
Murielle Bissek; Célia Liégeois; Guy Tchakam
Dans un contexte d’urbanisation rapide et d’organisation institutionnelle cloisonnée, le Projet Plateforme Urbaine au Cameroun (PUC) propose une réponse innovante pour repenser l’action publique urbaine. Porté par le Gouvernement du Cameroun, financé par l’Union européenne, et mis en œuvre par Expertise France, il vise à améliorer les politiques publiques pour des villes durables et inclusives. Le projet repose sur un dispositif central : une Plateforme nationale des acteurs de l’urbain réunissant institutions publiques (ministères, CTD), structures non institutionnelles (associations, ordres professionnels), entreprises et établissements publics, ainsi que des espaces de concertation existants, partenaires bilatéraux et multilatéraux, et structures de formation, de recherche ou de production de données. Cette Plateforme, structurée autour de groupes de travail thématiques, favorise une production collective d’outils, d’analyses et de méthodes, tout en instaurant un réflexe durable de collaboration multi-acteurs. Entre 2024 et 2025, le PUC a conduit plusieurs chantiers structurants : revue partagée du cadre normatif en matière de développement urbain, expérimentation d’une méthodologie de planification concertée sur le terrain, développement d’une plateforme numérique de données ouvertes, et renforcement des capacités des collectivités et médias. Il a également engagé une dynamique de transformation institutionnelle, avec la création d’une association d’utilité publique - validée par les acteurs - destinée à assurer l’autonomie et la pérennité de la Plateforme. En moins de deux ans, le PUC a généré des résultats concrets : la production de plusieurs outils réplicables, des formations déployées avec près de 300 acteurs formés, une gouvernance plus fluide, un meilleur accès à l’information - notamment sur les données urbaines -, la mise en place d’un « tiers-lieu » dédié à la co-création et à l’innovation urbaine, ainsi que l’impulsion d’une réforme législative pour la révision de la loi sur l’urbanisme. Plusieurs coopérations interinstitutionnelles se sont renforcées au fil du processus, grâce aux liens facilités par la Plateforme et ses groupes de travail. Le PUC offre ainsi une contribution structurante à la fabrique urbaine au Cameroun et trace des perspectives pour d’autres villes africaines confrontées aux mêmes défis d’articulation, de planification et de transition.

La fragmentation institutionnelle et le manque d’articulation entre acteurs, outils et échelles freinent la mise en œuvre de politiques urbaines cohérentes et efficaces au Cameroun
Face à l’urgence de mieux encadrer l’urbanisation et de rendre l’action publique plus cohérente, comment dépasser les cloisonnements et la fragmentation institutionnelle entre administrations centrales, collectivités, société civile et secteur privé dans un contexte de décentralisation progressive et de capacité locales limités ? Comment faire des outils existants (lois, données, dispositifs) de véritables leviers partagés d’action et de pilotage ? C’est à cette question structurante que répond le Projet Plateforme Urbaine au Cameroun (PUC), né de la nécessité de transformer en profondeur les pratiques de gouvernance urbaine afin d’améliorer les politiques publiques pour des villes durables et inclusives.
Dans un contexte marqué par une pluralité d’acteurs (ministères, Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), secteur privé, société civile, bailleurs, structures de recherche et de production de données, etc.), mais aussi par une production normative consistante mais peu intégrée, le projet contribue à créer un espace structurant de dialogue et d’action concertée. Une configuration qui, bien que spécifique au Cameroun, reflète nombre de situations observées dans les villes africaines confrontées aux mêmes défis d’articulation institutionnelle et d’effectivité des outils.

Le déficit d’articulation entre planification stratégique, planification spatiale et dispositifs opérationnels freine la mise en œuvre effective des projets urbains. Les CTD, en particulier, manquent souvent de compétences techniques et d’outils adaptés pour exercer pleinement leur rôle dans la fabrique de la ville. Par ailleurs, l’accès aux données urbaines et la diffusion des documents de planification restent limités, entravant la transparence, la participation citoyenne et les prises de décision éclairées.
Pour répondre à ces enjeux, le Projet PUC met en place une Plateforme nationale des acteurs de l’urbain (PNAU), conçue comme un espace pérenne de concertation, d’apprentissage mutuel et de gouvernance partagée. Elle vise à instaurer une culture du dialogue mutli-acteurs, de la co-construction des décisions et du dépassement des approches fragmentées en matière de développement urbain. Elle réunit des représentants des institutions publiques (ministères, CTD), structures non institutionnelles (associations, ordres professionnels), entreprises et établissements publics, ainsi que des espaces de concertation existants, partenaires bilatéraux et multilatéraux, et structures de formation, de recherche ou de production de données. Conçue comme un levier stratégique, cette Plateforme constitue le socle du projet.

Cette structure centrale s’appuie, entre autre, sur quatre leviers opérationnels complémentaires : une revue concertée du cadre normatif en matière de développement urbain, des groupes de travail thématiques mêlant production et apprentissage, une plateforme numérique collaborative dédiée à la mise en réseau des données et des ressources, et un programme de renforcement des capacités ciblant les collectivités, les professionnels de l’urbain et les médias.
Le Projet PUC, fruit d’un partenariat stratégique entre le Gouvernement du Cameroun et l’Union européenne avec l’appui technique d’Expertise France, se positionne comme une réponse innovante à la faible articulation des politiques urbaines entre acteurs et échelles, et à l’interopérabilité limitée des outils et pratiques. Il engage un processus progressif et transitionnel de transformation des usages et de convergence des initiatives locales, nationales et internationales, avec une attention particulière aux enjeux de genre, de jeunesse, de données ouvertes et de durabilité. Son approche de co-construction multi-acteurs suscite un intérêt croissant au-delà du Cameroun : plusieurs pays tels que le Maroc, le Cap-Vert ou le Sénégal ont sollicité le partage d’expérience dans des cadres bilatéraux ou multilatéraux, notamment lors du Forum Urbain Mondial (FUM) en 2024.
La Plateforme Urbaine impulse une gouvernance collaborative et inclusive du développement urbain au Cameroun
Le Projet PUC repose sur une approche résolument multi-acteurs et expérimentale. Au cœur du dispositif, la Plateforme nationale des acteurs de l’urbain (PNAU) constitue un outil stratégique de concertation multi-niveaux, réunissant pour la première fois au Cameroun l’ensemble des familles d’acteurs concernés par le développement urbain : ministères sectoriels, CTD, société civile, partenaires techniques et financiers, ordres professionnels, structures de formation, de recherche et de production de données. Elle est conçue pour structurer la coopération entre institutions, appuyer la mise en œuvre des réformes territoriales et rendre lisible l’action publique en matière urbaine.

Cette dynamique structurante a conduit, dès mi-2025, à l’engagement collectif pour sa pérennisation institutionnelle : les 69 institutions membres ont acté sa transformation en association d’utilité publique dotée d’un modèle économique hybride. Une première en Afrique centrale pour une structure de ce type. En outre, un projet d’arrêté, actuellement en cours de validation à la Primature, prévoit de reconnaître la PNAU comme instrument officiel de concertation multi-acteurs du secteur du développement urbain porté par l’État et ses partenaires.
Adossés à la PNAU, plusieurs Groupes de Travail (GT) permettent d’approfondir les sujets traités par les acteurs de l’urbain. Toutefois, l’innovation du PUC ne réside pas dans la mise en place de ce dispositif - pratique déjà courante dans d’autres cadres de concertation - mais dans deux avancées majeures : d’une part, l’intégration pleine et entière de la société civile au processus de concertation ; d’autre part, une méthodologie singulière qui articule une analyse théorique approfondie et sa mise en pratique, en s’appuyant directement sur des projets concrets portés par l’État ou par les CTD.
Les Groupes de travail (GT) illustrent cette logique méthodologique :
Le GT1B, en élaborant une méthodologie de planification concertée, s’est immergé dans le projet de la voie de contournement de Yaoundé porté par l’État, avec dix jours d’atelier en résidence transformés en « mini-bureau d’études » ;
Le GT1A, mobilisé sur la revue du cadre normatif, a privilégié une lecture critique des textes, assortie de temps de restitution des travaux d’examen ;
Le GT2 développe un système intégré de données urbaines, interopérable et ouvert, pensé comme un levier de performance pour les CTD et administrations sectorielles, en améliorant la gouvernance, la mobilisation des ressources et le pilotage des politiques publiques.

Un autre point fort du PUC est d’accompagner la co-construction de modèles réplicables : méthodologies de gouvernance locale, démarches de planification concertée, méthodologie du cadastre polyvalent, programmes de formation-action. Tous contribuent à renforcer durablement les capacités des administrations et à améliorer leur performance. Cette stratégie s’incarne dans la mise à disposition d’outils numériques open source, d’espaces physiques de dialogue (cafés urbains, tiers-lieu), mais aussi de formats différenciés d’apprentissage, adaptés aux profils des acteurs.
Le PUC soutient également la participation citoyenne au secteur urbain en mettant à disposition un espace physique et digital, ainsi que des méthodologies dédiées à l’inclusion des habitants et usagers dans la conception des projets.
Ce mode opératoire souple et structurant permet à la fois d’accompagner la montée en compétences des acteurs, de favoriser l’appropriation progressive des outils et méthodes, et de garantir leur transférabilité. Depuis 2025, un effort particulier est consacré au transfert de maîtrise des dispositifs aux acteurs locaux, afin d’assurer une internalisation et une gouvernance autonome par les administrations concernées.
Enfin, le dispositif de capitalisation continue - fiches synthétiques, comptes rendus visuels, publications en ligne et diffusion régulière - renforce cette appropriation. Dans le PUC, la méthode elle-même - immersive, collaborative, numérique et évolutive - devient un levier de transformation, au service de CTD plus performantes et d’une gouvernance urbaine mieux partagée.

L’instauration d’une culture durable de concertation et production d’outils innovants pour renforcer la gouvernance urbaine au Cameroun
Le Projet PUC a généré, en moins de deux ans, des résultats tangibles dépassant largement le cadre de ses livrables initiaux. Grâce à une approche collaborative, souple et ancrée dans les besoins exprimés sur le terrain, il a contribué à faire évoluer les pratiques de gouvernance urbaine, à renforcer les compétences des acteurs, à produire de nouveaux outils et à structurer un cadre institutionnel plus cohérent. Son impact se manifeste autant dans les changements observables que dans les dynamiques de transformation enclenchées.
Consolidation d’une culture du dialogue multi-acteurs
En instaurant des espaces réguliers d’échange entre ministères, collectivités territoriales, ordres professionnels, experts, société civile et jeunes praticiens, le PUC a ancré un réflexe collectif de concertation. S’appuyant sur une variété de formats - sessions plénières, groupes de travail, ateliers immersifs, cafés urbains ou échanges informels - le projet a mis en place une dynamique continue de dialogue structuré. Ces espaces ont permis de clarifier les rôles, de croiser les pratiques, de renforcer la compréhension mutuelle et de créer une culture de collaboration ouverte.
Plusieurs partenaires soulignent l’effet catalyseur du PUC sur la qualité des échanges interinstitutionnels, la levée progressive de silos administratifs, et surtout l’amélioration de la circulation de l’information entre les échelons territoriaux et les niveaux institutionnels, condition indispensable à l’alignement stratégique des politiques urbaines. En favorisant cette interconnexion, le projet a permis d’amorcer une gouvernance plus fluide, partagée et ancrée dans les réalités locales.
Les acteurs de l’urbain ont co-élaboré un modèle de pérennisation innovant et agile de la Plateforme Nationale des Acteurs de l’Urbain (PNAU), visant à en faire une structure autonome de concertation et de coordination dotée du statut d’association d’utilité publique, à institutionnaliser d’ici le premier trimestre 2026. Cette configuration offre de meilleures garanties de durabilité que les cadres de concertation sectoriels classiques, souvent limités dans le temps ou dans leur portée. Elle a vocation à rationaliser l’action publique, y compris l’intervention des bailleurs, en fédérant l’ensemble des acteurs intervenant dans le secteur urbain et en assurant une meilleure cohérence stratégique et opérationnelle.

Production de méthodologies et d’outils réplicables
Le projet a permis de poser les bases d’un socle méthodologique commun, conçu de manière collaborative avec les membres de la Plateforme et mobilisé dans plusieurs activités pilotes.
Une méthodologie de planification concertée a été développée puis testée dans la Commune d’Okola dans le cadre du GT1B, enrichie par les résultats d’un atelier urbanisme et gouvernance du pôle de Nkong-Nouma, pour alimenter les études conduites par le cabinet-conseil en charge d’élaborer le plan d’aménagement et les études techniques des réseaux de la voie de contournement de Yaoundé. Cette méthode, acquise par les acteurs, peut être reproduite dans le cadre de la mise en place d’opérations d’aménagement concerté, notamment dans des contextes ou projets complexes.
Une méthode de collecte de données cadastrales a également été élaborée et testée à Soa, puis enrichie par des stagiaires issus des écoles partenaires, en vue de produire un cadastre « polyvalent » - un outil multi-usages intégrant les dimensions foncière, fiscale, administrative et spatiale - à même d’accompagner les CTD dans la prise de décision, la sécurisation foncière et la mobilisation des ressources locales. Cette approche méthodologique, reproductible à moindre coût, pourra être mise à profit par d’autres CTD afin de disposer d’une connaissance fine et actualisée de leur potentiel fiscal, condition essentielle à l’optimisation de la gestion budgétaire et à la planification territoriale.
Plusieurs guides opérationnels sont en cours de production et de mise à jour d’ici 2026, portant sur des thématiques clés identifiées par les membres de la Plateforme : éducation environnementale, participation citoyenne, maîtrise de la planification à l’échelle locale, etc. Ces outils visent à être diffusés largement et adaptés par d’autres territoires, dans une logique de capitalisation et de montée en compétence collective.
Production d’outils pour améliorer la connaissance du secteur urbain et du territoire, et renforcer la boussole institutionnelle
Le projet a engagé un travail de fond pour produire un référentiel commun de la situation actuelle, à travers une revue concertée du cadre normatif du développement urbain au Cameroun, visant à simplifier sa compréhension par les CTD et les professionnels, à encourager le recours et le financement de l’élaboration documents de planification, et à renforcer les capacités pour leur mise en œuvre effective. Cette démarche participative a permis de créer un référentiel partagé, d’identifier les incohérences existantes et d’intégrer des enjeux transversaux (genre, climat, ruralité). Le Plan d’action concerté qui en découle comporte les éléments nécessaires pour engager une réforme institutionnelle majeure, incluant la révision de la loi de 2004 sur l’urbanisme.
Les outils numériques, open source et librement accessibles, produits dans le cadre du Projet tels que la Base d’Adresses Numériques Ouvertes du Cameroun (BANOC) et la Plateforme Digitale Collaborative (PDC), constituent respectivement une solution concrète aux défis d’adressage urbain, et une infrastructure de données géospatiales de partage de l’information entre les acteurs les et de redevabilité pour la population. Ces outils facilitent une meilleure connaissance des dynamiques spatiales, soutiennent la prise de décision éclairée, et renforcent la gouvernance territoriale à toutes les échelles. Ils sont d’ores et déjà mobilisés par plusieurs acteurs publics, notamment l’opérateur en charge de la distribution d’électricité, qui s’appuient sur la BANOC pour la localisation fine des clients et l’optimisation de leurs opérations sur le terrain. En favorisant l’interopérabilité des données et l’accès équitable à l’information, ils renforcent la capacité des institutions à dialoguer entre elles, à mutualiser leurs ressources et à construire des politiques fondées sur une lecture commune du territoire.
Un chantier sur la période 2025-2026 est en cours pour l’élaboration d’une politique nationale de gestion des déchets, assortie d’une stratégie, conçue comme une boussole gouvernementale pour l’ensemble des acteurs qui œuvrent dans ce secteur.
Amélioration de la performance de l’action publique et de la gouvernance locale
La mise en place d’un système intégré de données urbaines au sein de la PDC - articulant la BANOC, le Cadastre Polyvalent et le Système d’Information Géographique Communal (SIGCOM) à développer - permet d’accroître significativement la performance de l’État et des administrations locales. En combinant des adresses précises et géolocalisées avec des informations foncières, fiscales, administratives et spatiales, les collectivités peuvent localiser avec précision les contribuables, optimiser le recouvrement fiscal, planifier les investissements et renforcer la sécurisation foncière.

Cette architecture de données intégrée facilite également la visualisation et la gestion fine des territoires communaux, grâce à des cartes thématiques et analyses spatiales qui identifient corrélations, tendances et zones prioritaires d’intervention. Un plaidoyer actif est mené pour favoriser l’appropriation de ces outils par l’administration, à travers une série de rencontres stratégiques avec la Direction Générale des Impôts, le ministère en charge du cadastre, le ministère de la décentralisation et d’autres acteurs clés. L’objectif est de créer un écosystème interopérable de données territoriales, garantissant une prise de décision plus éclairée, une planification plus cohérente et des villes plus intelligentes, résilientes et réactives aux besoins de leurs habitants.
Renforcement des capacités des acteurs
Le Projet PUC a consacré une part importante de ses efforts au renforcement des capacités techniques des agents des CTD et des services déconcentrés des administrations partenaires, afin qu’ils soient en mesure d’assurer pleinement la maîtrise d’ouvrage des projets urbains. En partenariat avec le Programme National de Formation aux Métiers de la Ville (PNFMV), plus de 140 professionnels ont été formés dans les domaines de la gestion des déchets, de la gestion foncière, de la gestion des infrastructures urbaines et de la planification locale, à travers des sessions organisées à Maroua, Yaoundé et Douala.
En parallèle, une formation ciblée des journalistes et professionnels des médias a été organisée sur les enjeux de l’urbanisme durable, afin de renforcer leur compréhension des textes réglementaires, des référentiels techniques et des dynamiques territoriales. Cette initiative vise à améliorer la qualité de l’information diffusée au grand public, tout en en donnant aux journalistes les clés pour vulgariser les enjeux techniques de l’urbanisme. Elle leur permet aussi de poser un regard plus informé, critique et constructif sur les projets d’aménagement et les décisions publiques.
Les supports de cours, de présentation ainsi que les enregistrements vidéo de ces formations seront bientôt disponibles sur la PDC et pourront être consultés gratuitement, afin de faciliter leur diffusion et leur mise à l’échelle.
En 2026, la co-construction d’un programme pilote de formation à l’intégration professionnelle des personnels des CTD est envisagée avec la National School of Local Administration (NASLA), dans l’objectif de structurer un parcours d’insertion adapté aux réalités des collectivités et de renforcer durablement les compétences locales.

Au-delà des outils développés et des formations mises en œuvre, le PUC aura permis de repositionner la gouvernance urbaine comme un enjeu collectif, à la fois technique et politique, exigeant coordination, engagement et vision partagée. En instaurant des pratiques de concertation durables, en renforçant les capacités locales et en structurant une plateforme pérenne de concertation, le Projet PUC offre une contribution majeure à la fabrique urbaine au Cameroun - et ouvre des perspectives concrètes pour d’autres territoires africains confrontés à des défis similaires d’articulation institutionnelle et de transition urbaine.
Recommandations et perspectives pour les villes africaines
En créant un espace structurant de concertation, de production et d’apprentissage mutuel, le Projet PUC démontre qu’il est possible d’améliorer l’action publique urbaine à partir des dynamiques internes, sans attendre des réformes descendantes ou des modèles exogènes. Sa démarche progressive, ajustable et multiacteurs constitue une réponse concrète aux défis largement partagés dans les villes africaines : architecture institutionnelle segmentée, accès limité aux données fiables, outils normatifs peu opérationnels, déficit en ressources humaines qualifiées.
Trois recommandations clés émergent de cette expérience :
Ancrer la gouvernance urbaine dans des dispositifs pérennes de concertation multisectorielle, portés par des institutions nationales, dotés d’un mandat clair et d’une reconnaissance institutionnelle ;
Accompagner la prise en main des outils et dispostifs, en s’appuyant sur des intiatives existantes plutôt qu’en en créant de nouvelles, afin d’amplifier l’impact et d’assurer la durabilité.
Développer des outils numériques interopérables et construire des canevas de formation adaptés aux réalités territoriales, dans une logique de formation-action différenciées selon les publics (CTD, médias, etc.) pour renforcer la capacité des acteurs à mobiliser les données et à piloter les politiques locales.
Le chantier reste ouvert : accompagner la montée en puissance de la PNAU étendre son ancrage au niveau local, et renforcer l’implication citoyenne à chaque étape - autant de défis structurants pour les années à venir.
En consolidant une ingénierie du dialogue, en soutenant les compétences locales et en expérimentant des méthodes de planification concertée, flexibles et contextualisées, le PUC contribue à renouveler la fabrique urbaine au Cameroun en particulier et en Afrique en général. Un modèle d’intérêt pour les territoires en quête de cohérence, de proximité et d’efficacité collective.
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