and improving planning efficiency. Reduced flooding and improved sanitation will enhance the reliability of transport networks, facilitating smoother movement of goods and people. This will bolster commercial activities and economic transactions, especially in areas previously disrupted by poor infrastructure. The Geoportal will democratize access to sanitation and environmental data, empowering communities to participate in planning processes. By making data and planning documents available online, citizens can better advocate for improvements in their neighborhoods. The platform will improve communication among government agencies, NGOs, and local communities. Providing a common data interface and clarifying roles will foster more inclusive and collaborative planning efforts, ensuring diverse community needs are met. By offering open access to sanitation and urban planning data, the Geoportal will enhance transparency in decision-making processes. This will build trust between citizens and authorities, improving public engagement and accountability. The Geoportal will support better management of wastewater and stormwater, minimizing pollution of water bodies and soils. Effective planning will prevent sewage system overflows and illegal waste disposal, leading to cleaner urban environments. By integrating data on urban planning and environmental management, the Geoportal will promote sustainable development practices. It will ensure new developments consider ecological impacts and contribute to urban resilience against climate-related challenges. The platform will include modules for assessing and alerting environmental risks like flooding. This capability will enhance the city’s responsiveness to environmental threats, mitigating potential impacts on ecosystems and human settlements. The Geoportal will enable adaptive planning through real-time data and predictive modelling, allowing Antananarivo to proactively respond to environmental changes and urban growth, thus ensuring long-term resilience. The project will stimulate the development of geospatial and geomatic skills locally, fostering technical expertise and innovation in geospatial professions, crucial for sustainable urban management. The Sanitation Geoportal for Antananarivo exemplifies a groundbreaking solution to urban sanitation and environmental management challenges in the city. Through the integration of diverse geospatial datasets, real-time monitoring, and predictive analytics, the Geoportal offers a comprehensive decision-support tool. It consolidates fragmented data, enhancing coordination among stakeholders and promoting efficient resource allocation. Our methodology involved extensive data analysis, stakeholder engagement, and the integration of existing geospatial platforms. By developing an intuitive and accessible user interface, the Geoportal fosters transparency and community participation. The platform's ability to adapt to changing conditions through scenario-based planning and real-time data integration enhances the city's resilience against environmental hazards. Key findings highlight the Geoportal’s potential to streamline urban planning, optimize infrastructure investments, and improve emergency response. The platform's centralized data hub and automated processing capabilities reduce administrative burdens and enhance operational efficiency. Additionally, by incorporating local insights and providing open access to data, the Geoportal promotes sustainable development and empowers communities. This project not only addresses immediate sanitation needs but also lays the foundation for ongoing improvements in urban management practices. However, an open question remains: How can we further enhance the integration of emerging technologies such as artificial intelligence and machine learning to predict and mitigate urban environmental challenges more effectively? Previous Next

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