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- Our Roadmap | Africa Innovation Network
More Resilient, Sustainable and Smart African Cities, the common thread of our actions. More Resilient, Sustainable and Smart African Cities The common thread of our actions. AFRICA URBAN PLANNING IMAGERY Africa Urban Planning Imagery aims to capture, analyze, and promote African cities' mutations through satellite images. The purpose is also to show the history, diversity, originality, and complexity of urbanization in the continent. CITIES PIXELS AND COLORS Cities are a combination of a soul and a body. The body is the infrastructures, buildings, roads, etc. while the soul of the city is related to people, their cultures, and their behaviors. The purpose of the initiative Cities Pixels and Colors is to show the diversity and the singularity of the cities, especially in the African context. All the expression modes are welcome here to show the beauty of our cities. Photography, paintings, sketches, Illustrations, sculptures, etc. URBAN PLANNING INNOVATION How to make our cities more inclusive, resilient, sustainable, and improve the quality of life of all ? That is the main purpose of Urban planning innovation. We aim through this initiative to develop and promote innovative solutions contributing to building better places for all. ARCHITECTURE AND INNOVATION The body of a city is the shelter of his soul. With the rapid growth of populations in urban areas, is crucial to provide affordable housing for all, sustainable infrastructures, social facilities, and utilities. To reach these goals we need to develop new approaches and design in order to create inclusive cities. Through the initiative Architecture Innovations, we want to develop and promote original architecture solutions to facing cities’ challenges like climate change, housing for all, social inclusion, etc. AFRICAN ARCHITECTURE AND URBAN HERITAGE Architecture and urban heritage initiative seeks to highlight the richness of the African urban heritage to inspire the making of the modern city. . This is because today’s identity and tomorrow’s innovation are based on the genius of the past. What do you think is missing ? Share your initiatives with us.
- African Cities Insights I Faire ville ensemble : une plateforme pour réinventer la gouvernance urbaine au Cameroun
< Back Faire ville ensemble : une plateforme pour réinventer la gouvernance urbaine au Cameroun Murielle Bissek; Célia Liégeois; Guy Tchakam Dans un contexte d’urbanisation rapide et d’organisation institutionnelle cloisonnée, le Projet Plateforme Urbaine au Cameroun (PUC) propose une réponse innovante pour repenser l’action publique urbaine. Porté par le Gouvernement du Cameroun, financé par l’Union européenne, et mis en œuvre par Expertise France, il vise à améliorer les politiques publiques pour des villes durables et inclusives. Le projet repose sur un dispositif central : une Plateforme nationale des acteurs de l’urbain réunissant institutions publiques (ministères, CTD), structures non institutionnelles (associations, ordres professionnels), entreprises et établissements publics, ainsi que des espaces de concertation existants, partenaires bilatéraux et multilatéraux, et structures de formation, de recherche ou de production de données. Cette Plateforme, structurée autour de groupes de travail thématiques, favorise une production collective d’outils, d’analyses et de méthodes, tout en instaurant un réflexe durable de collaboration multi-acteurs. Entre 2024 et 2025, le PUC a conduit plusieurs chantiers structurants : revue partagée du cadre normatif en matière de développement urbain, expérimentation d’une méthodologie de planification concertée sur le terrain, développement d’une plateforme numérique de données ouvertes, et renforcement des capacités des collectivités et médias. Il a également engagé une dynamique de transformation institutionnelle, avec la création d’une association d’utilité publique - validée par les acteurs - destinée à assurer l’autonomie et la pérennité de la Plateforme. En moins de deux ans, le PUC a généré des résultats concrets : la production de plusieurs outils réplicables, des formations déployées avec près de 300 acteurs formés, une gouvernance plus fluide, un meilleur accès à l’information - notamment sur les données urbaines -, la mise en place d’un « tiers-lieu » dédié à la co-création et à l’innovation urbaine, ainsi que l’impulsion d’une réforme législative pour la révision de la loi sur l’urbanisme. Plusieurs coopérations interinstitutionnelles se sont renforcées au fil du processus, grâce aux liens facilités par la Plateforme et ses groupes de travail. Le PUC offre ainsi une contribution structurante à la fabrique urbaine au Cameroun et trace des perspectives pour d’autres villes africaines confrontées aux mêmes défis d’articulation, de planification et de transition. La fragmentation institutionnelle et le manque d’articulation entre acteurs, outils et échelles freinent la mise en œuvre de politiques urbaines cohérentes et efficaces au Cameroun Face à l’urgence de mieux encadrer l’urbanisation et de rendre l’action publique plus cohérente, comment dépasser les cloisonnements et la fragmentation institutionnelle entre administrations centrales, collectivités, société civile et secteur privé dans un contexte de décentralisation progressive et de capacité locales limités ? Comment faire des outils existants (lois, données, dispositifs) de véritables leviers partagés d’action et de pilotage ? C’est à cette question structurante que répond le Projet Plateforme Urbaine au Cameroun (PUC), né de la nécessité de transformer en profondeur les pratiques de gouvernance urbaine afin d’améliorer les politiques publiques pour des villes durables et inclusives. Dans un contexte marqué par une pluralité d’acteurs (ministères, Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), secteur privé, société civile, bailleurs, structures de recherche et de production de données, etc.), mais aussi par une production normative consistante mais peu intégrée, le projet contribue à créer un espace structurant de dialogue et d’action concertée. Une configuration qui, bien que spécifique au Cameroun, reflète nombre de situations observées dans les villes africaines confrontées aux mêmes défis d’articulation institutionnelle et d’effectivité des outils. Cette illustration présente la hiérarchie tacite des normes de la planification spatiale au Cameroun, depuis les orientations stratégiques nationales et internationales jusqu’aux actes d’urbanisme locaux. Elle met en évidence l’articulation entre documents de planification, règles d’urbanisme et niveaux territoriaux. Le déficit d’articulation entre planification stratégique, planification spatiale et dispositifs opérationnels freine la mise en œuvre effective des projets urbains. Les CTD, en particulier, manquent souvent de compétences techniques et d’outils adaptés pour exercer pleinement leur rôle dans la fabrique de la ville. Par ailleurs, l’accès aux données urbaines et la diffusion des documents de planification restent limités, entravant la transparence, la participation citoyenne et les prises de décision éclairées. Pour répondre à ces enjeux, le Projet PUC met en place une Plateforme nationale des acteurs de l’urbain (PNAU), conçue comme un espace pérenne de concertation, d’apprentissage mutuel et de gouvernance partagée. Elle vise à instaurer une culture du dialogue mutli-acteurs, de la co-construction des décisions et du dépassement des approches fragmentées en matière de développement urbain. Elle réunit des représentants des institutions publiques (ministères, CTD), structures non institutionnelles (associations, ordres professionnels), entreprises et établissements publics, ainsi que des espaces de concertation existants, partenaires bilatéraux et multilatéraux, et structures de formation, de recherche ou de production de données. Conçue comme un levier stratégique, cette Plateforme constitue le socle du projet. Le schéma met en évidence la pluralité des membres de la Plateforme, réunissant institutions publiques, partenaires internationaux, entreprises, société civile et structures de recherche. Il illustre la richesse de cette diversité, qui permet de croiser les expertises et de renforcer un dialogue inclusif au service du développement urbain. Juin 2025, Source : Projet PUC. Cette structure centrale s’appuie, entre autre, sur quatre leviers opérationnels complémentaires : une revue concertée du cadre normatif en matière de développement urbain, des groupes de travail thématiques mêlant production et apprentissage, une plateforme numérique collaborative dédiée à la mise en réseau des données et des ressources, et un programme de renforcement des capacités ciblant les collectivités, les professionnels de l’urbain et les médias. Le Projet PUC, fruit d’un partenariat stratégique entre le Gouvernement du Cameroun et l’Union européenne avec l’appui technique d’Expertise France, se positionne comme une réponse innovante à la faible articulation des politiques urbaines entre acteurs et échelles, et à l’interopérabilité limitée des outils et pratiques. Il engage un processus progressif et transitionnel de transformation des usages et de convergence des initiatives locales, nationales et internationales, avec une attention particulière aux enjeux de genre, de jeunesse, de données ouvertes et de durabilité. Son approche de co-construction multi-acteurs suscite un intérêt croissant au-delà du Cameroun : plusieurs pays tels que le Maroc, le Cap-Vert ou le Sénégal ont sollicité le partage d’expérience dans des cadres bilatéraux ou multilatéraux, notamment lors du Forum Urbain Mondial (FUM) en 2024. La Plateforme Urbaine impulse une gouvernance collaborative et inclusive du développement urbain au Cameroun Le Projet PUC repose sur une approche résolument multi-acteurs et expérimentale. Au cœur du dispositif, la Plateforme nationale des acteurs de l’urbain (PNAU) constitue un outil stratégique de concertation multi-niveaux, réunissant pour la première fois au Cameroun l’ensemble des familles d’acteurs concernés par le développement urbain : ministères sectoriels, CTD, société civile, partenaires techniques et financiers, ordres professionnels, structures de formation, de recherche et de production de données. Elle est conçue pour structurer la coopération entre institutions, appuyer la mise en œuvre des réformes territoriales et rendre lisible l’action publique en matière urbaine. Cette photo saisit un moment du premier Café urbain, organisé le 12 septembre 2024 au MINHDU dans le cadre du Projet PUC. Ces rencontres informelles favorisent un dialogue ouvert et convivial entre jeunes professionnels, institutions et société civile autour des enjeux de la ville. Source : Projet PUC Cette dynamique structurante a conduit, dès mi-2025, à l’engagement collectif pour sa pérennisation institutionnelle : les 69 institutions membres ont acté sa transformation en association d’utilité publique dotée d’un modèle économique hybride. Une première en Afrique centrale pour une structure de ce type. En outre, un projet d’arrêté, actuellement en cours de validation à la Primature, prévoit de reconnaître la PNAU comme instrument officiel de concertation multi-acteurs du secteur du développement urbain porté par l’État et ses partenaires. Adossés à la PNAU, plusieurs Groupes de Travail (GT) permettent d’approfondir les sujets traités par les acteurs de l’urbain. Toutefois, l’innovation du PUC ne réside pas dans la mise en place de ce dispositif - pratique déjà courante dans d’autres cadres de concertation - mais dans deux avancées majeures : d’une part, l’intégration pleine et entière de la société civile au processus de concertation ; d’autre part, une méthodologie singulière qui articule une analyse théorique approfondie et sa mise en pratique, en s’appuyant directement sur des projets concrets portés par l’État ou par les CTD. Les Groupes de travail (GT) illustrent cette logique méthodologique : Le GT1B, en élaborant une méthodologie de planification concertée, s’est immergé dans le projet de la voie de contournement de Yaoundé porté par l’État, avec dix jours d’atelier en résidence transformés en « mini-bureau d’études » ; Le GT1A, mobilisé sur la revue du cadre normatif, a privilégié une lecture critique des textes, assortie de temps de restitution des travaux d’examen ; Le GT2 développe un système intégré de données urbaines, interopérable et ouvert, pensé comme un levier de performance pour les CTD et administrations sectorielles, en améliorant la gouvernance, la mobilisation des ressources et le pilotage des politiques publiques. Cette photo illustre un atelier pratique sur le cadastre polyvalent, organisé à Soa le 3 septembre 2024 dans le cadre du Projet PUC. Elle montre la participation active des acteurs locaux à l’élaboration collective de données foncières et spatiales. Source : Projet PUC Un autre point fort du PUC est d’accompagner la co-construction de modèles réplicables : méthodologies de gouvernance locale, démarches de planification concertée, méthodologie du cadastre polyvalent, programmes de formation-action. Tous contribuent à renforcer durablement les capacités des administrations et à améliorer leur performance. Cette stratégie s’incarne dans la mise à disposition d’outils numériques open source, d’espaces physiques de dialogue (cafés urbains, tiers-lieu), mais aussi de formats différenciés d’apprentissage, adaptés aux profils des acteurs. Le PUC soutient également la participation citoyenne au secteur urbain en mettant à disposition un espace physique et digital, ainsi que des méthodologies dédiées à l’inclusion des habitants et usagers dans la conception des projets. Ce mode opératoire souple et structurant permet à la fois d’accompagner la montée en compétences des acteurs, de favoriser l’appropriation progressive des outils et méthodes, et de garantir leur transférabilité. Depuis 2025, un effort particulier est consacré au transfert de maîtrise des dispositifs aux acteurs locaux, afin d’assurer une internalisation et une gouvernance autonome par les administrations concernées. Enfin, le dispositif de capitalisation continue - fiches synthétiques, comptes rendus visuels, publications en ligne et diffusion régulière - renforce cette appropriation. Dans le PUC, la méthode elle-même - immersive, collaborative, numérique et évolutive - devient un levier de transformation, au service de CTD plus performantes et d’une gouvernance urbaine mieux partagée. Cette photo illustre la 2 ème rencontre de la Plateforme nationale des acteurs de l’urbain, organisée le 30 avril 2024 à Yaoundé. Elle reflète la diversité des parties prenantes réunies autour d’un même espace de dialogue structuré sur les enjeux urbains. Source : Projet PUC L’instauration d’une culture durable de concertation et production d’outils innovants pour renforcer la gouvernance urbaine au Cameroun Le Projet PUC a généré, en moins de deux ans, des résultats tangibles dépassant largement le cadre de ses livrables initiaux. Grâce à une approche collaborative, souple et ancrée dans les besoins exprimés sur le terrain, il a contribué à faire évoluer les pratiques de gouvernance urbaine, à renforcer les compétences des acteurs, à produire de nouveaux outils et à structurer un cadre institutionnel plus cohérent. Son impact se manifeste autant dans les changements observables que dans les dynamiques de transformation enclenchées. Consolidation d’une culture du dialogue multi-acteurs En instaurant des espaces réguliers d’échange entre ministères, collectivités territoriales, ordres professionnels, experts, société civile et jeunes praticiens, le PUC a ancré un réflexe collectif de concertation. S’appuyant sur une variété de formats - sessions plénières, groupes de travail, ateliers immersifs, cafés urbains ou échanges informels - le projet a mis en place une dynamique continue de dialogue structuré. Ces espaces ont permis de clarifier les rôles, de croiser les pratiques, de renforcer la compréhension mutuelle et de créer une culture de collaboration ouverte. Plusieurs partenaires soulignent l’effet catalyseur du PUC sur la qualité des échanges interinstitutionnels, la levée progressive de silos administratifs, et surtout l’amélioration de la circulation de l’information entre les échelons territoriaux et les niveaux institutionnels, condition indispensable à l’alignement stratégique des politiques urbaines. En favorisant cette interconnexion, le projet a permis d’amorcer une gouvernance plus fluide, partagée et ancrée dans les réalités locales. Les acteurs de l’urbain ont co-élaboré un modèle de pérennisation innovant et agile de la Plateforme Nationale des Acteurs de l’Urbain (PNAU), visant à en faire une structure autonome de concertation et de coordination dotée du statut d’association d’utilité publique, à institutionnaliser d’ici le premier trimestre 2026. Cette configuration offre de meilleures garanties de durabilité que les cadres de concertation sectoriels classiques, souvent limités dans le temps ou dans leur portée. Elle a vocation à rationaliser l’action publique, y compris l’intervention des bailleurs, en fédérant l’ensemble des acteurs intervenant dans le secteur urbain et en assurant une meilleure cohérence stratégique et opérationnelle. Cette photo, prise lors d’un atelier du GT1B le 27 octobre 2024 à Mbankomo, illustre le travail collaboratif des membres réunis pour élaborer une méthodologie de planification concertée, mêlant analyse, échanges et production collective. Source : Projet PUC Production de méthodologies et d’outils réplicables Le projet a permis de poser les bases d’un socle méthodologique commun, conçu de manière collaborative avec les membres de la Plateforme et mobilisé dans plusieurs activités pilotes. Une méthodologie de planification concertée a été développée puis testée dans la Commune d’Okola dans le cadre du GT1B, enrichie par les résultats d’un atelier urbanisme et gouvernance du pôle de Nkong-Nouma, pour alimenter les études conduites par le cabinet-conseil en charge d’élaborer le plan d’aménagement et les études techniques des réseaux de la voie de contournement de Yaoundé. Cette méthode, acquise par les acteurs, peut être reproduite dans le cadre de la mise en place d’opérations d’aménagement concerté, notamment dans des contextes ou projets complexes. Une méthode de collecte de données cadastrales a également été élaborée et testée à Soa, puis enrichie par des stagiaires issus des écoles partenaires, en vue de produire un cadastre « polyvalent » - un outil multi-usages intégrant les dimensions foncière, fiscale, administrative et spatiale - à même d’accompagner les CTD dans la prise de décision, la sécurisation foncière et la mobilisation des ressources locales. Cette approche méthodologique, reproductible à moindre coût, pourra être mise à profit par d’autres CTD afin de disposer d’une connaissance fine et actualisée de leur potentiel fiscal, condition essentielle à l’optimisation de la gestion budgétaire et à la planification territoriale. Plusieurs guides opérationnels sont en cours de production et de mise à jour d’ici 2026, portant sur des thématiques clés identifiées par les membres de la Plateforme : éducation environnementale, participation citoyenne, maîtrise de la planification à l’échelle locale, etc. Ces outils visent à être diffusés largement et adaptés par d’autres territoires, dans une logique de capitalisation et de montée en compétence collective. Production d’outils pour améliorer la connaissance du secteur urbain et du territoire, et renforcer la boussole institutionnelle Le projet a engagé un travail de fond pour produire un référentiel commun de la situation actuelle, à travers une revue concertée du cadre normatif du développement urbain au Cameroun, visant à simplifier sa compréhension par les CTD et les professionnels, à encourager le recours et le financement de l’élaboration documents de planification, et à renforcer les capacités pour leur mise en œuvre effective. Cette démarche participative a permis de créer un référentiel partagé, d’identifier les incohérences existantes et d’intégrer des enjeux transversaux (genre, climat, ruralité). Le Plan d’action concerté qui en découle comporte les éléments nécessaires pour engager une réforme institutionnelle majeure, incluant la révision de la loi de 2004 sur l’urbanisme. Les outils numériques, open source et librement accessibles, produits dans le cadre du Projet tels que la Base d’Adresses Numériques Ouvertes du Cameroun (BANOC) et la Plateforme Digitale Collaborative (PDC), constituent respectivement une solution concrète aux défis d’adressage urbain, et une infrastructure de données géospatiales de partage de l’information entre les acteurs les et de redevabilité pour la population. Ces outils facilitent une meilleure connaissance des dynamiques spatiales, soutiennent la prise de décision éclairée, et renforcent la gouvernance territoriale à toutes les échelles. Ils sont d’ores et déjà mobilisés par plusieurs acteurs publics, notamment l’opérateur en charge de la distribution d’électricité, qui s’appuient sur la BANOC pour la localisation fine des clients et l’optimisation de leurs opérations sur le terrain. En favorisant l’interopérabilité des données et l’accès équitable à l’information, ils renforcent la capacité des institutions à dialoguer entre elles, à mutualiser leurs ressources et à construire des politiques fondées sur une lecture commune du territoire. Un chantier sur la période 2025-2026 est en cours pour l’élaboration d’une politique nationale de gestion des déchets, assortie d’une stratégie, conçue comme une boussole gouvernementale pour l’ensemble des acteurs qui œuvrent dans ce secteur. Amélioration de la performance de l’action publique et de la gouvernance locale La mise en place d’un système intégré de données urbaines au sein de la PDC - articulant la BANOC, le Cadastre Polyvalent et le Système d’Information Géographique Communal (SIGCOM) à développer - permet d’accroître significativement la performance de l’État et des administrations locales. En combinant des adresses précises et géolocalisées avec des informations foncières, fiscales, administratives et spatiales, les collectivités peuvent localiser avec précision les contribuables, optimiser le recouvrement fiscal, planifier les investissements et renforcer la sécurisation foncière. Cette photo illustre la présentation de l’interface de la plateforme digitale collaborative, le 15 septembre 2025 à Yaoundé. Cet outil en ligne constitue un espace centralisé d’accès aux données, ressources et projets urbains, facilitant le partage d’informations et la concertation entre acteurs. Source : Projet PUC Cette architecture de données intégrée facilite également la visualisation et la gestion fine des territoires communaux, grâce à des cartes thématiques et analyses spatiales qui identifient corrélations, tendances et zones prioritaires d’intervention. Un plaidoyer actif est mené pour favoriser l’appropriation de ces outils par l’administration, à travers une série de rencontres stratégiques avec la Direction Générale des Impôts, le ministère en charge du cadastre, le ministère de la décentralisation et d’autres acteurs clés. L’objectif est de créer un écosystème interopérable de données territoriales, garantissant une prise de décision plus éclairée, une planification plus cohérente et des villes plus intelligentes, résilientes et réactives aux besoins de leurs habitants. Renforcement des capacités des acteurs Le Projet PUC a consacré une part importante de ses efforts au renforcement des capacités techniques des agents des CTD et des services déconcentrés des administrations partenaires, afin qu’ils soient en mesure d’assurer pleinement la maîtrise d’ouvrage des projets urbains. En partenariat avec le Programme National de Formation aux Métiers de la Ville (PNFMV), plus de 140 professionnels ont été formés dans les domaines de la gestion des déchets, de la gestion foncière, de la gestion des infrastructures urbaines et de la planification locale, à travers des sessions organisées à Maroua, Yaoundé et Douala. En parallèle, une formation ciblée des journalistes et professionnels des médias a été organisée sur les enjeux de l’urbanisme durable, afin de renforcer leur compréhension des textes réglementaires, des référentiels techniques et des dynamiques territoriales. Cette initiative vise à améliorer la qualité de l’information diffusée au grand public, tout en en donnant aux journalistes les clés pour vulgariser les enjeux techniques de l’urbanisme. Elle leur permet aussi de poser un regard plus informé, critique et constructif sur les projets d’aménagement et les décisions publiques. Les supports de cours, de présentation ainsi que les enregistrements vidéo de ces formations seront bientôt disponibles sur la PDC et pourront être consultés gratuitement, afin de faciliter leur diffusion et leur mise à l’échelle. En 2026, la co-construction d’un programme pilote de formation à l’intégration professionnelle des personnels des CTD est envisagée avec la National School of Local Administration (NASLA), dans l’objectif de structurer un parcours d’insertion adapté aux réalités des collectivités et de renforcer durablement les compétences locales. Cette photo met en lumière une session de formation sur la gestion foncière, organisée au PNFMV à Yaoundé le 13 mai 2025. Rassemblant 29 apprenants, elle visait à renforcer les compétences techniques des acteurs locaux Au-delà des outils développés et des formations mises en œuvre, le PUC aura permis de repositionner la gouvernance urbaine comme un enjeu collectif, à la fois technique et politique, exigeant coordination, engagement et vision partagée. En instaurant des pratiques de concertation durables, en renforçant les capacités locales et en structurant une plateforme pérenne de concertation, le Projet PUC offre une contribution majeure à la fabrique urbaine au Cameroun - et ouvre des perspectives concrètes pour d’autres territoires africains confrontés à des défis similaires d’articulation institutionnelle et de transition urbaine. Recommandations et perspectives pour les villes africaines En créant un espace structurant de concertation, de production et d’apprentissage mutuel, le Projet PUC démontre qu’il est possible d’améliorer l’action publique urbaine à partir des dynamiques internes, sans attendre des réformes descendantes ou des modèles exogènes. Sa démarche progressive, ajustable et multiacteurs constitue une réponse concrète aux défis largement partagés dans les villes africaines : architecture institutionnelle segmentée, accès limité aux données fiables, outils normatifs peu opérationnels, déficit en ressources humaines qualifiées. Trois recommandations clés émergent de cette expérience : Ancrer la gouvernance urbaine dans des dispositifs pérennes de concertation multisectorielle, portés par des institutions nationales, dotés d’un mandat clair et d’une reconnaissance institutionnelle ; Accompagner la prise en main des outils et dispostifs, en s’appuyant sur des intiatives existantes plutôt qu’en en créant de nouvelles, afin d’amplifier l’impact et d’assurer la durabilité. Développer des outils numériques interopérables et construire des canevas de formation adaptés aux réalités territoriales, dans une logique de formation-action différenciées selon les publics (CTD, médias, etc.) pour renforcer la capacité des acteurs à mobiliser les données et à piloter les politiques locales. Le chantier reste ouvert : accompagner la montée en puissance de la PNAU étendre son ancrage au niveau local, et renforcer l’implication citoyenne à chaque étape - autant de défis structurants pour les années à venir. En consolidant une ingénierie du dialogue, en soutenant les compétences locales et en expérimentant des méthodes de planification concertée, flexibles et contextualisées, le PUC contribue à renouveler la fabrique urbaine au Cameroun en particulier et en Afrique en général. Un modèle d’intérêt pour les territoires en quête de cohérence, de proximité et d’efficacité collective. Get the full African Cities Magazine 6 Download the full article here bissek-ain-magazine-african_cities_magazine_6_francais-20260118 .pdf Download PDF • 10.23MB Previous Next
- African Cities Insights I Interview with Mariam Issoufou Kamara: Founder and principal Architect at atelier masōmī
< Back Interview with Mariam Issoufou Kamara: Founder and principal Architect at atelier masōmī Mariam Issoufou Kamara's interview delves into her transition from software engineering to architecture driven by her passion for creativity. She discusses the potential of digital tools in architecture and the significance of generosity in African architectural practices. Highlighting projects like the Dandaji Daily Market, she emphasizes the blend of tradition with modernity for community benefit. Exploring the "Bët-bi Museum" in Senegal, she illuminates its symbolic underground galleries, drawing inspiration from cultural heritage, spirituality, and the cycles of life in Africa. She envisions spaces as community hubs rather than imposing structures. What path led you to pursue a career in Architecture? I started my career as a software engineer. At the time, it felt like a reasonable career choice. But, I have always lovely drawing and being creative, since I was a child. The desire to be an architect never left me. After a few years of working as a software engineer, I started realising all the different dimensions that architecture had. This is both in terms of how it our environment but also how it shapes the way that we see and project ourselves into the world. Architecture seemed like an incredibly powerful tool. So, I went ahead and went back to school and embarked on this adventure. Mariam Issoufou Kamara: Founder and principal Architect at atelier masōmī With your background in the IT field, do you believe that parametric design, facilitated by the IBM system, can be considered the future to conceptualizing architecture as the architecture moves more and more towards digitalization? My background in software engineering has really been advantageous in exposing my team and I to all the different tools that are out there in order for us to see what tools and processes work best for us as a firm. For us, research into the history, context and culture of the places where we work is an important part of our process. In the African context, how does the concept of generosity in architecture, as mentioned in your statement "I like that architecture provides the opportunity to be generous," manifest itself? As much as architecture is an important tool for good, the opposite is also true, particularly in Africa, where it has been a tool of subjugation. In thinking about generosity then, particularly in African cities where the buildings in our cities date back to colonisation, there is a large amount of generosity in thinking up spaces that embrace the climate, context and people for whom the architecture it being built. What was the design process behind the Dandaji Daily Market, which was designed by Atelier Masomi, of which you are the founder? We were approached to design a permanent market in the village of Dandaji. The market was organized around an ancestral tree. It was made with simple adobe posts and reed roofs. Our main goal was to create a space that projects a sense of confidence in the future users. The project design references the area’s traditional market architecture of adobe posts and reed roofs, pushing the typology forward using compressed earth bricks and colourful recycled metal for durability. We wanted the market to be visually appealing, so that everyone can be proud of it, and that it could attract more commerce to the area. The colorful recycled metal canopies were produced through a succession of individual shading structures that compensate for the difficulty in growing trees in such an arid, desert climate. Tell us a little bit more about the “Bët-bi Museum”, what is the reason behind sinking the galleries below the ground? Render of the new Bët-bi museum in Senegal designed by atelier masōmī and developed by the Josef and Anni Albers Foundation and Le Korsa The Bët-bi Museum is a project commissioned by the Albers Foundation to be located in the Kaolack region in Senegal. The form is a nod to both the logic behind the nearby megaliths and the Saloum Kingdom’s original ethnic groups, the Serers and the Mandinkas, which still inhabit the region along with several other ethnic groups. As a matter of fact, the Saloum kingdom existed until 1969 when it officially joined Senegal. In many African societies, much of art is ubiquitous, and encountered daily, while some art was traditionally used for sacred rites. The Serers held a deeply mystical indigenous religion that had an intimate relationship to the natural elements: the sun, the wind, water, ancestral spirits. The geometric language of Bët-bi Museum came from looking at this traditional spiritual realm and the series of triangles that describe the relationship between divinity, the elements, the living and the dead – a self-renewing cycle of life that was translated into a triangular building with a ramp system that metaphorically reproduces this sense of the sacred journey. The triangle (and resulting diamond shapes when put together) are also ubiquitous in design, decoration and textiles in West Africa, further emphasizing its symbolic importance. The museum galleries themselves are buried below ground in the same way the megaliths surrounded a mound under which cherished memories and ancestors were buried and are arrived at the end of the unfolding ramp. Above ground is the place for community and celebration, open to and merging with the landscape to make the project approachable and democratic in its use. The project is at the surface a public space for communities to come together and use as a destination, rather than a big museum building. Cultural Centre Niamey, Niger designed by Mariam Kamara, Atelier Masomi Previous Next
- African Cities Insights I Learning from green African building
< Back Learning from green African building Caroline Geffriaud, Goethe-Institut Sénégal The «Learning from green African building» project was launched by the Goethe-Institut Senegal in 2021 with the aim of exploring the richness of sustainable construction in sub-Saharan Africa and creating a network of engaged actors and institutions. The project is divided into two parts: One part is the creation of activities enabling the development and animation of a network of stakeholders and interested parties in the development of sustainable architecture on the continent. The second part is a web platform organized into three sections. The first is an interactive and participatory map that lists the various initiatives on the continent, from vernacular heritage to contemporary buildings, including the involved actors, research projects, resources, and more. The second section is a series of videos produced by the Goethe-Institut, showcasing particularly interesting projects and actors across the continent. The final aspect is a collection of essays written by engaged personalities that offer a definition of sustainable architecture in sub-Saharan Africa today. The African continent is rich in diversity, creativity, and architectural wealth, yet it is underrepresented and under-referenced. This project aims to be a source of information, inspiration, and connection for anyone interested, both on the continent and beyond. The website is accessible at: https://lfgab.com/ Sustainable architecture in Africa relies on frugal, low-tech solutions using local materials to reduce carbon emissions It is now a well-established fact that the construction sector, along with transportation, is one of the most polluting industries in the world. By itself, it accounts for 37% of global greenhouse gas emissions. This staggering percentage also indicates a significant margin for reduction that can be explored. This reduction is particularly achieved through the development of sustainable architecture, meaning architecture that is functional, comfortable, resilient, resource-efficient, and environmentally friendly in the broadest sense. The African continent is experiencing a boom, with a population growth rate of around 5% and the prospect of reaching 50% urbanization by 2030. These indicators are logically accompanied by a construction boom, involving the widespread adoption of foreign architectural models and the massive use of concrete, already the most consumed material in the world and responsible for 4 to 8% of global greenhouse gas emissions. Champ de typha Sénégal - Seydina Ousmane Boye - 2021 While in Europe, active «high-tech» techniques have long been favored to limit the environmental impact of buildings, this approach now seems unreasonable. With the acceleration of the climate crisis and the depletion of fossil fuels, voices are being raised around the world advocating for degrowth. Fortunately, in all climates, there are many examples of the «low-tech» approach, which limits the need for resources and maintenance and implements passive, sustainable, and stable systems. In Africa, due to the technological and energy context, frugality has always been a preferred approach when it comes to sustainable architecture. In a world with limited resources, innovation no longer lies in the race for new technologies but in the reinvention, reinterpretation, combination, and fusion of traditional techniques derived from local cultures, climates, and materials. The use of local resources is one of the keys to reducing the carbon emissions of the construction sector. Reducing the distance traveled by materials, creating local skilled jobs, and limiting the processing of products—these actions all contribute to reducing the energy used in building construction. Additionally, these local resources are often bio- or geo-sourced materials with a high carbon storage capacity, which positively impacts the overall environmental balance of buildings. The Learning from green African building platform highlights sustainable architecture in sub-Saharan Africa, connecting stakeholders through mapped resources and videos The climatic and social conditions, as well as access to resources, being unique, the sustainable approach in sub-Saharan Africa is particularly interesting and inspiring. However, today, the data related to this approach is often not easily accessible to the public. To highlight sustainable construction initiatives and bring together a network of stakeholders engaged in eco-friendly building practices, the Goethe-Institut Senegal has created a web platform that provides access to the wide array of resources on sustainable architecture in sub-Saharan Africa. Carte interractive Learning from green African building - Goethe-Institut - 2024 The platform is presented as a regional map, allowing users to locate the data within its geographical context. Resources are displayed as «points» with different shapes or colors depending on their association with the following themes: Vernacular heritage, Contemporary buildings committed to sustainable development, Renovated buildings, Available natural resources and material experimentation, Private and public actors involved in creating a sustainable construction sector, Places of education and dissemination of sustainable architectural and urban thought, Theoretical or practical research projects and publications, and Occasional events or initiatives. Navigation sur la carte - Goethe-Institut Sénégal - 2021 The map background emphasizes climatic data and available resources, rather than strictly administrative boundaries. This way, the territory is viewed through the lens of natural context, rather than administrative divisions, encouraging technology exchanges between practices operating in similar climates. In certain countries, particularly in Cameroon, Burkina Faso, Mali, Ghana, Angola, South Africa, Rwanda, and, of course, Senegal, video teams were engaged to meet with stakeholders and showcase the richness and diversity of sustainable approaches on the continent. Thanks to this effort, around fifteen videos have already been uploaded, with more in preparation. Additionally, with the aim of offering a body of theoretical reflections in dialogue with the mapped data and videos, the platform features original essays written by key figures on the continent, focused on defining sustainable architecture in Africa today. Exhibitions, roundtables, and presentations across Africa, to promote sustainable architecture through public engagement and local collaboration Since its inception, the project has been the focus of numerous public events, notably the «Learning from Green African Building» exhibition in December 2022, Dakar (Senegal), a roundtable at WITS University in Johannesburg (South Africa), March 2023, and the Learning from green African building Africa Tour inFebruary 2024 where the project was presented at four public events in Ouagadougou (Burkina Faso), Lagos (Nigeria), Accra (Ghana), and Nairobi (Kenya). These events included numerous conferences and debates led by local stakeholders, showcasing the platform, the traveling exhibition, and engaging the public in open discussions. Research is ongoing and is regularly published on the site. The map is participatory, allowing the public to propose new resources to expand the content while ensuring local relevance. Lancement du site projet - Goethe-Institut Sénégal - 2021 Echanges avec le public Accra - Willie Schuman - 2024 Promote sustainable architecture by showcasing local resources and overcoming cultural resistance to eco-friendly building practices Architecture is a reflection of the cultural and environmental context from which it emerges. The Goethe-Institut Senegal is taking advantage of the construction of its future institute in Dakar, designed by Pritzker Prize-winning architect Francis Kéré, to highlight this theme in its cultural program. Rather than importing knowledge, typologies, and materials, how can we make the best use of local resources and knowledge to develop architecture that is adapted to the climate and the expectations of the communities involved? The obstacles limiting the democratization of sustainable construction are no longer technical. The knowledge exists, the tests have been conducted, and in some countries, the regulatory context is evolving in favor of using eco-sourced materials. Today, the resistance is generally cultural, as natural and traditional materials are often seen as outdated and synonymous with poverty, while concrete and glass are associated with wealth, modernity, and the future. The project’s ambition is to show stakeholders, decision-makers, and the general public that an appealing and contemporary ecological alternative is possible in the building sector. LFGAB highlights a wide range of alternative proposals while helping to increase the visibility of the actors, research, and institutions involved. Previous Next
- African Cities Insights I Portrait d'une des architectes les plus inspirantes du Maroc: Aziza CHAOUNI
< Back Portrait d'une des architectes les plus inspirantes du Maroc: Aziza CHAOUNI Aziza Chaouni, architecte principale chez Aziza Chaouni Projects et professeure associée à l'Université de Toronto, partage son parcours en tant qu'architecte. Née à Fès, elle a étudié au Lycée Paul Valéry avant de partir aux États-Unis. Elle y a obtenu un Master en architecture à Harvard et a suivi un programme de bourse. Après une année de recherche sur l'écotourisme dans le Sahara, elle s'est vue offrir un poste de professeure associée à l'Université de Toronto. Elle a commencé à travailler sur l'architecture durable au Maroc et croit en l'importance de l'autonomisation des femmes dans la profession. Aziza CHAOUNI, une designer originaire de Casablanca, a lancé l'initiative MADI pour réhabiliter des bâtiments historiques et organiser des événements socio-économiques et culturels. Elle travaille actuellement sur un projet visant à concevoir des panneaux dans les parcs nationaux en utilisant des matériaux durables et en intégrant des systèmes binaires dans les politiques de gestion de l'eau. « Ma carrière n'a pas vraiment été planifiée, j'ai suivi ma passion et j'ai eu la chance de rencontrer des personnes qui m'ont encouragée et m'ont aidée à prendre les bonnes décisions tout au long de mon parcours. Je pense que chaque expérience nous apprend quelque chose, mais il faut parfois éviter de se mettre dans des situations confortables qui empêchent de grandir. » Née à Fès, Mme CHAOUNI a poursuivi ses études au Lycée Paul Valéry à Meknès avant de partir pour les États-Unis, une destination recommandée par son oncle. Là-bas, il lui semblait tout d'abord naturel de choisir un domaine scientifique, une décision motivée par son intérêt pour la biologie et la génétique. L'architecte a passé son premier été aux États-Unis à travailler dans un laboratoire de recherche, ce qui l'a fascinée, mais pas autant que ses interactions et son travail en groupe. Elle a alors décidé de se concentrer sur l'aspect humain et de se réorienter vers des études d'architecture, alors que son père lui avait conseillé d'étudier le génie civil, un domaine qui l'a aidée dans sa carrière d'architecte en lui permettant de maîtriser tous les aspects techniques de la construction. Mme CHAOUNI a été la première Marocaine à poursuivre un Master en architecture à Harvard, période durant laquelle elle a également suivi un programme de bourse d'un an qui lui a permis de travailler avec Renzo Piano. Après avoir obtenu son diplôme, l'architecte a reçu un prix qui lui a permis de réaliser une année de recherche sur l'écotourisme dans le Sahara. Son voyage, qui a inclus des pays comme le Mali, la Libye, l'Égypte et la Jordanie, lui a permis de visiter de nombreux projets et de changer radicalement sa perception, alors qu'elle étudiait dans un contexte très différent de celui de l'Amérique du Nord. À la fin de son voyage, Mme CHAOUNI a reçu une proposition de recherche de son directeur de thèse à son université, à la suite de laquelle elle s'est vue offrir un poste de professeure associée à l'Université de Toronto. Ce poste avait la particularité de requérir une architecte minoritaire féminine à la demande de l'architecte sino-jamaïcaine Brigitte Shim, qui occupait précédemment le même poste. En tant que professeure, Mme CHAOUNI a connu des années intenses de cours magistraux, de publication d'articles, de rédaction de livres et de remporter des prix. C'est également durant cette période qu'elle a décidé d'ouvrir son propre cabinet d'architecture à Toronto et au Maroc, ce qui faisait partie de ses objectifs. Elle a ensuite commencé son travail sur « l'architecture durable » au Maroc en 2010, à une époque où ce concept était encore méconnu et où l'on se demandait pourquoi il était coûteux. C'est ainsi que Mme CHAOUNI s'est tournée vers des projets de réhabilitation qu'elle considère comme le meilleur moyen de réaliser des constructions durables. « Nous ne construisons pas à nouveau, nous réhabilitons ce qui existe déjà. » SUNU CICES, Aziza Chaouni Projects 2021 « Je pense que nous devons encourager les jeunes femmes à se sentir autonomes dans notre profession. Je pense également qu'il est très important d'avoir des exemples de femmes dans différentes formes de pratique pour les autonomiser, pour transmettre la formation et les connaissances. » Malheureusement, les femmes ne se soutiennent pas beaucoup entre elles, alors que nous avons un réel rôle d'autonomisation mutuelle. Mme Aziza CHAOUNI considère que la profession d'architecte reste majoritairement masculine ; une femme architecte doit redoubler d'efforts dans ce domaine, une pression qu'elle a ressentie de nombreuses fois au cours de sa carrière, une pression qu'elle dit émaner de la femme elle-même en raison de l'existence dans des sociétés patriarcales. « Nous croyons fermement en ce que nous faisons, c'est-à-dire donner la parole au peuple. Je crois que pour avoir une pratique engagée et mener à bien un projet, il est crucial de mener différentes missions en même temps. » L'agence d'Aziza CHAOUNI fonctionne selon un modèle de conception collaborative, impliquant un travail multifacette qui comprend des entretiens avec la population, le développement de jeux et d'outils collaboratifs, la collecte de fonds ou le bénévolat. « Pendant la pandémie, j'ai réalisé qu'il serait préférable d'initier des projets plutôt que d'attendre un engagement d'un client ou du gouvernement » ; c'est ainsi que l'initiative MADI a été lancée par Aziza CHAOUNI, avec Hamza SLAOUI, spécialisé en finance, et Meryem MAHFOUD, spécialisée en communication. L'initiative MADI vise à reprendre des bâtiments historiques, qu'ils soient privés ou appartenant à l'État, afin de les réhabiliter et d'y organiser des activités ayant un fort impact socio-économique et culturel. À l'origine, l'idée de former l'association pour générer des projets est née du projet de réhabilitation du complexe thermal de Sidi Harazem. L'équipe d'Aziza CHAOUNI a eu l'idée d'organiser plusieurs résidences d'artistes. L'une des premières actions de petite envergure de l'initiative a été de transformer le café du Musée Slaoui - situé dans le quartier Art Déco de Casablanca - en un espace de sensibilisation au patrimoine ART DECO, mais aussi d'accueillir des événements littéraires et culturels. Modelling Game Design Your Dream School , Sierra Leone, Aziza Chaouni Projects 2021 « C'est une initiative qui nous a permis d'adopter un modèle proactif et de sortir du modèle traditionnel d'attente du client, de convaincre et de faire des compromis. Il faut être flexible, mais il y a certaines choses sur lesquelles on ne peut pas transiger. C'est un métier très difficile, mais l'architecte doit avant tout devenir un citoyen, et cela nécessite une certaine implication et confiance en soi. C'est une lutte constante pour convaincre les clients autour de nous qu'il faut penser à long terme, qu'il ne faut pas polluer l'environnement et les nappes phréatiques, qu'il faut avoir une citerne pour pouvoir recycler l'eau de pluie et la réutiliser, qu'il faut avoir un système de plomberie binaire... Mais il faut aussi savoir choisir ses batailles, et surtout savoir quand accepter la défaite. Je cherche simplement à réaliser des projets en lesquels je crois et qui ont un impact positif sur la vie des utilisateurs. » En général, nous travaillons souvent avec l'État avec un budget très limité, mais nous essayons d'être aussi innovants que possible dans chaque projet. Nous veillons également à ce que notre moindre intervention contribue positivement à l'environnement. Selon Mme CHAOUNI, le choix de conception visant à créer des espaces de qualité est motivé par la conviction que le rôle de l'architecte est avant tout celui d'un citoyen. Elle rappelle que l'architecture n'est accessible qu'à 1 % de la population, et cite l'exemple de l'Amérique du Nord, où les avocats doivent consacrer certaines heures aux populations qui n'ont pas les moyens de payer les services d'un avocat, d'où la nécessité de faire de même dans le domaine de l'architecture dans une démarche citoyenne, non seulement pour le plus grand nombre, mais aussi pour la faune et la flore. El Menzel Agricultural Center, Morocco, Aziza Chaouni Projects 2021 Cette approche est illustrée par le projet sur lequel travaille actuellement Mme CHAOUNI, en collaboration avec le Ministère des Eaux et Forêts. Il s'agit d'un projet de conception de panneaux à l'entrée des parcs nationaux construits en matériaux durables (pierre et bois), qui servent également d'habitat pour les espèces animales, les insectes et les oiseaux. L'architecte ajoute qu'en ce qui concerne la ville africaine durable en particulier, il est important de revoir toutes les politiques liées à la gestion de l'eau. Pour elle, la question de l'eau est essentielle pour le continent africain ; il est crucial d'intégrer des systèmes binaires dans les politiques de gestion de l'eau, ainsi que de réfléchir à des systèmes de récupération des eaux pour les réutiliser en période de sécheresse, et à des systèmes de traitement des eaux usées. « Une ville durable est une ville qui offre suffisamment de logements sociaux abordables. Je pense que donner accès à un logement à une grande partie de la population permet déjà de supprimer beaucoup d'injustices. Je pense qu'il est absolument nécessaire de revoir toutes nos politiques en matière de logement social au Maroc et en Afrique. Je pense que la ville durable de demain est avant tout une ville plus juste, où chacun a accès à un habitat digne, à des espaces publics de qualité où la population est intégrée dans le développement de sa propre ville et de ses propres espaces publics. Une ville durable est aussi une ville qui n'est pas étendue et qui offre suffisamment d'espaces verts où les habitants peuvent respirer. Enfin, une ville durable est une ville plus juste avec suffisamment d'espaces publics et d'infrastructures et des systèmes de transport accessibles et durables. » Previous Next
- News: Les lauréats du concours "visions urbaines africaines" de l'African Cities Lab sont connus
Le webinaire, construire un nouveau paradigme autour des villes africaines, était l’occasion de révéler les grands gagnants du concours de photographie et de vidéo organisé par l'African Cities Lab. < Back Les lauréats du concours "visions urbaines africaines" de l'African Cities Lab sont connus Le webinaire, construire un nouveau paradigme autour des villes africaines, était l’occasion de révéler les grands gagnants du concours de photographie et de vidéo organisé par l'African Cities Lab. Le 22 Fevrier 2024 le African Cities Lab a organisé un webinaire pour explorer un nouveau paradigme pour le développement urbain en Afrique. Avec 4 panelistes de haut niveau dont Nmadili Okwumabua, Issa Diabaté, Taman Mhoumadi et Mohamed Zoghlami les discussions ont permis de mettre en avant l'importance de l'intégration du secteur informel, la planification urbaine inclusive, le rôle de la jeunesse et la nécessité de repenser la gouvernance et l'éducation. Sous la modération de Leandry Jieutsa, les panelistes ont discuté de la nécessité de construire un nouveau paradigme en repensant la gouvernance urbaine pour une proximité accrue entre les citoyens et les autorités, en restructurant les curriculums éducatifs pour répondre aux besoins réels du continent, et en exploitant le potentiel des industries culturelles créatives. Ils ont appelé à une approche inclusive et durable de la planification urbaine, mettant l'accent sur l'importance de reconnaître les savoirs locaux et de favoriser l'engagement communautaire. Le webinaire était également l’occasion de présenter les lauréats du concours "Visions urbaines africaines" , mettant en lumière le lien entre les MOOC suivis sur la plateforme de l'African City Lab et les créations des participants. Les lauréats ont été récompensés pour leurs contributions créatives à la compréhension et à la représentation des défis et des opportunités urbaines en Afrique. Pourquoi un nouveau paradigme ? L’informel fait partie intégrante des villes africaines Taman Mhoumadi a ouvert la discussion en mettant en lumière l'importance du secteur informel en Afrique, notant que plus de 80% des emplois se trouvent dans ce secteur, qui s'est avéré durable au fil des ans. Elle a plaidé en faveur de l'intégration des méthodes du secteur informel pour garantir aux travailleurs l'accès à la protection sociale et à la sécurité financière. Elle est contre les efforts visant à éliminer ou à contrôler strictement le secteur informel, mettant en avant son rôle fondamental dans les villes et les économies africaines. Au lieu de cela, elle propose d'investir dans le secteur et de le soutenir pour faciliter sa formalisation, permettant aux travailleurs d'accéder à des avantages tels que la protection sociale. Il est ainsi pour elle important de comprendre les dynamiques internes du secteur informel pour développer des stratégies efficaces de sa formalisation, reconnaissant les efforts continus déployés par des organisations telles que l'Organisation internationale du travail à cet égard. Issa Diabaté partage cette perspective en soulignant l'importance de restructurer et d'intégrer l'économie informelle dans le cadre de l'urbanisme en Afrique. Il a souligné que cette approche n'est pas une question de faire sans, mais plutôt de fournir des aspects de protection sociale. Issa a également mis en lumière le défi de l'urbanisme hérité qui n'est pas toujours adapté aux environnements culturels africains. Il a discuté des différences entre l'urbanisme traditionnel et classique, en illustrant des exemples de villes africaines où l'urbanisme informel émerge et interagit avec les structures urbaines existantes. Planifier les villes africaines pour tous Nmadili Okwumabua a mis en avant l'imposition d'idéologies étrangères en matière d'urbanisme et la séparation résultante des classes socio-économiques, affectant le transport et la cohésion communautaire. Nmadili a plaidé en faveur d'une planification urbaine respectant la culture africaine, les traditions et la vie communautaire, en soulignant la nécessité d'une conception inclusive tenant compte des réalités de tous les résidents, et pas seulement des riches. Elle a partagé une anecdote personnelle sur le logement abordable pour souligner l'importance de comprendre les expériences vécues de tous les citoyens. En fin de compte, elle a appelé à un mélange de réalités africaines et de planification urbaine moderne pour créer des villes répondant aux besoins de chacun et favorisant l'équité sociale et la cohésion. Une jeunesse africaine décomplexée et digitale Pour Mohamed Zoglhami la jeunesse africaine a un rôle fondamental dans la fabrication de l'avenir urbain, soulignant leur décomplexité, leur digitalisation et leur rôle crucial en tant que force de proposition dans la réinvention des villes africaines. En tant que spécialiste des industries créatives numériques, Mohamed met en avant l'appropriation par cette jeunesse des technologies numériques et des imaginaires scientifiques pour projeter des visions innovantes de la ville. Il souligne également la solidarité et l'innovation dont ont fait preuve les jeunes pendant la pandémie de COVID-19, affirmant que leur créativité et leur agilité sont des atouts majeurs pour l'avenir de l'urbanisme en Afrique. Enfin, Mohamed évoque l'émergence d'incubateurs et d'initiatives publiques visant à soutenir l'innovation et la créativité des jeunes africains, soulignant le potentiel transformateur de ces industries créatives pour résoudre les problèmes urbains actuels. Comment construire ce nouveau paradigme ? Repenser la gouvernance urbaine en misant sur la proximité Les environnements ruraux sont souvent caractérisés par une gouvernance de proximité, où les habitants ont un lien direct avec leurs dirigeants, favorisant un comportement responsable et une forte implication dans la vie communautaire. En revanche, en milieu urbain, la gouvernance est souvent plus distante, ce qui peut entraîner un sentiment de déconnexion sociale et une dépendance accrue aux ressources financières. Issa met ainsi en avant la durabilité des modes de vie ruraux, où les habitants sont souvent autonomes dans leur subsistance et adoptent des pratiques respectueuses de l'environnement. Face à l'urbanisation croissante et aux défis socio-économiques, Issa appelle à repenser l'urbanisme et la gouvernance urbaine en rétablissant des liens de proximité entre les citoyens et les autorités, afin de créer des environnements urbains durables et inclusifs. Restructurer les curriculums pour répondre aux besoins réels du continent Lors de son intervention, Nmadili évoque les conséquences de la colonisation sur l'éducation en Afrique, soulignant que malgré l'indépendance, les pays africains ne contrôlent pas totalement leurs ressources ni leur développement. Elle met en lumière le décalage entre les curriculums enseignés et les besoins réels du continent, notamment en termes d'emploi. Elle plaide pour une réorientation de l'éducation afin de former des professionnels capables de répondre aux défis locaux. Nmadili insiste sur la nécessité de reconnaître et de valoriser les savoirs locaux, ainsi que sur l'importance de la communauté dans la résolution des problèmes. Elle appelle à repenser les modèles économiques pour construire des solutions adaptées aux réalités africaines. Exploiter le potentiel des industries culturelles créatives Pour Mohamed il est crucial de maîtriser le récit des villes africaines dans un contexte de mondialisation culturelle. Il a abordé l'attractivité des villes et leur soft power, mettant en lumière le rôle des industries culturelles et créatives dans ce processus. Mohamed a partagé des initiatives concrètes, telles que la création du premier metaverse africain, pour changer la perception de l'Afrique à l'échelle mondiale. Il a également présenté des projets innovants, comme les jumeaux numériques pour la modélisation urbaine, soulignant l'importance de l'engagement de la jeunesse africaine dans ces efforts. Taman rajoute l'importance de catalyser l'ingéniosité et la créativité des acteurs de la fabrique urbaine en Afrique. Elle a mis en avant l'utilisation de différentes formes d'art et de culture pour réaffirmer la narration propre à l'Afrique, tout en explorant des technologies ancestrales efficaces souvent perçues à tort comme obsolètes. Elle a également abordé le potentiel des solutions climatiques pour créer des emplois, soulignant la nécessité de sensibiliser les citoyens, développer un esprit entrepreneurial et fournir des connaissances techniques et administratives pour soutenir le développement durable et la croissance économique en Afrique. Issa a clôturé la discussion en soulignat l'importance de considérer la construction urbaine de manière globale, en mettant l'accent sur l'innovation et la transformation. Il a abordé la nécessité de repenser l'utilisation des matériaux locaux et de développer un lien industriel pour promouvoir des pratiques de construction durables. Issa a également plaidé en faveur d'une approche systémique plutôt que centrée sur les matériaux, mettant en avant l'importance de l'intégration des divers domaines de la vie urbaine, tels que la santé, l'alimentation et la construction. Il a souligné l'importance du récit dans l'orientation des politiques urbaines et a proposé une réflexion sur la notion de développement basée sur des critères locaux plutôt que sur des indicateurs occidentaux tels que le PIB. Enfin, Issa a évoqué un projet visant à reconstruire la ville à partir de ses fondamentaux, plutôt que d'imposer des modèles exogènes, soulignant ainsi la nécessité de repenser la planification urbaine à la lumière des enseignements tirés de la pandémie de COVID-19. Concours visions urbaines africaines Durant la deuxième partie du webinaire, Virginie Torrens a présenté l' l'African City Lab, lancée par six universités partenaires. Cette initiative vise à promouvoir le développement urbain en Afrique à travers une plateforme de formation en ligne offrant des cours gratuits sur divers aspects du développement urbain. Ces cours, développés par des spécialistes, abordent huit thématiques principales liées au développement urbain en Afrique. Depuis son lancement en octobre 2022, la plateforme compte actuellement 15 MOOC disponibles, avec l'objectif d'en proposer une vingtaine d'ici avril. En plus des cours en ligne, l'African City Lab organise diverses activités telles que des formations continues, des forums, des webinaires et des masterclasses. L'initiative vise également à créer une communauté d'apprenants et d'ambassadeurs, ainsi qu'à étendre son réseau de partenariats avec d'autres universités et institutions pour héberger davantage de contenu pertinent sur sa plateforme. Le webinaire a également été l’occasion de présenter les lauréats du concours “visions urbaines africaines”, un concours de photographie et de vidéos urbaines. Il met en lumière le lien entre les MOOC suivis sur la plateforme et les créations des participants. Catégorie photographie urbaine Premier prix: Léo Brenet Titre de l’œuvre: La dernière maille du filet "La dernière maille du filet" met en scène l'une des principales problématiques des villes africaines : la gestion des déchets. A la confluence du fleuve Sénégal et du Gorgol à Kaédi en période de crue, les eaux drainent les déchets amoncelés pendant plusieurs mois sur les berges qui viennent remplir les filets des pêcheurs de la ville qui s'improvisent alors, malgré eux, comme le dernier maillon d'un service informel de ramassage des déchets urbains. Les réflexions autour de la mise en place d'un service de gestion des déchets formel à Kaédi se sont multipliées ces dernières années sans jamais atteindre les résultats escomptés. Pourtant, une multitude d'acteurs informels oeuvrent chaque jour dans la ville pour l'enlèvement des déchets ménagers mais ne sont jamais intégrés aux projets communaux. MOOC suivit: La fabrique urbaine collective : idées et outils pour co-produire les villes africaines Deuxième prix: Babacar Diouf Titre de l’œuvre: La station du BRT et ses voies réservées Cette image est choisie parce qu'elle symbolise l'un des derniers projets phares du Gouvernement du Sénégal pour apporter un début de solution au problème de la mobilité urbaine de la capitale. C'est un projet de transport collectif structurant avec des bus 100% électriques qui desservent 14 communes avec 23 stations dont celle de Papa Gueye Fall que j'ai choisie pour ce concours d'images. Avec un gain de temps de 45mn entre la banlieue de Guédiawaye et le centre ville, ce système de transport ultra moderne peut faire voyager 300000 passagers/jour. Il s'agit donc d'un projet qui vient à son heure afin de hisser Dakar au même niveau que les grands centres urbains d'Afrique et de la sous-région. MOOC suivit: Articulation urbanisme - Mobilité pour une ville soutenable Catégorie Vidéo créative Premier prix: Michaela Solnicka Titre de l’œuvre: Tournettes https://video.wixstatic.com/video/c6d333_6999cb8b02784653a142613c4a2c4b95/1080p/mp4/file.mp4 La vidéo choisie parce qu'elle constitue une approche originale d'un mobilier urbain alternatif, d'une chaise tournante, d'ombres mobiles, de structures permanentes ludiques pas nécessairement considérées comme des terrains de jeux, destinées à tous sans distinction d'âge ou de classe sociale. Cela fonctionne bien et il a été installé pour renforcer la confiance au sein de la communauté. Un endroit pour se rapprocher sans aucun but commercial. MOOC La fabrique urbaine collective : idées et outils pour co-produire les villes africaines Deuxième prix: Hardi Salifu Titre de l’œuvre: The Tamale Urban Eye https://video.wixstatic.com/video/c6d333_1be7621d008a4559a80acfa1dc64fb10/480p/mp4/file.mp4 L'Œil de Tamale dévoile le charme unique de la capitale depuis une perspective aérienne. Tamale, qui s'étend sur 922 kilomètres carrés, est l'une des plus grandes métropoles du Ghana et connaît une croissance rapide dans la ceinture de savane guinéenne. Avec une population de 374 744 habitants et un taux de croissance de 3,6 %, Tamale est un point focal pour les cours en ligne ouverts et massifs (MOOC) sur le développement urbain. Les institutions de recherche, telles que le Centre africain des villes et l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne, peuvent exploiter les caractéristiques de Tamale pour une analyse approfondie. L'intégration de mesures socio-économiques dans les MOOC, en particulier dans les domaines du développement urbain durable et des espaces urbains habitables, peut répondre efficacement aux défis urbains urgents à Tamale, au Ghana et en Afrique. MOOC suivit: Introduction to new sanitation systems, economies and markets https://www.youtube.com/watch?v=0Ej8hSUGbyU Previous Next
- AFRICAN CITIES ROUND TOUR | AIN website
AFRICAN CITIES ROUND TOUR: A DOCUMENTARY SERIES THROUGH AFRICAN CITIES African cities are home to nearly half of Africa's population, and over the next 30 years, the continent's cities will be home to more than 950 million additional people. For example, Lagos, the capital of Nigeria and one of the fastest-growing cities in the world, will reach more than 32 million people by 2050. Yet the continent's cities and urban areas face major challenges: poverty, unemployment, substandard housing, and lack of basic services. However, African cities are also lands of beauty, diversity, and opportunity that can be enhanced through resilient and sustainable innovations. Indeed, building more sustainable and resilient African cities will enable changes in urban areas through concentrated economic activities, innovation, job creation, and empowerment; this will enable city dwellers to benefit from the potential of cities through social transformation, inclusion, and integration. African Cities Round Tour is a documentary series that gives voice to the continent's actors to draw a vision of more sustainable, resilient, and inclusive African cities, especially through the potential of innovation and technological development. Urban planners, architects, designers, artists, engineers, and ordinary city dwellers, the African cities round tour aims to take stock of the urban dynamics on the continent, while taking a forward-looking look at the African cities of tomorrow. FIRST DESTINATION: CAMEROON A Central African country with an estimated population of more than 25 million in 2019, Cameroon is one of the countries with the most important urban dynamics in the sub-region. This first documentary addresses the challenges of urbanization in Cameroon and the vision for more inclusive and sustainable cities. Through the eyes of many experts in urban planning, architecture, environment, urban policies, etc., this documentary analyzes the urban dynamics in the country and draws the fundamentals for building more resilient and sustainable urban settlements in Cameroon. Share
- African Cities Insights I Liaisons urbaines: Mettre en valeur des espaces publics de proximité dans des villes africaines
< Back Liaisons urbaines: Mettre en valeur des espaces publics de proximité dans des villes africaines Franck Houndégla Le programme Liaisons urbaines, dédié à la mise en valeur d’espaces publics de proximité de villes africaines, fut mis en œuvre de 2012 à 2017. Il a donné lieu à des réalisations expérimentales et pérennes qui croisent aménagement urbain, design, art et patrimoine, et impliquent des habitants, municipalités, opérateurs culturels, chercheurs en sciences humaines et concepteurs locaux : designers, architectes et artistes plasticiens. Les projets ont pris place à Porto-Novo (Bénin), Ndjaména (Tchad), Casablanca (Maroc), Carthage (Tunisie) et Gorée (Sénégal).Liaisons urbaines s’est intéressé aux petits espaces de proximité, que nous nommons « espaces extérieurs d’usage commun ». L’objectif du programme était d’améliorer la qualité spatiale et esthétique et la valeur d’usage de ces lieux de pratiques citadines au moyen d’interventions concrètes, rapides et de coût raisonnable. Le programme souhaitait aussi s’inscrire dans un soutien à la société civile et aux métiers de la création. Liaisons urbaines, était destiné à impulser et accompagner des dynamiques locales mais pas à assurer le suivi du fonctionnement des sites. L’un des enjeux du programme s’est situé dans la gouvernance des sites une fois les opérations de requalifications accomplies. Ce programme expérimental, qui n’était pas destiné à se pérenniser, s’est diffusé localement. Il fut déclencheur de nouvelles initiatives de requalification d’espaces publics. Liaisons Urbaines transforms everyday places into vibrant, inclusive, and community-driven urban commons Programme Liaisons urbaines. Vue de la place vaudou Agonsa Honto, réaménagée dans le cadre du projet « Manger à Porto-Novo », Porto-Novo (Bénin), 2013. Photo : Franck Houndégla Le programme Liaisons urbaines est né d’un questionnement partagé au sein d’un groupe de camarades composé de designers, architectes, opérateurs culturels et spécialistes du patrimoine : « Pourquoi accorde-t-on si peu d’attention à l’aménagement des espaces publics des villes africaines alors qu’ils sont les plus sollicités et utilisés par les habitants » ? Nous constations que les espaces publics officiels, tels les grandes places urbaines et les aménagements végétalisés, conçus par les aménageurs publics selon des modèles importés, étaient envisagés prioritairement comme des espaces de circulation ou d’agrément visuel. Leur utilisation par les citadins, fortement encadrée et limitée par les pouvoirs municipaux, décourageait leur pleine intégration à la vie urbaine. Le contraste était marquant avec les placettes, trottoirs, terrains ouverts et espaces communautaires, qui faisaient l’objet d’une appropriation, voire d’une prise en charge par les habitants. Considéré comme informel, leur usage était néanmoins toléré par les pouvoirs publics. Le traitement spatial et matériel de ces espaces de proximité, qui jouent un rôle central dans les activités sociales, économiques et culturelles des villes africaines, semblait négligé dans un contexte de forte croissance urbaine qui privilégie la réalisation d’infrastructures, de logements et d’équipements. Plutôt que de se contenter de déplorer la situation, nous avons tenté de monter, avec des partenaires, un projet qui vise à expérimenter et à proposer d’autres façons de fabriquer l’espace public 1 . Liaisons urbaines s’est intéressé aux petits espaces de proximité, que nous nommons « espaces extérieurs d’usage commun » — car l’opposition entre espaces publics et privés n’est pas toujours pertinente pour les qualifier. En effet, certains d’entre-eux, situés sur le domaine public, suivent un fonctionnement privatif, tandis que d’autres, de propriété privée, se confondent avec le domaine public du fait d’une continuité spatiale et d’usage. L’objectif du programme était d’améliorer la qualité spatiale et esthétique et la valeur d’usage de ces espaces au moyen d’interventions concrètes, rapides et de coût raisonnable. Développées à l’échelle hyper locale, ces interventions pourraient agir de façon complémentaire aux grandes opérations publiques d’aménagement, plus onéreuses et techniquement complexes, qui se déroulent dans un temps plus long. Liaisons Urbaines allie design, connaissance du terrain et culture pour réinventer les villes africaines Programme Liaisons urbaines. Vue de la structure d’ombrage de la place Chagoua, réaménagée dans le cadre du projet « Place-Fontaine de N’Djamena », N’Djamena (Tchad), 2014. Photo : Franck Houndégla Liaisons urbaines souhaitait s’inscrire dans un soutien à la société civile et aux métiers de la création. Les opérations, qui furent menées sur des sites accueillant déjà des pratiques sociales, marchandes et culturelles quotidiennes, se sont appuyés sur les interlocuteurs locaux 2 à chaque étape du projet. Il apparaissait fondamental que ceux qui repensent ces espaces connaissent les modes de vie, les mentalités et la culture technique des milieux d’intervention. Chacun des projets participait ainsi à la construction d’une expertise locale qui pourrait un jour être sollicitée pour la maintenance ou l’adaptation du site à l’évolution des usages, voire pour prendre part à de nouveaux projets de requalification d’espaces publics. Parallèlement aux réalisations d’aménagements, Liaisons urbaines a passé commande à des photographes et des vidéastes locaux, qui ont apporté leur vision sur les différents espaces et les univers abordés. Le programme a également impliqué des chercheurs en sciences humaines, à même d’éclairer les enjeux sociaux des sites d’intervention et d’analyser la réception des projets par les destinataires : utilisateurs et gestionnaires. Programme Liaisons urbaines. Vue du mobilier conçu par Hicham Lahlou dans le cadre du projet « Jardin de jeu de Casablanca », Casablanca (Maroc), 2015. Photo : Fayssal Zaoui La programme a donné lieu à 5 réalisations d’ampleur raisonnable, qui ont investi des espaces de 400 à 3000 m2 de surface et engagé des budgets de conception et réalisation de 12 000 à 40 000 €. Dans un premier temps, le comité de pilotage a initié une phase pilote qui s’est déroulée à Porto-Novo (Bénin), Ndjaména (Tchad) et Casablanca (Maroc) 3 . Le premier volet, intitulé « Manger à Porto Novo », a porté sur le réaménagement, en 2012 et 2013, de la place vodoun Agonsa Honto, espace cultuel et de restauration populaire de 1 000 m2 géré par une collectivité familiale dédiée au culte vodoun 4 . Le deuxième volet, « Places-fontaines de N’Djamena » a donné lieu à la requalification en 2013-2014 de la place de Chagoua 5 , espace de quartier et pôle d’activités économiques et culturelles organisé autour d’activités de distribution de l’eau 6 . Le troisième volet, « Jardins de jeux à Casablanca » a pris place en 2014-2015 dans le quartier populaire de Sidi Moumen, au sein d’une opération de construction de logements collectifs en copropriété. Il a consisté en la transformation d’un terre-plein minéral en un jardin de jeux intergénérationnel 7 . Programme Liaisons urbaines. Vue du parc Hédi Chaker réaménagé, Carthage (Tunisie), 2016. Photo : agence DZETA Les résultats de cette phase pilote suscitèrent des demandes d’expertise de la part de porteurs de projets implantés dans d’autres villes africaines et qui souhaitaient engager une démarche de transformation d’un espace public. Ainsi, Liaisons urbaines se poursuivit à Carthage, en 2016, avec le réaménagement du Parc Hédi Chaker à Carthage 8 , puis sur l’île de Gorée, en 2016 et 2017, pour la requalification d’une placette accueillant des activités marchandes, nommée « place du marché des jeunes filles 9 . Ces 5 projets ont suivi des étapes de travail identiques: études spatiales et diagnostic ; projet ; travaux. Diversifiées par les sujets, les enjeux et les formes bâties, ces réalisations ont en commun d’associer renouvellement esthétique et confort d’usage. Elles intègrent par exemple des structures d’ombrage et de protection aux intempéries, des dispositifs d’écoulement des eaux et des mobiliers d’assise. Mobilisation locale et postérité des projets de liaison urbaine Chacun des projets a suscité une forte mobilisation locale. Les habitants ont apprécié que nos nombreuses discussions aboutissent rapidement à des actions concrètes. Ils ont également remarqué le soin qui avait été apporté aux réalisations. Parallèlement, les designers, architectes et artistes plasticiens ont été surpris par la reconnaissance populaire qui fut accordée à leur travail. Pour certain.e.s, c’était la première fois que des habitants modestes, et étrangers au monde artistique, les félicitaient. À Porto-Novo, le projet a permis d’améliorer le fonctionnement spatial et l’image publique de la place. À Ndjaména, les activités 10 se sont réinstallées dans un cadre plus propre et confortable. Leur cohabitation est devenue aussi plus aisée. Programme Liaisons urbaines. Vue de la place Agonsa Honto Vodoun avant et après les travaux de réaménagement, Porto-Novo (Bénin), 2013. Photo : Franck Houndégla Programme Liaisons urbaines. Vue de la place Chagoua avant et après les travaux de réaménagement, N’Djamena (Tchad), 2014. Photo : Franck Houndégla À Casablanca, le jardin de jeux a été victime de son succès. La fréquentation étant trop intense, le partenaire local du projet et gestionnaire du site — la Fondation Alliances — et certains habitants ont décidé de fermer temporairement le jardin puis de créer un accès limité pour qu’il accueille un nombre raisonnable d’enfants en même temps. L’appropriation par les destinataires des espaces requalifiés fut d’une façon générale extrêmement rapide, que ce soit pour des raisons économiques (nécessité de reprendre au plus vite une activité marchande) ou du fait que l’intervention répondait à un manque flagrant en équipements de loisir. Le programme a connu une diffusion à la fois transafricaine (dans 5 villes) et locale. Par exemple, à Porto-Novo, le travail de requalification de la place vodoun s’est ensuite diffusé dans la ville. Il a inspiré la naissance du programme Éclosions urbaines qui a permis de requalifier à ce jour une quinzaine de places vodoun de la ville 11 . La question de la diffusion des modèles est intéressante à poser concernant ces actions qui agissent à l’échelle locale. Si une initiative est perçue comme pertinente, elle pourra faire office de modèle qui sera adapté à d’autres sites. Les réplications et adaptations d’un modèle peuvent générer progressivement un maillage urbain de petits espaces publics. Un exemple remarquable est le projet mis en œuvre à Amsterdam par l’architecte néerlandais Aldo van Eyck à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Il conçut un réseau d’espaces de jeux, tous différents les uns des autres, agencés à partir de structures tubulaires 12 . Programme Liaisons urbaines + Fondation Dapper. Vue des micro-architectures conçues par la designer Bibi Seck dans le cadre du réaménagement de la Place du Marché des Jeunes Filles à Gorée (Sénégal). Photo : Bibi Seck, 2017 Liaisons urbaines a connu une certaine visibilité médiatique, qui s’est manifestée par de nombreuses publications dans la presse spécialisée et de fréquentes invitations à des événements consacrés aux questions urbaines. Les limites de Liaisons urbaines se situent dans son statut de programme pilote ou de programme prototype. Destiné à impulser des dynamiques et à susciter des inspirations, il n’avait pas pour mission d’assurer le suivi du fonctionnement des sites après leur livraison, que ce soit en terme d’organisation, de maintenance ou de financement. Le rôle de la gouvernance locale fut donc crucial. Elle s’est structurée au cas par cas selon le projet et parfois de façon empirique 13 . Liaisons Urbaines a démontré que des interventions à petite échelle peuvent transformer les villes et influencer les politiques urbaines futures L’objectif de ce programme, certes modeste, était de sensibiliser les pouvoirs publics et les aménageurs au soin à apporter à la qualité d’usage et esthétique des espaces du quotidien dans un contexte de mutations urbaines rapides. Il était aussi de montrer qu’il était possible de mener des actions de terrain concrètes, rapides et peu onéreuses pour améliorer le cadre de vie urbain. Il s’agissait aussi, à travers ces projets, de valoriser la place de la création en Afrique, en faisant se rencontrer des habitants, des décideurs des villes et des concepteurs : artistes plasticiens, designers, et architectes. Le programme a permis de requalifier des sites qui accueillaient déjà des pratiques sociales. Il ne s’agissait pas en effet de créer des espaces publics ex-nihilo ni de bouleverser l’existant, mais d’accompagner le déjà-là avec les outils de la création spatiale. Nous avons tenté d’élaborer chaque projet en cohérence avec l’identité du site, les usages qu’il accueille et les nouveaux besoins exprimés par les destinataires. Ce programme pilote basé sur des expérimentations à l’échelle 1, n’avait pas pour objet de se pérenniser. La dernière opération s’est déroulée en 2017. On peut cependant constater que les principes mis en place par Liaisons urbaines se sont en partie diffusés et ont été déclencheurs d’autres projets de requalification d’espaces publics. Previous Next
- African Cities Insights I Startup lions campus
< Back Startup lions campus Yoel Mukalay Start-up Lions Campus, located on Lake Turkana in Kenya, is an ICT center designed to provide high-level training and international job opportunities to young entrepreneurs. The project, completed in 2021, is built on 1,416m2 and celebrates the unique morphology and natural beauty of the site. The campus is built from locally sourced quarry stone with a plaster finish, incorporating ventilation towers to cool workspaces and create a landmark in the area. Located in Kenya and home to Lake Turkana, the country’s largest landlocked body of water and the biggest desert lake in the world, Turkana county is well-known to be a large expanse of beautiful yet arid land with low bushes and occasional trees. Termite mounds, buzzing with activity and up to several metres high, are dotted around the region’s gently undulating landscape. These structures built by terminates are what captivated and inspired Francis Kéré, the Berlin-based architect born in Burkina Faso, when I was researching the area of a sustainable education campus on the lake’s banks. During the Global Africa Forum organised by the Munich Technical University in 2019, Francis Kéré met Ludwig Bayern, founder and CEO of Learning Lions, a non-profit organisation that works to empower young adults in impoverished rural areas of Eastern Africa. The pair then decided to build a higher education facility by Lake Turkana, that would offer valuable IT knowledge to the country’s youth. Start-up Lions Campus is an information and communication technology (ICT) centre, located on the shores of Lake Turkana, Kenya. The project was designed on an area of 1 416m2. Completed in 2021, the project responds to the urgent challenge of youth in the face of unemployment facing the region, as it offers high-level training and access to international jobs, allowing young entrepreneurs to prosper professionally without having to leave their place of origin. The campus will provide 100 new workstations and is the first step in an ambitious spread of ICT networks in remote areas. The project celebrates the unique morphology and natural beauty of its site. It is built on two levels, which follow the natural slope and have spacious roof terraces that offer panoramic views over Lake Turkana. The roof terraces are shaded by creeping vegetation, providing a pleasant exterior and gathering spaces where opportunities for informal exchange of ideas are provided. The campus is built out of locally sourced quarry stone with a plaster finish. In choosing which materials and construction techniques to use, ecological sustainability, cost, and availability factors were weighed to arrive at the best compromise. Collaboration with the local community was key in this decision-making process, drawing from their experience and expertise. The building is inspired by the towering mounds built by termite colonies in the region. Ventilation towers create a stack effect to naturally cool main workspaces by drawing heat upwards, while cool air is drawn in through specially designed low-level vents. This system allows the campus to withstand high temperatures and is especially suitable, since it avoids dust that can damage the equipment. In addition to their functional role, the towers create a landmark in the surroundings. The campus is built from locally sourced quarry stone with a plaster finish. Materials were carefully chosen, and construction techniques could be used, and levels of ecological sustainability, cost factors and availability were weighed. Collaboration with the local community was key in this decision-making process. Previous Next
- ABOUT | AIN website
WHAT IS AFRICA INNOVATION NETWORK In 2050, 70% of the world's population will be urban. The majority of this urbanization will occur in Africa with 60% of the population living in urban areas by then. While raising enormous challenges , this urbanization will generate significant needs in all areas and will have to be met. It is with this in mind that Africa Innovation Network, a research and innovation agency focused on the problems generated by urbanization on the continent , was created. Africa Innovation Network brings together experts in diverse and varied fields to offer sustainable and innovative solutions to complex problems linked to the continent's urbanization in order to improve the quality of life of all. A veritable laboratory for thinking about and implementing solutions adapted to the context of the continent, the target themes of the Africa Innovation Network cover all fields enabling sustainable and resilient societal development throughout Africa. These themes are grouped around the main axes : INCLUSIVE CITIES; INNOVATION AND TECHNOLOGY; ENVIRONMENT AND CLIMATE ACTION. Download our brochure Share
- African Cities Insights I Le numérique: un terreau fertile à labourer pour la transformation durable de la mobilité
< Back Le numérique: un terreau fertile à labourer pour la transformation durable de la mobilité Cet interview d'Antoine CHEVRE met en lumière les opportunités offertes par le numérique pour améliorer la mobilité urbaine durable en Afrique, tout en soulignant les défis de mise en œuvre. Il met en avant l'impact des technologies numériques sur la transformation des transports dans les villes africaines, en mettant l'accent sur des initiatives telles que l'utilisation du paiement mobile, la cartographie des réseaux de transport artisanal via des smartphones, et la mise à disposition des données de transport en open source. L'interview souligne également l'importance de la collaboration et de la normalisation des données (format GTFS) pour garantir leur interopérabilité et faciliter le développement d'applications. Enfin, elle aborde les défis majeurs, notamment la mise à jour des données et la standardisation dans un contexte de transport artisanal non planifié, tout en soulignant l'importance de divers moyens de transport pour améliorer la mobilité urbaine durable en Afrique. Les opportunités du numérique pour la mobilité urbaine durable en Afrique sont à la fois nombreuses et difficiles à mettre en œuvre Au cours des dernières décennies, l’avènement du numérique a permis de favoriser le déploiement de nouvelles solutions de mobilité à travers le monde, et plus récemment dans les villes africaines, afin d’améliorer les conditions de mobilité des citoyens. Des technologies numériques comme le paiement mobile qui est une véritable innovation en Afrique offre des opportunités pour accélérer le développement des villes africaines en sautant des étapes technologiques (leapfrogging) pour se positionner à l’avant-garde de la transformation numérique des transports. Les villes africaines se démarquent également par des pratiques qui sont réinventées à grand renfort de capital risque dans d’autres parties du monde. C’est le cas des taxis partagés qui est une pratique courante dans plusieurs villes africaines et se réinventent en occident avec Uberpool par exemple, qui propose de partager des taxis pour économiser. "Le numérique est un levier majeur à plusieurs titres. Pour mieux connaître le secteur du transport artisanal, pour le formaliser et pour mieux le réguler et pouvoir gérer la multitude d’opérateurs pour la puissance publique." , déclare Antoine CHEVRE, spécialiste de la Division transport de l’AFD. Le numérique permet d’avoir une meilleure connaissance de l’offre de transport, et particulièrement en ce qui concerne le transport artisanal qui se qui se définit par opposition aux exploitants de bus structurés et représente l’écrasante majorité de l’offre de transport dans les villes d’Afrique Subsaharienne. Ceci est rendu possible à travers la cartographie des réseaux de transport artisanal au moyen de smartphones et en utilisant des solutions open source. De telles initiatives ont été disséminées à travers les villes africaines, à l’instar de Digital Matatu à Nairobi, Accra Mobile au Ghana ou TransportforCairo en Egypte. La mise à disposition en mode ouvert des données transports non seulement auprès des décideurs mais aussi auprès des usagers, contribue à une meilleure régulation des systèmes existants et la planification des nouveaux modes. Une autre vertu du numérique étant de pouvoir s’adapter aux besoins de chacun. Toutefois, les données ne sont pas une finalité, car elles, seule, ne suffisent pas pour transformer le secteur du transport artisanal en Afrique. D’après le World Resource Institute, au moins 105 millions de personnes vivant dans les villes africaines ne disposent pas d’informations fiables sur leurs systèmes de transit. Il importe donc d’explorer les différents leviers de valorisation de la donnée transport. DigitalTransport4Africa (DT4A), un début de réponse au partage et à l’exploitation de la donnée transport L’initiative DT4A est née dans le but de mettre en réseau l’ensemble des acteurs engagés dans l’application du numérique aux objectifs d’amélioration de la mobilité. Elle s’inscrit dans une approche appelée « beyond mapping » qui vise donc à explorer les différentes solutions se basant sur les données pour transformer le secteur du transport artisanal. Dans ce cadre, DT4A a lancé un “Défi de l’innovation”, afin d’identifier et de financer des microprojets utilisant chacun un levier différent. Parmi ceux-ci, on peut citer : ewarren à Abidjan, une fintech qui aborde la formalisation du secteur et des données via le paiement mobile, addis map qui vise à développer une application voyageur en utilisant la technologie open source ; Trufi ; go metro en Afrique du sud qui produit un jeu de données sur le réseau de Stellenbosch pour étudier la faisabilité d’un passage à l’électro mobilité, Khartoum map qui vise à créer un jeu de données initiales. "Nous avons voulu à travers cette initiative poser les bases d’une culture de la donnée transport en Afrique en faisant la promotion de l’ouverture des données et de leur standardisation au format GTFS pour assurer l’interopérabilité." , précise Antoine. DT4A est un acteur engagé dans la construction de biens communs numériques tels que OpenStreetMap en ce qui concerne les données géographiques utiles à la cartographie des itinéraires et des arrêts. Cependant, au-delà de la dimension géographique, l’information sur les services de transport intègre le niveau de service (fréquence, vitesse commerciale, etc.). Dans ce sens, le standard GTFS (General Transit Feed System) joue un rôle crucial en ce sens qu’il s’agit d’un format de données standardisées. Il permet ainsi d’avoir des données interopérables, qui soient accessibles et facilement compréhensibles de tous, favorisant de ce fait le développement d’applicatifs. En outre, dans un contexte où la plupart des collectivités locales africaines n’a pas aujourd’hui les moyens techniques et financiers de créer et d’entretenir cette infrastructure de données au format GTFS, DT4A œuvre également à l’internalisation des compétences. Notamment, à travers le partage de connaissances et le renforcement des capacités sur la cartographie des réseaux entre autres. DT4A fournit aussi des solutions d’hébergement (GitLab) pour le stockage de jeu de données et le partage d’un centre de ressources. Il n’y a en effet pas de réel business model pour l’information voyageur Du point de vue des défis majeurs, deux écueils principaux se dégagent. Tout d’abord, celui de l’actualisation des données. En effet, il est souvent facile de mobiliser un budget pour réaliser le recueil initial mais il est beaucoup plus difficile de mobiliser des moyens techniques, humains et financiers récurrent pour mettre à jour ces données. D’un autre côté, dans un contexte de transport artisanal, par définition non planifié dans le détail, la question de la standardisation des données au format GTFS se pose dans la mesure où il est difficile d’arriver au niveau de granularité attendu d’un jeu de données GTFS. D’autant plus que ceux-ci sont censés être produits par des exploitants de transports professionnels et imposent que chaque bus qui circule soit identifié dans le temps et l’espace tout au long de l’année. Au mieux, il est possible de disposer des itinéraires avec des arrêts et une fréquence avec distinction heure de pointe / heure creuse. Néanmoins, dans un contexte de villes africaines avec une croissance rapide, le transport artisanal représente un atout majeur qui associé à d’autres moyens de mass transit, tels que le BRT ou le Tramway, permettrait de réduire considérablement les difficultés de mobilité. Ajouté à cela, et grâce au numérique, le développement des services de transport à la demande pour compléter le réseau de mobilité. De telles actions contribueraient à la réduction de l’usage de la voiture individuelle, tout en favorisant une mobilité urbaine durable. Previous Next
- African Cities Insights I Talensi traditional houses in Ghana
< Back Talensi traditional houses in Ghana Talensi traditional houses in Ghana are centered on the design and construction of homesteads, promoting their indigenous cultural identity and demonstrating the value of social ties. The construction process involves men constructing and roofing structures, with women covering them. The Talensi community combines innovation, local knowledge, and resources to create low-cost, sustainable communities. The standardized construction schedule ensures transparency and reliability, promoting sustainability and reusability of traditional materials. The traditional building of Talensi is principally centered on the design and construction of homesteads. The architectural circular form of these traditional buildings, its homogenous layout, choice of construction materials, and process promotes their indigenous cultural identity, stands as an embodiment of the value of social ties, represents a substantial projection of hierarchical relations that make up a family or clan. Talensi is an area in the Upper East region of Ghana in West Africa, culturally and administratively termed Talensis. House Building among Talensi is guided by a solid sense of kinship, characterized by a cooperative effort by the clan to which a person belongs. Tengzug village, Nothern Ghana photo by imb.org Traditionally, the homestead is identified as a Talensi man’s focus, source of interests, prime initiatives, deepest emotional connections, values, shelter, and esteem of life. Talensi’s view on house construction is that men put up structures and roof them while women cover the structures for habitation, but the contribution of women is not counted, though the entire construction process involves members of varied ages, social standing, skills, and genders. The fusion of innovation, local knowledge, and resources promotes low-cost and sustainable communities tailored to their specifications. The traditional houses of the Talensi are circular with flat roofs although in recent years there has been the introduction of rectangular forms. The buildings are constructed with mud. Wall construction usually includes hand-molding kneaded laterite into standard spherical sizes and using the balls to construct the wall layer by layer. Finishing also involves a standardized process of plastering the wall surfaces with a mixture of mud, cow dung, and juice from boiled empty locust bean tree pods. The juice acts as a stabilizer, hardener, and waterproofing. As a standard schedule, traditional Talensi construction normally happens in the dry season between December and April. This period is without rainfall and the entire construction process, from site preparation to wall and floor finishing, is planned in this period. The need to standardize the construction schedule within this period is further strengthened by the fact that most traditional construction participants are farmers and would be engaged in farming in the rainy season. The standardized scheduling in the dry season is transparent and understood by all participants, thereby enhancing the reliability of the commitment of the entire team to planned activities for projects. This tends to stabilize the flow of construction activities within the planned duration. Sustainability through the indigenous building culture of Talensi is environmentally friendly associated with less generation of waste. This fundamentally stems from the recyclability and reusability of traditional materials. Another dimension focuses on the ability of the traditional building materials to merge back into the natural environment when they are not in use. Previous Next









