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- African Cities Insights I Le numérique: un terreau fertile à labourer pour la transformation durable de la mobilité
< Back Le numérique: un terreau fertile à labourer pour la transformation durable de la mobilité Cet interview d'Antoine CHEVRE met en lumière les opportunités offertes par le numérique pour améliorer la mobilité urbaine durable en Afrique, tout en soulignant les défis de mise en œuvre. Il met en avant l'impact des technologies numériques sur la transformation des transports dans les villes africaines, en mettant l'accent sur des initiatives telles que l'utilisation du paiement mobile, la cartographie des réseaux de transport artisanal via des smartphones, et la mise à disposition des données de transport en open source. L'interview souligne également l'importance de la collaboration et de la normalisation des données (format GTFS) pour garantir leur interopérabilité et faciliter le développement d'applications. Enfin, elle aborde les défis majeurs, notamment la mise à jour des données et la standardisation dans un contexte de transport artisanal non planifié, tout en soulignant l'importance de divers moyens de transport pour améliorer la mobilité urbaine durable en Afrique. Les opportunités du numérique pour la mobilité urbaine durable en Afrique sont à la fois nombreuses et difficiles à mettre en œuvre Au cours des dernières décennies, l’avènement du numérique a permis de favoriser le déploiement de nouvelles solutions de mobilité à travers le monde, et plus récemment dans les villes africaines, afin d’améliorer les conditions de mobilité des citoyens. Des technologies numériques comme le paiement mobile qui est une véritable innovation en Afrique offre des opportunités pour accélérer le développement des villes africaines en sautant des étapes technologiques (leapfrogging) pour se positionner à l’avant-garde de la transformation numérique des transports. Les villes africaines se démarquent également par des pratiques qui sont réinventées à grand renfort de capital risque dans d’autres parties du monde. C’est le cas des taxis partagés qui est une pratique courante dans plusieurs villes africaines et se réinventent en occident avec Uberpool par exemple, qui propose de partager des taxis pour économiser. "Le numérique est un levier majeur à plusieurs titres. Pour mieux connaître le secteur du transport artisanal, pour le formaliser et pour mieux le réguler et pouvoir gérer la multitude d’opérateurs pour la puissance publique." , déclare Antoine CHEVRE, spécialiste de la Division transport de l’AFD. Le numérique permet d’avoir une meilleure connaissance de l’offre de transport, et particulièrement en ce qui concerne le transport artisanal qui se qui se définit par opposition aux exploitants de bus structurés et représente l’écrasante majorité de l’offre de transport dans les villes d’Afrique Subsaharienne. Ceci est rendu possible à travers la cartographie des réseaux de transport artisanal au moyen de smartphones et en utilisant des solutions open source. De telles initiatives ont été disséminées à travers les villes africaines, à l’instar de Digital Matatu à Nairobi, Accra Mobile au Ghana ou TransportforCairo en Egypte. La mise à disposition en mode ouvert des données transports non seulement auprès des décideurs mais aussi auprès des usagers, contribue à une meilleure régulation des systèmes existants et la planification des nouveaux modes. Une autre vertu du numérique étant de pouvoir s’adapter aux besoins de chacun. Toutefois, les données ne sont pas une finalité, car elles, seule, ne suffisent pas pour transformer le secteur du transport artisanal en Afrique. D’après le World Resource Institute, au moins 105 millions de personnes vivant dans les villes africaines ne disposent pas d’informations fiables sur leurs systèmes de transit. Il importe donc d’explorer les différents leviers de valorisation de la donnée transport. DigitalTransport4Africa (DT4A), un début de réponse au partage et à l’exploitation de la donnée transport L’initiative DT4A est née dans le but de mettre en réseau l’ensemble des acteurs engagés dans l’application du numérique aux objectifs d’amélioration de la mobilité. Elle s’inscrit dans une approche appelée « beyond mapping » qui vise donc à explorer les différentes solutions se basant sur les données pour transformer le secteur du transport artisanal. Dans ce cadre, DT4A a lancé un “Défi de l’innovation”, afin d’identifier et de financer des microprojets utilisant chacun un levier différent. Parmi ceux-ci, on peut citer : ewarren à Abidjan, une fintech qui aborde la formalisation du secteur et des données via le paiement mobile, addis map qui vise à développer une application voyageur en utilisant la technologie open source ; Trufi ; go metro en Afrique du sud qui produit un jeu de données sur le réseau de Stellenbosch pour étudier la faisabilité d’un passage à l’électro mobilité, Khartoum map qui vise à créer un jeu de données initiales. "Nous avons voulu à travers cette initiative poser les bases d’une culture de la donnée transport en Afrique en faisant la promotion de l’ouverture des données et de leur standardisation au format GTFS pour assurer l’interopérabilité." , précise Antoine. DT4A est un acteur engagé dans la construction de biens communs numériques tels que OpenStreetMap en ce qui concerne les données géographiques utiles à la cartographie des itinéraires et des arrêts. Cependant, au-delà de la dimension géographique, l’information sur les services de transport intègre le niveau de service (fréquence, vitesse commerciale, etc.). Dans ce sens, le standard GTFS (General Transit Feed System) joue un rôle crucial en ce sens qu’il s’agit d’un format de données standardisées. Il permet ainsi d’avoir des données interopérables, qui soient accessibles et facilement compréhensibles de tous, favorisant de ce fait le développement d’applicatifs. En outre, dans un contexte où la plupart des collectivités locales africaines n’a pas aujourd’hui les moyens techniques et financiers de créer et d’entretenir cette infrastructure de données au format GTFS, DT4A œuvre également à l’internalisation des compétences. Notamment, à travers le partage de connaissances et le renforcement des capacités sur la cartographie des réseaux entre autres. DT4A fournit aussi des solutions d’hébergement (GitLab) pour le stockage de jeu de données et le partage d’un centre de ressources. Il n’y a en effet pas de réel business model pour l’information voyageur Du point de vue des défis majeurs, deux écueils principaux se dégagent. Tout d’abord, celui de l’actualisation des données. En effet, il est souvent facile de mobiliser un budget pour réaliser le recueil initial mais il est beaucoup plus difficile de mobiliser des moyens techniques, humains et financiers récurrent pour mettre à jour ces données. D’un autre côté, dans un contexte de transport artisanal, par définition non planifié dans le détail, la question de la standardisation des données au format GTFS se pose dans la mesure où il est difficile d’arriver au niveau de granularité attendu d’un jeu de données GTFS. D’autant plus que ceux-ci sont censés être produits par des exploitants de transports professionnels et imposent que chaque bus qui circule soit identifié dans le temps et l’espace tout au long de l’année. Au mieux, il est possible de disposer des itinéraires avec des arrêts et une fréquence avec distinction heure de pointe / heure creuse. Néanmoins, dans un contexte de villes africaines avec une croissance rapide, le transport artisanal représente un atout majeur qui associé à d’autres moyens de mass transit, tels que le BRT ou le Tramway, permettrait de réduire considérablement les difficultés de mobilité. Ajouté à cela, et grâce au numérique, le développement des services de transport à la demande pour compléter le réseau de mobilité. De telles actions contribueraient à la réduction de l’usage de la voiture individuelle, tout en favorisant une mobilité urbaine durable. Previous Next
- African Cities Magazine 7 | AIN website
We invite researchers, practitioners, organizations, and urban actors to contribute to the special issue of African Cities Magazine (Issue 7), dedicated to financing african cities. African Cities Magazine Issue 7 African Cities Magazine, published by the Africa Innovation Network, is a distinguished platform dedicated to showcasing transformative urban development across Africa. Its mission is to highlight the beauty, diversity, challenges, and opportunities of African cities today, while envisioning the cities of tomorrow. What is the content of this seventh edition? Special feature: Financing cities in Africa Africa is experiencing one of the fastest urbanization processes in the world. Cities are expanding at an unprecedented pace, driven by demographic growth, rural-urban migration, and evolving economic dynamics. By 2050, more than half of the continent’s population will live in urban areas, intensifying the demand for infrastructure, housing, services, and public spaces. Yet, this rapid urban growth is unfolding in a context marked by limited fiscal capacity, fragmented governance, and significant investment gaps. In this context, financing African cities has become a critical challenge. Traditional funding models—often reliant on public budgets and external aid—are no longer sufficient to meet the scale and complexity of urban needs. There is an urgent need to explore innovative, inclusive, and sustainable financing mechanisms capable of supporting the development of resilient and equitable cities. This special feature of African Cities Magazine (Issue 7) is dedicated to addressing a central question: How can African cities be financed? We invite researchers, practitioners, institutions, and urban stakeholders to contribute to this reflection by sharing insights, experiences, and forward-looking perspectives. The objective is first to unpack the current landscape of urban finance in Africa . Contributions may examine existing financing mechanisms, such as municipal revenues, public-private partnerships, land value capture, or international funding, and analyze their effectiveness, limitations, and adaptability to local contexts. Understanding how cities currently mobilize and allocate financial resources is key to identifying structural bottlenecks and opportunities for reform. Secondly, this issue seeks to explore innovative financing approaches that can better respond to the realities of African urbanization . This includes alternative models such as community-based financing, digital finance solutions, climate finance, impact investment, and blended finance mechanisms. Particular attention will be given to how these tools can enhance inclusivity, support informal economies, and strengthen local governance capacities. Finally, the special feature will highlight concrete case studies and practical experiences from across the continent . These contributions will showcase how cities, institutions, and communities are experimenting with new financial instruments, governance arrangements, and partnerships to fund urban development projects. Lessons learned from these initiatives will help inform scalable and context-sensitive solutions. By bringing together diverse perspectives, this issue aims to contribute to a deeper understanding of urban finance challenges and opportunities in Africa, while providing actionable insights for policymakers, urban planners, investors, and civil society actors. Ultimately, it seeks to foster new pathways toward financing cities that are more inclusive, resilient, and sustainable. We welcome contributions from academics, practitioners, organizations, and urban actors engaged in financing urban development in Africa. Share your research, experiences, and ideas to help shape this essential conversation on the future of African cities. Portrait and interviews This section spotlights visionary individuals and organizations driving urban innovation for more sustainable and resilient African cities. It features urban planners, architects, engineers, artists, and innovators developing transformative solutions, alongside companies, research institutions, and design firms pioneering change. Through in-depth interviews and profiles, this segment highlights the leaders shaping Africa’s urban future. Urban Planning & Innovation How can African cities become more inclusive, resilient, and sustainable while enhancing the quality of life for all citizens? This section explores best practices in urban planning, featuring groundbreaking development projects, governance frameworks, local initiatives, and research that integrate innovative solutions to foster sustainable urban transformation across the continent. Architecture & Innovation Architecture serves as the structural and cultural backbone of cities. This section showcases cutting-edge architectural solutions addressing key urban challenges such as climate change adaptation, affordable housing, and social inclusion. It highlights innovative design practices, sustainable building projects, and emerging architectural techniques that enhance urban living while preserving Africa’s unique identity. African Architecture & Urban Heritage With its rich architectural heritage, Africa is home to centuries-old building techniques that continue to shape modern design. This section highlights traditional architecture, heritage conservation, and contemporary projects inspired by traditional African construction methods. It explores both preserved and endangered heritage sites, emphasizing the role of restoration, adaptive reuse, and cultural identity in contemporary urban development. Cities Pixels and Colors Cities are living canvases, reflecting the diversity, culture, and innovation of their inhabitants. This section celebrates the visual identity of African cities through photography, digital art, paintings, sketches, sculptures, and illustrations. By merging urban aesthetics and creative expression, Cities, Pixels & Colours captures the vibrancy and uniqueness of Africa’s urban landscapes, offering a visual narrative of city life. What type of contributions are we expecting ? We welcome two types of articles: Research Articles and Project Articles. Research articles A research article for African Cities Magazine is a cross-disciplinary scholarly work that presents original research findings related to African cities. These articles contribute to the advancement of knowledge by exploring key urban challenges, proposing innovative solutions, and engaging with contemporary debates on city development in Africa. These articles must offer new perspectives on urban transformation in Africa, bridging theory and practice. They should be well-researched, evidence-based, and insightful, making them valuable to urban planners, architects, policymakers, and researchers engaged in shaping African cities. Authors should follow the submission model provided in the attached concept note. Research must be well-structured, analytically rigorous, and align with the thematic focus of African Cities Magazine. Each research article should follow a clear and structured format, with a maximum length of 2,000 words, including: Abstract (max 250 words) – Summarizes the research, objectives, and key findings. Argument (max 1000 words) – Develops the core research question, theoretical framework, and methodology. Discussion (max 1000 words) – Analyzes results, implications, and contributions to urban studies. Conclusion (max 250 words) – Highlights key takeaways and future research directions. References – Properly cited sources to support the research. The deadline for submitting research articles is 30 June 2026. Project articles A project article for African Cities Magazine is a detailed, structured presentation of a real-world initiative that has positively transformed urban spaces in Africa. These articles showcase best practices, innovative approaches, and successful case studies that contribute to sustainable, inclusive, and resilient cities. They highlight impactful projects that can inspire other cities, planners, and policymakers by sharing valuable lessons, challenges, and solutions. Each project should introduce creative methodologies to address urban challenges, demonstrate measurable community impact, and serve as a scalable best practice. Submissions must align with the magazine’s key themes, emphasizing transformative urban innovations. Each project article should be a maximum of 2,000 words and follow a clear five-part structure: Abstract (250 words max) - Brief introduction to the project: What is it about? What problem does it address? Project Rationale (500 words max) - Context and background: What urban issue led to the creation of this project? The needs and challenges it aims to solve, The stakeholders involved. Project Approach (500 words max) - Detailed methodology: How was the project developed and implemented? The innovative strategies used, Key partnerships and collaboration efforts, etc. Project Impact (500 words max) - How has the project improved urban life? (Sustainability, inclusivity, resilience, economic benefits, etc.), Data, statistics, or testimonials showing its effectiveness, Any challenges faced and lessons learned. Conclusion (250 words max) - Final reflections on the project’s success and limitations, Potential for replication in other cities, Future developments or expansions planned. References – Any supporting research, reports, or sources that validate the project's success. The deadline for submitting project articles is 30 June 2026. Key Dates & Process Call for Contributions (1 April – 30 April 2026) The call for contributions opens on 1st April, inviting researchers, practitioners, and urban professionals to submit tentative abstracts and titles for their proposed articles. At this stage, authors have the flexibility to refine and modify their content later in the process. Abstract Review & Selection (1 May – 8 May 2026) Between 1 May and 8 May, submitted abstracts will undergo an initial review by the scientific committee, assessing their relevance, originality, and alignment with the theme of the magazine. Authors will be notified of the acceptance or rejection of their abstracts by 10 May. Full Article Submission (30 June 2026) Authors with accepted abstracts must submit their full articles by 30 June. These submissions must be made through the African cities magazine website. The submission link will be shared with the authors. Every submission must follow this process. Peer Review Process (1 July – 15 August 2026) From 1 July to 15 August, the scientific committee will conduct a detailed review of the submitted articles. The submissions will be subject to a rigorous peer review process to ensure quality, coherence, and academic relevance. Reviewers will provide feedback, comments, and recommendations for revisions. Notification of Accepted Articles (22 August 2026) Authors will be notified of the final selection of articles on 22 August. Articles requiring revisions must be updated based on the reviewers’ comments. Submission of Final Revised Articles (12 September 2026) Authors must submit their final, corrected versions incorporating reviewers' feedback by 12 September. This ensures the quality and rigor of all published contributions. Editing and Layout (15 September – 17 October 2026) Once finalized, articles will undergo professional editing and layout formatting between 15 September and 17 October to prepare the magazine for publication. Official Publication (31 October 2026) The African Cities Magazine edition 6 will be officially published on 31 October on Africa Innovation Network website, making it available to urban researchers, practitioners, policymakers, and the broader public. Submission of tentative abstracts and titles for the African Cities Magazine 7 We are pleased to announce the commencement of the 7th edition of the African Cities Magazine. Share your interest in submitting an article by filling out the form below. Together, let's foster meaningful discourse and drive positive change in our urban landscapes. First name* Last name* Organization/institution Contact email* In which section do you want to submit an article?* Special feature: Financing cities in Africa Urban planning innovation Architecture Innovation African Architecture and Urban Heritage Cities Pixels and Colors What type of article do you want to submit ?* Project article Research article Research articles: These are articles that take a transversal approach to one or more subjects and they correspond to one of 4 categories: Urban planning innovation; Architecture and innovation; Africa’s architecture and urban heritage; and Cities pixels and colors. Project articles: These are articles that present an inspiring projects with a high impact in one of the 4 categories: Urban planning innovation Architecture and innovation; Africa’s architecture and urban heritage; Heading of your article (tentative)* The title of your article. This doesn’t need to be the final one. You will be able to change it during the final submission. Your article abstract (Tentative) This is the very beginning of your research article, that provides an overview of the topic that is to be described in greater detail in the final article. In this section you should provide your article statement; this is simply a summary of what you’re setting out to demonstrate in your article. Submit
- African Cities Insights I Une confédération d’habitants pour renforcer le pouvoir d’agir dans les quartiers vulnérables en Afrique de l’Ouest
< Back Une confédération d’habitants pour renforcer le pouvoir d’agir dans les quartiers vulnérables en Afrique de l’Ouest Pauline Leporcq, Olivier Moles, Aminata Baro Le projet de structuration de la confédération des habitants en Afrique de l’Ouest est porté par les associations de la société civile ouest-africaines et les organisations communautaires de base des quartiers précaires qui veulent renforcer leur pouvoir d’agir et faire entendre leur voix au sein des instances décisionnaires à l’échelle locale, nationale et internationale. Le projet est né de la réunion des groupements communautaires en fédérations d’habitants de chaque pays de l’Afrique de l’Ouest, sur inspiration du modèle d’appui du réseau Slum Dwellers International (SDI) majoritairement présent en Afrique de l’Est et du Sud. L’objectif de la confédération est de réunir au sein d’une même organisation sous régionale les habitants, acteurs du changement pour les quartiers précaires, afin de porter un plaidoyer d’envergure. Collectivement, ils défendent une vision commune structurée autour de différents axes : l’inclusion sociale pour renforcer la solidarité entre les habitant.es des quartiers et la capacité d’agir des jeunes et des femmes, le développement économique pour appuyer des initiatives économiques d’envergure dans les quartiers, mais aussi la résilience environnementale pour soutenir un développement urbain durable et résilient aux changements climatiques. Promouvoir le dialogue, partager des outils et responsabiliser les résidents grâce à une planification urbaine participative et à des initiatives communautaires Selon ONU Habitat, plus de 60% de la population urbaine du continent africain, soit environ 285 millions de personnes, dont 200 millions en Afrique subsaharienne, habite des bidonvilles ou des quartiers précaires. En 2018, l’espace UEMOA comptait 123 millions d’habitants, dont 39,8 % de citadins. Selon la déclaration de Alioune Badiane, ancien Directeur Exécutif d’ONU Habitat, au forum de Bamako en février 2017, le continent africain a vu l’amélioration des conditions de vie de 24 millions d’habitants des bidonvilles. Mais les besoins restent criants et grandissants. En Afrique Subsaharienne, la proportion totale de la population urbaine vivant dans les bidonvilles n’a diminué que de 5 %, soit 17 millions d’habitants sur la même période. Photographie drone banlieue de Dakar pendant les inondations Sénégal 2022 Crédit Photo Ismaila Seye Face à cette croissance démographique fulgurante dans un contexte de grande précarisation des populations urbaines, les autorités publiques ne parviennent pas à garantir l’accès au logement et à un cadre de vie décent aux populations les plus démunies. Parmi les outils dont disposent les autorités pour apporter une réponse à cette crise graduelle, figure la planification urbaine. Elle permet de mener une démarche globale dans une logique de projet urbain inclusif qui garantie l’implication de toutes les parties prenantes dans le projet d’aménagement et un cadre de vie durable où l’accès aux services de bases est garantie. Dans la pratique, la planification urbaine comme outil de fabrique de la ville est peu maîtrisée et utilisée. En réalité, les autorités publiques n’ont pas toujours les moyens financiers et l’expertise nécessaire pour mener à bien ces projets, ce qui conduit à une urbanisation anarchique, incontrôlée et à la naissance des quartiers précaires. L’enjeu de la confédération est d’encourager un changement de la vision et de la réalité des quartiers précaires, en encourageant le dialogue entre acteurs, en développant et partageant des outils et méthodes opérationnels inspirés des réalités, des traditions et des contextes de chaque pays ouest africain, qui permettent de renforcer les compétences et les capacités des habitants et de co-planifier les quartiers précaires de manière plus justes, pour améliorer concrètement l’habitat à différentes échelles. Point de situation de l’équipe technique urbaSEN chez un bénéficiaire au Sénégal, Bénédicte Hinschberger 2022 Parmi ces outils on peut citer les outils de collecte de données socio-économique et de vulnérabilités face au changement climatique et de cartographie par drone mis en œuvre par les habitants dans le cadre de la démarche “Know Your City” développée par le réseau Slum Dwellers International (SDI). Ils comprennent aussi les outils de financement solidaire par et pour les habitants développés sur le principe de la tontine, système d’épargne communautaire répandu dans la majorité des pays du continent africain, et dont certains sont suffisamment solides aujourd’hui pour soutenir la rénovation de l’habitat et la production de logements abordables. Enfin, les outils de gestion et d’organisation de groupements communautaires pour le renforcement global du pouvoir d’agir et les outils de formation pour la valorisation et la promotion des matériaux locaux et durables limitant l’impact environnemental dans la fabrication des villes africaines. Promouvoir le rôle de la communauté en tant qu’expert local des données et renforcer son influence dans la prise de décision publique L’approche portée par la confédération est basée sur la reconnaissance de l’habitant en tant qu’expert d’usage au cœur de la fabrique de la ville doté d’un pouvoir décisionnel. En tant qu’acteur clé de l’amélioration du cadre de vie, il doit être entendu et reconnu comme un maillon fondamental de la chaîne de décision dans la planification de la ville. L’habitant est une source de connaissances qu’il faut valoriser à l’aide d’un travail précis de collecte et de diffusion de données, alimentant le plaidoyer auprès des autorités locales et institutionnelles. Formation aux activités génératrices de revenus, Burkina Faso, Yaam Solidarity Media Team 2023 La collecte de données est un des plus gros défis des acteurs de l’urbanisation en Afrique de l’Ouest. En effet, il est primordial de collecter des données fines à l’échelle locale et de façon régulière qui reflètent la réalité du quotidien de l’ensemble de la population pour une planification de projets de qualité répondant aux réels besoins des populations. Or, en Afrique de l’Ouest, les acteurs institutionnels (instituts de statistiques, banques nationales, organisations internationales) constituent l’essentiel des collecteurs, détenteurs et diffuseurs de données sur l’accès au logement et aux services de base. Cependant, les données dont disposent ces acteurs restent le plus souvent analysées à une échelle trop institutionnelle pour saisir les subtilités locales et sont collectées à une faible fréquence, ce qui les rend rapidement obsolètes face aux contextes en évolution constante et rapide. L’enjeu est donc d’accompagner la confédération à s’inscrire comme un acteur de référence en matière de collecte de données locales et contextuelles représentatives des populations des quartiers précaires. Par cette collecte encadrée et structurée, les habitants renforcent leur pouvoir d’agir et peuvent défendre leurs droits dans les instances publiques décisionnaires. Les initiatives de renforcement des capacités de la confédération renforcent le développement urbain durable et autonomisent les habitants de toute l’Afrique de l’Ouest Les fédérations d’habitants membres de la confédération sont chacune à un stade de renforcement de capacités différents. Le projet “Habiter et Mieux vivre dans les non lotis à Boassa”, financé par l’Agence Française de Développement et la Fondation Abbé Pierre, porté par CRAterre, urbaMonde et Yaam Solidarité, a permis, à travers une dynamique intégrée multipays, de commencer le travail d’accompagnement des fédérations au Burkina Faso, au Sénégal et en Guinée Bissau. Ce noyau dur porté par urbaSEN, Yaam Solidarité et le Grdr, a fait émerger une dynamique plus large qui donne naissance aujourd’hui aux prémices de la confédération. Cet accompagnement a permis, au travers de plusieurs activités de formation et de sensibilisation, de conscientiser les acteurs locaux à la production d’architectures raisonnées, ayant des impacts positifs sur le confort dans l’habitat, la création d’emplois locaux et la réduction du réchauffement climatique au sens large dans les 3 pays. Il a aussi permis de renforcer 2 fonds de rénovation urbaine, aussi appelé fonds rotatif et d’en créer 1 nouveau, à travers une dotation pour appuyer le financement de l’amélioration de l’habitat et du cadre de vie par et pour les habitants. Guinea-Bissau savings group meeting, Grdr 2024 Des formations sur la cartographie par drone et la production de cartes thématiques ont aussi été réalisées. Il s’agit de faire exister ces quartiers, dont les contours sont souvent oubliés/inexistants sur les cartes dont disposent les pouvoirs publics. Et enfin, des activités de sensibilisation et communication animées par les fédérations habitantes pour la structuration des groupements membres des fédérations, la gestion de l’épargne communautaire et le renforcement du pouvoir d’agir et du plaidoyer auprès des autorités locales. L’ensemble de ces échanges pair à pair dans toute l’Afrique de l’Ouest, permettent la mise en œuvre de formations pour un renforcement des compétences horizontales-africaines par et pour les organisations de la société civile et les organisations communautaires de bases. Pour aller plus loin, plusieurs partenariats sont actuellement en cours de signature, appuyés par le Center For Affordable Housing Finance (CAHF) et Slum Dwellers International (SDI), en partenariat avec urbaMonde et urbaSEN, vainqueur du prix mondial de l’habitat décerné par ONU Habitat en 2023. Cette convention doit permettre d’appuyer sur plusieurs années le développement des outils et méthodes cités précédemment. Donner du pouvoir aux fédérations de résidents dans la planification urbaine offre une solution innovante aux défis du logement et du climat L’approche portée par ces organisations démontre sa pertinence et sa valeur ajoutée depuis plusieurs années. Les défis pour le droit au logement et au cadre de vie sont grandissants et le changement climatique accentue les besoins des populations, en particulier en matière d’adaptation. C’est pourquoi, il est crucial d’encourager le dialogue entre toutes les parties prenantes afin de trouver des solutions qui favorisent une action co-portée, co-financée, et co-résiliente. La considération de la confédération comme un acteur sérieux, pertinent et à grand potentiel est une nécessité pour aborder ces défis de façon innovantes. Les fédérations représentent une opportunité de combler les lacunes existantes dans la chaîne décisionnaire de la planification urbaine. La réelle redistribution d’une partie du pouvoir dans la fabrique de la ville à ceux qui la vivent est une solution innovante et pertinente face à ce contexte d’urgence climatique. Réunion Groupement d_épargne Sénégal FSH 2022 Crédit Equipe média urbaSEN Previous Next
- African Cities Insights I The heritage wall Benin
< Back The heritage wall Benin The Heritage Wall in Benin, created by the Association Sena Street Art (ASSART), aims to promote urban culture and make art accessible to all. ASSART, a cultural association, has initiated over 8,000 young people in various fields, including graffiti, photography, and urban dance. The wall aims to connect every African to their culture and identity, promoting the importance of connecting with their heritage. Produced as part of the festival effect graffiti organized by the Association Sena Street Art known by the acronym ASSART, the heritage wall is about the history of our beloved homeland Dahomey then and Benin now. The Heritage Wall relates the history of the peoples of Benin and Benin and brings out their perspectives. “Association Sena Street Art (ASSART)” Born from the idea of making art accessible to all through the promotion of urban culture; ASSART (Association Sèna Street Art) is an association of young artists engaged in various respective fields such as: graffiti, plastic arts, music, dance, photography, video, and digital arts. Registered as a cultural association under number 2018/2518/DEP-LIT/SG/SAG-ASSOC of November 28, 2018 ASSART works for the initiation, awareness, and development of youth through art and culture. ASSART fights for the influence of urban art in the public, institutional and cultural landscape of Benin through various initiatives; tours in different localities of Benin, awareness, initiation workshops, exhibitions, etc. The artists go to meet the people of Benin to share their knowledge and awareness, beautify and clean up their living environment. Since 2013, ASSART has held several annual and periodic events including the festival Effet graff and art training for the youth and awareness campaigns. Assart has initiated more than 8000 young people to drawing, urban art, photography, urban dance, including more than 2000 out of school and in reintegration. ASSART also has about forty volunteers devoted to the cause and ideals of the Association. “Every African must be connected to his culture” Our message is that every worthy son and daughter must be connected with his or her culture and identity. We have very rich, dense, diversified, authentic, and accentuated cultures and values that unfortunately are forgotten or seem to be more and more relegated to second place by the young generation. This does not honor us as such. No one can tell our story better than us and in our place. It is a pure aberration to see our story told by others under other skies without telling it as it should be. It is there that our works and graffiti make all the sense because they are realized in full cities and in direct contact with the populations. Our goal of making walls into open-air museums is only just beginning and we want to do more. Previous Next
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