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  • AIN Videos Podcasts I La place des matériaux locaux dans la production de logements abordables

    Enjeu des matériaux locaux pour le logement abordable < Back La place des matériaux locaux dans la production de logements abordables Pierre-Marie BISSEK L’accès au logement abordable reste encore une difficulté dans plusieurs villes du Cameroun. Le coût du logement est largement fonction du coût des matériaux de construction. Pierre-Marie BISSEK II LOA nous parle de la question des matériaux locaux et de ses avantages pour le logement abordable.

  • African Cities Insights I Un (re)développement urbain accéléré pour des lieux habitables the Urban Fabric Initiative

    < Back Un (re)développement urbain accéléré pour des lieux habitables the Urban Fabric Initiative Florent Chiappero, Sarah Lecourt, Bea Varnai Urban Fabric Initiatives (UFI) sont des projets à petite échelle d'amélioration des espaces publics et des infrastructures communautaires, co-conçus et produits par les citoyens et les parties prenantes urbaines. Mis en œuvre parallèlement à des programmes de développement urbain à grande échelle financés par l'Agence Française de Développement (AFD), les UFI visent à expérimenter, promouvoir et développer des approches et des outils inclusifs, participatifs et agiles pour améliorer la qualité et l'appropriation locale des projets urbains. Les UFI placent les communautés d'utilisateurs et les résidents au centre de la prise de décision, de la gestion et de la conception, en accordant une attention particulière aux groupes d'utilisateurs et d'habitants les plus vulnérables. Depuis 2018, les UFI ont été mises en œuvre en Tunisie, à Ouagadougou, à Dakar, à Abidjan et à Nairobi. Le programme vise à reproduire l'approche participative et le dialogue multi-acteurs, aboutissant à la transformation de quelques sites et espaces dans chaque ville des UFI, à une échelle plus large. Les UFI cherchent à contribuer à un changement durable des processus de prise de décision et de gouvernance concernant les projets urbains, en établissant de nouvelles normes pour les autorités locales et nationales. Les Urban Fabric Initiatives (UFI) sont des projets de revalorisation de l'espace public et d'infrastructures communautaires à petite échelle, co-conçus et co-produits par les citoyens et les acteurs urbains (autorités publiques locales et nationales, prestataires de services, acteurs économiques locaux...). Ils sont mis en œuvre parallèlement et en coordination avec des programmes de (re)développement urbain de plus grande envergure financés par l'Agence française de développement (AFD), et s'inspirent des approches de développement urbain participatif et de " placemaking ". Initiées par l'AFD, les UFI ont pour objectif d'expérimenter, de promouvoir et de développer des approches et des outils inclusifs, participatifs et agiles pour améliorer la qualité et l'appropriation locale des projets urbains. Les UFIs placent les communautés d'usagers et les habitants au centre de la prise de décision, de la gestion et de la conception, avec une attention particulière envers les groupes d'usagers et d'habitants les plus vulnérables. Les UFI cherchent à démontrer au niveau local et à petite échelle que l'urbanisme participatif et multi-acteurs est possible et efficace, dans le but de contribuer à faire évoluer les pratiques de développement urbain et à améliorer la qualité des espaces urbains pour tous. Les UFI sont mises en œuvre depuis 2018 dans deux villes de Tunisie (Tunis et Gabès), à Ouagadougou (Burkina Faso), Dakar (Sénégal), Abidjan (Côte d'Ivoire) et Nairobi (Kenya). Chacune d'entre elles est déployée par des coordinateurs locaux d'UFI - organisations de la société civile, ONG, centres de recherche et/ou studios d'architecture - ancrés dans le contexte local et rompus aux processus participatifs, en partenariat avec les autorités locales. Les futurs UFI devraient émerger en parallèle des projets de (re)développement urbain financés par l'AFD dans une variété de villes africaines et au-delà (Asie et Amérique latine). Pikine, in the suburb of Dakar: a community lauching on site, PUO 2021 Dans la mesure où ils visent à transformer durablement les paysages urbains, les projets de (re)développement urbain, de mobilité et d'infrastructure sont confrontés à différents défis et difficultés. En raison des diverses questions à prendre en compte, il faut souvent du temps pour les lancer et les mettre en œuvre ; dans certains cas, les infrastructures primaires, telles que les nouvelles voies de transport, ne sont pas intégrées au tissu urbain local environnant. Dans d'autres, les infrastructures sociales financées par des fonds publics ne sont pas conçues en collaboration avec les (futurs) utilisateurs et résidents, et pourraient ne pas répondre aux besoins locaux et ne pas s'adapter aux pratiques existantes. En conséquence, le potentiel de transformation positive des projets de développement urbain peut être entravé par leur échelle et le manque d'appropriation par les communautés locales (résidents et utilisateurs finaux des projets). À plus long terme, l'impact sociétal et économique positif des infrastructures et des services urbains ne répondant pas de manière satisfaisante aux besoins locaux, et qui sont moins appropriés par les communautés d'utilisateurs, sera amoindri et les coûts de maintenance augmenteront. Consciente de certaines de ces lacunes, l'Agence française de développement (AFD) a mis en place les Initiatives pour la fabrique urbaine (IFU) afin de développer des approches participatives, inclusives et expérimentales parallèlement à des projets de (re)développement urbain à grande échelle. Avant de devenir un programme multi-pays à part entière, l'approche UFI a débuté sous forme de pilotes à Ouagadougou et Tunis en 2018. Ces pilotes ont exploré de nouvelles façons de concevoir des infrastructures sociales, à travers une approche ascendante en vue d’améliorer l'acceptabilité et la durabilité des investissements publics dans les infrastructures urbaines, ainsi que de répondre à un besoin d'action urgent. Devant le succès des premières expérimentations d'UFI à Ouagadougou et Tunis, l'AFD a décidé d'étendre l'initiative à d'autres villes (où elle soutient des programmes de développement urbain), et de confier la conception et la gestion des UFI émergentes à des ONG, des organisations civiques, des studios d'architecture et des centres de recherche. L'opportunité de financer une UFI, mise en œuvre en partenariat avec les autorités locales, est discutée avec les acteurs publics locaux. Chaque UFI a une durée d'environ 2 ans (potentiellement prolongeable pour une période supplémentaire de 2 ans), pendant laquelle elle transforme et active divers sites. En Tunisie, à Abidjan et à Nairobi, les UFI sont déployées en parallèle des programmes de rénovation urbaine financés par l'AFD et portés par les agences nationales (selon le contexte, le ministère de la construction ou du développement urbain et de la rénovation urbaine) et les autorités locales. Grâce à des approches de co-conception, les espaces restants des projets de rénovation urbaine sont revalorisés pour un usage communautaire ou des utilisations potentielles futures qui sont identifiées dans les cas où le projet de réaménagement urbain n'est pas encore mis en œuvre. Les méthodes de co-conception engagent les communautés dans les processus de décision, menant à la transformation de leurs quartiers et permettant aux autorités et aux agences sectorielles de mieux comprendre les besoins locaux. À Ouagadougou, les espaces réservés par les autorités municipales pour la construction d'infrastructures sociales et culturelles sont temporairement transformés et aménagés afin de tester les utilisations futures et d'adapter les infrastructures aux besoins et désirs réels de la population. A Dakar, l'UFI valorise les terrains résiduels issus des projets de mobilité urbaine (Train Express Régional et Bus Rapid Transit) qui transforment durablement le visage de nombreux quartiers de Dakar, notamment de sa périphérie. Les aires de jeux, les espaces multifonctionnels, les installations de loisirs et de sports, ainsi que les espaces publics résultant des UFI, n'ont pas seulement un impact immédiat sur la vie des communautés locales, mais contribuent également à transformer le processus par lequel les transformations urbaines ont lieu à une échelle plus large, au niveau du projet urbain. Pikine: a co-designed public space, Studio-Bainem 2021 L'urbanisme participatif, la co-conception, le "placemaking", l'urbanisme tactique et temporaire ne sont pas nouveaux dans le développement urbain. Ces approches sont pratiquées depuis que les gens créent des lieux et construisent des villes. Parfois, elles ont été formalisées et structurées, en coordination avec les acteurs et décideurs urbains publics et privés et la société civile. Dans d'autres cas, et pour la majorité des contextes du Sud global, beaucoup de processus qui sous-tendent le "tissu urbain collectif" résultent de la fabrication quotidienne de la ville, et de processus relativement spontanés et non réglementés. En Afrique notamment, le tissu urbain est principalement le résultat des efforts d'un large éventail d'acteurs non étatiques, y compris les citoyens et les travailleurs informels : à titre d'exemple, au Sénégal, 80% des logements sont construits par des processus d'auto-assistance (développés par les usagers), 53,3% du commerce local est constitué de vente ambulante, et 42% du PIB national est créé dans le secteur informel qui emploie 80% de la population. Pikine, in the suburb of Dakar: a community diagnosis workshop on the «Penc’Mobile», Studio-Bainem 2021 Depuis peu, les décideurs politiques et les professionnels de la ville sont de plus en plus disposés non seulement à reconnaître les efforts de ce que l'on appelait la création de villes "informelles", mais aussi à tirer des enseignements de ces pratiques. En particulier, étant donné que la transformation participative, tactique et temporaire de l'espace urbain, mise en œuvre de bas en haut, est souvent frugale (rentable) et répond aux besoins concrets et immédiats des communautés urbaines. Les UFI sont un exemple de la volonté d'introduire des approches plus agiles et ascendantes dans les pratiques institutionnelles de développement urbain. Leur particularité est d'ouvrir - avant, pendant et après la mise en œuvre de projets de (re)développement urbain menés par le secteur public - une voie pour la coproduction d'espaces publics, d'infrastructures communautaires, d'équipements sociaux impliquant toutes les parties prenantes : autorités locales et nationales, communautés d'usagers, résidents, acteurs économiques locaux et agences sectorielles. L'espoir est de reproduire à plus grande échelle l'approche participative et le dialogue multipartite qui ont abouti à la transformation de quelques sites et espaces dans chaque ville de l'UFI : en transformant les pratiques d'urbanisme, en renforçant la confiance mutuelle entre les communautés et les autorités publiques, et en expérimentant non seulement des approches plus participatives et inclusives de l'urbanisme, mais aussi en introduisant des utilisations plus durables des ressources (matériaux de construction durables, énergie solaire pour l'éclairage public, gestion des déchets et économie circulaire) et en générant des impacts positifs pour l'économie locale (formation professionnelle, activités génératrices de revenus). Les processus expérimentaux mis en œuvre dans chaque UFI visent donc à contribuer à une conversation plus large sur le développement urbain durable et participatif. Depuis 2018, les UFI ont mis à niveau 25 sites à travers cinq villes, (5 à Dakar, 7 à Ouagadougou, 9 en Tunisie, 4 à Abidjan) : il s’agit de 141 microprojets dirigés par les communautés sur ces sites, et pour lesquels 2 outils mobiles d'engagement communautaire ont été développés. 3 à 5 sites supplémentaires sont prévus pour une mise à niveau dirigée par les communautés dans le cadre de l'UFI. Ce dernier est en cours de lancement à Nairobi. A titre d'exemple, à Ouagadougou, 15 000 personnes ont directement bénéficié d’un projet d’amélioration des équipements de loisirs et de services, qualité de vie, réduction des risques environnementaux et sanitaires. Ce nombre comprend les personnes qui utilisent hebdomadairement les équipements sur les sites d'intervention (2 000), celles qui ont participé à un ou plusieurs ateliers et formations de l'UFI (3 000), les bénéficiaires des microprojets menés par les OSC (7 000) et les participants aux événements culturels et sportifs (3 000 athlètes, artistes, techniciens). Les bénéficiaires indirects comprennent les habitants des quartiers touchés par les projets de l'UFI, et s'élèvent à plusieurs centaines de milliers de personnes pour les 5 UFI en cours. Les UFI impliquent particulièrement les populations et groupes vulnérables - tels que les femmes, les enfants et les jeunes, les personnes handicapées qui voient leurs besoins pris en compte dans le processus de conception et bénéficient d'un accès amélioré - et divers types de parties prenantes : communautés d'utilisateurs et leurs leaders, autorités locales - 4 à Dakar, 3 à Ouaga, 2 en Tunisie, 3 à Abidjan, 1 au Kenya -, autorités nationales, y compris les prestataires de services et divers ministères, donateurs et organisations internationales, leaders religieux et communautaires. En outre, les bénéficiaires comprennent des artisans, des leaders communautaires féminins et masculins qui ont été formés aux techniques de construction (durable), à la gestion administrative et financière des OSC/OBC, ainsi qu’à l'entretien des sites. Pikine, in the suburb of Dakar: a children workshop with a model of the neighbourhood, Studio-Bainem 2021 En fournissant une plateforme pour des activités génératrices de revenus (comme des stands de nourriture, des cours de gym) et en contractualisant avec des artisans locaux, les UFI contribuent à renforcer l'économie locale et l'esprit d'entreprise local. Parmi les effets externes positifs observés et signalés par les communautés bénéficiaires et les opérateurs du projet, on peut citer : la transformation des pratiques de gouvernance urbaine, la diffusion d'approches nouvelles et transférables en vue d'un développement urbain plus durable et équitable, l'amélioration de la résilience urbaine, le renforcement de l'économie locale et le changement des récits urbains (des lieux défavorisés). Les UFI sont des projets d'amélioration des espaces publics et d'infrastructures communautaires à petite échelle, co-conçus et coproduits par les habitants et les acteurs urbains en parallèle des projets de (ré)aménagement urbain financés par l'AFD. Depuis sa création initiée par l'AFD en 2018, les UFI ont été développés dans cinq villes africaines et se traduisent par l'amélioration de 25 espaces publics et d'équipements sociaux, situés majoritairement dans des quartiers défavorisés. Le processus de conception participative et inclusive de la mise à niveau et des transformations urbaines dans le cadre des UFI a également amélioré l'inclusion des populations marginalisées, les besoins des personnes vulnérables étant pris en compte non seulement dans la conception, mais aussi dans la mise en œuvre et la gouvernance des espaces et des équipements. Il est important de noter que les UFI cherchent à contribuer à un changement durable dans les processus de prise de décision et de gouvernance concernant les projets urbains : les communautés d'utilisateurs s'engagent dans un dialogue avec les fournisseurs de services publics et les autorités aux niveaux national et local afin de co-définir la conception, l'accès et l'entretien des installations publiques et sociales, et de sécuriser les espaces ouverts pour un usage public. Les UFI établissent de nouvelles normes pour les autorités locales et nationales qui sont de plus en plus ouvertes à la participation civique dans le domaine public. Les UFI instaurent la confiance et les conditions de coexistence et de coproduction entre les autorités locales/nationales et les résidents, les communautés d'utilisateurs (ayant des intérêts récréatifs et économiques différents), les personnes âgées et les enfants, les hommes et les femmes, etc. Compte tenu du succès de l'expérimentation initiale de l'UFI, le programme s'est organiquement étendu à cinq comtés, avec deux autres UFI bientôt lancées à Antananarivo et Monrovia, et a déclenché des collaborations avec le programme d'espace public d'ONU-Habitat, des réseaux d'activistes et de praticiens urbains tels que le Center for African Public Space et le Placemaking network. Previous Next

  • African Cities Insights I Les territoires post-miniers Marocains : L'héritage minier de Jerada comme outil de régénération urbaine

    < Back Les territoires post-miniers Marocains : L'héritage minier de Jerada comme outil de régénération urbaine Alaa Halif Le Maroc, longtemps un site d'extraction minérale, voit ses villes minières décliner après l'épuisement des ressources, générant une crise économique, urbaine et sociale. Jerada, ville post-minière problématique, a perdu 30 % de sa population depuis la fermeture des mines en 2000. L'article explore des outils et stratégies pour contrer cette crise et éviter que Jerada ne devienne une ville fantôme. Il préconise une vision intégrée, incluant la réutilisation des anciens chemins de fer pour désenclaver la ville, la patrimonialisation des friches minières et la reconversion des territoires post-miniers marocains, positionnant Jerada comme un laboratoire pour ces transitions. Le Maroc était depuis longtemps un terrain d’extraction de minéraux, dont cette activité a été l’une des plus anciennes industries exercées par les populations marocaines depuis plusieurs siècles, grâce à la géographie du royaume riche en substances minérales dans de nombreuses régions, qui a donné naissance à des agglomérations urbaines qui n’existaient pas auparavant. Le problème de ces villes se pose après l’épuisement des ressources minières, sans aucune alternative économique à la mine, ces villes mono-industrielles connaissent une chute économique, urbaine et sociale. Au Maroc, 200 mines sont fermées1 sans aucun plan de fermeture ni de réhabilitation. En conséquence, le déclin urbain de ces villes entraîne une augmentation des terres vacantes et des friches urbaines avec de nombreux dégâts multidimensionnels. La ville de Jerada au nord-est du Maroc, est considérée aujourd’hui, comme étant le territoire post-minier le plus problématique du pays. La ville a perdu 30 % de sa population depuis la fermeture non préparée des mines du charbon en 2000, ce qui a fortement fragilisé son économie, son environnement et sa structure sociale et urbaine. À cet effet, cet article aura pour but de s’interroger sur les outils et les stratégies possible pour pallier contre la crise qu’a connue Jerada, qui risque au futur de devenir une ville fantôme. Malgré ses potentiels matériels et immatériels, pourquoi la ville n’a pas été reconverti jusqu’à maintenant ? et est-ce que l’exemple de Jerada peut servir comme prototype/laboratoire de réflexion pour les autres territoires post-miniers qu’on trouve au Maroc ? Le site minier le plus ancien d'Afrique du nord, aujourd’hui en déclin Jerada est située dans la région de l’Oriental, à 60 km de la ville d’Oujda. La ville s’est développée depuis la découverte de son gisement minier en 1927, comme étant le plus ancien site industriel et minier d’Afrique du Nord2, avec l’extraction du charbon, elle couvrait plus de 30 % de l’énergie du Maroc dans les années 80. Le problème c’est que comme toutes les villes mono-industrielles, le développement urbain et social de Jerada a été fondé essentiellement sur l’extraction des mines. Dont après l’épuisement des réserves et la fermeture non préparée des mines en 2000, la ville a connu une situation de déclin urbain et social. D’après le RJPH3, Jerada a perdu environ 30 % de sa population depuis la fermeture de la mine. Et jusqu’à aujourd’hui, la ville se vide de plus en plus de sa population. Plan territorial de Jerada, par Alaa Halifi, 2023 Les quartiers précaires de Jerada 2022 chloe liang Pourquoi le Maroc tarde face à la crise de Jerada ? Vingt-trois ans après la fermeture de la mine de jerada, la ville vit encore dans ses dégâts qui s’aggravent une année après l’autre. Jusqu’à aujourd’hui, aucun plan de reconversion de la ville n’a vu le jour, alors que partout dans le monde on trouve des villes et des territoires post-miniers qui ont eu une deuxième vie après la mine, comme la région Nord-Pas-de-Calais en France, qui a connu une transition réussite en réutilisant et sauvegardant son héritage matériel et immatériel, transformée en un patrimoine industriel riche et diversifié, inscrit comme patrimoine de l’Unesco. Certes, le sujet prend plus d’attention dans les pays étrangers, mais au Maroc, le déclin urbain des villes post-miniers, n’a pas encore constitué l’objet d’une vraie reconversion, et on se rend compte justement, que la problématique découle principalement du fait que le phénomène du déclin de ces villes est encore mal compris, et traité comme une simple dégradation urbaine, alors que la crise de ces villes est multidimensionnelle, et beaucoup plus complexe pour qu’elle soit réglée avec des gestes à petites échelles, alors qu’en réalité, ça nécessite toute une réflexion, urbaine économique et sociale. Ces premiers discours sur le déclin territorial n’ont pas débouché sur une véritable inflexion des politiques publiques : les territoires concernés comme Jerada, ont simplement fait l’objet d’une ‘’mise à niveau’. Ceux-ci permettent certes d’afficher la présence de l’état, mais ils ne sont pas susceptibles de relancer des territoires Les citoyens de Jerada en attendant le changement 2018 Fadel Senna Quelle vision pour le futur de Jerada ? Du fait que la mal compréhension de cette crise empêche que Jerada soit reconverti, la vision globale d’un projet de reconversion c’est de repenser ce territoire en crise avec toutes ses complexités, depuis le manque de connectivité entre la ville et les communautés urbaines voisines, jusqu’aux conséquences matérielles et immatérielles de la fermeture de la mine, tout en valorisant le réseau écologique interrompu et dégradé par les activités minières, et en intégrant le capital humain de la ville dans le processus de transition. Ceci dit, le plan de reconversion ne doit pas être réduit à une simple reconversion d’une friche ou d’un quartier, non plus réduit à des gestes architecturaux comme une usine ou une mise à niveau des voies, mais il doit agir sur plusieurs échelles qui répondent aux différentes facettes et complexités du territoire, qu’on a réparties sur deux axes stratégiques : Suturer le territoire : un réseau de mobilité régionale Premièrement, à l’échelle territoriale, la ville de Jerada est fortement déconnectée de sa région, Il est primordial de la désenclaver et la reconnecter à son contexte régional non pas juste au niveau d’infrastructures mais en tant que zone d’intérêt pour la région de l’Oriental. Cet objectif peut être atteint grâce au réseau existant de voies ferrées abandonnées, construites en 1936, afin d’assurer la connexion avec le port de Nador, où se faisait l’export du charbon vers l’Europe. Ils sont connectés avec le reste de la région notamment avec des grandes villes comme Oujda et avec quelques villages satellites où ça se faisait le traitement du charbon. Avec la fermeture de la mine en 2000, ce réseau des chemins de fer perd sa fonction d’origine. En conséquence, on a aujourd’hui 450 kilomètres linéaires de voies ferrées abandonnées, mais avec la situation enclavée de Jerada, et le besoin primordial d’une connexion avec les centres urbains voisins, ces chemins de fer présentent des possibilités de mobilité assez intéressantes, surtout qu’ils relient Jerada à l’aéroport Oujda Angad, et au futur grand Port West Med à Nador. La réutilisation de ces voies ferrées abandonnées peut offrir un moyen de reconstruire le transport en commun à l’échelle régionale en créant des liaisons quotidiennes entre Jerada et sa région, ça présente un outil de désenclavement et un moyen de dynamiser la région, tout en apportant des avantages économiques pour la ville de Jerada. 2. Humaniser la ville : la patrimonialisation de l’héritage industriel minier comme outil de régénération urbaine Deuxièmement, à l’échelle de la ville, le but majeur c’est d’adapter la ville au nombre d’habitants actuels, afin de les offrir un cadre agréable, qui va les encourager à rester et vivre en confort ; il faut donc proposer un plan de restructuration axé sur : un programme de développement économique, l’amélioration du parc de logements de la ville, des espaces publics et de la mobilité, et surtout la réhabilitation des friches de l’industrie minière, qui présentent du vrai potentiel pour la transition de la ville. C’est une mémoire collective qui témoigne d’une période cruciale de l’Histoire du Maroc qui est en train de se perdre. Il est temps de mettre en place une stratégie d’intervention visant à réhabiliter et valoriser les espaces miniers en les considérant comme composante du patrimoine culturel national…La réhabilitation et la valorisation peut prendre plusieurs formes : préservation du cachet architectural et urbanistique, réhabilitation et valorisation des espaces en friche. Il s'agit des excavations, galeries souterraines, terrils, installations et entrepôts abandonnés. Ces espaces peuvent abriter des activités de loisirs (musée minier, équipements sportifs), des locaux administratifs ou commerciaux. Friche miniere de Jerada 2017Mehdy Mariouch Vers une transition réussie Comme on vient de voir, la reconversion d’un territoire post-minier, doit principalement être basé sur des stratégies urbaines à multiples échelles, et non pas sur des gestes architecturaux à petites échelles. Le système proposé se focalise sur la réutilisation, la valorisation et la patrimonialisation du territoire avec les éléments et les vestiges de l’époque minière et non pas faire table rase, et refaire la ville à zéro. Collage avant et après d'une friche minière à Jerada reconvertie en un lieu touristique 2023 Alaa Halifi Désenclaver pour intégrer L’intervention à l’échelle macro au niveau territorial est indispensable car l’intervention qui va suivre (à l’échelle de la ville) dépend énormément de l’intégration de la ville dans son contexte régional, et deuxièmement, parce qu’avec le cas de Jerada, c’est impossible d’avoir une reconversion réussite sans reconnecter la ville à sa région. Si on veut se projeter dans le futur, on verra que la reconnexion du territoire avec les centres urbains voisins, grâce à la création d’un réseau de mobilité régional en réutilisant les anciens chemins de fer industriels, entrainera de nouvelles dynamiques et accessibilités à Jerada. La construction d’un nouveau système de mobilité régionale va permettre de relier les différents pôles de Jerada aux grands centres urbains. L’objectif du nouveau réseau régional n’est pas seulement d’améliorer la mobilité, mais il est également conçu comme un outil de développement pour augmenter les opportunités des habitants, en améliorant l’accès aux emplois et aux services. Sans oublier, qu’en se basant sur plusieurs expériences identiques, le désenclavement urbain entrainera l’augmentation des prix des terrains à Jerada, tout en attirant de nouveaux projets et investissements à la ville. Collage avant et après des chemins de fer reconvertie en un système de mobilité régionale 2023 Alaa Halifi Résilience territoriale : Du macro au Micro et vice versa La reconversion des friches minières de la ville, peut constituer la nouvelle colonne vertébrale de Jerada, cette ville qui dépendait depuis sa naissance sur la mono-industrie, sera dotée d’une programmation riche et diversifiée, les nouvelles fonctions doivent être connectées entre eux à la fois matériellement avec des voix, corridors, chemins de fer, espaces publics, et immatériellement au niveau fonctionnel dans une sorte de synergie, scénographie et économie circulaire… Les friches existantes, due leurs tailles monumentales, et leurs structures appropriables, ont du potentiel à se transformer en des vrais équipements à impact régional ou même national (un musée national de la mine à titre d’exemple). Le désenclavement régional est étroitement lié à la reconversion de ces friches dans le sens où ça va connecter les nouveaux programmes proposés au reste de la région, en les donnant plus de valeur et de dynamismes. De plus, il ne faut pas oublier qu’une partie des habitants de Jerada ont été adaptés au déclin pendant ces dernières années avec des coopératives qui créent des produits dérivés de l’agriculture locale. La plupart de ces produits sont exportés vers les grandes villes. Ceci dit, le désenclavement entrainera non pas juste plus de vente et d’export, mais ça peut encourager des marchés locaux au sein de Jerada, comme celui du Safran à Midelt et celui des bijoux d’argent à Tiznit, où les clients et les vendeurs de gros viennent à Jerada pour acheter ces produits de leurs sources à prix bas. Collage avant et après d'un terril reconvertie en un parc urbain 2023 Alaa Halifi Jerada comme laboratoire des villes post-minières Marocaines Les stratégies proposées sont basées sur la reconversion des éléments existants. Les chemins de fer industriels qui traversent la région, les cités, les terrils, et les friches sont des éléments indispensables dans chaque territoire minier, non pas juste à Jerada. Ça nous mène à notre prochain point, on trouve plusieurs villes post minières partout au Maroc, par exemple Kettara, Ahouli, Boulanoire, Touissit et Sidi Boubker qui sont tous des villes minières marocaines qui sont dans la même situation que Jerada, un grave déclin urbain qui pose un défi multidimensionnel, économique, sociale et urbain, sans écarter le risque de se transformer en villes fantômes. Et si on propose des stratégies pour ces territoires en se basant sur l’expérience de Jerada ? Imaginons alors une vision nationale pour les villes post miniers du pays, les stratégies inter-échelles proposées sont certes réplicables, mais ça doit être développé par rapport à chaque contexte de ces villes, à titre d’exemple, Jerada peut avoir la vocation culturelle et patrimoniale, Ahouli peut être reconvertie en l’intégrant dans des circuits touristiques déjà existant dans la région de l’atlas, Kettara peut avoir la vocation artisanale, etc. Collage avant et après d'un terril reconvertie en une zone d'agriculture urbaine 2023 Alaa Halifi De nos jours, où les taux d’urbanisation et de la population des villes marocaines se multiplient tout en entraînant une augmentation des villes et des métropoles. On y trouve de l’autre côté, plusieurs villes et régions qui sont confrontées à une tendance inverse, de grave décroissance urbaine. Durant cette recherche, qui est le fruit d'un travail académique, que j’ai mené à la fois théoriquement (recherches, documentation) et pratiquement (Investigations sur le terrain, discussions avec les citoyens), je me suis rendu compte que la reconversion de ce type de sites nécessite une réflexion assez différente, dont la première problématique qui interrompt la transition de ces territoires, c’est la mal compréhension du phénomène du déclin urbain. Alors que Jerada a du vrai potentiel à réutiliser et valoriser : un patrimoine matériel et immatériel inexploité, qui peut être la clé de sa reconversion. L’expérience de Jerada, peut fonctionner comme laboratoire d’expérimentation pour les autres villes post minières, car au-delà de ces territoires déjà en déclin, il faut aussi rappeler que dans les années à venir, plusieurs sites miniers fermeront après l’épuisement de leurs réserves. Il faut donc penser dès à présent aux stratégies de transition à élaborer, afin de faire face aux dégâts, et peut être dans une vision plus globale, est-ce qu’on peut voir un jour un programme national de reconversion de ces villes post-miniers ? avec la même vision et mobilisation qu’a eu le programme des villes nouvelles6, mais avec plus d’optimisme et de contextualité ? collage Genius loci de jerada 2023 Alaa Halif Previous Next

  • News: AIN au forum, quelles trajectoires pour les villes du fleuve Sénégal ?

    Africa Innovation Network est ravi de participer au forum organisé par Le Grdr et ses partenaires sur les trajectoires des villes du fleuve Sénégal. < Back AIN au forum, quelles trajectoires pour les villes du fleuve Sénégal ? Africa Innovation Network est ravi de participer au forum organisé par Le Grdr et ses partenaires sur les trajectoires des villes du fleuve Sénégal. Africa Innovation Network est ravi de participer au forum organisé par Le Grdr et ses partenaires sur les trajectoires des villes du fleuve Sénégal. Rejoignez-nous du 12 au 14 décembre 2023 à l’hôtel Sindoné à Saint Louis au Sénégal pour explorer l'avenir de Kayes, Kaédi et Bakel. Nous y animerons deux tables rondes pour Plonger dans les enjeux de l'urbanisation ouest-africaine et des villes intermédiaires au Sahel, et Explorez les opportunités des villes intermédiaires de la moyenne vallée du fleuve Sénégal. Le Grdr et ses partenaires organisent leur forum « Quelles trajectoires pour les villes du fleuve Sénégal ? Regards sur Kayes, Kaédi et Bakel » , qui se tiendra les 12, 13 et 14 décembre 2023 à l’hôtel Sindoné à Saint Louis au Sénégal. (uniquement sur invitation). Au cœur des échanges : L a Moyenne Vallée du Fleuve Sénégal connaît depuis les années 1970, une croissance démographique soutenue et une urbanisation rapide. Ces petites et moyennes villes, qualifiées de «villes intermédiaires », sont confrontées à des défis majeurs en matière de transformation des territoires et des sociétés dans un contexte de changements climatiques et de de tensions sociales et sécuritaires. En phase de densification et d’urbanisation, elles doivent s’adapter en permanence pour répondre aux besoins des populations. Ce forum a pour but d’ i nformer et communiquer sur les enjeux des villes intermédiaires auprès des acteurs publics, privés et de la société civile ici et là-bas, de valoriser et mettre en lumière les potentialités des villes intermédiaires de la moyenne vallée du fleuve et de co-construire une communauté d’acteurs opérationnels et académiques autour des villes intermédiaires et de leurs enjeux afin de travailler dans une dynamique de recherche - action. Le forum s’organisera entre des temps de débats sous forme de de table ronde, des ateliers de présentation/immersion dans les villes et des présentations d’initiatives qui contribuent à construire la ville et la faire vivre au quotidien. Une soirée spéciale sera également organisée Le vernissage de l ’exposition photographique : Bakel , Kaédi et Kayes : des villes en mouvement sur le fleuve Sénégal (ouverte à tous et toutes, à l’espace Kawsara, quai Roume, île de Saint Louis, du 12 au 26 décembre 2023). Cette exposition a pour ambition de restituer et d’illustrer les dynamiques et mécanismes de la transition urbaine au Sahel tels qu’ils sont ressortis lors de la démarche de diagnostic participatif prospectif mise en œuvre dans le cadre du travail du Grdr. Previous Next

  • African Cities Insights I Start Somewhere: Urban Upgrading Through Innovative Architecture And Community Empowerment

    < Back Start Somewhere: Urban Upgrading Through Innovative Architecture And Community Empowerment Kairu Karega, Leandry JIEUTSA, Samson Ontweka Start Somewhere, a social enterprise, has developed the TwistBlocks® system, a LEGO-like, hollow concrete block designed for affordability and simplicity in vulnerable communities. The system, which was developed by architect Oliver von Malm, has been used in Kenya to build schools and community projects. The TwistBlocks® are locally produced, cost-effective, and fire-resistant, reducing construction time and material costs. The project has expanded to include 5 schools in Nairobi’s impoverished regions and several community projects. The primary goal is to establish Start Somewhere Kenya as a leading provider of sustainable construction using TwistBlocks® and develop a scalable and sustainable business model. Start Somewhere has made significant progress in enhancing housing and education in underserved communities since 2020. Key developments include 2 workshops in Kibera, an ultra-affordable prototype for 4-6 bedsitter housing units, 5 additional schools, a school library, and 11 housing units for families displaced by a fire. Around 30 individuals in Kenya and South Africa have secured permanent employment through Start Somewhere’s initiatives. The ongoing use of TwistBlocks® technology contributes to improved living conditions and greater community resilience. Transforming Kibera: Start Somewhere’s TwistBlock Innovation Brings Sustainable Housing and Education Solutions to Africa’s Largest Slum Global One Primary School in Kibera, Nairobi, Source: Start Somewhere, Copyright information: Start Somewhere Kibera, one of Africa’s largest slums, has long embodied the challenges of urban poverty. Inadequate housing, lack of infrastructure, and limited access to essential services have trapped countless residents in a cycle of marginalization. Start Somewhere, a social business, has emerged as a beacon of hope, offering innovative solutions to these pressing issues. Start Somewhere’s journey began in 2011 with the support of two schools, initiated by Oliver von Malm, a German architect passionate about tackling affordable housing challenges in slums. In 2016, Oliver’s master’s thesis led to the development of the groundbreaking TwistBlocks® system – LEGO-like, hollow concrete blocks designed for affordability, simplicity, and ease of use in informal settlements. Oliver´s master thesis caught the attention of PERI, a leading formwork and scaffolding company. Recognizing the potential, PERI collaborated with the newly founded Start Somewhere German social business to further develop the system. The initial focus involved refining the TwistBlocks® system, culminating in the construction of a prototype workshop and a school in Kibera in 2019. Funded by a German government program, this project demonstrated the practicality and impact of the TwistBlocks®, paving the way for establishing Start Somewhere Kenya. Today, Start Somewhere Kenya employs 15 people, primarily production workers from Kibera, working in two factories within the settlement. The project has expanded significantly, resulting in the construction of five schools in Nairobi’s impoverished regions and several community projects utilizing TwistBlocks®. The primary goal now is to establish Start Somewhere Kenya as a leading provider of sustainable construction using TwistBlocks® and develop a scalable business model replicable across Kenya and potentially in other regions facing similar challenges. This evolution reflects Start Somewhere’s unwavering commitment to addressing the housing crisis in slums through innovative and sustainable solutions. The TwistBlocks® are locally produced in small workshops within the community, reducing transportation costs but also generating employment opportunities “TheTwistBlocks® itself is an architectural innovation that allows clients to save on material and time compared to conventional building methods” , Samson Ontweka the technical coordinator at Start Somewhere Kenya explains. These material saving hollow concrete blocks are designed for simplicity and ease of use, allowing for construction without the need for mortar. This method significantly reduces both construction time and material costs, enabling even unskilled community members to participate in building projects. A standout feature of the TwistBlocks® is that they are free in the ground floor plan. This flexibility allows for the maximum utilization of small plots in informal settlements, where space is often extremely limited. This adaptable design enables better customization of living spaces like creating curved walls and making the most out of the available land. The TwistBlocks® are locally produced in small workshops within the community, rather than in large factories. This generates employment opportunities, fostering economic empowerment among local residents. By involving the community in the production process, a sense of ownership and pride is built, further strengthening the community’s involvement in its development. From a cost-saving perspective, the blocks are made from a specialized concrete mix with a low cement content, making them both affordable and environmentally friendly. Their modular design allows for easy assembly and disassembly, which is particularly beneficial in informal settlements where homes may need to be relocated or reconstructed. This feature helps to lower long-term costs and increases housing flexibility and ownership. “Additionally, the TwistBlocks® are fire-resistant, addressing a critical safety concern in densely populated areas like Kibera, where fires are common and can quickly devastate entire neighborhoods. Traditional structures in these areas are often made of flammable materials, so the fire-resistant properties of TwistBlocks® offer a safer alternative, reducing the risk of widespread fire damage and the associated costs of rebuilding.” Samson adds. The TwistBlocks® system not only saves time and money through its straightforward, mortar-free assembly, local production, and cost-effective materials, but also directly addresses the unique challenges of impoverished communities. The flexibility in ground floor planning and fire-resistant properties make it an ideal solution for upgrading informal settlements like Kibera. In Kibera, Start Somewhere constructed 11 housing units for families displaced by a fire, providing them with safe and secure homes Since 2020, Start Somewhere has made significant progress in enhancing housing and education in underserved communities. Key developments include the opening of a new workshop in Kibera and the creation of an ultra-affordable prototype for 4-6 bedsitter housing units. 4-bedsitter prototype development, constructed by Start Somewhere and Global Property Advice for Livelihood Impact Fund, Image: Start Somewhere, Copyright: Start Somewhere Five additional schools and a school library were constructed using TwistBlocks®. Some were built independently by local partners with Start Somewhere’s guidance and technology. Numerous temporary jobs on construction sites were created. Additionally, Start Somewhere provided training and planning for workshops in Ahero (Kisumu) and Cape Town (South Africa). Overall, around 30 individuals in Kenya and South Africa have secured permanent employment through Start Somewhere’s initiatives. The ongoing use of TwistBlocks® technology in various community projects underscores its effectiveness and acceptance, contributing to improved living conditions and greater community resilience. Bethany Joy School in Kawangware, Image: Start Somewhere, Copyright: Start Somewhere Bethel Kibera School, Image: Start Somewhere, Copyright: Start Somewhere Start Somewhere emphasizes community empowerment through a structured Memorandum of Understanding (MOU) process, which ensures active participation from all stakeholders Team Start Somewhere Kenya, Image: Start Somewhere, Copyright: Start Somewhere Samson Ontweka on community involvement explains, “Community involvement is a crucial aspect of our projects. We engage with local stakeholders, including community leaders and unemployed youth, to ensure their active participation and meet their expectations.” He continues to state, “We prioritize accessibility and inclusivity in our projects, including provisions for persons with disabilities. We incorporate features like ramps and accessible washrooms to ensure everyone can benefit from the facilities we build.” Start Somewhere emphasizes community empowerment through a structured Memorandum of Understanding (MOU) process, which ensures active participation from all stakeholders. It begins by identifying and aligning key stakeholders to ensure that everyone shares common goals and responsibilities. Next, they define how stakeholders will collaborate, establishing clear roles and expectations for each party involved. The MOU then details the project’s scope, timeline, and terms, providing a clear framework for collaboration. Additionally, they incorporate flexibility by allowing for amendments and clearly defining project boundaries to adapt as needed. TwistBlock factory in Kibera, Image: Start Somewhere, Copyright: Start Somewhere In addition to involving community leaders, Start Somewhere engages non-skilled workers in the construction process, such as assembling walls, which helps to build local skills and provides employment. Workshops, public meetings, and collaborative sessions enable residents to actively participate in project design and implementation, ensuring the solutions are well-suited to their needs. By integrating community input and providing hands-on roles, Start Somewhere ensures that their projects are not only effective but also deeply connected to the community’s needs and capabilities. Start Somewhere Team, Image: Start Somewhere, Copyright: Start Somewhere Implementing the Start Somewhere project has presented several significant challenges, each addressed through strategic approaches “One of the primary challenges is community involvement. Engaging local residents from the outset is essential but can be difficult. Start Somewhere overcomes this by ensuring active community participation through ongoing dialogue, participatory design processes, and incorporating feedback into every phase of the project. This approach helps align the project with the community’s needs and fosters trust.” explains Samson. Building in informal settlements adds another layer of complexity. Issues such as limited infrastructure, irregular land tenure, and densely packed living spaces require innovative solutions. Start Somewhere addresses these challenges with a highly experienced team skilled in adapting construction techniques to the specific conditions of informal settlements. This expertise ensures that projects are practical, sustainable, and tailored to the unique needs of these environments. Creating a robust ecosystem is essential for success. Developing strong connections with local stakeholders, funding partners, and advocates can be demanding. Start Somewhere emphasizes strategic networking, cultivating relationships, and showcasing the project’s value to potential collaborators to navigate this challenge. Overall, Start Somewhere addresses these challenges through robust community engagement, expert management of informal settlement construction, and building a supportive network. These strategies help ensure the successful implementation and sustainability of their projects. The focus is on developing a sustainable business model for Start Somewhere Kenya, which will serve as a blueprint for scaling the concept rather than expanding the company itself. This model will be integrated within a broader ecosystem of established partners and will include global consultancy, planning services, and lighthouse construction projects with TwistBlocks®. Currently, a factory project is underway in Uganda, and additional opportunities are being explored in other countries. Samson emphasizes, “Our long-term vision is to transform informal settlements into models of sustainable urban development. We aim to provide proper housing conditions, improve educational facilities, and create economic opportunities for the residents. We are actively exploring partnerships and collaborations to expand our model to other slums and regions. Our goal is to offer affordable housing solutions and support sustainable development in low-income areas.” “We are also conducting ongoing research to develop TwistBlocks® using alternative materials like clay and hempcrete, with the aim of further reducing environmental impact and expanding our range of construction options,” he adds. Previous Next

  • AIN Videos Podcasts I Les approches gouvernementales de résorption de l’habitat précaire au Cameroun

    Stratégie nationale de prévention et d’amélioration des bidonvilles au Cameroun < Back Les approches gouvernementales de résorption de l’habitat précaire au Cameroun Idrissa Mouchili À travers la Stratégie Nationale de Développement 2020-203, le Cameroun met place plusieurs actions dont le programme national de résorption de l'habitat précaire. Monsieur Idrissa Mouchili urbaniste au ministère de l'habitat et du développement urbain, présente les composantes de ce programme.

  • African Cities Magazine 4 | AIN website

    < Back African Cities Magazine 4 October 31, 2023 This fourth edition of the magazine focuses on "Urban Mobility in Africa," a critical theme for rapidly transforming African cities and regions. Through interviews, it explores electric mobility, digital technology, cycling, public transport planning, social inclusion, and innovation. Experts discuss the need for accessible electric mobility, the potential of digital technology, and the importance of sustainable mobility. It also covers urban planning innovations in Madagascar, the African Cities Lab platform, profiles Mariam Issoufou Kamara, explores African architecture and urban heritage, and showcases stunning murals across the continent. A rich resource for urban development enthusiasts. Special feature: Urban mobility in African cities Portrait: Mariam Issoufou Kamara, Founder and principal Architect at atelier masōmī As much as architecture is an important tool for good, the opposite is also true, particularly in Africa, where it has been a tool of subjugation. Innovative practices of urban transformation based on participation, collective making, digital technologies, dialogue, art, design English version Version française Previous Next

  • African Cities Insights I CPDI Africa EXPO 2022: Workshop & Excursion

    < Back CPDI Africa EXPO 2022: Workshop & Excursion Nmadili Okwumabua CPDI Africa EXPO 2022 aims to develop new African architectural languages inspired by traditional and contemporary African societies. The workshop surveys innovations in African and Diaspora-built environments, introducing young design professionals and students to research initiatives of CPDI Africa. The 5 Pillars of Afrocentric Architecture, defined by culture, aesthetics, spirituality, materials, and community engagement, provide insight through African designed lenses to counter Eurocentric curricula in architecture, construction, and urban planning. The event concludes with a tour of Afrocentric built projects in Abuja. The CPDI Africa EXPO Workshop and Excursion hosted 45 delegates and students from private architecture practices, universities, and the University of Amsterdam. The workshops focused on using the CPDI Africa 5 Pillars of Afrocentric Architecture to solve real environmental issues and improve design briefs in school and professional practice. The workshops addressed cultural, aesthetic, spiritual, materials, and community engagement issues in Nigerian built environments. Feedback from the event showed how students will incorporate this research into their projects, tackling heritage preservation, environmental protection, and sustainable development from African-centered perspectives. This CPDI Africa Workshop introduces participants to the concepts for developing new African architectural languages, inspired by the culture and technology of traditional and contemporary African societies. We harness solutions to today’s-built environment problems, that are sourced from African science and design philosophies. The workshop surveys innovations in both the African and Diaspora-built environment, introducing young design professionals and students to the research initiatives of CPDI Africa, using the Art of African Architecture exhibition as a theoretical reference for the workshop outcomes. The Expo concluded with a tour of Afrocentric built projects in Abuja, FCT, with certificates awarded, PLUS 20 credits in ARCON continued professional development credits – Architects Registration Council of Nigeria. Highlights included: Workshop & Certificates, Meetings with CPDI Africa instructors, Excursions to Afrocentric Architecture in Abuja, Art of African Architecture Exhibition. The theme for CPDI Africa EXPO 2022 was developed around the need to identify ways of preserving heritage in the African built environment, by sourcing the solutions from indigenous science, technology, and design philosophies. CPDI Africa EXPO 2022 Nike Art Gallery According to our research, gathered from heritage preservation practitioners, sustainable design professionals, and cultural studies professors in institutions of higher learning, the aesthetically displeasing / lack of affordable housing / poor utilization of design personnel / disharmony in community space / poor functionality of our built spaces, are all due to the lack of an African centered pedagogy taught in our curriculums of architecture, construction and urban planning. As a result, the CPDI Africa Global Studio for African Centered Architecture, through its live and virtual workshops, has begun to resolve the current crisis, by bringing African centered education to the student and professional via its independently run academic platform. Defined by what CPDI Africa coins as the 5 Pillars of Afrocentric Architecture: culture, aesthetics, spirituality, materials and community engagement, our students receive insight through these African designed lenses, to counter the crippling Eurocentric curriculums used in built environment faculties and programs, not only in Africa but throughout the Diaspora. ‘The CPDI Africa EXPO 2022 Workshop and Excursion builds upon our organizations vision to research, develop and preserve African architectural languages, that are culturally and environmentally sustainable. The EXPO welcomed young architects and students of the allied built environment professions to engage in the development of this pedagogy, and experience firsthand various built projects developed with these African design principals. The Community Planning & Design Initiative – CPDI Africa - was launched in 2014, to host African architecture competitions, Afrocentric design internships and certificate programs.’ Nmadili Okwumabua, Founder, Director CPDI Africa Global Studio for African Centered Architecture CPDI Africa identified that the result of a lack of inward facing curriculums, universities in Africa, graduate design professionals that have spent the better part of their educational career, imbibing knowledge of the built environment developed by and for people in cultures and geographical locations outside of African spaces. These ideologies, materials, aesthetics, professional processes, and regulations are then replicated and practiced throughout Africa, creating built landscapes that are dysfunctional for the people they are built for. They create problems never experienced before on the continent, that require yet another foray into seeking solutions from Eurocentric pedagogy and practices, that further compound the already failing system. The cycle repeats itself, leaving both the end user and the design professional without comfortable, affordable spaces built, and lack of employment for the local labor force. The workshops were suited towards exposing how the students could use the CPDI Africa 5 Pillars of Afrocentric Architecture, to solve real issues in the environment, thereby improving on how they propose real solutions, via their design briefs in school and in professional practice. If Afrocentric architecture does not provide solutions to the people’s problem, then it is irrelevant, offers zero value to the community. For instance, the first pillar: culture. Students were asked to list some of the top problems they have with the way our homes are designed, or their communities were master planned. For Aesthetics, they were to list some of the unpleasant ways our buildings look, in terms of beauty, finishing, maintenance, the feeling they evoke visually. For spirituality, they were to identify some challenges they have with how faith-based practices impact the built environment, or how special sensitivities to religious practices were not being met in public spaces. For Materials, they listed some of the top issues they had with the type of materials, ease of use and cost of materials, and the negative impact on health and housing accessibility. And finally for community engagement, they articulated some of the ways they felt the community has been disengaged from participating in providing a safe, clean, affordable, creative neighborhood. For the exercise, they were to select one built environment listed and provide an African inspired solution, using either an example from their own cultural heritage, or from any other source from within the African Diaspora. Keynote lectures, group and individual activities where guided by CPDI Africa founder Nmadili Okwumbua, the event Partners and CPDI Africa team of cultural architects. The CPDI Africa EXPO Workshop and Excursion hosted 45 delegates and students from private architecture practices, universities throughout Nigeria, as well as the University of Amsterdam. Keynote lectures, individual and group workshop exercises were conducted, and the field trips to five Nigerian inspired built projects were completed. The educational content was innovative in its problem-solving approach. “The CPDI Africa EXPO was not only a life changing but also a soul unravelling experience for me. Walking around different spaces that reflected the culture, tradition, aesthetics and spirituality of my people, helped me fully understand my existence as a native within the ‘Nigeria environment’. For the first time in a long time, I felt excited for the future of Nigeria’s Architecture. The EXPO rekindled my passion to retell the stories of my people through Architecture…” Salimat Yewande Bakare, Eastern Mediterranean University “The CPDI Africa EXPO was nourishing – it was nourishing sharing a space with young like minded individuals so keen on absorbing knowledge on our roots. We were re-thinking and imagining our built environment in a way that called the past into our now, and the future into our present. I felt the power of what it means to say ‘this is possible, we can do this, we can do this now!’. I felt nourished at the prospect of a Beautifully designed Nigeria; the workshop highlighted the very collectivity and individuality of such a dream.” Chimira Obiefule, University of Amsterdam, Netherlands The important takeaways from the two-day exercise were the feedback from the delegates and students, speaking on how they will incorporate this research and way of thinking about architecture and urban design, into their individual projects. Their testimonials begin to show how they will use this knowledge to tackle heritage preservation, environmental protection and sustainable development from African centered perspectives. The most critical areas highlighted by the students was the improvement made in sacred spaces, and the cost saving implications of using locally sourced, standardized building materials. We will continue to host internships, workshops and excursions that bring this pedagogy to a larger audience, moving the sites to countries around Africa and the diaspora. Providing the Certificates in Afrocentric Architecture also helps to validate the scholarship, as we continue to promote its inclusion in the curriculums in our major architecture programs Africa wide. “CPDI Africa Expo "22 was probably the most exciting event I have attended this year, it was not just fun but educative as well, and an eye opener. Seeing a lot of architects or rather Afrocentric architects come together to discuss deep issues in the industry and how best to implement these discuss in our designs was probably the best part of the event. The community is growing, and I am glad to be part of it, 5yrs from now the community will be so large that one would wish he had joined sooner, I am certain of this. We just have to be true to ourselves, because Afrocentric Architecture lives in sincerity, and this expo has made me realize that.” Ikechukwu Godspower, University of Nigeria, Nuskka Previous Next

  • African Cities Insights I Startup lions campus

    < Back Startup lions campus Yoel Mukalay Start-up Lions Campus, located on Lake Turkana in Kenya, is an ICT center designed to provide high-level training and international job opportunities to young entrepreneurs. The project, completed in 2021, is built on 1,416m2 and celebrates the unique morphology and natural beauty of the site. The campus is built from locally sourced quarry stone with a plaster finish, incorporating ventilation towers to cool workspaces and create a landmark in the area. Located in Kenya and home to Lake Turkana, the country’s largest landlocked body of water and the biggest desert lake in the world, Turkana county is well-known to be a large expanse of beautiful yet arid land with low bushes and occasional trees. Termite mounds, buzzing with activity and up to several metres high, are dotted around the region’s gently undulating landscape. These structures built by terminates are what captivated and inspired Francis Kéré, the Berlin-based architect born in Burkina Faso, when I was researching the area of a sustainable education campus on the lake’s banks. During the Global Africa Forum organised by the Munich Technical University in 2019, Francis Kéré met Ludwig Bayern, founder and CEO of Learning Lions, a non-profit organisation that works to empower young adults in impoverished rural areas of Eastern Africa. The pair then decided to build a higher education facility by Lake Turkana, that would offer valuable IT knowledge to the country’s youth. Start-up Lions Campus is an information and communication technology (ICT) centre, located on the shores of Lake Turkana, Kenya. The project was designed on an area of 1 416m2. Completed in 2021, the project responds to the urgent challenge of youth in the face of unemployment facing the region, as it offers high-level training and access to international jobs, allowing young entrepreneurs to prosper professionally without having to leave their place of origin. The campus will provide 100 new workstations and is the first step in an ambitious spread of ICT networks in remote areas. The project celebrates the unique morphology and natural beauty of its site. It is built on two levels, which follow the natural slope and have spacious roof terraces that offer panoramic views over Lake Turkana. The roof terraces are shaded by creeping vegetation, providing a pleasant exterior and gathering spaces where opportunities for informal exchange of ideas are provided. The campus is built out of locally sourced quarry stone with a plaster finish. In choosing which materials and construction techniques to use, ecological sustainability, cost, and availability factors were weighed to arrive at the best compromise. Collaboration with the local community was key in this decision-making process, drawing from their experience and expertise. The building is inspired by the towering mounds built by termite colonies in the region. Ventilation towers create a stack effect to naturally cool main workspaces by drawing heat upwards, while cool air is drawn in through specially designed low-level vents. This system allows the campus to withstand high temperatures and is especially suitable, since it avoids dust that can damage the equipment. In addition to their functional role, the towers create a landmark in the surroundings. The campus is built from locally sourced quarry stone with a plaster finish. Materials were carefully chosen, and construction techniques could be used, and levels of ecological sustainability, cost factors and availability were weighed. Collaboration with the local community was key in this decision-making process. Previous Next

  • News: Les lauréats du concours "visions urbaines africaines" de l'African Cities Lab sont connus

    Le webinaire, construire un nouveau paradigme autour des villes africaines, était l’occasion de révéler les grands gagnants du concours de photographie et de vidéo organisé par l'African Cities Lab. < Back Les lauréats du concours "visions urbaines africaines" de l'African Cities Lab sont connus Le webinaire, construire un nouveau paradigme autour des villes africaines, était l’occasion de révéler les grands gagnants du concours de photographie et de vidéo organisé par l'African Cities Lab. Le 22 Fevrier 2024 le African Cities Lab a organisé un webinaire pour explorer un nouveau paradigme pour le développement urbain en Afrique. Avec 4 panelistes de haut niveau dont Nmadili Okwumabua, Issa Diabaté, Taman Mhoumadi et Mohamed Zoghlami les discussions ont permis de mettre en avant l'importance de l'intégration du secteur informel, la planification urbaine inclusive, le rôle de la jeunesse et la nécessité de repenser la gouvernance et l'éducation. Sous la modération de Leandry Jieutsa, les panelistes ont discuté de la nécessité de construire un nouveau paradigme en repensant la gouvernance urbaine pour une proximité accrue entre les citoyens et les autorités, en restructurant les curriculums éducatifs pour répondre aux besoins réels du continent, et en exploitant le potentiel des industries culturelles créatives. Ils ont appelé à une approche inclusive et durable de la planification urbaine, mettant l'accent sur l'importance de reconnaître les savoirs locaux et de favoriser l'engagement communautaire. Le webinaire était également l’occasion de présenter les lauréats du concours "Visions urbaines africaines" , mettant en lumière le lien entre les MOOC suivis sur la plateforme de l'African City Lab et les créations des participants. Les lauréats ont été récompensés pour leurs contributions créatives à la compréhension et à la représentation des défis et des opportunités urbaines en Afrique. Pourquoi un nouveau paradigme ? L’informel fait partie intégrante des villes africaines Taman Mhoumadi a ouvert la discussion en mettant en lumière l'importance du secteur informel en Afrique, notant que plus de 80% des emplois se trouvent dans ce secteur, qui s'est avéré durable au fil des ans. Elle a plaidé en faveur de l'intégration des méthodes du secteur informel pour garantir aux travailleurs l'accès à la protection sociale et à la sécurité financière. Elle est contre les efforts visant à éliminer ou à contrôler strictement le secteur informel, mettant en avant son rôle fondamental dans les villes et les économies africaines. Au lieu de cela, elle propose d'investir dans le secteur et de le soutenir pour faciliter sa formalisation, permettant aux travailleurs d'accéder à des avantages tels que la protection sociale. Il est ainsi pour elle important de comprendre les dynamiques internes du secteur informel pour développer des stratégies efficaces de sa formalisation, reconnaissant les efforts continus déployés par des organisations telles que l'Organisation internationale du travail à cet égard. Issa Diabaté partage cette perspective en soulignant l'importance de restructurer et d'intégrer l'économie informelle dans le cadre de l'urbanisme en Afrique. Il a souligné que cette approche n'est pas une question de faire sans, mais plutôt de fournir des aspects de protection sociale. Issa a également mis en lumière le défi de l'urbanisme hérité qui n'est pas toujours adapté aux environnements culturels africains. Il a discuté des différences entre l'urbanisme traditionnel et classique, en illustrant des exemples de villes africaines où l'urbanisme informel émerge et interagit avec les structures urbaines existantes. Planifier les villes africaines pour tous Nmadili Okwumabua a mis en avant l'imposition d'idéologies étrangères en matière d'urbanisme et la séparation résultante des classes socio-économiques, affectant le transport et la cohésion communautaire. Nmadili a plaidé en faveur d'une planification urbaine respectant la culture africaine, les traditions et la vie communautaire, en soulignant la nécessité d'une conception inclusive tenant compte des réalités de tous les résidents, et pas seulement des riches. Elle a partagé une anecdote personnelle sur le logement abordable pour souligner l'importance de comprendre les expériences vécues de tous les citoyens. En fin de compte, elle a appelé à un mélange de réalités africaines et de planification urbaine moderne pour créer des villes répondant aux besoins de chacun et favorisant l'équité sociale et la cohésion. Une jeunesse africaine décomplexée et digitale Pour Mohamed Zoglhami la jeunesse africaine a un rôle fondamental dans la fabrication de l'avenir urbain, soulignant leur décomplexité, leur digitalisation et leur rôle crucial en tant que force de proposition dans la réinvention des villes africaines. En tant que spécialiste des industries créatives numériques, Mohamed met en avant l'appropriation par cette jeunesse des technologies numériques et des imaginaires scientifiques pour projeter des visions innovantes de la ville. Il souligne également la solidarité et l'innovation dont ont fait preuve les jeunes pendant la pandémie de COVID-19, affirmant que leur créativité et leur agilité sont des atouts majeurs pour l'avenir de l'urbanisme en Afrique. Enfin, Mohamed évoque l'émergence d'incubateurs et d'initiatives publiques visant à soutenir l'innovation et la créativité des jeunes africains, soulignant le potentiel transformateur de ces industries créatives pour résoudre les problèmes urbains actuels. Comment construire ce nouveau paradigme ? Repenser la gouvernance urbaine en misant sur la proximité Les environnements ruraux sont souvent caractérisés par une gouvernance de proximité, où les habitants ont un lien direct avec leurs dirigeants, favorisant un comportement responsable et une forte implication dans la vie communautaire. En revanche, en milieu urbain, la gouvernance est souvent plus distante, ce qui peut entraîner un sentiment de déconnexion sociale et une dépendance accrue aux ressources financières. Issa met ainsi en avant la durabilité des modes de vie ruraux, où les habitants sont souvent autonomes dans leur subsistance et adoptent des pratiques respectueuses de l'environnement. Face à l'urbanisation croissante et aux défis socio-économiques, Issa appelle à repenser l'urbanisme et la gouvernance urbaine en rétablissant des liens de proximité entre les citoyens et les autorités, afin de créer des environnements urbains durables et inclusifs. Restructurer les curriculums pour répondre aux besoins réels du continent Lors de son intervention, Nmadili évoque les conséquences de la colonisation sur l'éducation en Afrique, soulignant que malgré l'indépendance, les pays africains ne contrôlent pas totalement leurs ressources ni leur développement. Elle met en lumière le décalage entre les curriculums enseignés et les besoins réels du continent, notamment en termes d'emploi. Elle plaide pour une réorientation de l'éducation afin de former des professionnels capables de répondre aux défis locaux. Nmadili insiste sur la nécessité de reconnaître et de valoriser les savoirs locaux, ainsi que sur l'importance de la communauté dans la résolution des problèmes. Elle appelle à repenser les modèles économiques pour construire des solutions adaptées aux réalités africaines. Exploiter le potentiel des industries culturelles créatives Pour Mohamed il est crucial de maîtriser le récit des villes africaines dans un contexte de mondialisation culturelle. Il a abordé l'attractivité des villes et leur soft power, mettant en lumière le rôle des industries culturelles et créatives dans ce processus. Mohamed a partagé des initiatives concrètes, telles que la création du premier metaverse africain, pour changer la perception de l'Afrique à l'échelle mondiale. Il a également présenté des projets innovants, comme les jumeaux numériques pour la modélisation urbaine, soulignant l'importance de l'engagement de la jeunesse africaine dans ces efforts. Taman rajoute l'importance de catalyser l'ingéniosité et la créativité des acteurs de la fabrique urbaine en Afrique. Elle a mis en avant l'utilisation de différentes formes d'art et de culture pour réaffirmer la narration propre à l'Afrique, tout en explorant des technologies ancestrales efficaces souvent perçues à tort comme obsolètes. Elle a également abordé le potentiel des solutions climatiques pour créer des emplois, soulignant la nécessité de sensibiliser les citoyens, développer un esprit entrepreneurial et fournir des connaissances techniques et administratives pour soutenir le développement durable et la croissance économique en Afrique. Issa a clôturé la discussion en soulignat l'importance de considérer la construction urbaine de manière globale, en mettant l'accent sur l'innovation et la transformation. Il a abordé la nécessité de repenser l'utilisation des matériaux locaux et de développer un lien industriel pour promouvoir des pratiques de construction durables. Issa a également plaidé en faveur d'une approche systémique plutôt que centrée sur les matériaux, mettant en avant l'importance de l'intégration des divers domaines de la vie urbaine, tels que la santé, l'alimentation et la construction. Il a souligné l'importance du récit dans l'orientation des politiques urbaines et a proposé une réflexion sur la notion de développement basée sur des critères locaux plutôt que sur des indicateurs occidentaux tels que le PIB. Enfin, Issa a évoqué un projet visant à reconstruire la ville à partir de ses fondamentaux, plutôt que d'imposer des modèles exogènes, soulignant ainsi la nécessité de repenser la planification urbaine à la lumière des enseignements tirés de la pandémie de COVID-19. Concours visions urbaines africaines Durant la deuxième partie du webinaire, Virginie Torrens a présenté l' l'African City Lab, lancée par six universités partenaires. Cette initiative vise à promouvoir le développement urbain en Afrique à travers une plateforme de formation en ligne offrant des cours gratuits sur divers aspects du développement urbain. Ces cours, développés par des spécialistes, abordent huit thématiques principales liées au développement urbain en Afrique. Depuis son lancement en octobre 2022, la plateforme compte actuellement 15 MOOC disponibles, avec l'objectif d'en proposer une vingtaine d'ici avril. En plus des cours en ligne, l'African City Lab organise diverses activités telles que des formations continues, des forums, des webinaires et des masterclasses. L'initiative vise également à créer une communauté d'apprenants et d'ambassadeurs, ainsi qu'à étendre son réseau de partenariats avec d'autres universités et institutions pour héberger davantage de contenu pertinent sur sa plateforme. Le webinaire a également été l’occasion de présenter les lauréats du concours “visions urbaines africaines”, un concours de photographie et de vidéos urbaines. Il met en lumière le lien entre les MOOC suivis sur la plateforme et les créations des participants. Catégorie photographie urbaine Premier prix: Léo Brenet Titre de l’œuvre: La dernière maille du filet "La dernière maille du filet" met en scène l'une des principales problématiques des villes africaines : la gestion des déchets. A la confluence du fleuve Sénégal et du Gorgol à Kaédi en période de crue, les eaux drainent les déchets amoncelés pendant plusieurs mois sur les berges qui viennent remplir les filets des pêcheurs de la ville qui s'improvisent alors, malgré eux, comme le dernier maillon d'un service informel de ramassage des déchets urbains. Les réflexions autour de la mise en place d'un service de gestion des déchets formel à Kaédi se sont multipliées ces dernières années sans jamais atteindre les résultats escomptés. Pourtant, une multitude d'acteurs informels oeuvrent chaque jour dans la ville pour l'enlèvement des déchets ménagers mais ne sont jamais intégrés aux projets communaux. MOOC suivit: La fabrique urbaine collective : idées et outils pour co-produire les villes africaines Deuxième prix: Babacar Diouf Titre de l’œuvre: La station du BRT et ses voies réservées Cette image est choisie parce qu'elle symbolise l'un des derniers projets phares du Gouvernement du Sénégal pour apporter un début de solution au problème de la mobilité urbaine de la capitale. C'est un projet de transport collectif structurant avec des bus 100% électriques qui desservent 14 communes avec 23 stations dont celle de Papa Gueye Fall que j'ai choisie pour ce concours d'images. Avec un gain de temps de 45mn entre la banlieue de Guédiawaye et le centre ville, ce système de transport ultra moderne peut faire voyager 300000 passagers/jour. Il s'agit donc d'un projet qui vient à son heure afin de hisser Dakar au même niveau que les grands centres urbains d'Afrique et de la sous-région. MOOC suivit: Articulation urbanisme - Mobilité pour une ville soutenable Catégorie Vidéo créative Premier prix: Michaela Solnicka Titre de l’œuvre: Tournettes La vidéo choisie parce qu'elle constitue une approche originale d'un mobilier urbain alternatif, d'une chaise tournante, d'ombres mobiles, de structures permanentes ludiques pas nécessairement considérées comme des terrains de jeux, destinées à tous sans distinction d'âge ou de classe sociale. Cela fonctionne bien et il a été installé pour renforcer la confiance au sein de la communauté. Un endroit pour se rapprocher sans aucun but commercial. MOOC La fabrique urbaine collective : idées et outils pour co-produire les villes africaines Deuxième prix: Hardi Salifu Titre de l’œuvre: The Tamale Urban Eye L'Œil de Tamale dévoile le charme unique de la capitale depuis une perspective aérienne. Tamale, qui s'étend sur 922 kilomètres carrés, est l'une des plus grandes métropoles du Ghana et connaît une croissance rapide dans la ceinture de savane guinéenne. Avec une population de 374 744 habitants et un taux de croissance de 3,6 %, Tamale est un point focal pour les cours en ligne ouverts et massifs (MOOC) sur le développement urbain. Les institutions de recherche, telles que le Centre africain des villes et l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne, peuvent exploiter les caractéristiques de Tamale pour une analyse approfondie. L'intégration de mesures socio-économiques dans les MOOC, en particulier dans les domaines du développement urbain durable et des espaces urbains habitables, peut répondre efficacement aux défis urbains urgents à Tamale, au Ghana et en Afrique. MOOC suivit: Introduction to new sanitation systems, economies and markets Previous Next

  • African Cities Insights I Une nouvelle vision du développement urbain au Sénégal à travers la ville intelligente

    < Back Une nouvelle vision du développement urbain au Sénégal à travers la ville intelligente Les villes intelligentes en Afrique offrent de nouvelles voies pour une transformation urbaine durable. Les réformes réglementaires permettent désormais aux autorités locales de créer des réseaux numériques, un changement qui soutient les partenariats public-privé (PPP), attire les investissements tout en favorisant des infrastructures partagées et en prévenant les monopoles. Diop Dieynaba, responsable du programme Ville Intelligente de Diamniadio, souligne la nécessité d'une adoption technologique adaptée qui respecte le contexte unique de chaque ville, plutôt que de copier des modèles étrangers. L'approche de Diamniadio démontre que le développement des villes intelligentes peut renforcer la durabilité, l'efficacité et le bien-être des citoyens lorsqu'il est en adéquation avec les besoins et les valeurs locales. Malgré des obstacles comme des ressources limitées et le scepticisme public, Dieynaba est convaincue que les villes africaines peuvent façonner leurs propres modèles urbains intelligents en favorisant l'innovation locale, en actualisant les réglementations et en adoptant les partenariats. La ville intelligente est un modèle de fabrique urbaine qui offre de nombreuses opportunités pour la transformation urbaine en Afrique Dakar, Senagal Leandry Jieutsa 2023 Le développement des technologies ouvre de nombreuses portes en matière de développement urbain, résilient inclusif et durable. La ville intelligente est une approche pertinente, car permettant de mettre en place des infrastructures, réseaux et services interconnectés. Diop Dieynaba Cheffe de cellule de la Smart city de Diamniadio et Responsable du programme Smart city de Diamniadio. En effet, les réseaux d’infrastructures d’une Smart city sont des supports de la gestion optimisée d’une ville et cela permet d’anticiper et de résoudre les lacunes et pannes. Ces infrastructures permettront le raccordement des principaux équipements de gestion d’une ville intelligente à commencer par les caméras de vidéoprotection nécessaires pour en faire une ville sûre, tous les capteurs pour les solutions intelligentes de services urbains et mobilité. La ville intelligente est un processus de structuration urbaine utilisant les nouvelles technologies pour apporter des solutions durables, intégrant les aspects économiques, sociaux et environnementaux. Elle repose sur l’usage de technologies avancées comme les capteurs, les réseaux, l'IoT et la blockchain, qui jouent un rôle central dans l'amélioration de la ville. Dans les villes Africaines, on a l’habitude de construire et de gérer de manière sectorielle, les réseaux, les voiries et les services de la ville. Maintenant avec la Smart city on peut avoir un seul noyau qui est le centre de pilotage pour superviser tous les services de la ville. Cependant elle ajoute que chaque ville doit s’approprier et contextualiser ces technologies. Chaque ville adapte les technologies selon ses besoins spécifiques, en fonction de son identité et de ses priorités en aménagements numériques. Par exemple, au Sénégal, la ville nouvelle de Diamniadio, actuellement en cours d'aménagement, nécessite d'abord le développement d'infrastructures de base telles que la fibre optique, les réseaux Wi-Fi, et l'IoT pour supporter des solutions numériques. À Dakar, en revanche, le focus n'est pas principalement sur les infrastructures, mais sur des projets numériques facilitant la vie des citoyens, tel que des applications pour la mobilité, le covoiturage, et la gestion du trafic. Des start-up sénégalaises développent aussi des solutions innovantes pour répondre aux besoins spécifiques de la population. Ainsi, le concept de ville intelligente, ou Smart City, est aujourd’hui l’outil le plus adapté pour accompagner le développement des villes africaines en croissance. Il permet d'améliorer les conditions de vie des citoyens grâce au déploiement de solutions numériques et d'encourager l'intégration des nouvelles technologies dans un contexte de développement urbain. La ville intelligente de Diamniadio s’appuie sur l'Internet des objets pour optimiser la gestion urbaine à travers des infrastructures connectées La planification urbaine est un processus très complexe et implique plusieurs compétences et métiers. Par conséquent il faut digitaliser le processus et mettre en réseau tous les acteurs pour une meilleure transversalité. Smart City Diamniadio Les nouvelles technologies vont apporter des solutions innovantes dans la collecte des données, la prise de décision, travailler sur la modélisation des processus urbains. L'introduction du numérique dans la planification de ville vise notamment à ajuster et optimiser au mieux la consommation des ressources : énergie au niveau de la distribution électrique avec les smarts grids, consommation du réseau d’éclairage public, optimisation du traitement des déchets solides et liquides, gestion des réseaux d’eau. L'Internet des objets (IoT) joue un rôle central dans ce que nous mettons en place pour la ville intelligente de Diamniadio. Nous misons sur des réseaux en fibre optique, le Wi-Fi, et le IT, car l'IoT permettra de développer diverses solutions pour la gestion urbaine. Le projet Smart City de Diamniadio vise à créer une ville intelligente, durable et résiliente, en appuyant le développement d'infrastructures de connectivité mutualisées telles que la fibre optique, le réseau mobile et le Wi-Fi public. Cette approche permettra des usages numériques massifs et innovants. En parallèle, l'IoT facilitera la gouvernance numérique et la gestion des services publics, avec une unité centrale assurant la coordination des données en temps réel pour des solutions de sécurité (vidéoprotection) et de gestion de la mobilité urbaine. Diamniadio va devenir une référence dans la gestion des villes au Sénégal et en Afrique de l’Ouest. Cette gestion Smart permettra une maîtrise des coûts de fonctionnement, d’optimiser les temps de trajet et donc de réduire la pollution, et grâce à ses services et infrastructures, d’attirer un plus grand nombre de citoyens. Diamniadio se distingue par une approche intégrée combinant plusieurs fonctions incluant administration, évènementielle, éducation, industrielle, résidentielle et loisirs. La ville héberge 16 ministères décentralisés et la deuxième université du Sénégal, l’Université Amadou Mahtar Mbow, prévue pour accueillir environ 30 000 étudiants. Le marché d’intérêt national et la gare des gros porteurs, la maison des Nations Unies, des programmes immobiliers etc... Des capteurs intelligents seront installés pour optimiser la gestion de la mobilité et du stationnement et des services urbains, notamment dans la gestion des cas d’usages gestion des incendies, des inondations, des bacs à ordures, le trafic, l’éclairage public, la gestion numérique de l’assainissement en renforçant ainsi l'efficacité des infrastructures et la sécurité des citoyens. Pour faciliter l’interaction entre l’administration, les citoyens et les entreprises locales, une application numérique sera développée, offrant un accès en temps réel à des informations essentielles. Ce projet s'appuie sur le numérique pour non seulement répondre aux besoins des usagers en matière d’énergie, d’eau, d’assainissement, de mobilité et de gestion des déchets, mais aussi pour piloter le développement du Pôle urbain de manière durable et moderne. Mettre en place une infrastructure de fibre optique pour soutenir le développement rapide de la ville intelligente de Diamniadio Diamniadio, Hub technologique en pleine croissance au Sénégal, accueillent des infrastructures de pointe comme le parc technologique numérique, les datacenters de Sénégal Numérique SA. des bâtiments intelligents, tels que la Maison des Nations Unies et les sphères ministérielles, le Stade Abdoulaye Wade, le centre des Expositions de la SOGIP, le CICAD, Centre de Conférence Abdou DIOUF, l’Hôtel Radisson Diamniadio etc… illustrent la modernité de la ville. Dakar Arena de Diamniadio ajoute également à cette dynamique, visant à faire de Diamniadio un centre moderne et attractif. Face à la demande croissante de solutions technologiques que posent ces infrastructures et les entreprises, installées sur le site, un inventaire des besoins a été réalisé pour structurer l’aménagement numérique. Innovation – Le Sénégal inaugure officiellement son super calculateur, by prodpafrica Le déploiement de la fibre optique est un élément structurant de cette transformation. C’est dans cette optique qu’est mis en place un projet de connectivité en Fibre, Wi-Fi et IoT dans toute la ville. Ce projet, prévu pour fin 2024, offrira une couverture réseau mutualisée et partagée par les opérateurs aux logements, entreprises, administrations et établissements publics, garantissant une accessibilité équitable. La Délégation générale à la Promotion des Pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose (DGPU) développe également un projet destiné à améliorer la sécurité et la gestion de la ville en temps réel. Ce projet géré avec le Ministère de l’intérieur, inclura l’installation de 700 caméras de vidéoprotection, des capteurs intelligents pour l’éclairage, la gestion des feux tricolores et des espaces verts, et une plateforme d’intelligence artificielle pour surveiller les embouteillages, détecter les déchets et prévenir les fuites d’eau. Grâce à un data center sécurisé, cette infrastructure permettra une gestion proactive des données. L’IoT sera mobilisé pour surveiller l’eau, la qualité de l’air, et la consommation électrique, assurant une efficacité énergétique, une sécurité accrue et un cadre de vie amélioré, positionnant Diamniadio comme un modèle de ville intelligente et durable. Enfin, pour garantir une exploitation efficace des solutions technologiques, une formation à la gestion des solutions cloud et des données sera offerte aux futurs opérateurs du centre de supervision de la ville. Ce centre jouera un rôle crucial dans la supervision des infrastructures, facilitant la maintenance proactive des services urbains tels que l’eau, l’air, et l’énergie. Les capteurs permettront, par exemple, de détecter rapidement les fuites d’eau ou les pics de pollution, contribuant ainsi à améliorer la sécurité et le bien-être des citoyens de Diamniadio. Le Partenariat Public-Privé pour soutenir une transformation urbaine qui optimise les ressources et favorise la transformation numérique des territoires Le Partenariat Public-Privé (PPP) joue un rôle structurant dans le développement du projet de ville intelligente de Diamniadio, en impliquant un éventail d’acteurs publics et privés. Ce modèle novateur s’articule autour de l'implication de divers acteurs, parmi lesquels figurent la Présidence de la République, plusieurs ministères (dont celui de l'Économie, du Plan et de la Coopération par le biais de l’Unité Nationale d’Appui aux PPP (UNAPPP) et celui de la Communication des Télécommunications et du Numérique, et du Ministère de l’intérieur), ainsi que des régulateurs comme l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) et l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP). Le Cabinet Tactis, en tant que mission d’assistance à la maîtrise d’ouvrage (AMO), accompagne la DGPU dans la coordination de ce projet complexe qui mobilise des ressources financières et technologiques issues du secteur privé sous la supervision étatique. L'initiative a aussi nécessité une approche pragmatique d’intégration des opérateurs privés afin de maximiser les investissements tout en permettant à l'État de gérer les remboursements sur une période définie. On est en train de finaliser deux PPP sur le projet Smart city Diamniadio, un PPP doit nécessairement être réalisé par une entreprise dédiée à cet effet SPV (Société dédiée pour réaliser le PPP) qui doit avoir un actionnariat majoritairement sénégalais, les entreprises étrangères peuvent avoir leur place, mais n’auront pas la majorité, ce sont les textes. Le PPP s’est imposé dans le cadre de la Smart City de Diamniadio, à la suite de recommandations formulées lors des séries ateliers de co contstruction de la vision en octobre 2021, par la suite, le principe des deux PPP a fait l’objet d’une validation dans le cadre d’ateliers de validation organisés les 15 et 16 novembre 2022 auxquels participaient divers partenaires comme le MCTN, l’ARTP, l’UNAPPP, la DCMP et la SENUM où les parties prenantes ont mis en avant la pertinence de ce modèle pour répondre aux exigences techniques et financières du projet. Atelier de validation de l'étude d'assistance à maîtrise d'ouvrage du projet Smart City Diamniadio En effet, la complexité du déploiement d’infrastructures telles que la fibre optique, combinée aux compétences limitées de l’État en la matière, a incité l’Unité Nationale d’Appui aux Partenariats Public-Privé (UNAPPP) à adopter une approche de dialogue compétitif. Ce processus a permis de rassembler les opérateurs privés nationaux, candidats à l’appel d’offres dotés des licences et de l’expertise nécessaires pour structurer un réseau de connectivité. Bien que la concurrence ait été limitée par les exigences réglementaires, cette méthodologie a permis d’engager les opérateurs télécoms nationaux tout en maintenant un cadre ouvert pour les sociétés infrastructures de fibre optique, ce qui a permis d’extraire les réseaux mobiles de l’appel d’offres, afin de faciliter une participation plus large. Le modèle PPP Diamniadio une ville connectée, connectivité ne vise pas seulement à optimiser les ressources pour le déploiement de la fibre optique et des infrastructures de communication, mais il sert aussi à garantir une gestion partagée et mutualisée des infrastructures, évitant ainsi les monopoles privés. Au Sénégal, où les opérateurs de télécommunications dominent traditionnellement le déploiement des réseaux, le PPP à Diamniadio offre un modèle de réseau public partagé qui permet à chaque opérateur de participer au développement tout en évitant un monopole d’un acteur unique. Le choix d’un modèle de réseau mutualisé permet ainsi de maintenir une concurrence saine et de conserver une vision équilibrée pour la Smart City. Dans un contexte africain où les opérateurs maîtrisent souvent les réseaux et le déploiement de la fibre, nous avons découvert que nous pouvions mettre en place un réseau Fibre optique public mutualisé, partagé entre opérateurs. La DGPU supervise la mise en place de deux principaux PPP : le premier, orienté vers la connectivité, couvre l’installation d’un réseau de fibre optique, de Wi-Fi public et d’IoT, et le second PPP : Diamniadio une ville sure, intelligente et durable, se concentre sur le déploiement de solutions matérielles et logicielles permettant un pilotage en temps réel de la ville. Outre les aspects techniques, le projet Diamniadio bénéficie également de l’apport financier des partenaires privés, lesquels permettent à l’État de réduire les coûts initiaux en se concentrant sur un modèle de remboursement échelonné. Ce cadre de PPP permet à l'État d’éviter un endettement direct tout en assurant le financement de technologies et infrastructures avancées. Cette approche est un modèle économiquement viable qui peut inspirer d’autres villes en Afrique de l’Ouest. Cette démarche permet de contrôler l'infrastructure et de réduire les risques de monopole privé, un enjeu crucial dans le développement de villes intelligentes. Le contrôle des infrastructures et des données reste un défi majeur, mais cette approche mutualisée nous offre une meilleure maîtrise du projet. En favorisant un environnement de gouvernance partagée, le PPP Diamniadio, une ville connectée pour la Smart City de Diamniadio crée un écosystème où l’innovation technologique et la durabilité se rejoignent pour faire de Diamniadio un modèle de ville intelligente, adapté aux besoins contemporains et aux attentes de croissance du Sénégal. Ce n'est pas un simple marché, car le PPP connectivité de Diamniadio concerne ici un vaste déploiement sur 1,644 hectares, soit environ quatre fois la taille du centre-ville de Dakar, dans le pôle urbain de Diamniadio. Il était essentiel de garantir la concurrence pour ne pas confier ce projet à un seul opérateur sans appel d’offres, ce qui n’aurait pas servi l’intérêt général. Une réforme des cadres réglementaires est essentielle pour le développement des villes intelligentes en Afrique, car elle crée un environnement favorable à l'innovation Les cadres actuels, souvent rigides et inadaptés, limitent l'innovation. Un cadre réglementaire modernisé encourage les investissements en clarifiant les attentes pour les entreprises et les investisseurs. En permettant des partenariats public-privé et des collaborations avec des acteurs internationaux, ces réformes facilitent l'accès aux technologies et au financement nécessaires. En outre, elles renforcent la transparence et la responsabilité, éléments cruciaux pour bâtir la confiance des citoyens envers les initiatives de ville intelligente. C’est le moment de la rupture sur nos façons de planifier, de concevoir et d’habiter nos villes, cependant une mise à jour des savoirs est nécessaire pour mettre en phase le développement de ce processus avec l’évolution de nos villes. Au Sénégal, il était initialement impossible pour les collectivités locales de déployer leur propre réseau de fibre optique, cette prérogative étant réservée aux opérateurs télécoms. Cependant, un décret du 7 juillet 2022 a permis aux collectivités d’aménager des réseaux de fibre afin de développer des villes intelligentes, une initiative qui n'existait pas auparavant au Sénégal. Cette réglementation a ouvert de nouvelles possibilités et a été un catalyseur pour Diamniadio. Dans le Plan d’actions de la Stratégie Sénégal Numérique 2025 (SN 2025), il est prévu dans l’action 624, la DGPU est chargée de la mise en place d’une Ville Numérique sur l’Axe Diamniadio- Sébikotane, Diass et Lac Rose avec le Ministère. Avec l'appui du ministère des Télécommunications et du régulateur, un guichet unique a été créé pour accompagner la DGPU dans la gestion et le partage des réseaux à Diamniadio. Cette évolution a marqué un tournant : désormais, les opérateurs doivent suivre les directives de l'État et des collectivités locales avant de procéder à l’installation de leurs infrastructures, notamment dans les grandes villes. Les maires, souvent peu informés de ces changements, doivent encore prendre conscience de leurs nouvelles responsabilités, et il est essentiel que les réglementations évoluent pour donner aux collectivités locales davantage de pouvoir et de flexibilité afin de répondre aux enjeux de développement numérique. De plus, l'UNAPPP a mis en place de nombreux arrêtés pour soutenir les PPP et accompagner l'activité locale ainsi que les entités publiques. L'ARTP mène également des réformes pour promouvoir le partage de réseaux, mettant fin au déploiement anarchique. Sur Diamniadio on a travaillé sur une stratégie de partage de réseau pour le projet de connectivité de Diamniadio, le projet sera financé par un opérateur gestionnaire unique (SVP), il se chargera de la conception, le déploiement des réseaux, l’exploitation et commercialisation du réseau sur une durée de 18 à 20 ans, puis transférera sa gestion à la DGPU, assurant ainsi la propriété nationale. I l est indispensable de surmonter les défis de la transformation digitale en Afrique pour bâtir des modelés endogènes de villes intelligentes qui répondent aux réalités locales Il existe une résistance marquée au refus du changement et un scepticisme généralisé. L'innovation technologique est souvent perçue comme une idée éloignée des réalités quotidiennes africaines, où les problèmes liés à l'eau, à l'électricité et à la salubrité demeurent criants. Cette mentalité, ancrée dans les modèles urbains traditionnels, limite l'acceptation des nouvelles technologies et freine l'adoption de pratiques plus modernes et durables, rendant difficile la transition vers des villes intelligentes. Le manque de ressources financières et de compétences spécialisées constitue un autre obstacle majeur. La transformation vers des Smart Cities requiert des investissements importants, mais aussi des experts en urbanisme et en technologies numériques, qui font souvent défaut. Cette insuffisance de compétences entraîne des difficultés pour concevoir, déployer et gérer les infrastructures intelligentes, ajoutant des complexités à la mise en œuvre des projets et limitant leur impact potentiel. Par conséquent, les villes africaines se retrouvent souvent dépendantes de soutiens externes pour avancer vers le numérique. A cela s’ajoute, le défis de la réalisation des voiries et réseaux divers (VRD) intelligents, qui intègrent les infrastructures d’accueil (fourreaux, chambres, galeries techniques) pour le passage de la fibre. Ces infrastructures d’accueil de la Smart city sont réalisées concomitamment aux opérations de VRD sans ces derniers il n’aura pas de Smart cities (villes intelligentes). Cependant ces défis ne doivent pas empêcher l’innovation et freiner la dynamique de transformation urbaine dont a besoin le continent. Certes, il y a des défis liés aux infrastructures et aux ressources, mais je suis convaincue que nos villes peuvent évoluer vers ce que nous voulons en faire. Le président de la République a initié le projet de Diamniadio dans l'optique de rompre avec les déficits d’urbanisation des villes sénégalaises, marquées par un manque de planification et des quartiers dortoirs sans activité économique, sans voirie ni services d'assainissement. Les villes Africaines de demain doivent être durables, résilientes et faire l’objet d’une véritable planification numérique globale au moment de leur construction pour les villes nouvelles. Pour les villes existantes, travailler sur le développement de solutions technologiques adaptées aux besoins des citoyens. Il est crucial de répondre aux idées reçues selon lesquelles l'Afrique serait ‘’en retard’’ ou incapable de réussir dans le domaine des villes intelligentes. Certains pensent qu'il suffirait de transposer des modèles étrangers pour résoudre nos défis, mais ce n'est pas la solution. Chaque ville a son propre territoire, son identité et ses besoins spécifiques. Nous devons concevoir et planifier nos villes en tenant compte de nos moyens, de nos besoins spécifiques et de nos projections futures. Il n'est pas réaliste de demander à des acteurs étrangers de résoudre nos problèmes urbains. L'initiative doit venir de nous, les Africains. Nous devons porter notre propre vision et adapter la modernité et les technologies aux réalités locales» Previous Next

  • Africityshoot: Saint Louis

    Saint Louis, often referred to as Ndar in Wolof, is one of Senegal's most historically significant cities, located in the northwest part of the country near the mouth of the Senegal River. Founded in 1659 by French colonialists, it was the first French settlement in Africa and served as the capital of French West Africa before Dakar. Renowned for its distinctive colonial architecture and vibrant cultural scene, Saint Louis is listed as a UNESCO World Heritage site. The city is famous for its annual Jazz Festival, attracting music enthusiasts globally. Its economy primarily revolves around fishing, tourism, and education, with a rich cultural heritage deeply embedded in its society. Saint Louis Saint Louis, often referred to as Ndar in Wolof, is one of Senegal's most historically significant cities, located in the northwest part of the country near the mouth of the Senegal River. Founded in 1659 by French colonialists, it was the first French settlement in Africa and served as the capital of French West Africa before Dakar. Renowned for its distinctive colonial architecture and vibrant cultural scene, Saint Louis is listed as a UNESCO World Heritage site. The city is famous for its annual Jazz Festival, attracting music enthusiasts globally. Its economy primarily revolves around fishing, tourism, and education, with a rich cultural heritage deeply embedded in its society.

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