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- Africityshoot: Kinshasa-DRC
Kinshasa is the largest city and capital of the Democratic Republic of the Congo. It lies about 320 miles from the Atlantic Ocean on the south bank of the Congo River. With a population of more than 20 million inhabitants, Kinshasa is one of the largest cities in sub-Saharan Africa. The city's inhabitants are popularly known as Kinois. These few snapshots present the architectural landscape of the city. Kinshasa-DRC Kinshasa is the largest city and capital of the Democratic Republic of the Congo. It lies about 320 miles from the Atlantic Ocean on the south bank of the Congo River. With a population of more than 20 million inhabitants, Kinshasa is one of the largest cities in sub-Saharan Africa. The city's inhabitants are popularly known as Kinois. These few snapshots present the architectural landscape of the city.
- African Cities Insights I L’African Cities Lab : une plateforme de cours en ligne au service de la transformation urbaine en Afrique
< Back L’African Cities Lab : une plateforme de cours en ligne au service de la transformation urbaine en Afrique Le projet African Cities Lab (ACL) est une initiative révolutionnaire regroupant plusieurs universités africaines, visant à créer une plateforme bilingue pour l'éducation numérique sur le développement urbain. Proposant des MOOCs et des formations en ligne, l'ACL forme les acteurs urbains pour les défis à venir en Afrique d'ici 2050. Allant au-delà des cours en ligne, elle offre une exploration interactive de l'avenir urbain africain avec des cours interactifs, des études de cas réelles, et des outils pratiques dispensés par des experts. Malgré des défis techniques, financiers et sociaux, le projet explore des modèles économiques durables tout en maintenant un accès gratuit. L'ACL contribue significativement à former des acteurs clés pour un développement urbain durable et inclusif en Afrique. Une initiative portée par le continent Le projet African Cities Lab (ACL) est une initiative conjointe de plusieurs universités africaines qui vise à créer une plateforme bilingue anglais – français, d’éducation numérique africaine sur le développement urbain, offrant des MOOCs de qualité et des formations continues en ligne pour les professionnels. En d’autres termes, le projet African Cities Lab a pour ambition de former le maximum d’acteurs urbains capables de faire face aux défis auxquels les villes africaines feront face d’ici 2050. Mais la plateforme de MOOCs African Cities Lab est bien plus qu'une simple collection de cours en ligne. C'est un portail dynamique où la découverte de l'avenir urbain africain se dévoile à travers des cours interactifs basés sur les réalités des villes et proposés par des experts du domaine, des études de cas concrets et des outils théoriques utiles. L'objectif est de développer les compétences des citoyens, mais aussi des professionnels et des innovateurs afin de façonner des villes africaines durables, connectées et inclusives. La durabilité passe donc pas la formation ; c’est du moins de pari de fait l’African Cities Lab. Pour cela, l’initiative a été développée autour de trois axes que sont la plateforme, les cours en lignes, et les formations rendant ainsi le projet totalement indépendant face aux infrastructures existantes. Addis Ababa, Ethiopie Des défis à la fois techniques, financiers mais également sociaux Si acquérir un espace suffisant sur un serveur est aisé, héberger des cours de plusieurs semaines facilement accessibles et lisibles sur des téléphones portables, des tablettes, le tout dans un contexte de connexion internet instable est un défi majeur. L’accès à Internet en Afrique variant considérablement d'une région à l'autre, le défi majeur consiste à garantir l’accès à la plateforme pour les apprenants, qu'ils soient en zone urbaine ou rurale. Ensuite, la mise en place d'une infrastructure serveur solide est essentielle. La plateforme doit être capable de gérer un trafic en constante augmentation, tout en offrant un accès rapide et fluide aux cours et aux contenus. L'intégration de contenu multimédia, tels que des vidéos et des documents interactifs, est également une tâche complexe. Gérer ces éléments tout en maintenant une expérience utilisateur sans faille exige des compétences techniques avancées. La compression optimale pour un rendu de qualité a ainsi été l’objet de nombreuses questions. La sécurité des données est un défi omniprésent. La protection des informations personnelles des utilisateurs et de leurs progrès dans les cours est une priorité absolue. La plateforme doit donc mettre en place des mesures de sécurité robustes pour protéger ces données sensibles. Financé pour une première période de trois ans et demi par le Secrétariat d’État à l’économie en Suisse, le projet doit maintenant réfléchir à un modèle économique durable. Question d’autant plus difficile que les cours doivent rester libres d’accès et gratuit pour rester dans la philosophie de départ. Des pistes de solutions sont aujourd’hui à l’essai. Enfin, c’est un défi social. La création d’une communauté entre les apprenants, les professionnels de l’urbain et les partenaires qui animent et réalisent les cours sont au cœur du projet. Que ce soit dans l’évaluation des exercices entre pairs au sein même des cours en ligne, la prise de contact direct entre un professionnel et un partenaire pour obtenir un avis sur une question urbaine spécifique ou la mise en commun de force pour résoudre une problématique, la plateforme African Cities Lab développe différentes solutions gratuites pour faciliter la mise en relation. Une communauté sur Whatsapp existe par exemple pour les diplômés des MOOCs afin qu’ils puissent interagir et bénéficier d’un accès privilégié à des événements spécifiques. Groupe d'étudiants utilisant la plateforme sur un téléphone mobile Un éventail de contenus Des MOOCs axés sur la mobilité urbaine aux cours sur l'aménagement urbain, la gouvernance digitale ou encore l’éco construction, la plateforme African Cities Lab propose une variété de contenus conçus pour répondre aux défis complexes et spécifiques des villes africaines. Des experts de renommée mondiale partagent leur savoir-faire et leur expérience, offrant aux apprenants un accès direct aux dernières innovations dans le domaine du développement urbain et durable en Afrique. Quelques exemples de cours disponible sur la plateforme Un MOOC dans la lumière : La Gestion des données urbaines : clé du développement de villes africaines intelligentes », du Center of Urban Systems de l’UM6P Parmi les MOOCs offerts, celui-ci met un accent sur la collecte de données grâce à des moyens à bas coût tel que le crowdsourcing pour concevoir des solutions urbaines telles que des solutions de sécurité ou de mobilité urbaine. Vous découvrirez le rôle essentiel des données urbaines dans le développement des villes intelligentes et des moyens innovants de les collecter. En outre, vous aurez un aperçu approfondi des technologies de pointe telles que les systèmes d’information géographique, la télédétection et l’analyse des données massives, et apprendrez comment elles peuvent aider à créer des solutions pour les villes africaines. Ce MOOC m'a permis de me lancer dans le développement d'un projet qui permettra aux citoyens béninois d'avoir une vue claire des actions du gouvernement dans leur localité, en mettant en place une application mobile et web où chaque projet gouvernemental sera répertorié et où chaque citoyen contributeur pourra mettre à jour ces informations accessibles à tous. Ces données seront utiles non seulement pour le gouvernement, mais aussi pour les autorités locales et les citoyens. J'ai eu l'occasion de postuler pour un poste de chef de projet informatique sur le marché français très compétitif, et j'ai été sélectionné. À mon avis, ce qui a joué en ma faveur était la mention d'une certification en gestion des données urbaines. Aziz Vorrez, l'un des tout premiers « apprenants » de la plateforme Aziz Vorrez, l'un des tout premiers « apprenants » de la plateforme Les principales thématiques que nous couvrons dans ce MOOC sur la gestion des données urbaines répondent à un manque de connaissance dans l’utilisation des données. Nous avons abordé trois thématiques de façon chronologique à savoir : Les données urbaines massives c'est quoi? Comment collecter ces données à moindre coût à travers notamment le crowdsourcing ? Comment traiter et visualiser ces données pour une meilleure analyse. Le MOOC offre ainsi une meilleure compréhension de l'utilisation des données dans le contexte africian. Il offre les méthodes avancées d’apprentissage automatique telles que les classifications pour mieux sortir des connaissances des données. Ceci permettra de trouver des solutions aux problématiques urbaines en terme de mobilité, de gestion des déchets ou des infrastructures. Le MOOC offre aussi des études de cas pour appliquer ces données. El Bachir DIOP, l'un des initiateurs du MOOC sur la gestion des données urbaines El Bachir DIOP, l'un des initiateurs du MOOC sur la gestion des données urbaines Previous Next
- African Cities Insights I Abidjan: Repenser la mobilité par la planification, l’inclusion et le dialogue
< Back Abidjan: Repenser la mobilité par la planification, l’inclusion et le dialogue Dans cet entretien, Charlène Kouassi, Directrice de Movin’On Lab Africa, met en lumière les défis du système de transport urbain à Abidjan. Les coûts élevés de déplacement, résultant d'une offre non intégrée et d'un manque de subvention de l’État, poussent les usagers à des solutions alternatives telles que la marche. Les véhicules vieillissants et l'inégalité d'accès aux offres de mobilité soulignent l'urgence de solutions inclusives et immédiates. Les femmes, particulièrement touchées, nécessitent une conception de transport adaptée à leurs besoins. Pour améliorer la situation, Charlène préconise des dialogues réguliers avec les acteurs du secteur et une meilleure inclusion du transport artisanal dans les offres publiques. En parallèle, l'initiative Movin’On Lab Africa vise à promouvoir des pratiques durables et innovantes en matière de mobilité. Enfin, une planification urbaine adéquate, favorisant l'intermodalité et les modes de transport doux, s'avère cruciale pour transformer les villes africaines en espaces harmonieux, durables et accessibles à tous. La configuration actuelle du système de transport urbain à Abidjan pose des défis à plusieurs niveaux En 2019, la Banque mondiale estimait que le transport représente la troisième principale source de dépenses des ménages derrière la nourriture et le logement en Côte d’Ivoire. De plus, une amélioration de la mobilité à Abidjan de l’ordre de 20 % pourrait accroître la croissance économique du pays d’au moins 1%. Ce qui renforce davantage l’enjeu immense que représente la mobilité. Au-delà des aspects structurels liés au déficit de l’offre de transport formel par rapport à la demande, l’inclusion des personnes joue également un rôle prépondérant. “Se déplacer dans la ville d’Abidjan représente à peu près 40% des revenus d’un ménage moyen, ce qui représente une charge importante. Aujourd’hui l’offre ne permet pas de réduire drastiquement cette source de dépenses.” , affirme Charlène KOUASSI, Directrice de Movin’On Lab Africa. Ces coûts élevés de transport résultent d’une part de l’absence d’une offre intégrée réunissant l’ensemble des modes de transports suivant une logique d’intermodalité et d'interopérabilité. D’autre part, l’absence de subvention de l’Etat dans le secteur des transports complique l’accès aux services de transport dits formels pour tous. La plupart des usagers se voit ainsi contrainte de recourir à des solutions alternatives telles que la marche qui représente environ 40% des déplacements bien que dans un contexte où les voies piétonnes sont mal conçues, inadaptées, voire inexistantes. Au-delà de la marche, les modes de transport popilaires sont hautement plébiscités. Ceux-ci représentent environ 70% de l’offre de mobilité à Abidjan et sont les plus utilisés pour les déplacements motorisés constitués entre autres par les minibus (gbakas) et les taxis collectifs (woro-woro). Toutefois, l’inclusion financière dans ce secteur représente un défi majeur aussi bien pour les ménages, dans la mesure où la décomposition du trajet entraîne des coûts supplémentaires, ainsi que pour les transporteurs avec des revenus faibles, le manque de traçabilité, l’absence de couverture sociale, etc. L’accès aux véhicules de bonne qualité et à des prix abordables est également un enjeu important lorsqu’il s’agit de mobilité inclusive. Bien que le taux de motorisation soit faible, la majeure partie des véhicules constituant le parc automobile sont vieillissants et d’occasion issus de l’importation non soumis à des normes. En raison des revenus faibles des ménages, ceux-ci ne peuvent s’offrir un véhicule neuf et aux normes. Boulevard Abrogoua à côté de la mosquée du marché Adjamé à Abidjan, par AIN, décembre 2021 Le transport dit artisanal est également un important consommateur de ces véhicules de seconde main qui échappent aux normes de sécurité et de pollution entre autres. Pourtant, cette situation est contradictoire à la loi de 2017 fixant la limitation d’âge des véhicules d’occasion importés et affectés au transport public des personnes et des marchandises en Côte d’ivoire à cinq ans. Enfin, sur le plan territorial, les offres de mobilité sont inégalement distribuées, ce qui accentue la fracture spatiale. On observe un décalage entre la planification urbaine et la planification des systèmes mobilités. Les quartiers reculés et informels se retrouvent mal desservis avec des offres en transport qui se concentrent majoritairement sur les axes principaux. Plus loin, les politiques et stratégies de mobilité durable pensées pour la ville d’Abidjan et la plupart des villes africaines proposent des interventions sur le long terme (10 à 20 ans). Or, il urge de penser également des solutions pouvant d’une part, mobiliser des moyens techniques, humains et financiers sur le court terme, et d’autre part être mises en œuvre rapidement afin d’améliorer le quotidien des usagers. Bien que, des initiatives telles que l’aménagement des arrêts minutes pour les minibus à Abidjan, sur la commune de Yopougon, sont à encourager et à multiplier, quoiqu’elles restent insuffisantes. Les femmes sont malheureusement misent en marge dans le design de l’offre de transport La configuration de l’offre de transport actuelle à Abidjan place les personnes vulnérables au rang desquelles les femmes, en ligne de front face aux dangers liés aux services inadaptés des offres de mobilité existantes. En effet, que ce soit en termes de sécurité, avec l’absence d’éclairage public et de systèmes de surveillance ; ou en termes de confort, avec l’absence de commodités comme les aires de repos, les toilettes, etc., la conception des modes de transport ne prend pas en compte les besoins spécifiques et les vulnérabilités des femmes pour leur bien-être et leur épanouissement en matière de mobilité urbaine. Pourtant, en adressant ces questions, les systèmes de transport seraient inclusifs non seulement pour les femmes, mais profiteraient au bien-être de tous. “Quand on s'intéresse aux problématiques que vivent les femmes dans le transport, on se rend compte que ce sont des problématiques qui, si elles trouvaient une réponse adéquate, pourraient profiter à l'ensemble de la population” précise Charlène. Du point de vue des usages, les femmes sont les principales usagers du transport public et des espaces publics. Tandis que l’homme a un trajet beaucoup plus linéaire de type domicile-travail, les femmes par contre ont un trajet beaucoup plus dynamique domicile – travail – marché – école pour récupérer les enfants – etc. En dépit de cela, ces dynamiques de mobilités ne sont pas souvent traduites dans la plupart des études de transport. Cet écart de données sur le genre peut s’avérer pourtant crucial dans la planification, la conception et l’exploitation des infrastructures de transport. D’ailleurs, des initiatives telles que WomenMobilizeWomen travaillent à réduire ces écarts en organisant des campagnes de collecte de données de mobilité basées sur le genre. Promouvoir le dialogue et concilier avec l’informel pour une mobilité durable à Abidjan Transformer la mobilité urbaine implique de multiplier les cadres de concertation avec l’écosystème des acteurs de la mobilité au niveau local, incluant les institutions villageoises, les usagers, les entreprises, les start-ups, etc. Ceci afin de co-créer, à travers les échanges et le dialogue, des solutions innovantes, plus inclusives, particulièremennt pour les femmes mais aussi pour les groupes dits vulnérables tels que les personnes âgées, les personnes à mobilité réduites et les jeunes. “Bien que certains espaces de dialogue avec les transporteurs aient été mis sur pied, ceux-ci manquent de proactivité” souligne Charlène. Une approche plus efficace consisterait à instaurer des échanges beaucoup plus fréquents, idéalement chaque semaine, et à allouer des ressources de manière continue pour assurer leur bon déroulement. Cela favoriserait un suivi et une évaluation plus rigoureux en utilisant des critères de performance basés sur les retours d'expérience des transporteurs et des voyageurs. Dès lors, rendre la mobilité inclusive reviendra à intégrer le transport artisanal aux offres de transport public existantes. D’autant plus que l’offre actuelle ne représente qu’un faible pourcentage comparé au transport artisanal représentant près de 70% de l’offre globale. Cette inclusion passera notamment par, la formation et l’accompagnement des chauffeurs de Gbaka, de woro-woros, et de pinasses mais aussi par la maintenance ou le renouvellement de leur flotte. La digitalisation a permis l'essor des solutions digitales comme GO TAXI, MOJA RIDE et BIM BARA, YANGO et UBER, l’on assiste à l’émergence d’une palettes de services de mobilité à l’instar du transport à la demande ou encore de la professionnalisation du secteur des taxis compteurs. Ces solutions émergentes ont l’avantage d’offrir une meilleure inclusion financière aux transporteurs artisanaux. Grâce à des mécanismes de suivi de leurs revenus, d’octroi de récompenses selon leurs performances, de certification, etc., ceux-ci pourront avoir accès à de meilleures conditions de travail ainsi qu’aux services financiers. Movin’On Lab Africa, acteur engagé pour la promotion d’une mobilité durable et inclusive en Afrique L’initiative Movin’On Lab Africa, est un Think & Do Thank, dédié à la mobilité durable en Afrique et qui promeut des bonnes pratiques et solutions innovantes à travers le continent. A cet égard, le Think Tank propose plusieurs pistes de réflexion sur les opportunités, challenges et défis à venir, etc. Différents canaux de communication sont utilisés à cet effet pour faire passer des messages clés, notamment : ateliers, conférences, podcasts, talkshow, etc. “Le rôle de Movin’On Lab Africa est de fédérer, autour d’un objectif commun, la création de valeur locale et la soutenabilité des systèmes de mobilité en Afrique” , affirme Charlene. L’objectif étant de mettre en place des communautés d’intérêt centrées sur des problématiques propres aux villes africaines à l’instar du transport artisanal. Une meilleure planification urbaine est un prérequis incontournable pour une meilleure planification des transports Dans le contexte des villes africaines et particulièrement de la ville d’Abidjan, la planification des transports doit encourager l'intermodalité avec la mise en place d'infrastructures dédiées favorisant les modes doux et la mobilité partagée. Cela contribuera à réduire significativement la congestion, la pollution sonore et atmosphérique. “Dans les cinq prochaines décennies, ma vision pour les villes africaines est finalement assez terre à terre. Des villes où il fait bon vivre, où la nature reprend sa place et où tradition et modernité cohabitent de façon harmonieuse. J'aspire à l'adoption de designs et de techniques architecturales intégrant des services de première nécessité, des espaces culturels et de loisirs accessibles à tous. Une ville où il y a une multitude d'offres de transports accessibles à tous.” conclut Charlène. Previous Next
- African Cities Insights I Une confédération d’habitants pour renforcer le pouvoir d’agir dans les quartiers vulnérables en Afrique de l’Ouest
< Back Une confédération d’habitants pour renforcer le pouvoir d’agir dans les quartiers vulnérables en Afrique de l’Ouest Pauline Leporcq, Olivier Moles, Aminata Baro Le projet de structuration de la confédération des habitants en Afrique de l’Ouest est porté par les associations de la société civile ouest-africaines et les organisations communautaires de base des quartiers précaires qui veulent renforcer leur pouvoir d’agir et faire entendre leur voix au sein des instances décisionnaires à l’échelle locale, nationale et internationale. Le projet est né de la réunion des groupements communautaires en fédérations d’habitants de chaque pays de l’Afrique de l’Ouest, sur inspiration du modèle d’appui du réseau Slum Dwellers International (SDI) majoritairement présent en Afrique de l’Est et du Sud. L’objectif de la confédération est de réunir au sein d’une même organisation sous régionale les habitants, acteurs du changement pour les quartiers précaires, afin de porter un plaidoyer d’envergure. Collectivement, ils défendent une vision commune structurée autour de différents axes : l’inclusion sociale pour renforcer la solidarité entre les habitant.es des quartiers et la capacité d’agir des jeunes et des femmes, le développement économique pour appuyer des initiatives économiques d’envergure dans les quartiers, mais aussi la résilience environnementale pour soutenir un développement urbain durable et résilient aux changements climatiques. Promouvoir le dialogue, partager des outils et responsabiliser les résidents grâce à une planification urbaine participative et à des initiatives communautaires Selon ONU Habitat, plus de 60% de la population urbaine du continent africain, soit environ 285 millions de personnes, dont 200 millions en Afrique subsaharienne, habite des bidonvilles ou des quartiers précaires. En 2018, l’espace UEMOA comptait 123 millions d’habitants, dont 39,8 % de citadins. Selon la déclaration de Alioune Badiane, ancien Directeur Exécutif d’ONU Habitat, au forum de Bamako en février 2017, le continent africain a vu l’amélioration des conditions de vie de 24 millions d’habitants des bidonvilles. Mais les besoins restent criants et grandissants. En Afrique Subsaharienne, la proportion totale de la population urbaine vivant dans les bidonvilles n’a diminué que de 5 %, soit 17 millions d’habitants sur la même période. Photographie drone banlieue de Dakar pendant les inondations Sénégal 2022 Crédit Photo Ismaila Seye Face à cette croissance démographique fulgurante dans un contexte de grande précarisation des populations urbaines, les autorités publiques ne parviennent pas à garantir l’accès au logement et à un cadre de vie décent aux populations les plus démunies. Parmi les outils dont disposent les autorités pour apporter une réponse à cette crise graduelle, figure la planification urbaine. Elle permet de mener une démarche globale dans une logique de projet urbain inclusif qui garantie l’implication de toutes les parties prenantes dans le projet d’aménagement et un cadre de vie durable où l’accès aux services de bases est garantie. Dans la pratique, la planification urbaine comme outil de fabrique de la ville est peu maîtrisée et utilisée. En réalité, les autorités publiques n’ont pas toujours les moyens financiers et l’expertise nécessaire pour mener à bien ces projets, ce qui conduit à une urbanisation anarchique, incontrôlée et à la naissance des quartiers précaires. L’enjeu de la confédération est d’encourager un changement de la vision et de la réalité des quartiers précaires, en encourageant le dialogue entre acteurs, en développant et partageant des outils et méthodes opérationnels inspirés des réalités, des traditions et des contextes de chaque pays ouest africain, qui permettent de renforcer les compétences et les capacités des habitants et de co-planifier les quartiers précaires de manière plus justes, pour améliorer concrètement l’habitat à différentes échelles. Point de situation de l’équipe technique urbaSEN chez un bénéficiaire au Sénégal, Bénédicte Hinschberger 2022 Parmi ces outils on peut citer les outils de collecte de données socio-économique et de vulnérabilités face au changement climatique et de cartographie par drone mis en œuvre par les habitants dans le cadre de la démarche “Know Your City” développée par le réseau Slum Dwellers International (SDI). Ils comprennent aussi les outils de financement solidaire par et pour les habitants développés sur le principe de la tontine, système d’épargne communautaire répandu dans la majorité des pays du continent africain, et dont certains sont suffisamment solides aujourd’hui pour soutenir la rénovation de l’habitat et la production de logements abordables. Enfin, les outils de gestion et d’organisation de groupements communautaires pour le renforcement global du pouvoir d’agir et les outils de formation pour la valorisation et la promotion des matériaux locaux et durables limitant l’impact environnemental dans la fabrication des villes africaines. Promouvoir le rôle de la communauté en tant qu’expert local des données et renforcer son influence dans la prise de décision publique L’approche portée par la confédération est basée sur la reconnaissance de l’habitant en tant qu’expert d’usage au cœur de la fabrique de la ville doté d’un pouvoir décisionnel. En tant qu’acteur clé de l’amélioration du cadre de vie, il doit être entendu et reconnu comme un maillon fondamental de la chaîne de décision dans la planification de la ville. L’habitant est une source de connaissances qu’il faut valoriser à l’aide d’un travail précis de collecte et de diffusion de données, alimentant le plaidoyer auprès des autorités locales et institutionnelles. Formation aux activités génératrices de revenus, Burkina Faso, Yaam Solidarity Media Team 2023 La collecte de données est un des plus gros défis des acteurs de l’urbanisation en Afrique de l’Ouest. En effet, il est primordial de collecter des données fines à l’échelle locale et de façon régulière qui reflètent la réalité du quotidien de l’ensemble de la population pour une planification de projets de qualité répondant aux réels besoins des populations. Or, en Afrique de l’Ouest, les acteurs institutionnels (instituts de statistiques, banques nationales, organisations internationales) constituent l’essentiel des collecteurs, détenteurs et diffuseurs de données sur l’accès au logement et aux services de base. Cependant, les données dont disposent ces acteurs restent le plus souvent analysées à une échelle trop institutionnelle pour saisir les subtilités locales et sont collectées à une faible fréquence, ce qui les rend rapidement obsolètes face aux contextes en évolution constante et rapide. L’enjeu est donc d’accompagner la confédération à s’inscrire comme un acteur de référence en matière de collecte de données locales et contextuelles représentatives des populations des quartiers précaires. Par cette collecte encadrée et structurée, les habitants renforcent leur pouvoir d’agir et peuvent défendre leurs droits dans les instances publiques décisionnaires. Les initiatives de renforcement des capacités de la confédération renforcent le développement urbain durable et autonomisent les habitants de toute l’Afrique de l’Ouest Les fédérations d’habitants membres de la confédération sont chacune à un stade de renforcement de capacités différents. Le projet “Habiter et Mieux vivre dans les non lotis à Boassa”, financé par l’Agence Française de Développement et la Fondation Abbé Pierre, porté par CRAterre, urbaMonde et Yaam Solidarité, a permis, à travers une dynamique intégrée multipays, de commencer le travail d’accompagnement des fédérations au Burkina Faso, au Sénégal et en Guinée Bissau. Ce noyau dur porté par urbaSEN, Yaam Solidarité et le Grdr, a fait émerger une dynamique plus large qui donne naissance aujourd’hui aux prémices de la confédération. Cet accompagnement a permis, au travers de plusieurs activités de formation et de sensibilisation, de conscientiser les acteurs locaux à la production d’architectures raisonnées, ayant des impacts positifs sur le confort dans l’habitat, la création d’emplois locaux et la réduction du réchauffement climatique au sens large dans les 3 pays. Il a aussi permis de renforcer 2 fonds de rénovation urbaine, aussi appelé fonds rotatif et d’en créer 1 nouveau, à travers une dotation pour appuyer le financement de l’amélioration de l’habitat et du cadre de vie par et pour les habitants. Guinea-Bissau savings group meeting, Grdr 2024 Des formations sur la cartographie par drone et la production de cartes thématiques ont aussi été réalisées. Il s’agit de faire exister ces quartiers, dont les contours sont souvent oubliés/inexistants sur les cartes dont disposent les pouvoirs publics. Et enfin, des activités de sensibilisation et communication animées par les fédérations habitantes pour la structuration des groupements membres des fédérations, la gestion de l’épargne communautaire et le renforcement du pouvoir d’agir et du plaidoyer auprès des autorités locales. L’ensemble de ces échanges pair à pair dans toute l’Afrique de l’Ouest, permettent la mise en œuvre de formations pour un renforcement des compétences horizontales-africaines par et pour les organisations de la société civile et les organisations communautaires de bases. Pour aller plus loin, plusieurs partenariats sont actuellement en cours de signature, appuyés par le Center For Affordable Housing Finance (CAHF) et Slum Dwellers International (SDI), en partenariat avec urbaMonde et urbaSEN, vainqueur du prix mondial de l’habitat décerné par ONU Habitat en 2023. Cette convention doit permettre d’appuyer sur plusieurs années le développement des outils et méthodes cités précédemment. Donner du pouvoir aux fédérations de résidents dans la planification urbaine offre une solution innovante aux défis du logement et du climat L’approche portée par ces organisations démontre sa pertinence et sa valeur ajoutée depuis plusieurs années. Les défis pour le droit au logement et au cadre de vie sont grandissants et le changement climatique accentue les besoins des populations, en particulier en matière d’adaptation. C’est pourquoi, il est crucial d’encourager le dialogue entre toutes les parties prenantes afin de trouver des solutions qui favorisent une action co-portée, co-financée, et co-résiliente. La considération de la confédération comme un acteur sérieux, pertinent et à grand potentiel est une nécessité pour aborder ces défis de façon innovantes. Les fédérations représentent une opportunité de combler les lacunes existantes dans la chaîne décisionnaire de la planification urbaine. La réelle redistribution d’une partie du pouvoir dans la fabrique de la ville à ceux qui la vivent est une solution innovante et pertinente face à ce contexte d’urgence climatique. Réunion Groupement d_épargne Sénégal FSH 2022 Crédit Equipe média urbaSEN Previous Next
- African Cities Insights I The heritage wall Benin
< Back The heritage wall Benin The Heritage Wall in Benin, created by the Association Sena Street Art (ASSART), aims to promote urban culture and make art accessible to all. ASSART, a cultural association, has initiated over 8,000 young people in various fields, including graffiti, photography, and urban dance. The wall aims to connect every African to their culture and identity, promoting the importance of connecting with their heritage. Produced as part of the festival effect graffiti organized by the Association Sena Street Art known by the acronym ASSART, the heritage wall is about the history of our beloved homeland Dahomey then and Benin now. The Heritage Wall relates the history of the peoples of Benin and Benin and brings out their perspectives. “Association Sena Street Art (ASSART)” Born from the idea of making art accessible to all through the promotion of urban culture; ASSART (Association Sèna Street Art) is an association of young artists engaged in various respective fields such as: graffiti, plastic arts, music, dance, photography, video, and digital arts. Registered as a cultural association under number 2018/2518/DEP-LIT/SG/SAG-ASSOC of November 28, 2018 ASSART works for the initiation, awareness, and development of youth through art and culture. ASSART fights for the influence of urban art in the public, institutional and cultural landscape of Benin through various initiatives; tours in different localities of Benin, awareness, initiation workshops, exhibitions, etc. The artists go to meet the people of Benin to share their knowledge and awareness, beautify and clean up their living environment. Since 2013, ASSART has held several annual and periodic events including the festival Effet graff and art training for the youth and awareness campaigns. Assart has initiated more than 8000 young people to drawing, urban art, photography, urban dance, including more than 2000 out of school and in reintegration. ASSART also has about forty volunteers devoted to the cause and ideals of the Association. “Every African must be connected to his culture” Our message is that every worthy son and daughter must be connected with his or her culture and identity. We have very rich, dense, diversified, authentic, and accentuated cultures and values that unfortunately are forgotten or seem to be more and more relegated to second place by the young generation. This does not honor us as such. No one can tell our story better than us and in our place. It is a pure aberration to see our story told by others under other skies without telling it as it should be. It is there that our works and graffiti make all the sense because they are realized in full cities and in direct contact with the populations. Our goal of making walls into open-air museums is only just beginning and we want to do more. Previous Next
- VIDEOS PODCASTS | AIN website
Videos Podcast This is a series of video podcasts that address the main key themes in building more inclusive, resilient and sustainable cities in Africa. The themes addressed are various and include the place of secondary cities, economic models for more sustainable and resilient cities, the place of education and cultural identities, the role of technology and innovation, etc. The format is a short video published each month. What if the sustainable city was of African inspiration? This podcast makes an analysis of the concept of sustainable city in the African context starting from a historical retrospective. Then it analyzes the essence of African sustainable practices through the axes of sustainable development: the economy, the social, the environment, and the culture. Finally, it ends with a questioning of the sustainability model of the African city of the 21st century by presenting some approaches to explore. Urban Mobility in Africa Addis Ababa, there are more than 4 million trips per day, including those made on foot. In the megacity of Kinshasa, with its vast agglomeration of more than 17 million inhabitants, more than 5.5 million trips per day are made. Today, nearly one African out of two lives in a city, and that is as many people who must travel every day. In this environment, mobility will have to deal with major construction sites, low road density and increasing distances to travel. So how can Africa succeed in ensuring sustainable mobility for its cities and metropolises? This is what we will try to understand through this podcast.
- AIN TEAM | AIN website
Meet The Executive Board Founder & Executive Director Leandry JIEUTSA Mail Executive Secretary Hind REZOUK Mail Executive Manager Corianne RICE Mail Country Representative Central Africa Franck HEUDJEU Mail Country Representative West Africa Patrick SOMY Mail Country Representative North Africa Founoun ADNANE Mail MEMBERSHIP ASSOCIATE MEMBERSHIP Individuals working in a field related to AIN’s activities, wishing to be part of the network and contribute to the various initiatives. HONORARY MEMBERSHIP Senior professionals wishing to be part of the AIN network and support and/or technically to the various activities. AFFILIATE INSTITUTION MEMBERSHIP Institutions wishing to be part of the AIN network and contribute financially and/or technically to one or many activities and initiatives. HONORARY INSTITUTION MEMBERSHIP Sponsoring institutions supporting all the activities and initiatives developed by AIN. Don Francis Founder & CEO Ashley Jones Tech Lead Tess Brown Office Manager Lisa Rose Product Manager
- African Cities Insights I La cartographie sensible, un outil puissant de participation citoyenne - récit d'un cours à l'EAMAU
< Back La cartographie sensible, un outil puissant de participation citoyenne - récit d'un cours à l'EAMAU Quentin Lefèvre Si les projets de smart cities techno-centrés sont moins d'actualité dans l'agenda mondial, l'urbanisme est une discipline née au XXème siècle qui gagne à se réinventer en prenant plus en compte les besoins et envies réelles des habitant.e.s des territoires concernés. Les villes africaines caractérisées par leurs fortes croissances urbaines plus ou moins planifiées, peuvent mettre à profit l'intelligence et l'expertise d'usage de leurs habitants et promouvoir une action publique harmonieuse et efficiente. La clé pour ce faire réside justement dans une connaissance fine du terrain, des pratiques et surtout des représentations mentales des usagers de la ville concernée puisque ce sont bien les représentations qui guident l'action des uns et des autres. C'est là qu'intervient la cartographie sensible, un outil puissant qui donne la parole aux habitant.e.s pour mieux connaître leurs attachements, ce qui est important pour eux et finalement la valeur qu'ils donnent aux éléments constituant leur milieu de vie. La cartographie sensible améliore la prise de décision urbaine en intégrant les perceptions et les émotions des habitants dans les processus de planification de la ville. L'action publique moderne est souvent guidée par une approche technicienne, quantitative et parfois hors-sol, il peut être utile de revenir à une approche plus participative et centrée sur les usages, perceptions et représentations des personnes concernées. Ainsi, que ce soit à l'échelle d'un bâtiment, d'un quartier ou d'une mégalopole, les décideurs peuvent choisir de prendre des décisions basées sur les ressentis et les idées de leurs administrés. En complément des diagnostics techniques traditionnels, la cartographie sensible propose une nouvelle approche de la participation citoyenne. Il s'agit de prendre en compte et de documenter l'espace urbain tel qu'il est vécu et perçu par ses habitants ou usagers. Cet outil innovant et efficace se développe sur tous les continents depuis plusieurs années et rejoint les pratiques avancées de participation citoyenne, de community empowerment et plus largement d'urbanisme communautaire ou culturel. La cartographie sensible (aussi appelée cartographie subjective) se définit comme "la création de médias permettant de restituer l'expérience du territoire", c'est à dire que ce n'est pas tant l'espace physique qui va nous intéresser en tant que tel mais bien le ressenti, les émotions, les représentations et finalement la valeur que gens accordent aux lieux qu'ils pratiquent ou connaissent. Carte sensible participative du quartier Saint-Jacques à Besançon, Q. LEFEVRE, 2021 Par exemple, une communauté locale peut accorder une grande importante à élément vivant (un arbre par exemple) qui ne pourrait être décelée à la simple la lecture dans un bureau d'un plan technique de la ville. Comment procéder ? Pour savoir ce que les gens pensent (et veulent), le mieux est encore de leur demander. Ainsi dans un premier temps il s'agit de récolter les données pendant une phase de terrain pouvant aller d'une semaine à plusieurs mois. Pendant cette immersion, l'équipe projet va s'entretenir avec les parties prenantes (habitants, experts, élus), soit de manière spontanée en faisant des entretiens au hasard des rencontres dans la rue, les marchés, les commerces, soit de manière plus organisés d'ateliers dédiés. Il est important de veiller à la représentativité des personnes qui seront interrogées, donc à la diversité du panel, que ce soit en termes d'âge (les enfants ou les anciens n'auront pas la même perception de la ville), de genre (femmes et hommes ne vivent pas l'espace public de la même manière), de classes sociales ou de communautés. A l'inverse, il est aussi possible de choisir de se focaliser sur des groupes plus vulnérables (par exemple les femmes, les enfants, les personnes âgées ou en situation de handicap), afin d'envisager des politiques publiques spécifiques.Les questions qui peuvent être posées aux habitants sont par exemple : "Quels sont les repères de la ville (ou du quartier) d'après vous ?", "Quels sont les lieux que vous aimez, et pourquoi ?", "Quels sont les lieux que vous n'aimez pas, et pourquoi ?", ou encore "Qu'est ce qui constitue le patrimoine de la ville d'après vous ?"... Des outils numériques peuvent être utilisés pour la récolte des données, que ce soit via des applications dédiées ou simplement des questionnaires en ligne. Pour la mise en forme des données, le numérique peut aussi être utilisé par exemple pour créer des cartes interactives enrichies de médias (par exemple des photos ou des textes générés par les habitant.e.s). Maquette montrant les lieux repères (en bleu) aimés (en orange) mal-aimés (en rose) et considérés comme patrimoniaux par les habitant.e.s (en vert) Néanmoins une attention particulière devra être portée à l'accessibilité de tels outils. A la suite de cette phase de terrain, les données récoltées seront mises au propre, ordonnées et traitées statistiquement puis analysées avant d'être mise en forme de diverses manières possibles, que ce soit sous forme de cartes sensibles, de maquettes ou encore de formats audio type podcasts. Les cartes sensibles produites peuvent être imprimées et distribuées aux communautés locales et aux personnes qui ont participé aux ateliers. Elles vont alimenter un diagnostic sensible (complémentaire d'un diagnostic technique) qui aidera les urbanistes, les architectes et les élus à mieux comprendre comment la population vit et ressent la ville. Un atelier de cartographie sensible et communautaire à l'EAMAU de Lomé a permis aux étudiants d’exprimer et d’analyser leurs perceptions des espaces urbains. Au mois de janvier 2024, nous sommes intervenus auprès des étudiants en Master 1 à l'Ecole Africaine des Métiers de l'Architecture et de l'Urbanisme (EAMAU) de Lomé, lors d'un cours-atelier sur la cartographie sensible du territoire. Dans un premiers temps, la notion a été discutée, de manière théorique et pratique, illustrées par une présentation de cas d'étude déjà réalisés. L'intérêt des étudiants pour une telle pratique était manifeste, et elle rejoignait la manière de faire et de penser enseignée à l'école. Présentation de la carte sensible participative de la ville d_Abibjan EAMAU 2024 A la suite de cette discussion les étudiants ont pu s'initier à la cartographie sensible lors d'un atelier de pratique. Comme l'école accueille des étudiants venant de toute la sous-région, les élèves ont pu être regroupés par nationalités et travailler sur une ville de leur choix de leur pays d'origine. Ainsi, nous avons eu des cartes d'Abidjan, Bamako, Bangui, Lomé, Ouagadougou, Yamoussoukro et Yaoundé. S'agissant ici d'un travail en salle, les étudiants ont travaillé sur leur propre perception de la ville concernée. Dans un premier temps il ont dessiné (à la main sur une grande feuille blanche) la structure de la ville concernée (routes, places, ponts, parcs...) puis le travail de cartographie sensible a commencé en inventoriant et en localisant sur la carte 1/ les repères de la ville 2/ les lieux aimés 3/ les lieux mal-aimés 4/ le patrimoine de la ville. Concernant les lieux aimés ou mal-aimés, il est intéressant de noter que souvent, la perception de certains quartiers varie en fonction du niveau de fréquentation et de connaissance de celui-ci. Ainsi il est arrivé à plusieurs reprises qu'un même quartier soit aimé par une étudiante et mal-aimé par un autre membre du groupe car celui-ci le connaissait moins bien. Enfin les groupes ont présenté leurs productions à l'ensemble de la classe et des enseignants présents. Comme souvent lors de cet exercice la motivation et l'envie était forte car il est finalement assez rare (même pour des étudiants en urbanisme ou en architecture) de pouvoir légitimement partager son ressenti et sa perception de l'espace urbain. Il paraît important que les futurs techniciens, professionnels, experts et peut-être fonctionnaires et décideurs de collectivités locales sachent comment faire pour récolter et organiser les données relatives aux perceptions des habitants car avant d'être un objet d'étude intellectuel, la ville est avant tout un espace vécu avec son corps et ses sens. A l'heure de la (re)valorisation du patrimoine culturel des sociétés et villes africaines, l'approche participative promue par la cartographie sensible semble d'autant plus intéressante et porteuse d'un potentiel d'émancipation et de renouvellement des représentations de soi et de son territoire de vie. Previous Next
- African Cities Insights I The implication of post-colonial urban growth in the development process of Zaria Urban area-Nigeria
< Back The implication of post-colonial urban growth in the development process of Zaria Urban area-Nigeria Idris Isah Iliyasu The rapid expansion of Nigerian cities in the post-colonial era has been characterised by uncoordinated growth, particularly in newly developed areas, despite initial efforts during colonial rule to implement formal planning regulations. This paper explores this phenomenon, contrasting contemporary urban expansion with the structured foundation of modern town planning established during the colonial period. Using Zaria, a historic city in Northern Nigeria, as a case study, it traces the city’s evolution from pre-colonial times to the present, highlighting the impact of weak public institutions and ineffective policies in fostering unregulated development. Zaria, originally one of the medieval Hausa cities, exhibits a tripartite urban structure shaped by pre-colonial, colonial, and post-colonial planning influences. The ancient walled city reflects traditional settlement patterns, while the colonial-era planning introduced distinct zones: the European Reservation Area, designed for British colonial officials, and native quarters for African settlers were both developed using modern, though distinct, planning approaches. However, since Nigeria’s independence in 1960, the city’s growth has been marked by uncontrolled sprawl on the peripheries of these planned areas, posing significant challenges to urban development. The study identifies weak land administration and informal land acquisition as primary drivers of this unregulated expansion, ultimately creating a paradox wherein the structured planning foundations of the colonial period have been undermined in the post-colonial era. Zaria’s urban evolution reflects the unravelling of colonial planning and the urgent need for inclusive governance Zaria’s new entrance to Emir’s Palace, by Shiraz Chakera on commons wikimedia The colonial period (1897–1960) marks a pivotal chapter in Nigeria’s urban planning history, marking the transition from indigenous spatial organisation to formalised planning introduced by British authorities. The era brought structure and institutional frameworks that reshaped Nigerian cities, including Zaria. However, this legacy has deteriorated post-independence, giving rise to widespread unregulated urban sprawl. This pattern, evident in many Nigerian cities, reflects a broader failure to sustain and adapt colonial planning frameworks to contemporary urban governance and population dynamics. The foundation of colonial planning in Nigeria was laid by policies like the 1917 Township Ordinance, which segregated urban areas along racial and administrative lines. It led to the development of Government Reserved Areas (GRAs) for Europeans and townships like Sabon Gari for non-indigenous residents. Though segregationist, these policies ensured some level of urban order and guided physical development. In contrast, post-independence cities are increasingly characterised by informality and haphazard expansion. This paper investigates Zaria’s physical development trajectory from pre-colonial times to the present, arguing that contemporary urban form reflects the gradual unravelling of structured planning systems initiated during colonial rule. The methodology for this study adopts a qualitative approach based on historical and spatial analysis using Maps. It utilises both secondary data from literature and primary data from field observations conducted in Zaria in December 2024. Secondary sources include academic works, colonial planning documents, and comparative studies from other British colonies, which inform the ideological and spatial frameworks of colonial urbanism. Primary data involved reconnaissance and structured site visits to key urban areas representing Zaria’s three development epochs: the pre-colonial walled city, colonial districts (Sabon Gari, Tudun Wada, etc.), and post-colonial extensions. A diachronic analytical lens is employed to trace how urban spatial patterns evolved under shifting political and socio-economic conditions. By triangulating literature and on-ground evidence, the research explores how colonial planning legacies have influenced Zaria’s urban morphology and the governance challenges associated with its post-independence growth. Transformation of Zaria Urban Area Pre-Colonial Period (11th Century – 1800s): Zaria, originally known as Zazzau, emerged as a prominent Hausa city-state in the 11th century. It later became part of the Sokoto Caliphate in 1808. Its urban structure is centred on the walled city (Birnin Zazzau), with radial roads from the Emir’s palace, markets, and Islamic institutions. Zaria played a key role in trans-Saharan trade and Islamic education. Colonial Period (1900–1960): British colonial rule introduced major spatial changes, including the indirect rule system and the establishment of Sabon Gari for southern Nigerian migrants. The introduction of the railway in 1912 further integrated Zaria into national trade networks. Western institutions like schools, churches, and healthcare facilities were introduced. The city was divided into segregated zones, such as the GRA, native areas, and institutional districts. Post-Independence Period (1960–1990s): Zaria’s post-independence growth was driven by the establishment of ABU and related migration. This period saw the development of new neighbourhoods and informal settlements, outpacing planning capacity. Limited industrialisation and inadequate infrastructure contributed to unregulated sprawl. Contemporary Period (2000–Present): Recent decades have seen explosive urban growth, especially in peri-urban areas. The city retains its dual character, with the traditional walled city and Sabon Gari performing distinct socio-cultural and economic functions. However, due to weak planning and development control enforcement, infrastructure deficits and slum proliferation are the main challenges. Colonial Urban Policies and Planning Instruments. British town planning in Nigeria was structured through laws like the 1904 Cantonment Proclamation and the 1917 Township Ordinance. These codified racial and ethnic segregation, especially in cities like Zaria. Sabon Gari housed southern migrants, Tudun Wada catered to non-indigenous northerners, and Samaru developed around ABU. Plan for Colonial Townships in Zaria (1918), Source-Urquhart 1918 Residential clusters in Zaria Urban Area as structured by the Colonial Town Planning Colonial Zaria was spatially divided into the following: The indigenous walled city (Birnin Zazzau), the European/Government Reserved Area (GRA), Commercial/institutional zones, and Segregated townships (Sabon Gari, Tudun Wada, and Samaru). Township layout plans from 1914, 1918, and 1939 formalised land uses, road networks, and residential plots. GRAs featured spacious plots, buffer zones, polo grounds, and access to rail and road infrastructure. These components collectively established a blueprint of structured urban form with specialised land uses and ethnic-spatial organisation. Post-Colonial Urban Development and Contemporary Challenges. In the post-colonial era, Zaria’s urban development has become increasingly informal and unregulated. The city’s growth far exceeds the scope of its master plans. Approximately 70% of Zaria’s built-up area today consists of unplanned, often illegal developments. The contrast is stark: colonial areas like the GRA remain under-occupied but well-planned, as can be seen on the attached imagery below, while vast informal neighbourhoods accommodate most of the population. Infrastructure in these peri-urban zones often lacks access roads, potable water, drainage, and electricity. Planning authorities are often reactive rather than proactive, and zoning regulations are routinely violated or ignored. Consequently, the legacy of colonial planning, which for all its segregationist flaws, offered structured growth which has given way to chaotic expansion and spatial inequality. This trend highlights a planning paradox where older, colonial-era sections of the city are more systematically organized than the newer, post-independence extensions. This inverse development trajectory highlights the urgent need for revitalised planning institutions, inclusive urban governance, and investment in infrastructure and services. Zaria’s urban evolution illustrates a broader Nigerian and African dilemma: the erosion of structured colonial planning without sufficient replacement by effective post-independence urban governance. While colonial planning was exclusionary, it introduced spatial order and functional land use. The current challenge is to reconcile this legacy with inclusive, sustainable planning models that can effectively manage rapid urban growth. Addressing urban sprawl and restoring order to cities like Zaria requires strengthening planning institutions, updating urban regulations, enforcing development control and integrating indigenous knowledge systems. The future of Zaria’s urban landscape depends on how well historical insights are leveraged to shape modern urban policy and practice. Weak spatial governance and informal land tenure drive uncontrolled urban sprawl in zaria Uncontrolled urban sprawl is a growing concern in many post-colonial African cities, including Zaria, Nigeria. This phenomenon is widespread across both Francophone and Anglophone African countries, although it appears to be more prevalent in Francophone regions. The primary cause of this pattern is the dominance of informal land development, which significantly diverges from the structured urban planning principles inherited from colonial administrations, especially those influenced by British systems. Over the years, this form of unregulated urban growth has sparked numerous discussions among urban planners and the general public, indicating its longstanding recognition as a critical urban challenge. The core of the problem lies in two interrelated issues: land tenure and land development, both of which are poorly regulated due to weak institutional frameworks. These challenges fall under the broader concept of “spatial governance,” which refers to the institutional and administrative mechanisms that guide land use, urban planning, and development. Where spatial governance is strong, cities tend to develop in a more orderly and planned manner. Conversely, weak governance results in uncoordinated, high-density urban sprawl. Post-Colonial Land Tenure in Nigeria. A key piece of legislation shaping land tenure in Nigeria is the 1978 Land Use Act, which vests all land within a state in the custody of the State Governor. The Governor may issue statutory rights of occupancy for both urban and rural land, typically for 99 years. Local Governments, however, are limited to granting customary rights of occupancy in rural areas for only 30 years. While a formal landholder can apply for a Certificate of Occupancy (CoO) under government schemes or convert a customary title into a statutory one, the process remains bureaucratically cumbersome. As a result, most land is still accessed informally through customary tenure systems, which are less secure and often undocumented. This widespread informality means that most land is not subject to official planning controls, weakening the effectiveness of urban development strategies. Due to the weak institutional framework for effective Urban Planning in Zaria, the responsibility for land management and urban planning is divided among several institutions, including the Kaduna State Urban Planning and Development Authority (KASUPDA), Kaduna Geographical Information System Agency (KADGIS), the local governments of Zaria City and Sabon Gari, and the Ministry of Housing and Urban Development. Among these, KASUPDA holds the central mandate for enforcing planning regulations, managing land use, and coordinating physical development within a 20-kilometre radius of the city centre. KASUPDA was created in 1985 to replace earlier colonial-era planning authorities. It operates under various legal instruments, including the 1946 Northern Nigeria Town and Country Planning Law and the federal Urban and Regional Planning Law of 1992. These laws empower KASUPDA to implement Master Plans and other development plans tailored to different urban sectors, such as housing, infrastructure, and urban renewal. Despite its legal foundation, KASUPDA, as the apex urban planning and development enforcement agency in the state, faces significant challenges. Notably, Kaduna State has not formally adopted the 1992 federal planning law, which limits KASUPDA’s jurisdiction and effectiveness. This has created administrative ambiguities, jurisdictional overlap, and competition among institutions, particularly between KASUPDA and local governments. As a result, the authority lacks adequate financial and policy support, preventing it from controlling illegal developments or enforcing planning standards effectively. Adobe houses in the old part of Zaria source: traveladventures.com The consequences are far-reaching: despite its technical mandate, KASUPDA often finds itself sidelined, unable to prevent rapid land speculation, unauthorised construction, and chaotic urban growth. This situation is exacerbated by the institution’s limited capacity, both in terms of legal authority and operational resources. Implications for Urban Development: The implications of these governance failures are numerous and damaging. First, the informal nature of land acquisition makes it difficult for authorities to monitor development as it happens. Interventions often occur too late and tend to legitimise unapproved developments rather than rectify them. Attempts to enforce planning regulations, such as demolishing illegal buildings, frequently become politically and socially controversial. Second, the lack of institutional oversight allows for rampant, unregulated land subdivision by individuals, further perpetuating the cycle of unplanned urban growth. This creates disorganised development patterns that severely complicate the provision of essential infrastructure and services, such as roads, water supply, and green spaces. Newly developed areas quickly deteriorate into slum-like conditions due to these deficits. Third, informality also leads to a lack of documentation and record-keeping. Without accurate data on land ownership and land use, planning becomes guesswork. Authorities lack the necessary information to make strategic decisions or enforce zoning regulations effectively. Finally, the prevalence of informal land access encourages “auto-construction» individuals undertaking construction projects without reference to any formal planning schemes or oversight. This results in low-quality developments and increases the risk of environmental and structural hazards. Weak post-colonial governance undermines structured urban planning in Nigeria The dynamics of informal urban expansion are commonly referred to as urban sprawl and are shaped by the interplay of economic, demographic, environmental, and spatial governance factors. The specific nature and pattern of this growth are influenced by how these forces manifest in a given context. Central to this discussion is the role of land and planning administration in determining whether such growth is integrated into formal planning frameworks or allowed to unfold in an unregulated manner. In the colonial period, as exemplified by the case of Zaria, institutional, legal, and administrative mechanisms for land and urban planning were notably effective. Authorities were able to designate areas for development, formalize and document land tenure, and prepare and implement layout plans for designated urban spaces. This created a structured approach to urban expansion that abandoned the planning legacy that had not been sustained in the post-colonial era, despite the availability of more human and material resources and a greater need for the principles of modern urban planning. This paper argues that the erosion of colonial town planning legacies is a widespread phenomenon across Nigerian cities. While the underlying causes are well understood, the efforts to reverse this decline have so far fallen short of what is required. A crucial first step in addressing this issue is acknowledging its existence and raising awareness, which is the objective that this paper seeks to achieve. The insights presented here should inform both urban planning practice and theory, particularly in the Nigerian context and in other regions facing similar challenges. Get the full African Cities Magazine 6 Download the full article here iliyasu-article-african_cities_magazine_6_english-20250826 .pdf Download PDF • 3.40MB Previous Next
- World cities day talk 2022 | AIN website
< Back World cities day talk 2022 Conference October 28, 2022 Ivory Coast, Yaoundé, Cameroon Exploring New Approaches for Inclusive African Cities The World Cities Day Talk (WCDT) is an annual event co-organized with the Nandhaa firm to celebrate World Cities Day. The purpose of this event is to provide a forum for discussion on the issues facing African cities. Additionally, it aims to raise awareness of the challenges of urban development in Africa and to reflect on innovative solutions that can address the identified challenges. Thus, gathered around a key theme of sustainable urbanism in Africa, city stakeholders and professionals share their knowledge and experiences. https://video.wixstatic.com/video/c6d333_c1311cf42ce147f6bf399ddf785d8d55/1080p/mp4/file.mp4 In 2022, the World Cities Day Talk was organized simultaneously in several African countries, including Cameroon, Ivory Coast, and Morocco, in collaboration with local partners such as universities, architecture schools, international organizations, institutions, and private companies. It mobilized more than 500 people. In Cameroon, the WCDT2022 was held in Yaoundé from October 24th to 28th, 2022, under the theme «The Future of Cameroonian Cities: Acting Locally for Global Impact,» including conference debates on urban art and strategies for sustainable urban development. An art exhibition and after-work events also enriched the event. In Morocco, the event took place in Rabat, with a conference on «Exploring New Approaches for Inclusive African Cities,» focusing on the role of the new generation in building sustainable and inclusive cities. In Ivory Coast, the WCDT2022 was held in Abidjan on October 13th, as part of World Architecture Day, with a panel on «City and Health» hosted by AIN in partnership with the Order of Architects and the Abidjan Architecture House. Online and/or in-person, the WCDT brings together numerous city stakeholders every year to discuss inclusive, resilient, and sustainable cities in Africa. Moreover, this event also marks the launch of the African Cities Magazine. Previous Next
- African Cities Insights I Combler la fracture numérique et autonomiser les jeunes au Niger
< Back Combler la fracture numérique et autonomiser les jeunes au Niger Au cœur du Niger, une révolution numérique est en cours. Digital Niger, une organisation à but non lucratif, est en première ligne de ce mouvement, offrant aux jeunes les compétences nécessaires pour prospérer à l'ère du numérique. À travers ses programmes de formation innovants et ses partenariats, Digital Niger comble la fracture numérique et favorise l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes compétents en technologie. Digital Niger est une communauté de plus de 25 volontaires aux parcours divers (communication, électronique, logistique, comptabilité), mais animés par la même passion : la « Technologie ». « Nos principaux objectifs sont vraiment de réduire la fracture numérique et de promouvoir l'inclusion technologique parmi les jeunes. » Digital Niger est une association à but non lucratif officiellement créée le 17 janvier 2023, bien que ses activités aient commencé bien avant cette date. Issaka Maman Lourwana, le fondateur, explique : « Nous organisons de nombreuses formations numériques. Nous couvrons également l’alphabétisation numérique, la cybersécurité et la formation aux outils digitaux. De manière générale, c’est pour les jeunes mais aussi pour les personnes plus âgées qui souhaitent aujourd'hui se reconvertir vers des carrières dans le numérique ou la technologie, si je puis dire. Parmi nos objectifs, nous souhaitons créer un centre de formation numérique accrédité, offrant divers programmes de formation dans la sous-région et, pourquoi pas, à travers toute l'Afrique, pour contribuer à former des leaders en transformation digitale. Digital Niger propose un large éventail de programmes de formation adaptés à différents groupes d’âge et besoins. Pour les jeunes de 8 à 15 ans, les programmes se concentrent sur la fabrication numérique et la familiarisation avec les ordinateurs. Ils apprennent ce qu'est un ordinateur, comment il fonctionne et les bases de son utilisation. Pour les jeunes de 15 à 35 ans, la formation comprend le codage et la programmation (Python, JavaScript, HTML), la robotique, l'intelligence artificielle, le design thinking, la cybersécurité, ainsi que des programmes spécifiques pour encourager les jeunes filles à se lancer dans le domaine de la technologie. Ces programmes visent à préparer les jeunes aux carrières dans la technologie numérique en leur fournissant des compétences pratiques et recherchées. Digital Niger organise des activités pour rassembler la communauté Tech, telles que Tech Tea, le Niger Digital Day avec l'UNICEF et l'ANSI, Iftar Tech, LinkedIn Local Niamey, etc. « Une femme de 23 ans a pu obtenir son premier ordinateur grâce à une formation qu'elle a suivie chez Digital Niger. Cela a marqué un tournant dans sa vie professionnelle, démontrant l'impact tangible de nos programmes. » La sélection des participants aux programmes de Digital Niger varie selon les tranches d’âge. Pour les jeunes de 8 à 15 ans, Digital Niger collabore directement avec les écoles publiques et privées pour proposer ses programmes. Par exemple, ils ont travaillé avec l’école privée Allianz pour introduire leurs formations. Pour les jeunes de 15 à 35 ans, la promotion des programmes de formation se fait principalement via les réseaux sociaux (LinkedIn, Facebook, Twitter, Instagram). Certains programmes sont gratuits, tandis que d'autres sont payants pour financer les activités de l’association. Les formations à la carte permettent à ceux qui souhaitent se spécialiser, comme dans Power BI, de contacter Digital Niger pour une formation spécifique. Digital Niger utilise diverses méthodes pour mesurer l'impact de ses programmes de formation. Avant chaque formation, des critères et des indicateurs de performance (KPIs) sont définis. Après la formation, un sondage de satisfaction à 30 jours est réalisé pour évaluer le niveau des compétences acquises et la satisfaction des participants. Les résultats montrent un taux de satisfaction global de 83 %. « Digital Niger surmonte les défis technologiques grâce à des partenariats stratégiques, en faisant progresser la formation en IA, les plateformes d'e-learning et le soutien à l'entrepreneuriat pour les jeunes. » Digital Niger fait face à plusieurs défis communs aux initiatives en Afrique, notamment en termes d'infrastructures technologiques. Le manque d'espaces adéquatement équipés avec des machines et des équipements informatiques représente un obstacle majeur, tout comme la difficulté d'accès à des connexions Internet stables et abordables. En outre, les coupures de courant fréquentes perturbent les programmes de formation. Pour pallier ces problèmes, Digital Niger a stratégiquement programmé ses sessions de formation en fonction des coupures de courant et cherche activement des partenariats pour améliorer à la fois l'infrastructure technologique et l'accès à Internet. Les partenariats stratégiques jouent un rôle crucial dans le renforcement des programmes de Digital Niger. Avec des membres qui sont des acteurs clés de l’écosystème numérique nigérien, l’organisation facilite les collaborations avec des startups locales, des institutions gouvernementales et des organismes internationaux comme les Nations Unies. Un programme de mentorat initie les jeunes de 12 à 20 ans au monde professionnel, tandis que des partenariats avec des entreprises offrent des stages et des opportunités d'immersion, apportant ainsi une expérience pratique et un développement de carrière pour les jeunes. Pour l’avenir, Digital Niger a plusieurs projets ambitieux en cours. Un hub technologique sera lancé pour soutenir les jeunes entrepreneurs à travers les phases de pré-incubation, incubation et accélération de leurs projets numériques. De plus, un centre de formation en intelligence artificielle proposera des cours de 12 à 18 mois pour développer l’expertise en IA. Une plateforme d'e-learning est également en développement, avec pour objectif de produire du contenu local et de collaborer avec des plateformes internationales comme Coursera pour élargir les opportunités éducatives. « L'Afrique est le continent le plus jeune au monde. Avec la technologie numérique qui est transversale à tous les domaines, j'encourage tous les jeunes à se former au numérique. Nous devons être résilients et trouver des solutions pour développer notre continent. » Les témoignages des jeunes formés par Digital Niger mettent en lumière l'impact positif des programmes. Par exemple, une étudiante au Maroc a pu terminer son cursus grâce à un stage obtenu par le biais de Digital Niger. Un autre témoignage marquant est celui d'une jeune femme qui a acquis son premier ordinateur grâce à un programme de formation, illustrant l'importance des compétences numériques pour l'autonomisation et l'employabilité des jeunes. Digital Niger joue un rôle essentiel dans la réduction de la fracture numérique et la promotion de l'inclusion technologique au Niger. Malgré les défis, l’organisation continue de former des jeunes, de collaborer avec des partenaires stratégiques et de planifier des projets ambitieux pour l'avenir. Comme le souligne Issaka : avec des initiatives comme Digital Niger et le soutien d’organisations comme le Africa Innovation Network, l'Afrique progresse vers un avenir numérique prometteur, ouvrant de nouvelles opportunités pour sa jeunesse et transformant ses villes en pôles technologiques dynamiques. Previous Next
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