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- African Cities Insights I Urbanisme tactique : les artefacts urbains comme vecteur de mobilité durable pour une meilleure qualité de l’air dans la ville de Yaoundé
< Back Urbanisme tactique : les artefacts urbains comme vecteur de mobilité durable pour une meilleure qualité de l’air dans la ville de Yaoundé Cedrix and Christolle Tsambang Les artefacts urbains, inspirés des symboles locaux et fabriqués en bambou, offrent une alternative durable, abordable et écologique pour un cadre de vie plus sain. Conçus pour encourager la marche et l'utilisation des transports en commun, ces installations éphémères s'intègrent harmonieusement dans l'espace urbain. La fermeture temporaire d'une voie de l'avenue Kennedy a incité les habitants à adopter des modes de déplacement doux, réduisant ainsi les émissions polluantes. Cette démarche souligne l'importance de repenser l'aménagement urbain pour favoriser la mobilité durable et préserver la qualité de l'air. En impliquant les artisans locaux et en utilisant des matériaux biosourcés, cette initiative contribue également au développement économique et à la protection de l'environnement. L'expérience de l'avenue Kennedy démontre le potentiel des équipements urbains pour dynamiser les espaces publics et créer des villes africaines durables et attrayantes. Une meilleure qualité de vie dans les villes africaines passe par la création d’un cadre de vie plus sain en repensant les pratiques notamment en matière de mobilité urbaine. C’est dans cette optique que s’inscrit les artefacts urbains développés par chorus architecture le long de l’avenue Kennedy de Yaoundé au Cameroun à l’occasion de la semaine de la qualité de l’air. Il s’agit d’une scénographie inspirée de symboles locaux obtenus par une combinaison contemporaine de lignes ou de faces en tiges de bambou. Le bambou plébiscité pour ses propriétés et son attrait dans la mutation vers une architecture durable se présente ici comme une alternative verte, accessible, disponible et abordable. Plus que de simples mobiliers urbains, les installations éphémères conçues sont le reflet du lieu. Vue sur l'avenue kennedy réamenagé, 2021, alaray studio Les artefacts urbains ont été conçu pour la mise en place d’une Opération d’urbanisme tactique qui entre dans le cadre de la réalisation des actions à court terme du projet de mise en place des outils de lutte contre la pollution atmosphérique dans la ville de Yaoundé. Au cœur de l’enjeu de transition écologique, la qualité de l’air apparaît comme un sujet très important pour la protection environnementale. Mettre sur pied une politique en faveur de la protection de la qualité de l’air doit s’inscrire dans une dynamique globale et nécessite des actions ambitieuses à toutes les échelles, afin de garantir à chacun le droit de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé. Le concept de mobilité durable comprend une réflexion sur l’environnement et les problématiques de développement durable en repensant l’aménagement du territoire et de l’espace urbain. Il s’agit de limiter l’empreinte carbone et de réduire les inégalités territoriales dans les zones mal desservies par les transports, en mettant en place des solutions qui favorisent le recours aux mobilités douces. Le dispositif de lutte contre la pollution de l’air dans ce projet s’organise autour de la réduction des émissions atmosphériques causé principalement par le trafic routier, source importante d’émissions d’oxyde d’azote. L’augmentation de l’utilisation des transports en commun engendre un désengorgement sur les routes et réduit donc les substances polluantes dans l’air. Dans le centre-ville de Yaoundé les principaux transports en communs sont les taxis et les bus. Encourager à la marche serait également moyen d’améliorer la qualité de l’air tout en étant un excellent moyen de se maintenir en forme, de s’évader du quotidien tout en respectant l’environnement. Le choix du site n’est pas anodin, l’avenue Kennedy lieu mythique de la capitale est situé en plein cœur de Yaoundé et est un endroit très indiqué pour un projet de sensibilisation car toutes les couches sociales s’y côtoient. L’objectif des artefacts urbains est de contribuer à aménager des espaces urbains favorables à la mobilité douce tout en mesurant grâce à des capteurs la qualité de l’air. Il était donc question de fermer l’accès aux véhicules sur une des voies de l’avenue Kennedy pendant deux semaines afin d’inciter les habitants de la ville à plus de marche à pied et l’utilisation des transports en communs. Afin de favoriser une marche agréable et effective sur une avenue de plusieurs kilomètres tel que celle de l’avenue Kennedy il est important de créer des zones de rupture, de pause : créer des obstacles tels que des mobiliers urbains utiles afin d’agrémenter la marche et la rendre dynamique. Le mobilier urbain est donc tout à la fois porteur d’une approche fonctionnaliste et le vecteur d’une identité du projet. Le mobilier de l’espace public fait d’ailleurs aujourd’hui l’objet d’attentes qualitatives fortes en tant que véritable outil d’aménagement urbain. Il existe dans la définition même du terme « mobilier urbain » la volonté d’harmonisation, d’homogénéisation et d’appartenance : des objets rendant service, venant faciliter et embellir la vie des citoyens d’une ville. Pourtant, il semble que le mobilier urbain lorsqu’il existe est trop souvent le produit d’usages spécifiques très déterminés, qui ne laisse pas suffisamment place à des questions plus larges sur la nature de ces usages mêmes. Chorus architecture a donc designer des artefacts en guise de mobiliers urbains afin de susciter de l’interrogation, de la surprise et de la curiosité pour expérimenter de nouvelles pratiques et mettre sur pied de nouveaux concepts en amenant à remettre en question notre compréhension de la réalité afin de réintroduire l’humain dans l’urbain. Conçus et fabriqués localement avec des matériaux biosourcés de ces artefacts urbains ont permis de développer et mettre en avant le savoir-faire local en intégrant différents types d’artisans, créer des emplois tout en participant à la protection de l’environnement. En optant pour du mobilier en bambou, les artefacts concilient élégance, originalité et engagement contre la déforestation dans une perspective de développement durable. Vue sur une partie de la scénographie, 2021, alaray studio Grace aux capteurs installés dans la zone, il a été clairement démontré que la qualité de l’air à considérablement été améliorer durant ces deux semaines d’études. Ceci permet de constater l’impact sur la circulation automobile dans la ville et révéler l’importance et surtout l’efficacité des aménagements effectués. L’attrait généré par l’installation de ces équipements urbains démontre de la nécessité de réinventer nos villes en mettant un accent sur la conception de détails dans les espaces publics. De plus, des équipements urbains comme ceux-là constituent une plus-value notable pour les municipalités, et ce, quelle que soit leur taille ou leur importance. Si certains éléments présentent un aspect pratique, comme ces mobiliers urbains, de nombreux autres aménagements peuvent permettre de dynamiser la vie communale. Penser des villes africaines durables passent également par la re conception des espaces publics en mettant un accent sur l’intégration des éléments qui interpellent et qui communiquent. Cette expérience à l’avenue permet de constater qu’il est possible d’utiliser le savoir-faire local ainsi que les matériaux locaux pour créer des mobiliers urbains intéressant et respectueux de l’environnement. Previous Next
- African Cities Insights I Rural lessons for the city of the future an architect’s perspective
< Back Rural lessons for the city of the future an architect’s perspective Jurriaan van Stigt and Tea Kufrin The UN estimates that the urban population of sub-Saharan Africa will rise from 40% to 60% by 2050, posing challenges to urban quality of life. However, these analyses often overlook the rural context, underestimating opportunities for the remaining 40% of the population and disregarding the characteristics of rural communities in planning and designing urban expansion. Combining the rural and urban can create more liveable modern cities and attractive rural communities for future generations. In Mali, a school building called the Practical Training College for technicians and engineers was designed in Sangha, Mali, to create a lively living center for regional economic activities and a dynamic hub for youth. The design involved local stakeholders and incorporated themes such as desert ecology, nutrition, water use, irrigation, farming innovation, beekeeping, and solar energy. In Mauritius, LEVS proposed an urban plan and architectural design for the first 250 houses to be realized as part of the 'New Sélibaby'. The UN estimates that the urban population of sub-Saharan Africa will rise from the current 40% to 60% of its total population by 2050. Accordingly, there is considerable attention for the challenges this poses to urban quality of life, especially in West Africa, where the fastest growth is expected. Yet, these analyses often overlook the rural context in two important ways. Firstly, by underestimating the opportunities for the remaining 40% of the population that is expected to stay there. Secondly, by disregarding the characteristics of rural communities, their organization, and architecture, in planning and designing urban expansion. It is a missed opportunity: combining the rural and the urban can bring out the best of both worlds and create not only more liveable modern cities but also rural communities that are attractive for future generations. “Losses on both sides…” The intensity of urbanization in many West-African cities and the emptying out of rural communities has losses on both sides. On the one hand, there is the fast-paced overgrowth of anonymous residential areas on the outskirts of large cities, like Bamako, which results in underdeveloped informal settlements, lacking infrastructure, public services, and jobs. On the other hand, there are the rural towns and villages that see an entire generation leave, family-ties break and regional economic decline accelerates. The potential benefits of city life and the opportunities of rural life disappear. This requires investments in infrastructure and education in both cities and rural areas. From the perspective of an architecture office that has worked in Mali and its neighboring countries for over 25 years, we have drawn several lessons on how to make these investments fruitful. Practical Training College Sangha, construction of the second cluster, 2018, Photo by LEVS architecten “The 40%: Sangha, Mali…” In 2013, the Malian NGO Association Dogon Initiatives (ADI) and its Dutch counterpart Partners Pays-Dogon (PPD) commissioned LEVS for a school building in the small town of Sangha, in central Mali: a Practical Training College for technicians and engineers. Rather than a stand-alone building, the goal was to create a lively living center for the transformation of regional economic activities and a dynamic hub for youth. The college will facilitate the training of up to 900 students. A key element of the plan was the involvement of local stakeholders. They pointed out that themes such as desert ecology, nutrition, the use of water, irrigation, farming innovation, beekeeping, and solar energy all are at the forefront of many of the challenges faced by residents of Sangha and beyond. And by creating concrete opportunities for students in the region, they will not immediately head off for the capital, Bamako. The layout of Sangha follows natural elements in the landscape: houses are built on top of the rocky hills that come together like interlocking fingertips. The land in between is freed for agriculture. Our design for the practical college combines the fingertip-layout of the wider Sangha area with the benefits of fertile soils that are needed for various educational programs. By creating several small clusters of buildings within a walled plot of six hectares, the college terrain effectively becomes a new neighborhood at the edge of town. Sélibaby social housing, community involvement in construction, 2019, Photo by LEVS architecten The small clusters contain fifteen classrooms, four hangar-workshops, ten teacher-residences, and technical service buildings. Each cluster takes its inspiration from the traditional organisation of the Dogon family house. The house of the main family, those of the extended family, and the family granaries surround a central court and are connected by stone walls. In our design, these clusters in turn are surrounded by gardens with Moringa trees and green plateaus that level-out height differences in the terrain. Paths lead along the buildings, past the gardens and the water wells that are located on the periphery of the plot. By considering the conditions of the local build environment in this way, the design manages to innovate within the bounds of a UNESCO world heritage site. Currently, even the construction of several of the school buildings itself was executed by a first cohort of graduating students. All to secure regional attention for studying and working in Sangha. Strategy for a new model city, 2020, Illustration by LEVS architecten “The 60%: Sélibaby, Mauritania…” One of the main problems with urban expansion is that developers are often solely focussed on building houses, and nothing but houses. What can they learn from rural communities? Some years ago, LEVS was commissioned by the Mauritanian Ministry of Habitat to propose an urban plan and architectural design for the first 250 houses to be realized as part of the ‘New Sélibaby’. Based on our experience in rural Mali, we wondered: how can we integrate local traditions in a contemporary design instead of following only the standard technocratic design requirements? To that end, we tried to shift the attention from the often-imposed grid system. By inserting public and semi public spaces of different sizes and privacy levels, we aim to inspire people to form a livable community. This is achieved primarily through planning of public functions such as squares, parks, markets, mosques or schools. The typical wide and space-consuming streets are replaced by more traditional and shaded narrow streets and collective green gardens. Broken viewpoints create a sense of human scale, inviting the inhabitants to activate the public spaces. The plots are grouped into housing blocks, each of which will have a shared vegetable garden. The standalone kitchens alongside the street and low property walls invite social interaction. Grey water purification systems from bathrooms will provide enough water for the gardens at no extra cost. Ecological toilets are built and the next step is to introduce a completely off-grid system with solar panels and an independent water source. The sustainable houses are made of hydraulically compressed earth blocks which are produced on site of locally sourced clay. This natural material is suitable for making comfortable interiors in hot climates. The houses are built by local people, who have been trained beforehand. Students from the local technical school, women from the village, employers from a local contractor, soldiers from the government: together they work on the future of New Sélibaby. In a recent project proposal for social housing near Dakar, we took the ideas from Sélibaby a step further. Here, different housing typologies for different users, each with an incremental approach, offer the opportunity for house extensions as families grow. It allows, for example, multi-storey housing blocks. Additionally, we minimized the sizes of plots, and compensated the apparent loss of square meters with shared gardens and parking spaces. “A symbiosis of cities, towns and villages…” What is lost in this process of rapid urbanization is a sense of local community and economy, in cities, towns and villages alike. As architects and planners we see opportunities in all these places to build environments that need not cost more, yet are productive of the kind of quality of life that people seek. In the city, this means creating an urban fabric that takes its organizational principles from local culture and respects living traditions as well as climate challenges: go beyond the rational plot, create shared public spaces and introduce off-grid energy systems and sites of food production so that a neighbourhood can become a self sustaining living environment, not just an externalized temporary residence. At the same time, one should give rural areas the credit they deserve as main sources of food security and as spaces that diminish the pressure on the ecosystem often created by urban expansion and lifestyle. Helping villages to thrive by creating more opportunities for their inhabitants will unburden urban migration. This process is most successful when developed and designed hand-in-hand with the end users, who understand what needs a specific region has, ensuring the viability of the built environment. One final important development not otherwise discussed here, is the availability of internet and digital communication in rural areas. The corona pandemic taught us that even though travel was restricted, we were able to continue most of our work. This means that in the near future, younger generations seeking new economic opportunities, need not necessarily leave for the city, when communication is online. In a healthy symbiosis, urbanization should benefit the rural population, as much as rural development should support the functioning of cities. We believe it is possible. Housing in Dakar, axonometric view of a neighbourhood segment, 2020, Photo by LEVS architecten Previous Next
- African Cities Insights I Digital Tools In Architecture: Opportunities For Afrocentric Architecture
< Back Digital Tools In Architecture: Opportunities For Afrocentric Architecture Kairu Karega, Leandry JIEUTSA, Cédrix Tsambang, Joel Mukalay Afrocentric architecture is gaining momentum in Africa, driven by a renewed interest in its rich cultural heritage, social fabric, and environmental considerations. Digital tools are enabling architects to translate these principles into sustainable, future-proof structures. Tools like Rhino, Grasshopper, and Revit can help design Afrocentric architecture and support complex geometric designs. Building Information Modeling (BIM) can be a powerful tool for integrating Afrocentric design elements, allowing for deeper exploration and representation of local concepts and materials. BIM allows for precise modeling of construction techniques using local materials, ensuring they respect circular economy principles. By using BIM in Afrocentric architecture, best practices include contextualizing the tool, ensuring cultural sensitivity, and promoting sustainability. By incorporating Afrocentric design elements into modern designs, the continent can preserve its cultural identity and promote sustainable practices. 3D printing with clay offers a sustainable and culturally relevant solution for Afrocentric architecture, reducing carbon footprints and promoting local resources. This technology allows for intricate patterns reflecting African design elements. Modular architecture, utilizing prefabricated components, reduces construction time, costs, and improves quality control, making it ideal for affordable housing in rapidly urbanizing African cities. The architectural landscape of Africa is undergoing a renaissance. A renewed interest in Afrocentric design principles – those rooted in the continent's rich cultural heritage, social fabric, and environmental considerations – is driving innovation. Digital tools are playing a crucial role in this evolution, empowering architects to translate these principles into tangible, sustainable, and future-proof structures. As Joel Mukalay, an afrocentric architect explains, "Afrocentrism, in the context of architecture, is about correcting the lens about what Africa is defined as. We are usually marginalized, being seen as always the ones who have a history which does not exist, which is purely depending on the colonial history." Joel Mukalay Joel further emphasizes, "If we are to talk about how people define Afrocentrism and what is not Afrocentric architecture, the exact thing which usually misses is the fact that we try to define Afrocentrism just by relating it to what has been designed by our ancestors without understanding that the world has evolved, the world has changed, and there are new realities. We have to adapt to them. So, we try to just reflect what has existed without trying to adapt it to the new realities. We have a history, we definitely do have a certain context of things as well, which we have to use in our design, especially in architecture.” If we talk about the cultural identity through Afrocentric architecture, we should clearly see that it's mainly about preserving and working towards the promotion of the African cultural identity. And how do we do that? Mainly, it's about integrating the traditional symbols, practices, and values into modern designs. For example, the designs of architects like Francis Kéré, who is usually inspired by the actual way of living of the locals and brings a design that is modern but still reflects the culture and the needs of the people. Startup Lions Campus von, Kere Architecture “Technology has changed and gives us more opportunities to actually preserve our own history and make it more contemporary and in a more modern way.” A variety of digital tools are empowering architects to embrace Afrocentric design principles on a larger scale. Tools like Rhino, Grasshopper, and Revit can help design Afrocentric architecture and support complex geometric designs. These tools enable collaboration with other stakeholders, allowing architects from different African countries to work on the same project at the same time. Additionally, technology can support the integration of traditional building techniques and aesthetics, such as the use of renewable materials and optimizing energy efficiency in buildings." Joel Mukalay adds. Cedrix Tsambang, a Sustainable Architect & Green Tech Consultant shared with us his two cents on how Building Information Modeling (BIM) can empower the design and implementation of Afrocentric architecture. “BIM can be a powerful tool for integrating Afrocentric design elements, provided it is used with a clear understanding of the local context.” “BIM, as a digital tool, offers immense potential for Afrocentric architecture by facilitating a deeper exploration and representation of local concepts and materials. However, it's crucial to remember that BIM is one tool among many. Its power lies in how it contextualizes Afrocentric architecture, allowing us to capture the essence of traditional African design principles and adapt them to contemporary contexts. BIM enables the digital exploration of African artefacts and traditional designs, helping us understand how these structures have withstood the test of time. By analyzing these elements digitally, we can extract principles of antifragility—designs that not only resist but thrive in the face of challenges. Cédrix Tsambang Through BIM, we can model and adapt ancient African architectural solutions, ensuring they respect circular economy principles. For instance, reusing and reinterpreting traditional building techniques within modern structures can be optimized through BIM, ensuring these designs are both functional and sustainable. BIM allows for precise modeling of construction techniques using local materials. This is critical for ensuring that the construction phase respects the heritage and sustainability goals of Afrocentric architecture. By simulating the construction process, we can foresee challenges and optimize resource use.” Cedrix Tsambang emphasizes. “BIM allows us to simulate the natural behavior of buildings, such as ventilation patterns that are critical in tropical climates. This enables us to design spaces that are naturally resilient and sustainable.” adds Cedrix. In terms of material use, BIM helps in modeling the incorporation of local materials, ensuring they are used in ways that enhance the building's performance while respecting traditional practices. BIM’s ability to simulate construction processes ensures that local materials are used efficiently, minimizing waste and enhancing the building’s overall sustainability. Cedrix continues to add, “BIM plays a crucial role in ensuring sustainability, particularly in how it allows for the detailed modeling and analysis of Afrocentric design principles.” BIM enables the detailed analysis of a building's environmental performance, ensuring that designs are inherently sustainable and resilient. BIM allows us to model circular economy principles, ensuring that all aspects of the design, from material selection to construction techniques, contribute to the building's sustainability. By using BIM to simulate the construction process, we can optimize the use of resources, reduce waste, and ensure that the building's lifecycle is managed sustainably. “Best practices for using BIM in Afrocentric architecture include contextualizing the tool, ensuring cultural sensitivity, and promoting sustainability.” Cedrix emphasizes. Expand Biyem Assi Hospital, Chorus Architecture “The real value lies in how we use these tools to interpret, represent, and enhance the rich traditions of Afrocentric architecture.” The impact of Afrocentric architecture in communities can be measured through various social and economic benefits. For example, promoting tourism by building modern structures that reflect our history can attract visitors from around the world, educating them about our culture and heritage. Additionally, involving the community in the design process ensures that the architecture meets their needs and fosters a sense of ownership and pride. Afrocentric architecture can also contribute to economic development by creating job opportunities and promoting local craftsmanship and materials. "The future of Afrocentric architecture lies in promoting education and training in the field. We need programs that blend traditional African architectural knowledge with modern technology to cultivate a new wave of designers who can innovate while staying rooted in our cultural heritage. Collaboration between architects, technologists, and other stakeholders is also crucial in advancing Afrocentric architecture. By working together, we can ensure that projects are technically sound, culturally relevant, and socially impactful." says Joel. Cedrix adds, “It's important to remember that while digital tools are powerful, they are facilitators, not creators, of architecture. The real value lies in how we use these tools to interpret, represent, and enhance the rich traditions of Afrocentric architecture. As these tools evolve, they will not only help us preserve these traditions but also inspire new forms that resonate with the cultural and environmental realities of Africa.” Previous Next
- African Cities Insights I Gearing Up & Mainstreaming Public Space: The City of Cape Town’s Quality Public Places Programme
< Back Gearing Up & Mainstreaming Public Space: The City of Cape Town’s Quality Public Places Programme Bobby Gould-Pratt This article will discuss plans to gear up the delivery of public places within the Quality Public Places (QPP) Programme which started approximately 25 years ago by the City of Cape Town’s Urban Planning and Design Department. While just over 105 spaces across Cape Town have been implemented via the programme to date, its success has been varied, with many obstacles to the implementation of public space being encountered which includes like many other African cities, limited budgets to plan and build as well as poorly aligned governance structures to ensure adequate maintenance and management of public space. In response to a critical review of the QPP programme, a range of proposals have been identified to initiate the shift to mainstream public space within the city administration. Two of these focus areas will be discussed in this article to demonstrate the approach being taken to gear up public space delivery within a continuing context of limited budgets, constrained resources and great community need. Introducing the Quality Public Places Programme Cape Town, located on the southern tip of Africa, is South Africa’s second largest economic node and is its second most populous city. The city is currently undergoing rapid growth and urbanisation which is intensifying a range of existing challenges including poverty, high unemployment and violent crime, as well as reinforcing its extreme levels of spatial inequality- a legacy of the former apartheid system. As Cape Town moves towards overcoming these pressing challenges and realising its vision to build a City of Hope, which is defined in its various policy documents, as ‘a city that is prosperous, inclusive and healthy, where every resident can envision and realise a better future for themselves, their families and their communities,’ a focus on the performance of the public realm and the implementation of public space has an important role to play in achieving this vison. As confirmed by UN Habitat in Place Making and the Future of Cities; ‘Building inclusive, healthy, functional, and productive cities is perhaps the greatest challenge facing humanity today. There are no easy solutions and yet a key part of the puzzle lies right in the heart of the world’s urban areas: the public spaces.’ The City of Cape Town’s Quality Public Places Programme, began in response to South Africa’s democratic transition in the late 1990’s with its founding ethos related to an imperative to contribute to a more just, dignified and liveable city as well as the need to address issues of inequality, spatial fragmentation and environmental degradation. Quality of Public Places Programme: Workstreams (Source: Urban Planning and Design Department; City of Cape Town) Targeted public realm interventions were identified and focused in locations of greatest social and economic deprivation, with these public spaces being purposely different from others previously developed in the city, in that they were positioned in structurally and symbolically significant locations while having the potential to integrate different communities, promote accessibility, support microeconomic opportunities or establish a new and positive sense of place. All of the spaces intentionally adopted a holistic understanding of space that did not differentiate between municipal zoning designations. They were multifunctional in nature as well as being minimalist, generative and catalytic. Typical public spaces projects included: urban squares or forecourts at public transport or community buildings with amongst others, opportunities created for social and economic exchange as well as cultural commemoration; multifunctional community spaces with street trading, markets, play courts and food gardens; and street upgrades with a focus on improving pedestrian accessibility, safety and linkages between community facility clusters and public nodes. Examples of a variety of QPP project implemented across Cape Town in the early 2000’s (Source: Author and Urban Planning and Design Department; City of Cape Town, archives) While there have been many noteworthy achievements within the Programme including creating a greater awareness of public space, to promoting interdisciplinary collaboration on infrastructure projects as well as the receipt of several international awards in its early years, its overall impact has been varied. This in part relates to the reprioritisation of limited funding away from public realm improvement to address other competing demands in a rapidly growing city. The transversal nature of the QPP public spaces has also created blurred governance responsibilities between City departments that are predominantly arranged in silos. The complexity of requiring different departments to co-ordinate various activities within a single space has been a contributing factor to the neglect and poor maintenance of many public spaces implemented within the programme. Further challenges have been to convince City departments to take on the asset owner function of many of the proposed QPP spaces leading to a slowdown of public space delivery within the programme from 2010 onwards. High crime and a lack of personal security in Cape Town has also had a profound impact on public life and perceptions of public space across the city. Both public and private buildings are taking an inward focus, leading to blank walls and poor surveillance onto streets and public spaces. High walls and fencing as the favoured solution to secure facilities and spaces from vandalism further erodes public life by inconveniencing pedestrians as well as creating a disjointed public realm. Material choices are also not only motivated by limited funding but also the need to be extremely robust to vandalism and theft leading to a lack of comfort and joy within the public realm. Today, building on its founding ethos- which is still as relevant, the Quality Public Places Programme has expanded its focus to not only enable the implementation of place-making projects within the department but to also place emphasis on enabling and supporting all public realm partners in developing an integrated and sustainable public environment. Moving forward particular emphasis is being placed on pilot projects to demonstrate practical as well as innovative place-making solutions that others can be easily replicate. A range of separate but linked workstreams have been identified that will direct future work within the Programme with the specific objective of integrating and concentrating efforts towards promoting quality public realm outcomes. In starting to gear up for increased public space delivery, a strategic approach has been adopted which acknowledges upfront that not all the solutions to existing challenges within the programme can be solved at once. Current emphasis is being placed on both top-down and bottom-up initiatives. Vision and Direction: Establishing a Citywide Public Space System A key area of focus in building a case for increased public space delivery is to establish existing and future public space needs. Empirical data and facts are required to convince decision makers which is particularly challenging when people have different perceptions of public space- including practitioners of the built environment! While public space is generally accepted as “places which are publicly owned or of public use, accessible and enjoyed by all for free and without a profit motive,” it can take many spatial forms as well as being a social construct that is shaped by differing users values, beliefs and requirements, making it particularly difficult to define as well as quantify. It is critical to move away from reactive to proactive planning for public space provision that recognises the overlapping, fluid and multifunctional dimension of public space as well as its structural function. Emerging Integrated Public Realm Framework (Source: Urban Planning and Design Department; City of Cape Town) Building on the recommendations in the Global Public Space Toolkit prepared by UN-Habitat, a ‘public space system’ is being developed for Cape Town as part of its Metropolitan and District Planning Review process. This layer will allow public space, including open space, streets, markets and public facilities to be purposely conceptualised as a separate and independent system, while also showing its linkages and dependencies to the other functional networks within the city. Historically public space has been indicated within other various traditional mapping layers like the green infrastructure network, access system and public facilities network, which although correct has meant that it gets ‘lost’ and not properly accounted for. Giving the public space system status within formally recognised planning instruments will start to institutionalise public space with the City administration, which is critical for it to be properly funded and accounted for. Defining the public realm and the range of public spaces within it, is also becoming increasing critical as City of Cape Town policies continue to promote densification and infill development to support greater urban efficiencies. A clear vision on the location, character and quality of the public realm and its network of public spaces is required to give guidance for both green-field and brown-field development to ensure liveable neighbourhoods. A fundamental shift of the ‘public space system’ approach will be for all the typologies of public space within an area to be holistically considered and the opportunities of the collective to emerge in identifying potential place-making opportunities, particularly when vacant open land is limited and creative solutions are needed. Demonstrate: Prioritisation of Living Streets as a public space typology for Implementation Existing street condition on Ingulube Street, Philippi, Cape Town. Source: Bobby Gould-Pratt The second area of focus relates to the prioritisation of street regeneration projects. These projects are termed ‘living streets’ and are being specifically targeted as there is limited vacant public land available to provide functional public open space, particularly in existing poorly resourced parts of the city where current intensification is predominantly occurring. It is critical that existing roads which can take up to 30% of the total developable land area for a neighbourhood are better planned to serve community needs. In many cases, streets now present the only opportunity to provide social and recreational space as well as opportunities to support emerging micro economic activity. These projects are also being targeted as bulk infrastructure in many parts of the city is failing due to age or is inadequate for the growing demand created by intensification. In these locations, the infrastructure which predominantly lies under streets, needs to be replaced. This presents an opportunity to optimise limited public investment to influence more interdisciplinary and multifunctional approaches to street design and ensure potential place-making opportunities are not lost. A focus on street upgrade projects is also a precursor for supporting community stabilisation in neighbourhoods with greatest crime and social dysfunction. Ensuring that streets are clean, safe and attractive will bring dignity and hope. Typically, street improvement projects within the programme have focussed on the area within the street reserve (public land) and do not include the spaces and properties abutting the reserve, which are also integral to supporting safe, walkable and active environments. A more holistic approach to undertaking street improvement projects is required, where equal focus is given to enabling changes adjacent to the street reserve as well as within it. In many cases the solution to creating liveable streets lies in a partnership between the public and private, that begins with a broader contextual understanding and is expressed in a holistic street vision that outlines the required range of sequenced actions from both public and private actors. This approach has been explored in several projects, with the Ingulube High Street project being a good case study. Located in Philippi, with one of the highest crime rates and greatest socio-economic deprivation in the city, the street forms a key link between a large public transport interchange and a key metropolitan activity corridor making it an intense hive of activity. The street struggles to perform adequately for a range of reasons with a dominant factor being its original layout, which prioritises cars above people. Sidewalks widths are inadequate for both street trading and pedestrian use, leading to unsafe and unhygienic conditions for its users. In some sections, access to properties lining the street is taken from behind, leading to blank facades and an inability for property owners to easily optimise the economic opportunity occurring on their boundary. A holistic review of the street has been explored that proposes not only changes within the street reserve but consideration of the abutting properties on the street edge. Rezoning and other town planning mechanisms to allow property owners to easily respond to economic opportunity as well assist with making an active street interface are identified, while proposals to allow the street to better serve all user needs including vehicular, pedestrian, trading and recreational in a healthy, safe and dignified manner are proposed. This includes converting the street into a one-way route to create sufficient space for trading and pedestrians as well as much needed place-making opportunities. Existing public spaces at key intersections along the route have also been identified for upgrades which were originally constructed in the Programme in the early 2000’s. Realising this Living Street vision will take time, buy-in and trust from communities. Current initiatives are focused on community stabilisation and capacity building as well as a focus on addressing inadequate municipal services before public realm improvements can commence. A range of other street regeneration initiatives, located in differing contexts across the city are in various stages of planning and conceptualisation from St Georges Mall within the city’s historical centre, to Spine Road in Khayelitsha- a township on the outskirts of the city. All of these projects are being conceptualised and planned with external partners and stakeholders which is an essential element to ensuring their long-term sustainability and success. The intention is to entrench and mainstream this more holistic approach to street improvement to realise a network of active, safe, green and memorable streets across the city. Next steps and Lessons for the Future The QPP programme was founded on a recognition that public space needs to be planned and managed in a transversal and collaborative manner which in turn invites complexity and the delivery of successful spaces a challenge. This in many ways was an ‘achilles heel’ of the Programme which led to a slow down of public space delivery when they were not properly maintained and managed. The examples discussed in this article to support the mainstreaming of public space within Cape Town and to kick start increased public space delivery in the QPP programme, are still transversal in nature as it is a core element of public space. The key difference 25 years on, is that although there is appreciation for public space, there is a recognition that the city administration must also be ready and structured to receive them. Significant focus is therefore being given to ensuring that public space is treated like other infrastructure services to ensure it is adequately accounted and planned for. A reflection on the lifespan of the QPP programme demonstrates that there are no simple solutions to place making. The spaces that have endured are the ones that had both institutional structures in place to support them as well as communities to receive and value them. Moving forward the selection of public space projects for implementation needs to be strategic and targeted to optimise limited resources as well as to show case the value of public space within the programme. It can be argued that any type of well-planned public space project will make a difference, however in Cape Town, or any country in the Global South there isn’t this luxury. Living street projects have the ability to maximise limited resources as well as having the potential to make profound changes to improving the liveability of neighbourhoods and the lives of ordinary citizens, if they are not planned as infrastructure or engineering projects but conceptualised as places of social and economic enablers of change. Freedom Square, Bonteheuwel, Cape Town. Completed in 2023 (source: SouthLand Photography, David Savage) Get the full African Cities Magazine 6 Download the full article here bobby-article-african_cities_magazine_6_english-20250826 .pdf Download PDF • 5.15MB Previous Next
- African Cities Insights I Bakel et Kaédi: Des villes intermédiaires en première ligne des enjeux du développement urbain
< Back Bakel et Kaédi: Des villes intermédiaires en première ligne des enjeux du développement urbain Léo BRENET L’urbanisation rapide du continent africain, la plus soutenue à l’échelle mondiale, a favorisé l’émergence de nombreux pôles urbains secondaires. En Afrique de l’Ouest, la macrocéphalie des systèmes urbains d’une grande majorité de pays renforce la position dominante des capitales, qui concentrent la plupart des investissements à l’échelle nationale (et donc des infrastructures). Dans la recherche d’un meilleur équilibre territorial, social et économique, les pôles urbains intermédiaires ont un rôle crucial à jouer aussi bien en termes d’accès aux services de base que de développement économique, Ils peuvent en effet aspirer à devenir de véritables locomotives valorisant la complémentarité rural-urbain, l’émancipation de la jeunesse et les innovations nécessaires pour la transition écologique. Bakel et Kaédi – communes riveraines du fleuve Sénégal - font partie des villes intermédiaires situées à l’interface entre les lointaines capitales et les espaces ruraux. Leurs fonctions urbaines, déjà sous pression, doivent absorber une croissance démographique importante (environ 4% par an) et s’adapter rapidement aux effets des aléas climatiques, alors même que les ressources humaines et financières locales ne suffisent pas à satisfaire, tant s’en faut, les besoins actuels. Les portraits de territoire de Kaédi et Bakel reviennent sur l'émergence de ces deux agglomérations et analysent les défis à relever dans ces territoires. Ils nécessiteront la définition d’un nouveau système de planification des investissements (construire la ville sur la ville), d'une meilleure prise en compte des parties prenantes et l'utilisation de nouveaux outils de compréhension de la ville. La croissance de Bakel et Kaedi reflète les schémas migratoires induits par les changements économiques et l’urbanisation induite par la sécheresse Etalement urbain spontané de la ville de Kaédi, 2024 par Léo BRENET - Grdr Les développements des villes de Bakel et de Kaédi sont le reflet d’une histoire migratoire intense dans la vallée du fleuve Sénégal. Portée par une production arachidière et de gomme arabique importante jusqu’au XIXème siècle, le dynamisme économique de la vallée a favorisé le développement de quartiers commerçants dans les principales villes riveraines. Le déclin économique de la région à partir du XXème siècle, de l’instauration d’un impôt colonial ainsi que les deux guerres mondiales ont successivement provoqué des vagues d’émigration de la région vers les autres pôles de production nationaux puis internationaux. Les sécheresses des années 70 ont accéléré l’urbanisation des pôles urbains riverains existants et la création de nouvelles localités, conséquence de la sédentarisation des nomades, l’accentuation des mobilités urbains/rural et, dans une moindre mesure, un exode des populations rurales limitrophes. Ces nouveaux citadins, temporaires et permanents, s’installèrent pour la plupart dans les plaines inondables asséchées, en lisière de ville. Ces zones urbanisées sont, depuis le retour d’une pluviométrie « normale », régulièrement inondées. Aussi, les répercussions politiques et sociales des évènements de 89 entre la Mauritanie et le Sénégal sur les régimes fonciers des terres de la vallée du fleuve ont, depuis l’apaisement des tensions diplomatiques entre les deux Etats et le retour des populations déplacées, rendu délicate la gestion foncière dans ces territoires. Enfin, depuis une dizaine d’années, la croissance démographique exerce une pression sur l’urbanisation des villes, densifiant les centres urbains et étirant les limites des agglomérations. C’est dans ce contexte que les acteurs des villes de la moyenne vallée du fleuve Sénégal tentent d’apporter des réponses aux défis de la planification urbaine. Les budgets municipaux (environ 1 million d’euros pour Kaédi et 300 000 euros pour Bakel) se limitant essentiellement au financement des dépenses de fonctionnement, les capacités d’investissement des villes sont extrêmement faibles et ne permettent pas de supporter et d’absorber une croissance continue et relativement importante de la population. Aussi et surtout, les communes ne disposent pas de moyens suffisants pour pérenniser les investissements extérieurs. Ce cadre n’est donc pas favorable au développement économique des villes de Bakel et Kaédi, dont le marché, très concurrentiel, peine à se diversifier. Jeune Bakeloise étudiant sur le toit de sa maison, 2024 par Léo BRENET Dans un tel contexte, la mise en place de nouveaux outils de planification, adaptés à des territoires en constante évolution, semble être une priorité. La pénétration du numérique, dont l’utilisation permet des économies d’échelle - qui se cumulent aux opportunités d’économies d’agglomération que génère la croissance urbaine -, ainsi qu’une grande autonomie et d’importantes capacités de suivi et d’analyse est une opportunité à saisir pour compenser les faibles ressources humaines et financières dont disposent les élus locaux. La croissance démographique entraîne une densification urbaine et une expansion périphérique, avec une dynamique foncière spéculative La croissance démographique des villes de Bakel et de Kaédi, d’environ 4% par an, se traduit par deux phénomènes spatiaux : Une densification des centres urbains, par la démultiplication des constructions à l’intérieur des concessions familiales, conséquence de la croissance naturelle de la population de la ville Un étalement urbain en périphérie, spontané ou planifié, conséquence du départ progressif des nouvelles générations quittant les concessions familiales saturées du centre-ville et de l’arrivée de nouveaux habitants, originaires principalement des zones rurales limitrophes ou des villes alentours. Ces espaces périphériques, peu considérés par les politiques locales d’aménagement, sont également investis par des particuliers profitant d’une coexistence de droits fonciers « coutumiers » et « modernes » pour mettre en place des dynamiques opportunistes et spéculatives sur le foncier. La construction en béton remplace l'architecture traditionnelle en adobe, mais pose des défis Densification du centre de Kaédi, 2022 par Hermann DJANNI - Grdr Traditionnellement construites en « banco » (adobe), l’architecture bâtie de ces villes évolue également. Les constructions en béton remplacent progressivement l’habitat en matériaux locaux pour lequel les méthodes de construction n’ont pas toujours été adaptées aux contraintes qu’imposent une urbanisation non planifiée (exposition accrue aux risques d’inondation notamment, avec l’urbanisation des sites de prélèvement des argiles). En investissant massivement dans la construction en béton, l’influente diaspora constitue également un acteur éminent de la filière dans ces territoires. Elle dicte les modes architecturales, reprises ensuite par les familles résidentes. L’usage de nouveaux matériaux et l’importation de nouvelles pratiques constructives ont permis d’élever la hauteur des bâtiments, et donc de densifier les centres-villes. Plus résistant à l’eau, le béton s’est également rapidement imposé comme principal facteur de résistance face aux inondations, notamment dans les quartiers historiquement construits dans des zones inondables, dont les augmentations en fréquence et en intensité semblent être des conséquences probables du réchauffement climatique au Sahel. Toutefois, si le béton est presque unanimement reconnu localement comme un matériau d’avenir, son utilisation ne se fait pas sans concession sur la qualité de vie dans ces villes sahéliennes. Très mauvais régulateur thermique, les murs en béton régulièrement soumis à de fortes températures restituent la nuit la chaleur accumulée en journée à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment, contribuant au développement d’ilots de chaleur urbain (favorisé par la densification du tissu urbain), et à l’intérieur de l’habitat. La végétation urbaine qui pourrait atténuer les effets d’ilot de chaleur se raréfie également à mesure que les interstices urbains se bâtissent. Le confort thermique de l’habitat y devient progressivement dépendant de l’usage de systèmes de climatisation, très coûteux et énergivores, quand bien même l’accès à l’électricité peine à suivre le seul rythme de la croissance urbaine et des besoins naturels qui en résultent. En somme, alors que la population de ces villes va doubler d’ici vingt ans, comment assurer un accès décent à un habitat digne et de qualité ainsi qu’aux services essentiels pour les résidents d’aujourd’hui et de demain ? Les réseaux d'électricité et d'eau existants peinent à répondre à la demande croissante à Bakel et Kaedi Les réseaux électriques et d’adduction en eau existants ne suffisent plus à répondre à la demande croissante. A Bakel et à Kaédi, la densification de certains quartiers centraux n’a pas été conjointement soutenue par le redimensionnement des réseaux existants. En périphérie, l’expansion urbaine spontanée n’est que rarement suivie d’une extension des réseaux vers ces nouveaux quartiers, limitant ainsi l’accès à ces services essentiels pour les ménages y résidant. C’est ainsi que dans certaines zones périphériques de Bakel et Kaédi, environ 30% des ménages ne sont pas raccordés au réseau électrique urbain et presque 50% sont exclus des réseaux d’adduction en eau. Les Kaédiens célèbrent la victoire du Sénégal à la CAN 2022, par Simon NANCY 2022, En Haut ! Dans les quartiers centraux, la sollicitation accrue des réseaux engendre des problèmes de pression et de coupures de plus en plus fréquents. L’utilisation de sources d’énergie alternatives, comme le solaire, sont embryonnaires et sont essentiellement utilisées comme source d’appoint. Enfin, si les infrastructures scolaires et sanitaires des deux villes ont une aire d’attraction dépassant les limites communales, témoignant du rôle crucial que joue ces villes sur l’équilibre territorial en matière d’accès aux services de base, la demande croissante d’accès à ces services se traduit localement par une saturation des établissements scolaires et des hôpitaux. L’implication des habitants et l’économie informelle façonnent le tissu urbain de Bakel et Kaedi Le déploiement de ces villes repose sur implication forte des résidents et des usagers (allochtones, migrants, usagers des services urbains …) dans la fabrique urbaine. Ainsi, l’espace urbain est utilisé pour répondre à des besoins opportunistes et pragmatiques, et ses usages sont en perpétuelle négociation. Aussi, le système économique et les usages de ces villes est essentiellement informel et échappe ainsi à la planification urbaine. Pourtant, intégrer cette spécificité aux réflexions sur la fabrique urbaine est crucial pour comprendre ces mécanismes dans toute leur complexité. L’informalité des activités et donc des usages de l’espace rend ces territoires imprévisibles, en perpétuelle évolution, et difficilement planifiables en mobilisant les outils classiques, de surcroit lorsque les ressources humaines et financières locales ne permettent pas de les actualiser de manière continue. Activités sportives à Kaédi, 2022, par Léo BRENET - Grdr La révolution numérique du continent, et notamment de l’Internet mobile, représente une opportunité pour développer de nouveaux outils de planification qui pourraient répondre efficacement aux besoins, nombreux, et aux ressources, limitées, de ces pôles urbains intermédiaires. Le numérique offre de nouvelles perspectives de développement en matière de compréhension des dynamiques urbaines, de gestion communale, de développement économique et de réduction des inégalités d’accès aux services administratifs et parfois même aux infrastructures éducatives. Dans des territoires portés par une jeunesse nombreuse – les moins de 25 ans représentent plus de 60% de la population à Bakel et à Kaédi -, les réseaux sociaux, en première ligne, ont permis l’émergence de filières de e-commerce, et représentent des canaux de discussion, de débats et de sources d’information de plus en plus mobilisés. Le numérique offre ainsi de nouvelles perspectives économiques pour des villes où les forces vives, peu qualifiées, sont contraintes de se partager un marché économique peu diversifié, très concurrentiel et peu attractif, reposant principalement sur le commerce, l’artisanat, l’agriculture et les petits métiers de mains d’œuvre. Enfin, les outils numériques s’immiscent progressivement dans la planification territoriale et se positionnent comme des outils efficaces pour venir combler les carences en ressources humaines et financières des collectivités locales La commune de Kaédi a été à ce titre équipée d’un outil numérique d’adressage et de recensement des locaux commerciaux de la ville afin de prélever un impôt local sur les activités économiques qui permettra, à termes, d’améliorer ses recettes fiscales. Les profils territoriaux de Kaedi et Bakel offrent une analyse complète des défis et des opportunités urbaines Les portraits de territoire de Kaédi et de Bakel sont l’aboutissement d’une production de connaissances s’appuyant sur l’analyse des ressources bibliographiques existantes, d’enquêtes quantitatives et qualitatives et de diagnostics participatifs avec les usagers des territoires. Les différents outils mobilisés (cartographie, photographie) assurent au lecteur une vision complète et complémentaire des différents enjeux de ces deux villes intermédiaires. Réseau d’éclairage public à Kaédi, 2022 par Léo BRENET - Grdr Ces ouvrages définissent les défis que soulèvent la croissance démographique et le changement climatique sur l’urbanisation et la planification des villes, tant en termes d’accès aux services essentiels que sur le degré d’urbanité et d’épanouissement des populations, rendent compte des difficultés à surmonter par les acteurs locaux dans la gestion de leur territoire et examinent les opportunités à saisir qui garantiront un développement urbain durable de ces territoires et qui nécessiteront le déploiement de nouveaux modèles de planification ainsi qu’un changement de paradigme sur la fabrique urbaine. En filigrane, ces études questionnent également les enjeux de gestion d’une ressource partagée, le fleuve Sénégal, trait d’union de ces territoires, face à une multiplication de ses usages et une augmentation des besoins (consommation, production électrique, agriculture) et dont la disponibilité sera arbitrée par les effets du réchauffement climatique. Le développement durable et apaisé des pôles urbains de la vallée ainsi que leur sécurité alimentaire dépendent des capacités des acteurs locaux et des Etats riverains à maintenir une politique de gestion concertée et partagée de cette ressource en eau. https://grdr.org/IMG/pdf/brochure_mavil_bakel_web.pdf Previous Next
- African Cities Insights I Leveraging digital technologies for mapping deprived areas in eThekwini, South Africa
< Back Leveraging digital technologies for mapping deprived areas in eThekwini, South Africa Dr. Sophie Naue, Michael Hathorn Informal settlements are home to one-quarter of the world’s urban population and the number is expected to increase in the coming years. Overall, around 1 billion urban drawlers live in settlements that are often characterized by poor housing conditions and unsecure tenure, located at the urban periphery with limited access to basic services such as clean water, electricity, and sanitation. The improvement of living conditions for these inhabitants remains a pressing global challenge. However, this massive urban growth often leads to outdated records and inaccurate data on deprived areas, which hampers public entities in sustainable planning and responses to resident needs. This raises the question: How can digital technologies help to better understand informal settlements and provide cities with spatial data to support evidence-based planning processes? Considering these challenges, UNITAC Hamburg developed BEAM (Building & Establishment Automated Mapper), a machine learning tool for mapping informal structures using aerial imagery that was piloted in collaboration with the Human Settlement Unit from eThekwini Municipality in South Africa. This project article focuses on the challenges of mapping informal settlements, considering the piloting and development of the BEAM tool in the case of eThekwini. Accurate data is crucial for upgrading informal settlements and enhancing resilience eThekwini municipality has the largest number of informal settlements in South Africa with over 587 settlements, accommodating over 314,000 households. This accounts for more than a quarter of the entire city’s population. To address this issue and strengthen community resilience the city has embraced an ambitious informal settlement upgrading programme including basic urban service delivery, housing projects and land management mechanisms. But developing a pipeline of urban upgrading and basic service delivery projects necessitates up-to-date information on the number and location of informal structures as well as environmental constraints that could prevent provision of urban basic services and affordable housing. While eThekwini Municipality is engaged in spatial data collection efforts, data on its deprived areas remains scarce. Aerial view of informal settlements in eThekwini municipality, South Africa Mapping deprived areas presents a significant challenge due to their unplanned and dynamic nature Traditionally, spatial data collection relies on survey-based approaches and census data, which continue to be both costly and time-consuming with long gaps between censuses (typically 5 – 10 years) and additional time before the information is available. Given the rapid development of informal settlements, data collected using such methods may already be obsolete when released to the user (Mahabir et al., 2018, p.4). Considering the above, aerial photography or satellite imagery can provide a detailed view of the physical structure of settlements by facilitating the extraction of building footprints. Although these methods do not capture the intricacies of informal settlements, to say nothing of the characteristics of the people living there, they provide a fast and low-cost picture of the morphology and structure of these areas. In comparison, traditional mapping remains time-consuming and is a complex process, requiring a nuanced understanding of the political, social, and economic dynamics that shape these neighborhoods. In eThekwini, data has been collected by 15 on-the ground land monitors servicing 587 settlements (eThekwini HSU, 2021). This process cannot keep track of the fast changes in the built environment. The workflow has limited the city’s capacity to respond to residents’ needs. Another source of information is remotely-sensed images. These include satellite images, lidar data, and 2,500 km2 of annually captured aerial photography, which are manually analyzed and digitalized by the GIS Cooperation of eThekwini (eThekwini HSU, 2021). The size of the areas that need coverage and the rate of change of informal settlements mean that the established processes struggle to capture and maintain data in a robust and timely fashion. These challenges align with UN-Habitat’s recent global study of smart city governance practices (UN-Habitat, 2022), which revealed that less than half of African cities effectively combine manual data with automated data and data from large-scale databases to inform decision making. Building & Establishment Automated Mapper: Using Machine Learning to map informal settlements In recent years digital technologies like remote sensing, lidar data, and deep learning have become helpful tools to improve mapping processes of informal settlements. However, developing remote sensing technologies is resource intensive and requires specialized training to operate, which can be a major obstacle for municipalities such as eThekwini. To this end UNITAC Hamburg collaborated with the Human Settlement Unit in eThekwini to develop BEAM (Building & Establishment Automated Mapper). BEAM is a mapping tool for city planners that uses ML to radically accelerate the spatial recognition of informal settlements based on aerial imagery. The tool was developed as an easy-to-use application that allows the user to quickly detect and visualize urban footprints in a specific area by simply uploading aerial images of a given location. Users have a choice of using one of two trained models (U-Net or HRNet), which offer tradeoffs in speed and performance. Images showing the labeling and training process 1, UNITAC 2024 The algorithm is trained to identify and to mark all pixels on an aerial image that the model considers as part of a building. These pixels are converted to georeferenced polygons, which represent building footprints. Those layers can be used to calculate the density of informal settlements in a very easy and quick manner or to identify changes over time, including the expansion, densification, and establishment of new settlements. Reasons for low identification accuracies of informal settlements are attributed to their rather different morphological characteristics (e.g., higher roof coverage densities, more organic patterns, and small building sizes) compared to formal built-up areas. Due to the heterogeneous characteristics of informal settlement the team had to face various challenges in training the BEAM algorithm. In particular, the model’s performance suffered when being run on building typologies that were not represented in the training set, and on imagery that was not from the same year. To address these issues, a more diverse training dataset was created, and the training pipeline was adapted to make the models more robust on out-of-sample imagery. Outputs from an early (prototype) model., UNITAC 2024 Maintain records of informal settlements’ location, extent, and changes, using BEAM’s outputs for tracking and urban planning The BEAM tool was co-designed with the Human Settlement Unit, to correspond to their needs and handed over to the city after development. To ensure direct access and advocate local ownership UNITAC also provided a manual, with a step-by-step guidance on how to install and use the tool and conducted serval tech sessions for knowledge and skills transfer, required for the effective use and integration of the tool into the existing workstreams of the municipality of eThekwini. Currently BEAM is being tested by the eThekwini GIS Cop. who has provided feedback and recommendations for improvement. There are several benefits of using algorithms like BEAM for mapping informal settlements including: Accuracy: ML algorithms can accurately map informal settlements using aerial or satellite imagery, providing a precise understanding of their location, size, and extent. Efficiency: Using ML accelerates the mapping process, saving time and resources compared to traditional methods like surveys or manual digitalization, while still delivering reliable data. Scalability: ML algorithms can be trained to analyze large data sets, useful for monitoring changes over time and identifying areas needing infrastructure development or vulnerable to environmental impacts. Challenges associated with mapping informal settlements using ML models include: Data Availability: High-quality data is needed to train ML algorithms effectively. Limited access to aerial or satellite imagery can hinder this process. Complexity: Informal settlements are diverse, with varying building materials, construction methods, and patterns, making it difficult to develop accurate ML algorithms. Ethics: ML use raises ethical concerns about privacy, surveillance, and consent. Maintenance: Continuous updates and training of algorithms are necessary to maintain accuracy and relevance, addressing the critical issues of scale and data access. Despite the challenges above, today BEAM detects urban footprints on aerial photography achieving an accuracy (Dice coefficient/F1 score) of 91% on an out-of-sample test set. It processes one image in 70 to 90 seconds. With this performance the BEAM tool allows the city to have up-to-date records of the location and extent of its informal settlements as well as to keep track of changes in the built-up area or density over time and leverage the tool output for planning. Using BEAM eThekwini can reduce the time it takes to map all informal settlements of the city from an estimated 1,320 working days to 72 hours. The tool does the work that otherwise would have taken months and a whole project team. The tool allows the municipality to automate and accelerate mapping processes and achieve more efficient and evidence-based planning processes by understanding the dynamics of Informal settlements. Model outputs (left) vs ground truths (right), UNITAC 2024 Machine Learning tools enhance urban planning but require ethical use, privacy protection, and community benefits Mapping deprived areas using ML tools has the potential to provide a more accurate and efficient method of identifying urban growth and density. This can help cities and other policymakers to better understand the dynamics of those areas and inform decision-making processes related to urban planning, housing, and infrastructure development. To manage and understand the massive urban growth, related constraints and opportunities in African cities, digital mapping tools, such as BEAM are critical. Accurate and up-to-date data is essential to the improvement of public service delivery and enhanced government workflows. Effective urban mapping workflows are vital to streamlining urban service delivery and enabling data-based policies for urban governance and management. Overall, while ML technologies can provide valuable insights of informal settlements there are several challenges and also risks associated with its use. Addressing these will be crucial to ensure that the use of such tools is not only effective but also ethical. Therefore, efforts to map informal settlements must be sensitive to addressing the needs and rights of residents, while also providing decision-makers with information they need to make informed policy decisions. The success of such endeavors relies on ensuring that communities and civil society do benefit from these tools. To minimize potential risks, it is crucial to establish appropriate data policies that protect privacy and ensure responsible data use. By prioritizing the well-being of residents and implementing the right data policies as well as participatory approaches, we can effectively harness the potential of mapping technologies to create positive change. Previous Next
- African Cities Insights I La Pépinière urbaine d’Antananarivo: concevoir des aménagements de proximité avec les habitant.e.s
< Back La Pépinière urbaine d’Antananarivo: concevoir des aménagements de proximité avec les habitant.e.s Clémentine Laratte Warde; Rina Soafara; Olivier Bedu Antananarivo, capitale et principal pôle économique de Madagascar, connaît une urbanisation rapide et peu maîtrisée. Cette dynamique exerce une forte pression sur les infrastructures et accentue des déséquilibres socio-spatiaux. L’extension informelle et la densification des quartiers périphériques se traduisent par un habitat précaire, la réduction des espaces collectifs et l’aggravation des inégalités. Les rares espaces ouverts jouent un rôle social crucial mais sont fortement disputés entre groupes sociaux et activités, fragilisant leur fonction inclusive, notamment au détriment des populations vulnérables. Parallèlement, la congestion routière chronique et la dégradation des infrastructures piétonnes limitent fortement la mobilité, alors même que plus de 70 % des habitants recourent à la marche pour leurs déplacements quotidiens. Face à ces défis la « Pépinière Urbaine d’Antananarivo » porte une démarche expérimentale d’aménagement participatif sur des espaces publics et des aménagements de mobilité douce. Mise en œuvre par le Gret et Cabanon Vertical en partenariat avec la Commune Urbaine et financée par l’Agence française de développement, elle constitue un projet pilote visant à expérimenter des micro-aménagements conçus avec les habitant.e.s. Le projet adopte une approche fondée sur la co-construction avec les usagers et l’inclusion des groupes sociaux vulnérables, afin de promouvoir la cohésion sociale et des pratiques innovantes de gestion des communs urbains. En associant étroitement les autorités locales, la PUA vise à garantir la durabilité des interventions et à constituer un modèle reproductible pour les interventions urbaines futures. Une ville confrontée à de nombreux défis, mais qui manifeste une volonté de construire la ville différemment Antananarivo une ville dense. Par LARATTE, 2025 L’agglomération d’Antananarivo absorbe la majorité des nouveaux habitants urbains et concentre près de la moitié de la population urbaine de Madagascar. La capitale connaît une croissance démographique rapide, avec un taux annuel de +4,9 %. L’aire urbaine rassemble aujourd’hui plus de 3,5 millions d’habitants, contre 175 000 en 1950. Cette dynamique, liée au rôle économique central de la capitale – où se concentre environ 40 % du PIB national – exerce une pression croissante sur les infrastructures et les réseaux urbains. La congestion routière, déjà importante, s’accentue d’année en année et constitue un enjeu majeur pour le développement futur de la ville. La croissance urbaine d’Antananarivo se traduit par une extension souvent informelle et mal planifiée des quartiers périphériques. La forte pression foncière favorise l’essor d’un habitat précaire, au détriment de l’espace collectif, limitant les lieux de rencontre, de repos et de circulation piétonne. L’absence de régulation foncière et d’aménagement adapté accentue les inégalités spatiales. Les quartiers populaires des 2e, 3e, 5e et 6e arrondissements, où se concentre une grande partie de la population à faibles revenus, incarnent particulièrement cette densification spontanée et la disparition des «espaces de respiration» urbains. À Antananarivo, comme dans de nombreuses villes africaines, coexistent des espaces publics formels (parcs, stades, places de marché) et des espaces vacants, souvent en friche ou utilisés comme dépotoirs, mais parfois spontanément investis par différents groupes pour des usages sportifs, culturels, sociaux ou commerciaux. La complexité foncière de ces terrains limite leur valorisation mais en fait des lieux de rencontre stratégiques, particulièrement dans les quartiers populaires denses. Compte tenu de la configuration des logements, souvent limités à une pièce par ménage, l’essentiel du temps libre se passe dans l’espace public. Leur rareté engendre une forte compétition entre groupes sociaux et activités, créant des inégalités dans l’accès et la jouissance de ces espaces, souvent au détriment des populations vulnérables (femmes, personnes âgées, enfants, minorités culturelles ou ethniques). Ces lieux jouent néanmoins un rôle majeur dans la cohésion sociale, favorisent les dynamiques collectives et apparaissent comme des leviers d’intégration sociale. Les effets de l’urbanisation non maîtrisée se répercutent directement sur les conditions de circulation, marquées par des embouteillages chroniques et une insuffisance des transports en commun. La mobilité quotidienne est difficile et dangereuse, en particulier pour les usagers non motorisés. Alors que plus de 70 % des Tananariviens ont recours à la marche dans leurs déplacements quotidiens, les infrastructures piétonnes sont souvent dégradées ou occupées par des marchands et des véhicules en stationnement. La Commune Urbaine d’Antananarivo (CUA), compétente en matière de planification urbaine, souhaite expérimenter des approches différentes pour la mise en œuvre des projets urbains et l’aménagement d’espaces publics. Consciente des limites des approches classiques de sensibilisation, elle souhaite faire évoluer ses pratiques en associant d’avantage les habitants de la conception à la gestion. Mettre en valeur la maîtrise d’usage et l’inclusion des divers usagers, et encourager la co-gestion entre les usagers et les autorités locales La démarche des pépinières urbaines place les habitants au centre des réflexions et des actions en mobilisant des méthodes sensibles aux usages et aux expériences des habitants, la « maitrise d’usage ». Cette approche pragmatique et ascendante permet d’innover vis-à-vis d’interventions classiques où les solutions émergent d’analyses réalisées par des techniciens. Elle permet plus largement de mobiliser les populations et les encourager à davantage s’investir dans le bon usage et l’entretien des aménagements. A Antananarivo, une stratégie genre a été formulée et une attention particulière a été apportée à l’inclusion des différentes catégories d’usagers. Lors du diagnostic, des consultations ont été organisées pour faire émerger les besoins spécifiques des femmes et des jeunes et les traduire dans les propositions d’aménagements. Un fond d’appui a été mis en place pour appuyer l’organisation d’activités favorisant la mixité des usages et des publics, notamment portées par des associations de jeunesse, sportives et des collectifs féminins. Des formations en entreprenariat et des ateliers sur le leadership féminin et l’égalité des genres ont été organisés pour explorer la confiance en soi et déconstruire les stéréotypes. Parallèlement aux chantiers de travaux, des comités de gestion sont constitués sur chaque site en impliquant des acteurs représentatifs des usagers et les autorités publiques. Les rôles et responsabilités de chaque partie prenante dans l’entretien et la maintenance des sites sont définis dans des conventions de cogestion. Ses membres font formés et accompagnés en vue d’assurer leurs responsabilités dans la durée et de mobiliser des financements dédiés à la gestion du site. Les agents municipaux sont associés à toutes les activités en vue de favoriser l’appropriation de cette démarche par la CUA et sa dissémination dans d’autres interventions urbaines. Des infrastructures améliorées et renforcées, des sites plus attrayants pour les femmes, les enfants et les personnes âgées, ainsi que des usagers plus responsables Dans les deux premiers sites aménagés (Andraisoro et Mandroseza), les espaces publics étaient traditionnellement fréquentés par une population majoritairement masculine, autour des terrains de basket et de pétanque. Cette situation limitait l’accès des femmes, des enfants et d’autres groupes, qui percevaient ces lieux comme peu accueillants ou peu adaptés à leurs besoins. L’intervention de la Pépinière Urbaine a visé à transformer ces sites en véritables espaces communs, favorisant la mixité sociale et générationnelle par des aménagements inclusifs, la diversification des usages et une gouvernance partagée. Les aménagements réalisés sur les deux sites ont transformé ces lieux en espaces plus sûrs, accessibles et confortables pour une diversité de publics. Avant (2022) et après (2025) les transformations d’Andraisoro. Par BEDU Les besoins des femmes, des enfants et d’autres groupes ont été intégrés à travers l’ajout d’infrastructures adaptées : gradins ombragés, pare-ballons, aires de jeux sécurisés pour enfants, fresques décoratives. Ces évolutions ont ouvert la voie à de nouveaux usages spontanés – repos, prises de selfies, tournages de clips, jeux de société, lecture, danse – et renforcé le caractère inclusif des sites Cette transformation a été amplifiée par l’accompagnement d’une vingtaine d’associations locales dans le cadre du fonds d’appui, permettant d’organiser à Andraisoro une dizaine d’animations ponctuelles et des activités récurrentes telles que des tournois d’échecs, cours de zumba, foires de crochet, formations à la pâtisserie et au charbon écologique. Cette offre élargie attire des publics plus variés : la fréquentation féminine a progressé de 20 % avant-projet à 35–45 % selon les jours et activités. Les enfants représentent jusqu’à 50 % des usagers lors des animations, et les seniors occupent désormais les zones de repos ombragées. Les femmes s’investissement davantage dans l’organisation d’activités et portent des initiatives. Cette dynamique favorise de nouvelles interactions sociales: solidarités entre parents, échanges intergénérationnels, événements collectifs. Le partage des espaces se fait par la négociation et l’entente, réduisant tensions et conflits d’usages notamment entre sportifs et marchandes. Avant (2022) et après (2025) les transformations de Mandroseza. Par BEDU La gouvernance participative des sites a également permis d’instaurer des formes de co-responsabilité entre usagers, associations et municipalité. À Andraisoro, le comité de gestion compte une participation féminine encore minoritaire mais réelle (2 femmes sur 6) et la mixité est inscrite dans le règlement intérieur. Ses membres assurent l’entretien et la régulation des usages, et les initiatives locales de nettoyage et de sensibilisation se sont multipliées. 100% des usagers interrogés déclarent vouloir prendre soin des équipements. Ces dynamiques traduisent un changement progressif dans la perception et l’appropriation des espaces publics. La CUA note un intérêt croissant des jeunes pour être impliqués dans la gestion des espaces publics, ouvrant la voie à la dissémination de la démarche dans d’autres quartiers. Les deux sites confirment le rôle central des espaces publics dans la cohésion sociale. La comparaison entre Andraisoro -où les activités du fonds d’appui ont été déployées- et Mandroseza – où ces activités sont en cours de préparation - souligne l’importance d’articuler aménagements, animation et gouvernance inclusive pour transformer durablement l’espace public en commun urbain. Diversité des usages et des utilisateurs sur le site Mandroseza. Par BEDU 2025 La Pépinière urbaine démontre que les approches participatives et expérimentales peuvent transformer durablement la fabrique des villes africaines L’expérience de la PUA illustre le potentiel des approches participatives et expérimentales dans le contexte africain marqué par une urbanisation rapide et souvent non maîtrisée. En redonnant une place centrale aux habitant.e.s, ce projet contribue à la réhabilitation des espaces publics comme leviers de cohésion sociale, d’inclusion et d’innovation urbaine. L’émergence de formes de co-gestion entre habitant.e.s, associations et municipalité souligne également un changement dans la perception et l’appropriation des communs urbains. Les dynamiques initiées restent toutefois fragiles et méritent d’être accompagnées pour s’ancrer durablement dans les perceptions et pratiques. Des défis demeurent, notamment en matière de sécurisation foncière dans un cadre juridique complexe. En effet, la PUA avait initialement prévu de travailler sur des terrains domaniaux mais les efforts de médiation engagés avec les propriétaires fonciers pour l’établissement des conventions d’occupation n’ont pas abouti et les sites ont dû être abandonnés au profit de sites appartenant à la CUA. Ces obstacles révèlent l’importance d’un dialogue renforcé entre acteurs publics et privés pour inscrire ce type d’initiative dans les pratiques locales. L’enjeu est désormais de consolider ces acquis et de faire de la Pépinière urbaine un modèle reproductible, non seulement pour Antananarivo mais aussi pour d’autres villes malgaches et africaines. Une question clé reste ouverte : comment institutionnaliser et financer ces démarches tout en préservant leur caractère inclusif et expérimental ? La version complète du magazine est accessible ici Télécharger l’article complet clementine-magazine-african_cities_magazine_6_francais-20260118 .pdf Download PDF • 5.15MB Previous Next
- Africityshoot: Addis Ababa-Ethiopia
Addis Ababa, the capital city of Ethiopia and the diplomatic centre of Africa, embodies a 130 years of development history that contributes to its current socio-spatial features. African Union Headquarters, Addis Ababa grew from a settlement of an estimated 15,000 people in 1888 to more than 3.6 million in 2020. According to the Central Statistical Agency, the population is estimated to surpass 5 million in 2036. Public transportation is through public buses or blue and white share taxis, locally known as "blue donkeys". The taxis are usually minibuses that can sit at least twelve people. This photo series presents some shots of the city center of this magnificent capital of East Africa with images of the city center in full transformation, modern architecture, public and green spaces in an urban atmosphere mixing street shops, shoe shiners stroller shoes, etc. Addis Ababa-Ethiopia Addis Ababa, the capital city of Ethiopia and the diplomatic centre of Africa, embodies a 130 years of development history that contributes to its current socio-spatial features. African Union Headquarters, Addis Ababa grew from a settlement of an estimated 15,000 people in 1888 to more than 3.6 million in 2020. According to the Central Statistical Agency, the population is estimated to surpass 5 million in 2036. Public transportation is through public buses or blue and white share taxis, locally known as "blue donkeys". The taxis are usually minibuses that can sit at least twelve people. This photo series presents some shots of the city center of this magnificent capital of East Africa with images of the city center in full transformation, modern architecture, public and green spaces in an urban atmosphere mixing street shops, shoe shiners stroller shoes, etc.
- African Cities Insights I Charging Ahead: Africa's Bright Future in Electric Mobility
< Back Charging Ahead: Africa's Bright Future in Electric Mobility This interview explores the impact of electric mobility in Africa. As the vehicle fleet expands, Ariadne Baskin from TUMI highlights challenges such as charging infrastructure, electricity accessibility, and vehicle costs. Yet, Africa presents significant opportunities for the growth of electric mobility, boosting employment and local production. The transport sector in Africa accounts for approximately 10% of Africa’s greenhouse gas emissions Africa's vehicle fleet is expanding rapidly from about 25 million to 56 million by 2040 and this is largely because of growing urbanization as well as larger household incomes. This puts a strain on both the environment and public health. To tackle these challenges, the adoption of electric mobility has emerged as a potential solution. Electric vehicles (EVs) produce zero emissions enhancing air quality and reducing greenhouse gas emissions (GHG). Moreover, they offer greater efficiency and potential fuel cost savings compared to gasoline-powered vehicles. However, the widespread adoption of EVs in Africa faces several challenges. As Ariadne Baskin, a mobility expert at the Transformative Urban Mobility Initiative (TUMI), elaborates. "The lack of charging infrastructure, the need to scale electricity coverage, affordability and the lack of regulatory measures and favorable incentives are major challenges facing E-Mobility in Africa,” she says. Africa could become a dumping ground for used and damaged internal combustion engines from around the world “It's very pivotal that we start now so that we are able to leapfrog and join the global trend moving towards EVs and not become the world's dumping ground.” The lack of access to electricity is a major obstacle, with only 43% of Africans currently having access to reliable power, according to the World Bank. This limitation makes it challenging to charge EVs in many parts of the continent. Additionally, the high cost of EVs, averaging around $20,000, places them beyond the financial reach of many individuals. Furthermore, the scarcity of charging infrastructure in various African cities impedes EV ownership and operation. “In lots of Sub-Saharan African countries, access to electricity is a major obstacle. Huge populations do not have access to electricity, to carry out daily tasks and so forth so that is an obvious barrier to implementing large-scale charging infrastructure.” Ariadne adds. African cities present significant opportunities for the growth of electric mobility Nonetheless, governments and organizations such as TUMI have recognized this issue and are actively working on expanding the charging network to facilitate the growth of electric mobility. “In Kenya, 90% of its electricity is from renewable sources, such as geothermal or hydropower, and has huge surplus grid capacity,” says Ariadne. "Data plays a role in understanding the status quo and projecting what needs to be done to deploy the most sustainable solution. TUMI has collected large-scale data on usage and charging capacity needs," she adds. Despite these challenges, Africa presents significant opportunities for the growth of electric mobility. The African Development Bank estimates that the electric vehicle market in Africa could reach a value of $100 billion by 2030, creating substantial job opportunities within the manufacturing and service sectors. Moreover, several African startups are actively developing and manufacturing electric vehicles, playing a vital role in making EVs more affordable and accessible to the African population. “Local production and supply chains are key to accelerating the market of electric vehicles on the continent. We already see a large number of private sector players in Africa especially in East Africa looking at Kenya, Roam, and BasiGo. In Uganda you have Kiira Motors producing buses and they're really looking at designing tailored electric vehicles for local needs and conditions,” adds Ariadne. Charging an electric motorbike in Kigali, Rwanda, by IMF Photo/Kim Haughton, January 2023 Electric buses present an opportunity to scale up bus rapid transit systems in African cities TUMI is working with cities in Africa to support this initiative as told by Ariadne, “We're working to deploy with the EU, electric buses on Kenya’s upcoming BRT system. We are working very closely with Roam and BasiGo as well as supporting the city to develop roadmaps on implementation. In Kampala and Durban, we’ve worked with the Kampala City Authority to understand the procurement and operating requirements for E-Buses.” By fostering local manufacturing, Africa can not only meet its mobility needs but also stimulate economic growth and create employment opportunities. She also suggests a focused transition to electric vehicles: "I think Africa should focus on transitioning straight to electric vehicles and putting out the charging infrastructure networks that are conducive to that." By strategically developing charging infrastructure alongside EV adoption, Africa can avoid the intermediate step of hybrid vehicles and leapfrog directly to electric mobility. "In the meantime, there are more hybrid vehicles and electric vehicles in the used vehicle global marketplace. Governments could create subsidized or tax incentives to bring in those vehicles such as in Egypt and Rwanda" Ariadne adds, highlighting the need for regulatory and fiscal measures to accelerate the adoption of electric mobility. Electric two-wheelers, represent a significant opportunity for electrifying the continent According to Ariadne, "Electric two-wheelers are known to be the low-hanging fruit to electric mobility. The easiest way to electrify the continent, and the market has great potential in Africa maybe mimic the upward trend in Asia ." She notes that there are already over 6,000 electric two-wheelers on Africa's roads, and their small batteries allow for off-grid and battery-swapping systems. "The battery swap model is being thought of in many countries, and basically what that is is when, say, an electric two-wheeler depletes its battery, one can replace it with a fully charged battery at a swap station," Ariadne explains, shedding light on an innovative approach to address charging challenges. She also adds that the batteries can be charged by off-grids like solar panels in addition to battery swapping which also creates green jobs. Ariadne further highlights the economic benefits of electric two-wheelers: "Even with the higher upfront cost of an electric two-wheeler, the overall cost is cheaper because of the low cost of fuel and maintenance. So the total cost of ownership is very favorable." Several African countries have already put in place regulatory measures for electric vehicle adoption, such as reduced electricity costs and tax exemptions like Rwanda, Kenya, and Togo. Rwanda, for example, has set an ambitious goal of having 100,000 electric vehicles on the road by 2024. Such policies are instrumental in creating a favorable environment for the widespread adoption of EVs in Africa. "With the right policies and investments, Africa could become a major player in the global electric vehicle market," Ariadne concludes, highlighting the transformative potential of electric mobility in Africa. Her insights and expertise emphasize the importance of seizing the opportunities at hand to build a greener, more sustainable, and prosperous future for the continent. SAFI E Motorcycle Company, Inside the SAFI E-motorbike company which manufactures electric motorbikes and runs an e- rideshare and delivery company in Kigali, Rwanda, by IMF Photo/Kim Haughton, January 2023 Previous Next
- African Cities Insights I Projet de Développement Urbain Intégré et de Résilience du Grand Antananarivo : Des impacts durables sur la capitale de Madagascar
< Back Projet de Développement Urbain Intégré et de Résilience du Grand Antananarivo : Des impacts durables sur la capitale de Madagascar Antananarivo, la capitale de Madagascar, avec ses 1,5 million d'habitants intra-muros et près de 2,5 millions en périphérie, est un paradoxe géographique. Le Projet de Développement Urbain Intégré et de Résilience du Grand Antananarivo (PRODUIR), financé par la Banque Mondiale, vise à améliorer les conditions de vie dans les quartiers défavorisés. La réhabilitation du Canal C3, crucial pour la protection contre les inondations, est en cours, avec des travaux d'aménagement et d'assainissement. La réhabilitation des digues de l'Ikopa et de la Sisaony est proche de l'achèvement. Le projet englobe également des interventions à l'échelle des quartiers, des travaux urbains, et un appui institutionnel pour renforcer la gouvernance urbaine. Ces actions intégrées visent des impacts durables sur la vie des habitants d'Antananarivo. Antananarivo, la capitale de Madagascar, une ville historique et pleine de paradoxes. Située à une altitude moyenne de 1 280 m dans la région des hauts plateaux, l’agglomération est aujourd’hui la plus grande ville de Madagascar, dont le développement s’étend au-delà de sa limite administrative. Avec ses quelque 1,5 million d’habitants, Antananarivo intra-muros concentre plus d’un tiers de la population urbaine du pays, accusant ainsi une forte domination dans le réseau urbain. Avec sa périphérie, la capitale malgache compte près de 2,5 millions de personnes qui y vivent ou qui y travaillent au quotidien. Elle produit à elle seule près de la moitié du PIB du pays. La singularité d’Antananarivo vient aussi de sa géographie particulière. La ville est dominée par une colline de direction méridienne où se trouve le palais du Rova, ancienne résidence royale, qui domine à l’ouest la plaine du Betsimitatatra avec un escarpement abrupt de plus de deux cents mètres. Antananarivo entre la colline et la plaine A ces quartiers collinaires ou centraux, s’opposent ceux de la plaine, situés à l’ouest, dont la vaste zone aménagée dans les années soixante sur d’anciennes rizières abritant des bâtiments administratifs et la grande cité planifiée des 67 hectares. Cependant, avec la pression démographique conjuguée au poids important de l’exode rural les anciennes plaines rizicoles marquées de quelques noyaux d’habitations, sont rapidement devenues des quartiers très denses développés anarchiquement, et caractérisés par différentes formes de précarités (Anatihazo, Andavamamba, Ankasina…). C’est dans ces quartiers inondables et majoritairement précaires qu’œuvre le Projet de Développement Urbain Intégré et de Résilience du Grand Antananarivo (PRODUIR). Sur sollicitation du Gouvernement Malagasy, la Banque Mondiale s’est engagée à appuyer le développement urbain intégré du Grand Antananarivo sur le long terme, dans le cadre d’une série de projets. PRODUIR étant le premier projet de la série, a bénéficié d’un financement IDA de 125 millions de dollars, dont l’exécution s’étalera jusqu’en 2025. Mis en œuvre sous tutelle du Ministère de l’Aménagement du Territoire et des Services Fonciers (MATSF), le projet vise de manière générale à améliorer les conditions de vie en milieu urbain et la résilience aux inondations des populations dans certains quartiers défavorisés du Grand Antananarivo. Le projet vise de manière générale à améliorer les conditions de vie en milieu urbain et la résilience aux inondations des populations dans certains quartiers défavorisés du Grand Antananarivo. Protéger Antananarivo et ses environs contre l’inondation Le Canal C3, comme principale axe d’intervention La réhabilitation du Canal C3 est une priorité pour la protection de la plaine d’Antananarivo contre les inondations pluviales. Celui-ci fait partie des trois principaux canaux de drainage des eaux pluviales de la plaine urbanisée d’Antananarivo. 48% des fonds sont destinés à la remise en état de fonctionnement des infrastructures hydrauliques, dont le canal C3 qui s’étale sur 12 km. Près de 115 000 m3 de boue de curage sont prévues être enlevées durant les travaux qui consistent également à la remise en état de cet ouvrage de drainage dans son état initial théorique à travers des curages et des renforcements de berges. L’aménagement d’un site de confinement des boues de curage ainsi que l’aménagement d’un site de réinstallation des populations affectées par le projet viendront aussi accompagner cet axe majeur du projet. L’assainissement et le curage du canal C3 sur une longueur de 12 km seront effectués à partir de février 2024 pour permettre aux eaux de pluies de s’écouler plus facilement et rapidement. En outre, le projet améliorera les quartiers traversés par le canal C3 avec la création de routes, de cheminements piétons le long du canal et de passerelles, l’installation d’équipements sanitaires, de lavoirs et de bornes fontaines ainsi que les emplacements pour bac de collecte des ordures ménagères. Ces travaux d’intérêts généraux réduiront sensiblement les inondations qui s’aggravent tous les ans dans les zones basses et auront des retombées multiples sur la santé, la mobilité et les activités économiques de la population concernée. La réhabilitation des digues, un avancement à grand pas Aujourd’hui, l’un des grands chantiers de PRODUIR est en passe d’être terminé : la réhabilitation de la digue de l’Ikopa et de la Sisaony, parmi les ouvrages majeurs de la protection de la plaine d’Antananarivo face aux inondations. En plus de ces actions, des travaux de confortement et de réhabilitation de quelques tronçons de digues d’une longueur totale de 1,3 km seront réalisées. Il s’agit notamment des digues endommagées durant les épisodes climatiques successifs de 2022, présentant un risque élevé pour l’ensemble de l’agglomération d’Antananarivo. L’ensemble de ces travaux, permettront de réduire considérablement les expositions des quartiers vulnérables et de la population urbaine, aux risques d’inondation récurrentes que subit la capitale de Madagascar. Les travaux de confortement de digues pour protéger la ville contre l’inondation 2023 Des interventions à l’échelle de quartier, pour transformer la vie de la communauté Le projet se focalise également à la structuration de divers quartiers de la capitale et de ses environs à travers des travaux urbains relatifs à l’amélioration de la mobilité et de l’accessibilité, de l’accès aux services d’assainissement de base, et de renforcement de la résilience (ruelles, bibliothèques, marchés, passerelles…). Ce, dans le but d’améliorer les conditions de vie des habitants de la Ville des Mille (l’un des surnoms de la capitale), et d’insuffler une transformation et une restructuration du paysage urbain. Près de 500 infrastructures devraient être construites d’ici la fin du projet qui bénéficieront à un peu plus de 650 000 personnes. D’autres travaux de restructuration et de rénovation urbaine seront aussi identifiés et réalisés dans les prochaines phases du projet. Toutes ces infrastructures ont des finalités communes : contribuer au bien-être de la communauté, au désenclavement des quartiers et à l’amélioration des quartiers bien souvent précaires avec une très forte densité de population. Appuyer les institutions pour une gouvernance urbaine résiliente Dans une de ses sous-composantes, le PRODUIR appui le MATSF et les Communes concernées pour la réalisation d’une étude urbaine et sociale visant à doter la zone d’intervention d’un plan d’urbanisme de détail, qui sera l’outil de référence pour la définition des investissements dans la rénovation urbaine. Sur le plan institutionnel, plusieurs activités de renforcement de capacité sont également lancées pour améliorer la gouvernance urbaine, la gestion municipale et l’internalisation des recommandations des outils de planification, mais aussi pour améliorer les capacités des acteurs à répondre rapidement et efficacement à une situation d’urgence/crise notamment les cas de catastrophes. A travers ces interventions multiples et intégrées, le projet veut induire des impacts durables sur la capitale de Madagascar et ses habitants. Previous Next
- News: Magazine des Villes Africaines éditions 4
La quatrième édition du African Cities Magazine est désormais en ligne en français et en anglais. Plongez dans l’univers de la mobilité urbaine, découvrez des idées inspirantes et terminez votre voyage avec une touche de couleurs. < Back Magazine des Villes Africaines éditions 4 La quatrième édition du African Cities Magazine est désormais en ligne en français et en anglais. Plongez dans l’univers de la mobilité urbaine, découvrez des idées inspirantes et terminez votre voyage avec une touche de couleurs. C'est avec un immense honneur que nous vous accueillons dans cette quatrième édition du African Cities Magazine, une initiative qui perdure depuis quatre ans dans le but de mettre en lumière les dynamiques plurielles des villes africaines, en mettant en avant les innovations et les meilleures pratiques en matière de production urbaine. Pour cette édition, nous avons consacré notre dossier spécial à la thématique cruciale de la mobilité urbaine en Afrique . Dans un continent en constante transformation, les villes et territoires font face au défi majeur du transport et de la mobilité de leurs citoyens. C'est à la fois un enjeu et un moyen de bâtir des cités plus résilientes et durables. À travers ce dossier spécial, nous avons souhaité mettre en perspective les réflexions et les actions entreprises par divers acteurs engagés en faveur d'une mobilité durable au sein des villes africaines. Vous découvrirez les initiatives et les réflexions sur des sujets tels que la mobilité électrique, la numérisation, le cyclisme, la planification des transports en commun, l'inclusion sociale et l'innovation. Dans la série d'interviews que nous avons réalisé, Ariadne Baskin , de l'initiative TUMI, met en lumière la nécessité d'une mobilité électrique accessible en relevant les défis liés à l'expansion des flottes de véhicules et du réseau de recharge. Antoine Chèvre , de l' Agence Française de Développement , explore le potentiel révolutionnaire du numérique et des données dans le domaine des transports en Afrique. Ensuite, nous partons à Nairobi, au Kenya, à la rencontre de Cyprine Odada , fervente défenseure de la mobilité durable, qui préconise le vélo comme une solution écologique pour des villes vivables face à une urbanisation rapide. Charlène Kouassi , directrice de Movin’On LAB Africa , nous conduit à Abidjan, où elle évoque la question cruciale de l'inclusion dans la mobilité urbaine. Enfin, Judith ADEM, de l' ONU-Habitat , nous montre comment s'appuyer sur les innovateurs locaux pour créer un avenir urbain durable, accessible et respectueux de l'environnement en Afrique. Ce dossier spécial est suivi de la rubrique Urban Planning Innovation , qui nous emmène à Madagascar à la découverte des impacts du Projet de Développement Urbain Intégré et de Résilience du Grand Antananarivo . Ensuite, nous explorerons la plateforme African Cities Lab , qui révolutionne le partage de connaissances en études urbaines en Afrique. Nous sommes également honorés de vous présenter le portrait de Mariam Issoufou Kamara , une icône de l'architecture sur le continent. Dans cette interview, elle partage son parcours inspirant, passant du génie logiciel à l'architecture, mettant en avant l'attrait de la créativité et la nature multidimensionnelle de ce domaine. La rubrique Patrimoine Urbain et Architectural en Afrique nous emmène au Maroc pour découvrir les territoires post-miniers, ainsi qu'au Burkina Faso pour explorer l'authenticité de l'architecture africaine. Comme à l'accoutumée, nous terminons avec la rubrique Villes Pixels et Couleurs , mettant en lumière de magnifiques œuvres murales à travers le continent. Nous espérons que vous apprécierez ce nouveau numéro, conçu avec dévouement par l'équipe d'Africa Innovation Network. Rendez-vous est d'ores et déjà pris pour le cinquième numéro, qui explorera l'impact des technologies et du numérique dans la fabrique urbaine en Afrique. Previous Next
- African Cities Insights I L’utilisation de l’outil numérique, pour des projets de développement plus justes en Afrique
< Back L’utilisation de l’outil numérique, pour des projets de développement plus justes en Afrique Peter Hochet, Joyce Mavoungou Le développement dynamique des villes africaines implique bien souvent l’expropriation de populations vivant ou travaillant dans les emprises des projets . Il existe, depuis les années 1990 plusieurs dispositifs normatifs permettant d’assurer le droit de ces populations à des dédommagements pour leur déplacement de leurs lieux de vie et d’activités. Le recourt à ces normes implique la production et la gestion de nombreuses de données dont dépend la justesse des dédommagements. Les données à produire concernent les profils socio-économiques des personnes déplacées, leurs biens ainsi que les droits de propriété qui y sont associés. Or, en milieu urbain les niveaux de complexité de ces données rendent la détermination des dédommagements d’autant plus sensible. Parallèlement, si l’utilisation des questionnaires et de bases de données électroniques a débuté dans les pays du Nord dans les années 1980 , elle se développe largement en Afrique depuis les années 2000-2010. Nous avons vu le développement de logiciels d’élaboration et d’administration de questionnaires sur mobile, des plateformes en ligne d’agrégation des données, ainsi que des logiciels de traitement, d’analyse et de visualisation des données. Dans cet article, nous montrerons en quoi ces outils digitaux mobiles et en ligne nous aident à produire des données et à déterminer des dédommagements plus justes, en nous basant sur l’expérience d’Insuco dans deux projets de route urbaine en Afrique centrale. Les outils numériques améliorent la précision et l'équité des indemnisations dans les projets de réinstallation urbaine en Afrique en garantissant une gestion et une analyse fiables des données. Les villes africaines sont le terrain de multiples projets de développement et d’aménagement qui impliquent l’expropriation pour cause d’utilité publique des populations riveraines. Celles-ci sont réinstallées hors des lieux où elles vivent et/ou travaillent, de manière permanente ou pour la durée des travaux. D’après la Société Financière Internationale (SFI), « la réinstallation involontaire désigne à la fois un déplacement physique (déménagement ou perte d’un abri) et le déplacement économique (perte d’actifs ou d’accès à des actifs donnant lieu à une perte de source de revenus ou de moyens d’existence) par suite d’une acquisition de terres et/ou d’une restriction d’utilisation de terres liées au projet ». Elle est involontaire car les Personnes Affectées par le Projet (PAP) ne peuvent pas refuser l’acquisition des terres sur lesquelles elles sont installées, légalement ou illégalement. Il est donc primordial de mettre en œuvre des mesures opérationnelles permettant d’éviter, de minimiser et de dédommager les impacts négatifs de la réinstallation involontaire. De manière générale, les politiques foncières et les procédures de l’expropriation pour cause d’utilité publique des États africains présentent des difficultés de définition et d’application. Ainsi, pour pallier celles-ci, depuis les années 1990-2000 les bailleurs internationaux ont élaboré des normes, pour encadrer la réinstallation involontaire impliquée par les projets qu’ils financent. Il s’agit des normes du groupe Banque Mondiale, et des banques régionales de développement comme la Banque Africaine de développement (BAD) , la Banque de développement des États d’Afrique de l’Ouest (BDAO ) et la Banque de développement des États d’Afrique Centrale (BDEAC). La réinstallation involontaire est un processus complexe et sensible. Il nécessite une planification rigoureuse à partir de données de première main et d’un dialogue suivi avec les personnes affectées par le projet (PAP). On réalise ainsi des Études d’Impact Environnemental et Social (EIES) pour repérer l’ampleur et les impacts de la réinstallation. Puis, on élabore un Plan d’Action de Réinstallation (PAR) pour recenser les PAP, inventorier leurs biens, décrire leur situation socio-économique, et établir les dédommagements selon les normes internationales et la réglementation nationale. Il y a ainsi un lien direct entre la fiabilité des données produites, la pertinence des analyses et la justesse du calcul des dédommagements . Aujourd’hui, les outils digitaux sont utilisés afin de simplifier la production, l’archivage et la gestion des données. On parle de Computer Assisted Personal Interview (CAPI) ou de Electronic Data Collection (EDC). Il s’agit d’applications sur tablettes et téléphones mobiles permettant d’appliquer des questionnaires et d’alimenter automatiquement des bases de données en ligne, permettant de gérer et traiter en temps réel les informations. En plus de la simplification de la production des informations, l’usage des outils digitaux permet de produire des données sûres et contrôlées, ainsi qu’une meilleure analyse de celles-ci, car l’archivage informatique assure une sécurisation des données collectées, moins facilement altérables que les bases de données papier. Il en découle un dédommagement plus précis et donc juste des populations réinstallées. Les outils numériques simplifient les projets complexes de réinstallation en Afrique, améliorant la précision des données, l'équité des indemnisations et l'efficacité de la prise de décision. Insuco élabore des PAR et des EIES en Afrique depuis près de 15 ans. Entre 2021 et 2023, nous avons réalisé deux PAR à Libreville (Gabon) pour deux projets de routes urbaines qui occasionnent des déplacements temporaires et définitifs pour plus d’un millier de ménages. Pour cela, nous avons eu recours aux outils digitaux. Les informations ont été enregistrées sur place et approuvées par les PAP. Toutes les données ont été gérées conformément à la Politique de Protection des Données Personnelles d'Insuco. Pour ces deux projets nous avons recensé les PAP, inventorié leurs biens et établit leur profil socio-économique pour définir et calibrer les dédommagements et les mesures complémentaires d’accompagnement. Ce type d’enquête est toujours long et complexe, en particulier en ville, où sont combinées une diversité de types de biens et une densité importante de la population. Cela implique trois niveaux de complexité : les façons d’habiter sont plurielles, la composition des ménages est hétérogène, les droits de propriété qui s’exercent sont multiples et superposés. Nous rencontrons ainsi très souvent sur une même parcelle d’habitation des familles élargies, plusieurs constructions, un propriétaire foncier différent du propriétaire de la maison, des locataires et des sous-locataires. Dans ce type de cas complexes, les avantages de l’outil digital sont multiples. D’abord, à l’étape d’élaboration des questionnaires, il permet une meilleure gestion de la logique des questions et des contraintes des réponses fermées, ainsi que le calcul automatique des formules, et le contrôle de liaison entre les questions est facilité. Ensuite, sur le terrain, il n’y a plus de risque de pertes des questionnaires ou qu’ils ne soient pas reproduits en quantité suffisante. Également, la correction des réponses est aisée, et se fait directement sur le terrain avec l’interlocuteur. La liaison entre les personnes enquêtées et leurs biens est automatisée au moyen d’un code unique généré par l’application. Ainsi, les différents statuts fonciers sont facilement liés à une même parcelle. Enfin, à l’étape de traitement, il n’y a plus de transcription manuelle des questionnaires dans les bases de données (informations collectées sur les profils des PAP et leurs biens), ce qui limite les erreurs, tandis que les logiciels de traitement permettent de nettoyer et de calculer rapidement un grand nombre de données. Par ailleurs, les risques de pertes de données sont minimisés lors de l’archivage. Les bases de données ainsi créées rendent le nettoyage, le traitement et l’analyse des données, plus facile. En termes de résultats, le recours aux outils digitaux permet tout d’abord, de calculer au plus juste les dédommagements à délivrer aux PAP. Il permet ensuite de générer rapidement et en grande quantité toute la documentation contractuelle telles que les fiches d’inventaire et les contrats d’indemnisation est automatisée. Les corrections éventuelles peuvent se faire sur place, avec les personnes affectées par le projet (PAP). Enfin, les enquêtes digitales facilitent la décision et le suivi grâce à l’utilisation de plusieurs logiciels spécialisés permettant la mise en place d’un Système d’Information Géographique (SIG), l’établissement d’analyses complexes, et l’élaboration des modes de visualisation innovants. Les outils de sondage numérique assurent une indemnisation plus équitable pour les personnes réinstallées et renforcent la capacité institutionnelle dans les processus de réinstallation urbaine. La solution numérique d’administration des enquêtes dans le cadre des processus de réinstallation physique et économique en milieu urbain a un impact positif sur le plan social. En simplifiant la gestion des données socio-économiques et des biens des PAP ainsi qu’en les sécurisant, les dédommagements à mettre en œuvre sont calculés de manière fiable sur la base de données collectées et validées publiquement. Les PAP sont assurées de recevoir des compensations à hauteur de la valeur des biens impactés, les risques de fraudes ou de sous-paiement sont limités. En effet, quand les bases de données ne sont pas informatisées, il est plus facile de modifier les montants évalués d’un bien ou de se tromper dans l’affectation d’une évaluation et d’un niveau d’indemnisation pour un bien. Parcelle du projet et identification des parcelles impactées 2022 Insuco Du point de vue institutionnel, la mise en œuvre des Plan d’action de réinstallation et les enquêtes d’inventaires intègrent généralement des volets de renforcement des capacités. Ainsi, le personnel des ministères et des agences publiques peut être formé à l’utilisation des outils digitaux d’enquêtes, à la gestion de base de données, et au traitement des données. D’autre part, la multiplication des applications et des solutions en ligne, permet le développement de la maîtrise des outils technologiques chez les enquêteurs créant ainsi un pool de personnes de plus en plus expérimentées dans le domaine. Les outils numériques dans les projets urbains garantissent une indemnisation équitable et renforcent la capacité technologique locale, assurant ainsi l'acceptation sociale. Le potentiel de la technologie numérique pour la transformation urbaine en Afrique se révèle ainsi dans la réinstallation des populations due à des projets de développement. Depuis une vingtaine d’années, le recours au CAPI se diffuse dans l’élaboration et l’administration de questionnaires d’enquêtes et d’inventaires des biens. Malgré quelques limites comme la nécessité d’une connexion internet stable et les réticences éventuelles de certains enquêtés, l’utilisation des outils digitaux permet de sécuriser les données et ainsi d’assurer des dédommagements justes des personnes affectées par les projets. Elle permet aussi de développer les compétences locales en matière de technologie et traitement de données, d’accélérer la mise en œuvre de dédommagements justes, et en conséquence d’assurer la légitimité et l’adhésion sociale à des projets urbains d’ampleur. Prise en photo de la carte nationale d’identité d’un PAP lors des enquêtes sociales à Kinshasa 2024 par BienvenuMuchukiwa Previous Next











