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  • African Cities Insights I La Pépinière urbaine d’Antananarivo: concevoir des aménagements de proximité avec les habitant.e.s

    < Back La Pépinière urbaine d’Antananarivo: concevoir des aménagements de proximité avec les habitant.e.s Clémentine Laratte Warde; Rina Soafara; Olivier Bedu Antananarivo, capitale et principal pôle économique de Madagascar, connaît une urbanisation rapide et peu maîtrisée. Cette dynamique exerce une forte pression sur les infrastructures et accentue des déséquilibres socio-spatiaux. L’extension informelle et la densification des quartiers périphériques se traduisent par un habitat précaire, la réduction des espaces collectifs et l’aggravation des inégalités. Les rares espaces ouverts jouent un rôle social crucial mais sont fortement disputés entre groupes sociaux et activités, fragilisant leur fonction inclusive, notamment au détriment des populations vulnérables. Parallèlement, la congestion routière chronique et la dégradation des infrastructures piétonnes limitent fortement la mobilité, alors même que plus de 70 % des habitants recourent à la marche pour leurs déplacements quotidiens. Face à ces défis la « Pépinière Urbaine d’Antananarivo » porte une démarche expérimentale d’aménagement participatif sur des espaces publics et des aménagements de mobilité douce. Mise en œuvre par le Gret et Cabanon Vertical en partenariat avec la Commune Urbaine et financée par l’Agence française de développement, elle constitue un projet pilote visant à expérimenter des micro-aménagements conçus avec les habitant.e.s. Le projet adopte une approche fondée sur la co-construction avec les usagers et l’inclusion des groupes sociaux vulnérables, afin de promouvoir la cohésion sociale et des pratiques innovantes de gestion des communs urbains. En associant étroitement les autorités locales, la PUA vise à garantir la durabilité des interventions et à constituer un modèle reproductible pour les interventions urbaines futures. Une ville confrontée à de nombreux défis, mais qui manifeste une volonté de construire la ville différemment Antananarivo une ville dense. Par LARATTE, 2025 L’agglomération d’Antananarivo absorbe la majorité des nouveaux habitants urbains et concentre près de la moitié de la population urbaine de Madagascar. La capitale connaît une croissance démographique rapide, avec un taux annuel de +4,9 %. L’aire urbaine rassemble aujourd’hui plus de 3,5 millions d’habitants, contre 175 000 en 1950. Cette dynamique, liée au rôle économique central de la capitale – où se concentre environ 40 % du PIB national – exerce une pression croissante sur les infrastructures et les réseaux urbains. La congestion routière, déjà importante, s’accentue d’année en année et constitue un enjeu majeur pour le développement futur de la ville. La croissance urbaine d’Antananarivo se traduit par une extension souvent informelle et mal planifiée des quartiers périphériques. La forte pression foncière favorise l’essor d’un habitat précaire, au détriment de l’espace collectif, limitant les lieux de rencontre, de repos et de circulation piétonne. L’absence de régulation foncière et d’aménagement adapté accentue les inégalités spatiales. Les quartiers populaires des 2e, 3e, 5e et 6e arrondissements, où se concentre une grande partie de la population à faibles revenus, incarnent particulièrement cette densification spontanée et la disparition des «espaces de respiration» urbains. À Antananarivo, comme dans de nombreuses villes africaines, coexistent des espaces publics formels (parcs, stades, places de marché) et des espaces vacants, souvent en friche ou utilisés comme dépotoirs, mais parfois spontanément investis par différents groupes pour des usages sportifs, culturels, sociaux ou commerciaux. La complexité foncière de ces terrains limite leur valorisation mais en fait des lieux de rencontre stratégiques, particulièrement dans les quartiers populaires denses. Compte tenu de la configuration des logements, souvent limités à une pièce par ménage, l’essentiel du temps libre se passe dans l’espace public. Leur rareté engendre une forte compétition entre groupes sociaux et activités, créant des inégalités dans l’accès et la jouissance de ces espaces, souvent au détriment des populations vulnérables (femmes, personnes âgées, enfants, minorités culturelles ou ethniques). Ces lieux jouent néanmoins un rôle majeur dans la cohésion sociale, favorisent les dynamiques collectives et apparaissent comme des leviers d’intégration sociale. Les effets de l’urbanisation non maîtrisée se répercutent directement sur les conditions de circulation, marquées par des embouteillages chroniques et une insuffisance des transports en commun. La mobilité quotidienne est difficile et dangereuse, en particulier pour les usagers non motorisés. Alors que plus de 70 % des Tananariviens ont recours à la marche dans leurs déplacements quotidiens, les infrastructures piétonnes sont souvent dégradées ou occupées par des marchands et des véhicules en stationnement. La Commune Urbaine d’Antananarivo (CUA), compétente en matière de planification urbaine, souhaite expérimenter des approches différentes pour la mise en œuvre des projets urbains et l’aménagement d’espaces publics. Consciente des limites des approches classiques de sensibilisation, elle souhaite faire évoluer ses pratiques en associant d’avantage les habitants de la conception à la gestion. Mettre en valeur la maîtrise d’usage et l’inclusion des divers usagers, et encourager la co-gestion entre les usagers et les autorités locales La démarche des pépinières urbaines place les habitants au centre des réflexions et des actions en mobilisant des méthodes sensibles aux usages et aux expériences des habitants, la « maitrise d’usage ». Cette approche pragmatique et ascendante permet d’innover vis-à-vis d’interventions classiques où les solutions émergent d’analyses réalisées par des techniciens. Elle permet plus largement de mobiliser les populations et les encourager à davantage s’investir dans le bon usage et l’entretien des aménagements. A Antananarivo, une stratégie genre a été formulée et une attention particulière a été apportée à l’inclusion des différentes catégories d’usagers. Lors du diagnostic, des consultations ont été organisées pour faire émerger les besoins spécifiques des femmes et des jeunes et les traduire dans les propositions d’aménagements. Un fond d’appui a été mis en place pour appuyer l’organisation d’activités favorisant la mixité des usages et des publics, notamment portées par des associations de jeunesse, sportives et des collectifs féminins. Des formations en entreprenariat et des ateliers sur le leadership féminin et l’égalité des genres ont été organisés pour explorer la confiance en soi et déconstruire les stéréotypes. Parallèlement aux chantiers de travaux, des comités de gestion sont constitués sur chaque site en impliquant des acteurs représentatifs des usagers et les autorités publiques. Les rôles et responsabilités de chaque partie prenante dans l’entretien et la maintenance des sites sont définis dans des conventions de cogestion. Ses membres font formés et accompagnés en vue d’assurer leurs responsabilités dans la durée et de mobiliser des financements dédiés à la gestion du site. Les agents municipaux sont associés à toutes les activités en vue de favoriser l’appropriation de cette démarche par la CUA et sa dissémination dans d’autres interventions urbaines. Des infrastructures améliorées et renforcées, des sites plus attrayants pour les femmes, les enfants et les personnes âgées, ainsi que des usagers plus responsables Dans les deux premiers sites aménagés (Andraisoro et Mandroseza), les espaces publics étaient traditionnellement fréquentés par une population majoritairement masculine, autour des terrains de basket et de pétanque. Cette situation limitait l’accès des femmes, des enfants et d’autres groupes, qui percevaient ces lieux comme peu accueillants ou peu adaptés à leurs besoins. L’intervention de la Pépinière Urbaine a visé à transformer ces sites en véritables espaces communs, favorisant la mixité sociale et générationnelle par des aménagements inclusifs, la diversification des usages et une gouvernance partagée. Les aménagements réalisés sur les deux sites ont transformé ces lieux en espaces plus sûrs, accessibles et confortables pour une diversité de publics. Avant (2022) et après (2025) les transformations d’Andraisoro. Par BEDU Les besoins des femmes, des enfants et d’autres groupes ont été intégrés à travers l’ajout d’infrastructures adaptées : gradins ombragés, pare-ballons, aires de jeux sécurisés pour enfants, fresques décoratives. Ces évolutions ont ouvert la voie à de nouveaux usages spontanés – repos, prises de selfies, tournages de clips, jeux de société, lecture, danse – et renforcé le caractère inclusif des sites Cette transformation a été amplifiée par l’accompagnement d’une vingtaine d’associations locales dans le cadre du fonds d’appui, permettant d’organiser à Andraisoro une dizaine d’animations ponctuelles et des activités récurrentes telles que des tournois d’échecs, cours de zumba, foires de crochet, formations à la pâtisserie et au charbon écologique. Cette offre élargie attire des publics plus variés : la fréquentation féminine a progressé de 20 % avant-projet à 35–45 % selon les jours et activités. Les enfants représentent jusqu’à 50 % des usagers lors des animations, et les seniors occupent désormais les zones de repos ombragées. Les femmes s’investissement davantage dans l’organisation d’activités et portent des initiatives. Cette dynamique favorise de nouvelles interactions sociales: solidarités entre parents, échanges intergénérationnels, événements collectifs. Le partage des espaces se fait par la négociation et l’entente, réduisant tensions et conflits d’usages notamment entre sportifs et marchandes. Avant (2022) et après (2025) les transformations de Mandroseza. Par BEDU La gouvernance participative des sites a également permis d’instaurer des formes de co-responsabilité entre usagers, associations et municipalité. À Andraisoro, le comité de gestion compte une participation féminine encore minoritaire mais réelle (2 femmes sur 6) et la mixité est inscrite dans le règlement intérieur. Ses membres assurent l’entretien et la régulation des usages, et les initiatives locales de nettoyage et de sensibilisation se sont multipliées. 100% des usagers interrogés déclarent vouloir prendre soin des équipements. Ces dynamiques traduisent un changement progressif dans la perception et l’appropriation des espaces publics. La CUA note un intérêt croissant des jeunes pour être impliqués dans la gestion des espaces publics, ouvrant la voie à la dissémination de la démarche dans d’autres quartiers. Les deux sites confirment le rôle central des espaces publics dans la cohésion sociale. La comparaison entre Andraisoro -où les activités du fonds d’appui ont été déployées- et Mandroseza – où ces activités sont en cours de préparation - souligne l’importance d’articuler aménagements, animation et gouvernance inclusive pour transformer durablement l’espace public en commun urbain. Diversité des usages et des utilisateurs sur le site Mandroseza. Par BEDU 2025 La Pépinière urbaine démontre que les approches participatives et expérimentales peuvent transformer durablement la fabrique des villes africaines L’expérience de la PUA illustre le potentiel des approches participatives et expérimentales dans le contexte africain marqué par une urbanisation rapide et souvent non maîtrisée. En redonnant une place centrale aux habitant.e.s, ce projet contribue à la réhabilitation des espaces publics comme leviers de cohésion sociale, d’inclusion et d’innovation urbaine. L’émergence de formes de co-gestion entre habitant.e.s, associations et municipalité souligne également un changement dans la perception et l’appropriation des communs urbains. Les dynamiques initiées restent toutefois fragiles et méritent d’être accompagnées pour s’ancrer durablement dans les perceptions et pratiques. Des défis demeurent, notamment en matière de sécurisation foncière dans un cadre juridique complexe. En effet, la PUA avait initialement prévu de travailler sur des terrains domaniaux mais les efforts de médiation engagés avec les propriétaires fonciers pour l’établissement des conventions d’occupation n’ont pas abouti et les sites ont dû être abandonnés au profit de sites appartenant à la CUA. Ces obstacles révèlent l’importance d’un dialogue renforcé entre acteurs publics et privés pour inscrire ce type d’initiative dans les pratiques locales. L’enjeu est désormais de consolider ces acquis et de faire de la Pépinière urbaine un modèle reproductible, non seulement pour Antananarivo mais aussi pour d’autres villes malgaches et africaines. Une question clé reste ouverte : comment institutionnaliser et financer ces démarches tout en préservant leur caractère inclusif et expérimental ? La version complète du magazine est accessible ici Télécharger l’article complet clementine-magazine-african_cities_magazine_6_francais-20260118 .pdf Download PDF • 5.15MB Previous Next

  • Africityshoot: Addis Ababa-Ethiopia

    Addis Ababa, the capital city of Ethiopia and the diplomatic centre of Africa, embodies a 130 years of development history that contributes to its current socio-spatial features. African Union Headquarters, Addis Ababa grew from a settlement of an estimated 15,000 people in 1888 to more than 3.6 million in 2020. According to the Central Statistical Agency, the population is estimated to surpass 5 million in 2036. Public transportation is through public buses or blue and white share taxis, locally known as "blue donkeys". The taxis are usually minibuses that can sit at least twelve people. This photo series presents some shots of the city center of this magnificent capital of East Africa with images of the city center in full transformation, modern architecture, public and green spaces in an urban atmosphere mixing street shops, shoe shiners stroller shoes, etc. Addis Ababa-Ethiopia Addis Ababa, the capital city of Ethiopia and the diplomatic centre of Africa, embodies a 130 years of development history that contributes to its current socio-spatial features. African Union Headquarters, Addis Ababa grew from a settlement of an estimated 15,000 people in 1888 to more than 3.6 million in 2020. According to the Central Statistical Agency, the population is estimated to surpass 5 million in 2036. Public transportation is through public buses or blue and white share taxis, locally known as "blue donkeys". The taxis are usually minibuses that can sit at least twelve people. This photo series presents some shots of the city center of this magnificent capital of East Africa with images of the city center in full transformation, modern architecture, public and green spaces in an urban atmosphere mixing street shops, shoe shiners stroller shoes, etc.

  • African Cities Insights I Charging Ahead: Africa's Bright Future in Electric Mobility

    < Back Charging Ahead: Africa's Bright Future in Electric Mobility This interview explores the impact of electric mobility in Africa. As the vehicle fleet expands, Ariadne Baskin from TUMI highlights challenges such as charging infrastructure, electricity accessibility, and vehicle costs. Yet, Africa presents significant opportunities for the growth of electric mobility, boosting employment and local production. The transport sector in Africa accounts for approximately 10% of Africa’s greenhouse gas emissions Africa's vehicle fleet is expanding rapidly from about 25 million to 56 million by 2040 and this is largely because of growing urbanization as well as larger household incomes. This puts a strain on both the environment and public health. To tackle these challenges, the adoption of electric mobility has emerged as a potential solution. Electric vehicles (EVs) produce zero emissions enhancing air quality and reducing greenhouse gas emissions (GHG). Moreover, they offer greater efficiency and potential fuel cost savings compared to gasoline-powered vehicles. However, the widespread adoption of EVs in Africa faces several challenges. As Ariadne Baskin, a mobility expert at the Transformative Urban Mobility Initiative (TUMI), elaborates. "The lack of charging infrastructure, the need to scale electricity coverage, affordability and the lack of regulatory measures and favorable incentives are major challenges facing E-Mobility in Africa,” she says. Africa could become a dumping ground for used and damaged internal combustion engines from around the world “It's very pivotal that we start now so that we are able to leapfrog and join the global trend moving towards EVs and not become the world's dumping ground.” The lack of access to electricity is a major obstacle, with only 43% of Africans currently having access to reliable power, according to the World Bank. This limitation makes it challenging to charge EVs in many parts of the continent. Additionally, the high cost of EVs, averaging around $20,000, places them beyond the financial reach of many individuals. Furthermore, the scarcity of charging infrastructure in various African cities impedes EV ownership and operation. “In lots of Sub-Saharan African countries, access to electricity is a major obstacle. Huge populations do not have access to electricity, to carry out daily tasks and so forth so that is an obvious barrier to implementing large-scale charging infrastructure.” Ariadne adds. African cities present significant opportunities for the growth of electric mobility Nonetheless, governments and organizations such as TUMI have recognized this issue and are actively working on expanding the charging network to facilitate the growth of electric mobility. “In Kenya, 90% of its electricity is from renewable sources, such as geothermal or hydropower, and has huge surplus grid capacity,” says Ariadne. "Data plays a role in understanding the status quo and projecting what needs to be done to deploy the most sustainable solution. TUMI has collected large-scale data on usage and charging capacity needs," she adds. Despite these challenges, Africa presents significant opportunities for the growth of electric mobility. The African Development Bank estimates that the electric vehicle market in Africa could reach a value of $100 billion by 2030, creating substantial job opportunities within the manufacturing and service sectors. Moreover, several African startups are actively developing and manufacturing electric vehicles, playing a vital role in making EVs more affordable and accessible to the African population. “Local production and supply chains are key to accelerating the market of electric vehicles on the continent. We already see a large number of private sector players in Africa especially in East Africa looking at Kenya, Roam, and BasiGo. In Uganda you have Kiira Motors producing buses and they're really looking at designing tailored electric vehicles for local needs and conditions,” adds Ariadne. Charging an electric motorbike in Kigali, Rwanda, by IMF Photo/Kim Haughton, January 2023 Electric buses present an opportunity to scale up bus rapid transit systems in African cities TUMI is working with cities in Africa to support this initiative as told by Ariadne, “We're working to deploy with the EU, electric buses on Kenya’s upcoming BRT system. We are working very closely with Roam and BasiGo as well as supporting the city to develop roadmaps on implementation. In Kampala and Durban, we’ve worked with the Kampala City Authority to understand the procurement and operating requirements for E-Buses.” By fostering local manufacturing, Africa can not only meet its mobility needs but also stimulate economic growth and create employment opportunities. She also suggests a focused transition to electric vehicles: "I think Africa should focus on transitioning straight to electric vehicles and putting out the charging infrastructure networks that are conducive to that." By strategically developing charging infrastructure alongside EV adoption, Africa can avoid the intermediate step of hybrid vehicles and leapfrog directly to electric mobility. "In the meantime, there are more hybrid vehicles and electric vehicles in the used vehicle global marketplace. Governments could create subsidized or tax incentives to bring in those vehicles such as in Egypt and Rwanda" Ariadne adds, highlighting the need for regulatory and fiscal measures to accelerate the adoption of electric mobility. Electric two-wheelers, represent a significant opportunity for electrifying the continent According to Ariadne, "Electric two-wheelers are known to be the low-hanging fruit to electric mobility. The easiest way to electrify the continent, and the market has great potential in Africa maybe mimic the upward trend in Asia ." She notes that there are already over 6,000 electric two-wheelers on Africa's roads, and their small batteries allow for off-grid and battery-swapping systems. "The battery swap model is being thought of in many countries, and basically what that is is when, say, an electric two-wheeler depletes its battery, one can replace it with a fully charged battery at a swap station," Ariadne explains, shedding light on an innovative approach to address charging challenges. She also adds that the batteries can be charged by off-grids like solar panels in addition to battery swapping which also creates green jobs. Ariadne further highlights the economic benefits of electric two-wheelers: "Even with the higher upfront cost of an electric two-wheeler, the overall cost is cheaper because of the low cost of fuel and maintenance. So the total cost of ownership is very favorable." Several African countries have already put in place regulatory measures for electric vehicle adoption, such as reduced electricity costs and tax exemptions like Rwanda, Kenya, and Togo. Rwanda, for example, has set an ambitious goal of having 100,000 electric vehicles on the road by 2024. Such policies are instrumental in creating a favorable environment for the widespread adoption of EVs in Africa. "With the right policies and investments, Africa could become a major player in the global electric vehicle market," Ariadne concludes, highlighting the transformative potential of electric mobility in Africa. Her insights and expertise emphasize the importance of seizing the opportunities at hand to build a greener, more sustainable, and prosperous future for the continent. SAFI E Motorcycle Company, Inside the SAFI E-motorbike company which manufactures electric motorbikes and runs an e- rideshare and delivery company in Kigali, Rwanda, by IMF Photo/Kim Haughton, January 2023 Previous Next

  • African Cities Insights I Projet de Développement Urbain Intégré et de Résilience du Grand Antananarivo : Des impacts durables sur la capitale de Madagascar

    < Back Projet de Développement Urbain Intégré et de Résilience du Grand Antananarivo : Des impacts durables sur la capitale de Madagascar Antananarivo, la capitale de Madagascar, avec ses 1,5 million d'habitants intra-muros et près de 2,5 millions en périphérie, est un paradoxe géographique. Le Projet de Développement Urbain Intégré et de Résilience du Grand Antananarivo (PRODUIR), financé par la Banque Mondiale, vise à améliorer les conditions de vie dans les quartiers défavorisés. La réhabilitation du Canal C3, crucial pour la protection contre les inondations, est en cours, avec des travaux d'aménagement et d'assainissement. La réhabilitation des digues de l'Ikopa et de la Sisaony est proche de l'achèvement. Le projet englobe également des interventions à l'échelle des quartiers, des travaux urbains, et un appui institutionnel pour renforcer la gouvernance urbaine. Ces actions intégrées visent des impacts durables sur la vie des habitants d'Antananarivo. Antananarivo, la capitale de Madagascar, une ville historique et pleine de paradoxes. Située à une altitude moyenne de 1 280 m dans la région des hauts plateaux, l’agglomération est aujourd’hui la plus grande ville de Madagascar, dont le développement s’étend au-delà de sa limite administrative. Avec ses quelque 1,5 million d’habitants, Antananarivo intra-muros concentre plus d’un tiers de la population urbaine du pays, accusant ainsi une forte domination dans le réseau urbain. Avec sa périphérie, la capitale malgache compte près de 2,5 millions de personnes qui y vivent ou qui y travaillent au quotidien. Elle produit à elle seule près de la moitié du PIB du pays. La singularité d’Antananarivo vient aussi de sa géographie particulière. La ville est dominée par une colline de direction méridienne où se trouve le palais du Rova, ancienne résidence royale, qui domine à l’ouest la plaine du Betsimitatatra avec un escarpement abrupt de plus de deux cents mètres. Antananarivo entre la colline et la plaine A ces quartiers collinaires ou centraux, s’opposent ceux de la plaine, situés à l’ouest, dont la vaste zone aménagée dans les années soixante sur d’anciennes rizières abritant des bâtiments administratifs et la grande cité planifiée des 67 hectares. Cependant, avec la pression démographique conjuguée au poids important de l’exode rural les anciennes plaines rizicoles marquées de quelques noyaux d’habitations, sont rapidement devenues des quartiers très denses développés anarchiquement, et caractérisés par différentes formes de précarités (Anatihazo, Andavamamba, Ankasina…). C’est dans ces quartiers inondables et majoritairement précaires qu’œuvre le Projet de Développement Urbain Intégré et de Résilience du Grand Antananarivo (PRODUIR). Sur sollicitation du Gouvernement Malagasy, la Banque Mondiale s’est engagée à appuyer le développement urbain intégré du Grand Antananarivo sur le long terme, dans le cadre d’une série de projets. PRODUIR étant le premier projet de la série, a bénéficié d’un financement IDA de 125 millions de dollars, dont l’exécution s’étalera jusqu’en 2025. Mis en œuvre sous tutelle du Ministère de l’Aménagement du Territoire et des Services Fonciers (MATSF), le projet vise de manière générale à améliorer les conditions de vie en milieu urbain et la résilience aux inondations des populations dans certains quartiers défavorisés du Grand Antananarivo. Le projet vise de manière générale à améliorer les conditions de vie en milieu urbain et la résilience aux inondations des populations dans certains quartiers défavorisés du Grand Antananarivo. Protéger Antananarivo et ses environs contre l’inondation Le Canal C3, comme principale axe d’intervention La réhabilitation du Canal C3 est une priorité pour la protection de la plaine d’Antananarivo contre les inondations pluviales. Celui-ci fait partie des trois principaux canaux de drainage des eaux pluviales de la plaine urbanisée d’Antananarivo. 48% des fonds sont destinés à la remise en état de fonctionnement des infrastructures hydrauliques, dont le canal C3 qui s’étale sur 12 km. Près de 115 000 m3 de boue de curage sont prévues être enlevées durant les travaux qui consistent également à la remise en état de cet ouvrage de drainage dans son état initial théorique à travers des curages et des renforcements de berges. L’aménagement d’un site de confinement des boues de curage ainsi que l’aménagement d’un site de réinstallation des populations affectées par le projet viendront aussi accompagner cet axe majeur du projet. L’assainissement et le curage du canal C3 sur une longueur de 12 km seront effectués à partir de février 2024 pour permettre aux eaux de pluies de s’écouler plus facilement et rapidement. En outre, le projet améliorera les quartiers traversés par le canal C3 avec la création de routes, de cheminements piétons le long du canal et de passerelles, l’installation d’équipements sanitaires, de lavoirs et de bornes fontaines ainsi que les emplacements pour bac de collecte des ordures ménagères. Ces travaux d’intérêts généraux réduiront sensiblement les inondations qui s’aggravent tous les ans dans les zones basses et auront des retombées multiples sur la santé, la mobilité et les activités économiques de la population concernée. La réhabilitation des digues, un avancement à grand pas Aujourd’hui, l’un des grands chantiers de PRODUIR est en passe d’être terminé : la réhabilitation de la digue de l’Ikopa et de la Sisaony, parmi les ouvrages majeurs de la protection de la plaine d’Antananarivo face aux inondations. En plus de ces actions, des travaux de confortement et de réhabilitation de quelques tronçons de digues d’une longueur totale de 1,3 km seront réalisées. Il s’agit notamment des digues endommagées durant les épisodes climatiques successifs de 2022, présentant un risque élevé pour l’ensemble de l’agglomération d’Antananarivo. L’ensemble de ces travaux, permettront de réduire considérablement les expositions des quartiers vulnérables et de la population urbaine, aux risques d’inondation récurrentes que subit la capitale de Madagascar. Les travaux de confortement de digues pour protéger la ville contre l’inondation 2023 Des interventions à l’échelle de quartier, pour transformer la vie de la communauté Le projet se focalise également à la structuration de divers quartiers de la capitale et de ses environs à travers des travaux urbains relatifs à l’amélioration de la mobilité et de l’accessibilité, de l’accès aux services d’assainissement de base, et de renforcement de la résilience (ruelles, bibliothèques, marchés, passerelles…). Ce, dans le but d’améliorer les conditions de vie des habitants de la Ville des Mille (l’un des surnoms de la capitale), et d’insuffler une transformation et une restructuration du paysage urbain. Près de 500 infrastructures devraient être construites d’ici la fin du projet qui bénéficieront à un peu plus de 650 000 personnes. D’autres travaux de restructuration et de rénovation urbaine seront aussi identifiés et réalisés dans les prochaines phases du projet. Toutes ces infrastructures ont des finalités communes : contribuer au bien-être de la communauté, au désenclavement des quartiers et à l’amélioration des quartiers bien souvent précaires avec une très forte densité de population. Appuyer les institutions pour une gouvernance urbaine résiliente Dans une de ses sous-composantes, le PRODUIR appui le MATSF et les Communes concernées pour la réalisation d’une étude urbaine et sociale visant à doter la zone d’intervention d’un plan d’urbanisme de détail, qui sera l’outil de référence pour la définition des investissements dans la rénovation urbaine. Sur le plan institutionnel, plusieurs activités de renforcement de capacité sont également lancées pour améliorer la gouvernance urbaine, la gestion municipale et l’internalisation des recommandations des outils de planification, mais aussi pour améliorer les capacités des acteurs à répondre rapidement et efficacement à une situation d’urgence/crise notamment les cas de catastrophes. A travers ces interventions multiples et intégrées, le projet veut induire des impacts durables sur la capitale de Madagascar et ses habitants. Previous Next

  • News: Magazine des Villes Africaines éditions 4

    La quatrième édition du African Cities Magazine est désormais en ligne en français et en anglais. Plongez dans l’univers de la mobilité urbaine, découvrez des idées inspirantes et terminez votre voyage avec une touche de couleurs. < Back Magazine des Villes Africaines éditions 4 La quatrième édition du African Cities Magazine est désormais en ligne en français et en anglais. Plongez dans l’univers de la mobilité urbaine, découvrez des idées inspirantes et terminez votre voyage avec une touche de couleurs. C'est avec un immense honneur que nous vous accueillons dans cette quatrième édition du African Cities Magazine, une initiative qui perdure depuis quatre ans dans le but de mettre en lumière les dynamiques plurielles des villes africaines, en mettant en avant les innovations et les meilleures pratiques en matière de production urbaine. Pour cette édition, nous avons consacré notre dossier spécial à la thématique cruciale de la mobilité urbaine en Afrique . Dans un continent en constante transformation, les villes et territoires font face au défi majeur du transport et de la mobilité de leurs citoyens. C'est à la fois un enjeu et un moyen de bâtir des cités plus résilientes et durables. À travers ce dossier spécial, nous avons souhaité mettre en perspective les réflexions et les actions entreprises par divers acteurs engagés en faveur d'une mobilité durable au sein des villes africaines. Vous découvrirez les initiatives et les réflexions sur des sujets tels que la mobilité électrique, la numérisation, le cyclisme, la planification des transports en commun, l'inclusion sociale et l'innovation. Dans la série d'interviews que nous avons réalisé, Ariadne Baskin , de l'initiative TUMI, met en lumière la nécessité d'une mobilité électrique accessible en relevant les défis liés à l'expansion des flottes de véhicules et du réseau de recharge. Antoine Chèvre , de l' Agence Française de Développement , explore le potentiel révolutionnaire du numérique et des données dans le domaine des transports en Afrique. Ensuite, nous partons à Nairobi, au Kenya, à la rencontre de Cyprine Odada , fervente défenseure de la mobilité durable, qui préconise le vélo comme une solution écologique pour des villes vivables face à une urbanisation rapide. Charlène Kouassi , directrice de Movin’On LAB Africa , nous conduit à Abidjan, où elle évoque la question cruciale de l'inclusion dans la mobilité urbaine. Enfin, Judith ADEM, de l' ONU-Habitat , nous montre comment s'appuyer sur les innovateurs locaux pour créer un avenir urbain durable, accessible et respectueux de l'environnement en Afrique. Ce dossier spécial est suivi de la rubrique Urban Planning Innovation , qui nous emmène à Madagascar à la découverte des impacts du Projet de Développement Urbain Intégré et de Résilience du Grand Antananarivo . Ensuite, nous explorerons la plateforme African Cities Lab , qui révolutionne le partage de connaissances en études urbaines en Afrique. Nous sommes également honorés de vous présenter le portrait de Mariam Issoufou Kamara , une icône de l'architecture sur le continent. Dans cette interview, elle partage son parcours inspirant, passant du génie logiciel à l'architecture, mettant en avant l'attrait de la créativité et la nature multidimensionnelle de ce domaine. La rubrique Patrimoine Urbain et Architectural en Afrique nous emmène au Maroc pour découvrir les territoires post-miniers, ainsi qu'au Burkina Faso pour explorer l'authenticité de l'architecture africaine. Comme à l'accoutumée, nous terminons avec la rubrique Villes Pixels et Couleurs , mettant en lumière de magnifiques œuvres murales à travers le continent. Nous espérons que vous apprécierez ce nouveau numéro, conçu avec dévouement par l'équipe d'Africa Innovation Network. Rendez-vous est d'ores et déjà pris pour le cinquième numéro, qui explorera l'impact des technologies et du numérique dans la fabrique urbaine en Afrique. Previous Next

  • African Cities Insights I L’utilisation de l’outil numérique, pour des projets de développement plus justes en Afrique

    < Back L’utilisation de l’outil numérique, pour des projets de développement plus justes en Afrique Peter Hochet, Joyce Mavoungou Le développement dynamique des villes africaines implique bien souvent l’expropriation de populations vivant ou travaillant dans les emprises des projets . Il existe, depuis les années 1990 plusieurs dispositifs normatifs permettant d’assurer le droit de ces populations à des dédommagements pour leur déplacement de leurs lieux de vie et d’activités. Le recourt à ces normes implique la production et la gestion de nombreuses de données dont dépend la justesse des dédommagements. Les données à produire concernent les profils socio-économiques des personnes déplacées, leurs biens ainsi que les droits de propriété qui y sont associés. Or, en milieu urbain les niveaux de complexité de ces données rendent la détermination des dédommagements d’autant plus sensible. Parallèlement, si l’utilisation des questionnaires et de bases de données électroniques a débuté dans les pays du Nord dans les années 1980 , elle se développe largement en Afrique depuis les années 2000-2010. Nous avons vu le développement de logiciels d’élaboration et d’administration de questionnaires sur mobile, des plateformes en ligne d’agrégation des données, ainsi que des logiciels de traitement, d’analyse et de visualisation des données. Dans cet article, nous montrerons en quoi ces outils digitaux mobiles et en ligne nous aident à produire des données et à déterminer des dédommagements plus justes, en nous basant sur l’expérience d’Insuco dans deux projets de route urbaine en Afrique centrale. Les outils numériques améliorent la précision et l'équité des indemnisations dans les projets de réinstallation urbaine en Afrique en garantissant une gestion et une analyse fiables des données. Les villes africaines sont le terrain de multiples projets de développement et d’aménagement qui impliquent l’expropriation pour cause d’utilité publique des populations riveraines. Celles-ci sont réinstallées hors des lieux où elles vivent et/ou travaillent, de manière permanente ou pour la durée des travaux. D’après la Société Financière Internationale (SFI), « la réinstallation involontaire désigne à la fois un déplacement physique (déménagement ou perte d’un abri) et le déplacement économique (perte d’actifs ou d’accès à des actifs donnant lieu à une perte de source de revenus ou de moyens d’existence) par suite d’une acquisition de terres et/ou d’une restriction d’utilisation de terres liées au projet ». Elle est involontaire car les Personnes Affectées par le Projet (PAP) ne peuvent pas refuser l’acquisition des terres sur lesquelles elles sont installées, légalement ou illégalement. Il est donc primordial de mettre en œuvre des mesures opérationnelles permettant d’éviter, de minimiser et de dédommager les impacts négatifs de la réinstallation involontaire. De manière générale, les politiques foncières et les procédures de l’expropriation pour cause d’utilité publique des États africains présentent des difficultés de définition et d’application. Ainsi, pour pallier celles-ci, depuis les années 1990-2000 les bailleurs internationaux ont élaboré des normes, pour encadrer la réinstallation involontaire impliquée par les projets qu’ils financent. Il s’agit des normes du groupe Banque Mondiale, et des banques régionales de développement comme la Banque Africaine de développement (BAD) , la Banque de développement des États d’Afrique de l’Ouest (BDAO ) et la Banque de développement des États d’Afrique Centrale (BDEAC). La réinstallation involontaire est un processus complexe et sensible. Il nécessite une planification rigoureuse à partir de données de première main et d’un dialogue suivi avec les personnes affectées par le projet (PAP). On réalise ainsi des Études d’Impact Environnemental et Social (EIES) pour repérer l’ampleur et les impacts de la réinstallation. Puis, on élabore un Plan d’Action de Réinstallation (PAR) pour recenser les PAP, inventorier leurs biens, décrire leur situation socio-économique, et établir les dédommagements selon les normes internationales et la réglementation nationale. Il y a ainsi un lien direct entre la fiabilité des données produites, la pertinence des analyses et la justesse du calcul des dédommagements . Aujourd’hui, les outils digitaux sont utilisés afin de simplifier la production, l’archivage et la gestion des données. On parle de Computer Assisted Personal Interview (CAPI) ou de Electronic Data Collection (EDC). Il s’agit d’applications sur tablettes et téléphones mobiles permettant d’appliquer des questionnaires et d’alimenter automatiquement des bases de données en ligne, permettant de gérer et traiter en temps réel les informations. En plus de la simplification de la production des informations, l’usage des outils digitaux permet de produire des données sûres et contrôlées, ainsi qu’une meilleure analyse de celles-ci, car l’archivage informatique assure une sécurisation des données collectées, moins facilement altérables que les bases de données papier. Il en découle un dédommagement plus précis et donc juste des populations réinstallées. Les outils numériques simplifient les projets complexes de réinstallation en Afrique, améliorant la précision des données, l'équité des indemnisations et l'efficacité de la prise de décision. Insuco élabore des PAR et des EIES en Afrique depuis près de 15 ans. Entre 2021 et 2023, nous avons réalisé deux PAR à Libreville (Gabon) pour deux projets de routes urbaines qui occasionnent des déplacements temporaires et définitifs pour plus d’un millier de ménages. Pour cela, nous avons eu recours aux outils digitaux. Les informations ont été enregistrées sur place et approuvées par les PAP. Toutes les données ont été gérées conformément à la Politique de Protection des Données Personnelles d'Insuco. Pour ces deux projets nous avons recensé les PAP, inventorié leurs biens et établit leur profil socio-économique pour définir et calibrer les dédommagements et les mesures complémentaires d’accompagnement. Ce type d’enquête est toujours long et complexe, en particulier en ville, où sont combinées une diversité de types de biens et une densité importante de la population. Cela implique trois niveaux de complexité : les façons d’habiter sont plurielles, la composition des ménages est hétérogène, les droits de propriété qui s’exercent sont multiples et superposés. Nous rencontrons ainsi très souvent sur une même parcelle d’habitation des familles élargies, plusieurs constructions, un propriétaire foncier différent du propriétaire de la maison, des locataires et des sous-locataires. Dans ce type de cas complexes, les avantages de l’outil digital sont multiples. D’abord, à l’étape d’élaboration des questionnaires, il permet une meilleure gestion de la logique des questions et des contraintes des réponses fermées, ainsi que le calcul automatique des formules, et le contrôle de liaison entre les questions est facilité. Ensuite, sur le terrain, il n’y a plus de risque de pertes des questionnaires ou qu’ils ne soient pas reproduits en quantité suffisante. Également, la correction des réponses est aisée, et se fait directement sur le terrain avec l’interlocuteur. La liaison entre les personnes enquêtées et leurs biens est automatisée au moyen d’un code unique généré par l’application. Ainsi, les différents statuts fonciers sont facilement liés à une même parcelle. Enfin, à l’étape de traitement, il n’y a plus de transcription manuelle des questionnaires dans les bases de données (informations collectées sur les profils des PAP et leurs biens), ce qui limite les erreurs, tandis que les logiciels de traitement permettent de nettoyer et de calculer rapidement un grand nombre de données. Par ailleurs, les risques de pertes de données sont minimisés lors de l’archivage. Les bases de données ainsi créées rendent le nettoyage, le traitement et l’analyse des données, plus facile. En termes de résultats, le recours aux outils digitaux permet tout d’abord, de calculer au plus juste les dédommagements à délivrer aux PAP. Il permet ensuite de générer rapidement et en grande quantité toute la documentation contractuelle telles que les fiches d’inventaire et les contrats d’indemnisation est automatisée. Les corrections éventuelles peuvent se faire sur place, avec les personnes affectées par le projet (PAP). Enfin, les enquêtes digitales facilitent la décision et le suivi grâce à l’utilisation de plusieurs logiciels spécialisés permettant la mise en place d’un Système d’Information Géographique (SIG), l’établissement d’analyses complexes, et l’élaboration des modes de visualisation innovants. Les outils de sondage numérique assurent une indemnisation plus équitable pour les personnes réinstallées et renforcent la capacité institutionnelle dans les processus de réinstallation urbaine. La solution numérique d’administration des enquêtes dans le cadre des processus de réinstallation physique et économique en milieu urbain a un impact positif sur le plan social. En simplifiant la gestion des données socio-économiques et des biens des PAP ainsi qu’en les sécurisant, les dédommagements à mettre en œuvre sont calculés de manière fiable sur la base de données collectées et validées publiquement. Les PAP sont assurées de recevoir des compensations à hauteur de la valeur des biens impactés, les risques de fraudes ou de sous-paiement sont limités. En effet, quand les bases de données ne sont pas informatisées, il est plus facile de modifier les montants évalués d’un bien ou de se tromper dans l’affectation d’une évaluation et d’un niveau d’indemnisation pour un bien. Parcelle du projet et identification des parcelles impactées 2022 Insuco Du point de vue institutionnel, la mise en œuvre des Plan d’action de réinstallation et les enquêtes d’inventaires intègrent généralement des volets de renforcement des capacités. Ainsi, le personnel des ministères et des agences publiques peut être formé à l’utilisation des outils digitaux d’enquêtes, à la gestion de base de données, et au traitement des données. D’autre part, la multiplication des applications et des solutions en ligne, permet le développement de la maîtrise des outils technologiques chez les enquêteurs créant ainsi un pool de personnes de plus en plus expérimentées dans le domaine. Les outils numériques dans les projets urbains garantissent une indemnisation équitable et renforcent la capacité technologique locale, assurant ainsi l'acceptation sociale. Le potentiel de la technologie numérique pour la transformation urbaine en Afrique se révèle ainsi dans la réinstallation des populations due à des projets de développement. Depuis une vingtaine d’années, le recours au CAPI se diffuse dans l’élaboration et l’administration de questionnaires d’enquêtes et d’inventaires des biens. Malgré quelques limites comme la nécessité d’une connexion internet stable et les réticences éventuelles de certains enquêtés, l’utilisation des outils digitaux permet de sécuriser les données et ainsi d’assurer des dédommagements justes des personnes affectées par les projets. Elle permet aussi de développer les compétences locales en matière de technologie et traitement de données, d’accélérer la mise en œuvre de dédommagements justes, et en conséquence d’assurer la légitimité et l’adhésion sociale à des projets urbains d’ampleur. Prise en photo de la carte nationale d’identité d’un PAP lors des enquêtes sociales à Kinshasa 2024 par BienvenuMuchukiwa Previous Next

  • African Cities Insights I Pedaling for Change: Cycling as a Catalyst for Sustainable Urban Mobility in Africa

    < Back Pedaling for Change: Cycling as a Catalyst for Sustainable Urban Mobility in Africa We delve into the challenges and initiatives surrounding urban mobility in Africa. As the continent experiences rapid urbanization, increasing traffic congestion, air pollution, and road accidents have become critical issues. However, a shift towards sustainable urban mobility is emerging, spearheaded by organizations like Critical Mass Nairobi, advocating for cycling as a viable transportation mode. Cyprine, the Executive Director, emphasizes the importance of infrastructure, policies, and changing cultural perceptions to promote cycling and walking. The lack of supportive policies and infrastructure, negative cultural perceptions of cycling, and gaps in education pose significant challenges. Collaborative efforts between civil societies, government bodies, and international organizations, like the Sustainable Mobility for Africa initiative, aim to address these challenges. Initiatives such as the Kisumu Sustainable Mobility Plan and the Nairobi Bike Train demonstrate innovative solutions, highlighting the importance of community engagement, partnerships, education, and policy support in fostering sustainable urban mobility in Africa. Urban mobility is a critical issue in Africa, where rapid urbanization and population growth have led to increased traffic congestion, air pollution, and road accidents. In 2023, an estimated 60% of Africans are living in urban areas, up from 40% in 2010. By 2050, Africa is expected to be home to 2.5 billion people – many of whom will live in cities where they will increasingly use motorized transport. The number of motor vehicles in Africa is also projected to increase significantly, from 100 million in 2023 to 400 million in 2050. This will lead to even more traffic congestion and air pollution, and will also make it more difficult for people to afford transportation. This unprecedented growth is putting a strain on urban transportation systems, and many African cities are struggling to keep up. However, there is also a growing movement towards sustainable urban mobility, driven by organizations such as Critical Mass Nairobi which is a nonprofit organization that has taken up the challenge of transforming our cities into safe, accessible, and liveable cities by using bicycles. They are a group of cyclists who are passionate about making a difference in their city. They believe that cycling is a sustainable, affordable, and healthy way to get around, and they are working to promote cycling as a viable transportation option in Nairobi. Every last Saturday of the month, Critical Mass Nairobi hosts a group ride through the streets of Nairobi. The rides are a way for cyclists to come together and raise awareness on the benefits of cycling. They are also a way to show motorists and pedestrians that cyclists deserve to share the road. Cyprine, the Executive Director of Critical Mass Nairobi, advocates for more sustainable urban mobility in Africa. “There are other modes of transport other than motorized transport out there that are better, healthier, good for the environment, good for the community and bring the community together,” she says. Additionally, governments and international organizations are increasingly recognizing the importance of sustainable urban mobility and investing in infrastructure and policies to support it. For example, In February 2021 the County Government of Kisumu and City of Kisumu launched the Kisumu Sustainable Mobility Plan (KSMP) . The mobility plan is a ten-year roadmap that aims to foster increased access for city residents by prioritizing walking, cycling, and public transport. Cyprine, who was part of the team that developed and adopted the KSMP, is proud of the work that has been done. She says, “ I am happy I was part of the team that supported the development and adoption of the Kisumu Sustainable Urban Mobility Plan.” Furthermore, the African Development Bank launched the Sustainable Mobility for Africa initiative, which aims to promote sustainable urban mobility across the continent through investments in infrastructure, policies, and capacity building. The initiative has a target of mobilizing $10 billion in investments by 2030. Several key challenges limit the transition toward sustainable mobility in African cities In many African cities, the infrastructure for cycling and walking is either non-existent or poorly maintained, making it difficult and unsafe for people to use these modes of transportation. For example, a 2019 study by the World Bank found that only 10% of African cities have dedicated bike lanes. “If we had better infrastructure, we would have so many bicycles including electric bicycles. This means that people with disabilities or the elderly would have an easier and safer way of moving around. So having good infrastructure goes without saying. Even scooters and other types of soft mobilities all need somewhere to be used, and infrastructure is the biggest barrier to using those modes of transport,” explains Cyprine. The lack of policies and regulations also makes it difficult for businesses and individuals to invest in sustainable transportation options. For example, a 2020 study by the African Development Bank found that only 20% of African countries have policies promoting cycling. Unfortunately, these existing policies remain inadequate in guaranteeing the safety of cyclists, thereby necessitating them to be revised and updated. “We do not have proper policies and laws that demand or advocate for sustainable mobility. Our policies and our laws are very vague when it comes to walking and cycling. So you find that when you try to push for walking and cycling infrastructure in certain places, our policies and laws do not really support us,” Cyprine says. Moreover, In some African cultures, there is a negative perception of cycling and walking. This can make it challenging to encourage people to use these modes of transportation, even when the infrastructure and policies are in place. For example, a 2018 study by the University of Nairobi found that 60% of Kenyans believe that cycling is a mode of transportation for poor people. “A lot of us Africans are brought up to believe that car ownership is the next best thing after you finish school. The yardstick for being successful is being a driver or owning a car. So a lot of us aspire to own cars. So that really has a direct impact on the way we live our lives,and the way our cities are designed, because now when urban planners and engineers go outside, they see more people in cars. But ideally, more people are walking, but because cars occupy a lot of space, it is assumed that we have a lot of cars” Cyprine adds. Cyprine also explains that there is a disparity between education and the reality of sustainable mobility, “When I was in school, we were not taught anything about sustainable mobility or even designing sustainable cities. I’ve also had a chance to look at the Civil Engineering curriculum and it also fails to capture anything on designing sustainable cities or sustainable mobility. So our curriculum is failing us. What the professionals are taught has a very big disconnect with what the reality on the ground is.” NGOs and civil society such as Critical Mass Nairobi have played a crucial role in addressing the challenges of sustainable urban mobility in Africa. “When we started organizing our social rides in 2014, we had barely 10 people, and now every month from 2017 we've been having close to 400 cyclists and over 10 people who are new, so that means it's only getting better and now when you go outside, we have, through the advocacy work that we've been doing, bike lanes that are coming up and being improved, ” says Cyprine. She adds, “We have now gone a step further to map all existing bike lanes in Nairobi and identifying and geolocating each and every barrier there is on those bike lanes. We did this because we want our demands to be backed by facts and data. Having this data will also help us make recommendations to the Government on how best to design cycling infrastructure moving forward.” Government authorities also have a crucial role to play in promoting sustainable urban mobility in Africa. “I really want to thank the Kenyan Urban Roads Authority and the Nairobi City County Government for what they're doing. They're constructing a lot of walkways all over the city. We believe it is only a matter of time before we also start having more bike lanes constructedI can definitely see Nairobi having more people walking and cycling. “ adds Cyprine. Collaboration and knowledge-sharing are essential for driving change in sustainable urban mobility Cyprine emphasizes the importance of partnerships and cross-sectoral collaboration, “We recently did a cross-pollination of critical masses between ourselves, Addis Ababa Abuja, Cape Town, Mombasa, Jinja and Kampala where we brought together all the critical masses in Africa and organized a ride on the World Bicycle Day. It was really good because we were able to share our individual experiences and also empower each other.” Cyprine highlights several innovative solutions for addressing the challenges of sustainable urban mobility in Africa such as their novel project, ‘The Nairobi Bike Train’. The Nairobi Bike Train is pegged on the concept of ‘safety in numbers’. Cyprine and her colleagues realized that there were hundreds of people who only cycled during the monthly rides organized by Critical Mass Nairobi. This meant that they were only cycling once a month. Other than getting people to cycle more as a group, the bike train concept is a way of encouraging people to use the bicycles for commuting. “We looked at the whole of Nairobi, mapped the main traffic corridors, and developed a time schedule and stops for those places. The bike train is meant for different neighborhoods, and people can be picked up along the road at different pick up points which we called ‘Bike-stops’. Today we have 7 successful bike trains with the largest bike train having 247 members,’’ she explains. Additionally, public-private partnerships can leverage the resources and expertise of both sectors to create sustainable mobility solutions. Community engagement is also essential for creating a sense of ownership and empowerment among users of sustainable mobility. Education and training are also critical for promoting sustainable urban mobility in Africa. Cyprine emphasizes the importance of educating people about the benefits of cycling and walking, as well as promoting a positive perception towards the same, “If we start instilling the knowledge that ownership of cars is not the next best thing, we could start making people fall in love with cycling more and walking more and make people understand that just because you are walking or cycling doesn't mean you are a poor man or you're just not able to afford a car.” Finally, policies and infrastructure are essential for creating a sustainable urban mobility ecosystem. Cyprine highlights the need for supportive policies and regulations. “The Government can also look at other incentives such as tax breaks or award system for those who use active mobility Additionally, infrastructure investments are needed to create safe and accessible routes for cycling and walking.” Previous Next

  • African Cities Insights I Les territoires post-miniers Marocains : L'héritage minier de Jerada comme outil de régénération urbaine

    < Back Les territoires post-miniers Marocains : L'héritage minier de Jerada comme outil de régénération urbaine Alaa Halif Le Maroc, longtemps un site d'extraction minérale, voit ses villes minières décliner après l'épuisement des ressources, générant une crise économique, urbaine et sociale. Jerada, ville post-minière problématique, a perdu 30 % de sa population depuis la fermeture des mines en 2000. L'article explore des outils et stratégies pour contrer cette crise et éviter que Jerada ne devienne une ville fantôme. Il préconise une vision intégrée, incluant la réutilisation des anciens chemins de fer pour désenclaver la ville, la patrimonialisation des friches minières et la reconversion des territoires post-miniers marocains, positionnant Jerada comme un laboratoire pour ces transitions. Le Maroc était depuis longtemps un terrain d’extraction de minéraux, dont cette activité a été l’une des plus anciennes industries exercées par les populations marocaines depuis plusieurs siècles, grâce à la géographie du royaume riche en substances minérales dans de nombreuses régions, qui a donné naissance à des agglomérations urbaines qui n’existaient pas auparavant. Le problème de ces villes se pose après l’épuisement des ressources minières, sans aucune alternative économique à la mine, ces villes mono-industrielles connaissent une chute économique, urbaine et sociale. Au Maroc, 200 mines sont fermées1 sans aucun plan de fermeture ni de réhabilitation. En conséquence, le déclin urbain de ces villes entraîne une augmentation des terres vacantes et des friches urbaines avec de nombreux dégâts multidimensionnels. La ville de Jerada au nord-est du Maroc, est considérée aujourd’hui, comme étant le territoire post-minier le plus problématique du pays. La ville a perdu 30 % de sa population depuis la fermeture non préparée des mines du charbon en 2000, ce qui a fortement fragilisé son économie, son environnement et sa structure sociale et urbaine. À cet effet, cet article aura pour but de s’interroger sur les outils et les stratégies possible pour pallier contre la crise qu’a connue Jerada, qui risque au futur de devenir une ville fantôme. Malgré ses potentiels matériels et immatériels, pourquoi la ville n’a pas été reconverti jusqu’à maintenant ? et est-ce que l’exemple de Jerada peut servir comme prototype/laboratoire de réflexion pour les autres territoires post-miniers qu’on trouve au Maroc ? Le site minier le plus ancien d'Afrique du nord, aujourd’hui en déclin Jerada est située dans la région de l’Oriental, à 60 km de la ville d’Oujda. La ville s’est développée depuis la découverte de son gisement minier en 1927, comme étant le plus ancien site industriel et minier d’Afrique du Nord2, avec l’extraction du charbon, elle couvrait plus de 30 % de l’énergie du Maroc dans les années 80. Le problème c’est que comme toutes les villes mono-industrielles, le développement urbain et social de Jerada a été fondé essentiellement sur l’extraction des mines. Dont après l’épuisement des réserves et la fermeture non préparée des mines en 2000, la ville a connu une situation de déclin urbain et social. D’après le RJPH3, Jerada a perdu environ 30 % de sa population depuis la fermeture de la mine. Et jusqu’à aujourd’hui, la ville se vide de plus en plus de sa population. Plan territorial de Jerada, par Alaa Halifi, 2023 Les quartiers précaires de Jerada 2022 chloe liang Pourquoi le Maroc tarde face à la crise de Jerada ? Vingt-trois ans après la fermeture de la mine de jerada, la ville vit encore dans ses dégâts qui s’aggravent une année après l’autre. Jusqu’à aujourd’hui, aucun plan de reconversion de la ville n’a vu le jour, alors que partout dans le monde on trouve des villes et des territoires post-miniers qui ont eu une deuxième vie après la mine, comme la région Nord-Pas-de-Calais en France, qui a connu une transition réussite en réutilisant et sauvegardant son héritage matériel et immatériel, transformée en un patrimoine industriel riche et diversifié, inscrit comme patrimoine de l’Unesco. Certes, le sujet prend plus d’attention dans les pays étrangers, mais au Maroc, le déclin urbain des villes post-miniers, n’a pas encore constitué l’objet d’une vraie reconversion, et on se rend compte justement, que la problématique découle principalement du fait que le phénomène du déclin de ces villes est encore mal compris, et traité comme une simple dégradation urbaine, alors que la crise de ces villes est multidimensionnelle, et beaucoup plus complexe pour qu’elle soit réglée avec des gestes à petites échelles, alors qu’en réalité, ça nécessite toute une réflexion, urbaine économique et sociale. Ces premiers discours sur le déclin territorial n’ont pas débouché sur une véritable inflexion des politiques publiques : les territoires concernés comme Jerada, ont simplement fait l’objet d’une ‘’mise à niveau’. Ceux-ci permettent certes d’afficher la présence de l’état, mais ils ne sont pas susceptibles de relancer des territoires Les citoyens de Jerada en attendant le changement 2018 Fadel Senna Quelle vision pour le futur de Jerada ? Du fait que la mal compréhension de cette crise empêche que Jerada soit reconverti, la vision globale d’un projet de reconversion c’est de repenser ce territoire en crise avec toutes ses complexités, depuis le manque de connectivité entre la ville et les communautés urbaines voisines, jusqu’aux conséquences matérielles et immatérielles de la fermeture de la mine, tout en valorisant le réseau écologique interrompu et dégradé par les activités minières, et en intégrant le capital humain de la ville dans le processus de transition. Ceci dit, le plan de reconversion ne doit pas être réduit à une simple reconversion d’une friche ou d’un quartier, non plus réduit à des gestes architecturaux comme une usine ou une mise à niveau des voies, mais il doit agir sur plusieurs échelles qui répondent aux différentes facettes et complexités du territoire, qu’on a réparties sur deux axes stratégiques : Suturer le territoire : un réseau de mobilité régionale Premièrement, à l’échelle territoriale, la ville de Jerada est fortement déconnectée de sa région, Il est primordial de la désenclaver et la reconnecter à son contexte régional non pas juste au niveau d’infrastructures mais en tant que zone d’intérêt pour la région de l’Oriental. Cet objectif peut être atteint grâce au réseau existant de voies ferrées abandonnées, construites en 1936, afin d’assurer la connexion avec le port de Nador, où se faisait l’export du charbon vers l’Europe. Ils sont connectés avec le reste de la région notamment avec des grandes villes comme Oujda et avec quelques villages satellites où ça se faisait le traitement du charbon. Avec la fermeture de la mine en 2000, ce réseau des chemins de fer perd sa fonction d’origine. En conséquence, on a aujourd’hui 450 kilomètres linéaires de voies ferrées abandonnées, mais avec la situation enclavée de Jerada, et le besoin primordial d’une connexion avec les centres urbains voisins, ces chemins de fer présentent des possibilités de mobilité assez intéressantes, surtout qu’ils relient Jerada à l’aéroport Oujda Angad, et au futur grand Port West Med à Nador. La réutilisation de ces voies ferrées abandonnées peut offrir un moyen de reconstruire le transport en commun à l’échelle régionale en créant des liaisons quotidiennes entre Jerada et sa région, ça présente un outil de désenclavement et un moyen de dynamiser la région, tout en apportant des avantages économiques pour la ville de Jerada. 2. Humaniser la ville : la patrimonialisation de l’héritage industriel minier comme outil de régénération urbaine Deuxièmement, à l’échelle de la ville, le but majeur c’est d’adapter la ville au nombre d’habitants actuels, afin de les offrir un cadre agréable, qui va les encourager à rester et vivre en confort ; il faut donc proposer un plan de restructuration axé sur : un programme de développement économique, l’amélioration du parc de logements de la ville, des espaces publics et de la mobilité, et surtout la réhabilitation des friches de l’industrie minière, qui présentent du vrai potentiel pour la transition de la ville. C’est une mémoire collective qui témoigne d’une période cruciale de l’Histoire du Maroc qui est en train de se perdre. Il est temps de mettre en place une stratégie d’intervention visant à réhabiliter et valoriser les espaces miniers en les considérant comme composante du patrimoine culturel national…La réhabilitation et la valorisation peut prendre plusieurs formes : préservation du cachet architectural et urbanistique, réhabilitation et valorisation des espaces en friche. Il s'agit des excavations, galeries souterraines, terrils, installations et entrepôts abandonnés. Ces espaces peuvent abriter des activités de loisirs (musée minier, équipements sportifs), des locaux administratifs ou commerciaux. Friche miniere de Jerada 2017Mehdy Mariouch Vers une transition réussie Comme on vient de voir, la reconversion d’un territoire post-minier, doit principalement être basé sur des stratégies urbaines à multiples échelles, et non pas sur des gestes architecturaux à petites échelles. Le système proposé se focalise sur la réutilisation, la valorisation et la patrimonialisation du territoire avec les éléments et les vestiges de l’époque minière et non pas faire table rase, et refaire la ville à zéro. Collage avant et après d'une friche minière à Jerada reconvertie en un lieu touristique 2023 Alaa Halifi Désenclaver pour intégrer L’intervention à l’échelle macro au niveau territorial est indispensable car l’intervention qui va suivre (à l’échelle de la ville) dépend énormément de l’intégration de la ville dans son contexte régional, et deuxièmement, parce qu’avec le cas de Jerada, c’est impossible d’avoir une reconversion réussite sans reconnecter la ville à sa région. Si on veut se projeter dans le futur, on verra que la reconnexion du territoire avec les centres urbains voisins, grâce à la création d’un réseau de mobilité régional en réutilisant les anciens chemins de fer industriels, entrainera de nouvelles dynamiques et accessibilités à Jerada. La construction d’un nouveau système de mobilité régionale va permettre de relier les différents pôles de Jerada aux grands centres urbains. L’objectif du nouveau réseau régional n’est pas seulement d’améliorer la mobilité, mais il est également conçu comme un outil de développement pour augmenter les opportunités des habitants, en améliorant l’accès aux emplois et aux services. Sans oublier, qu’en se basant sur plusieurs expériences identiques, le désenclavement urbain entrainera l’augmentation des prix des terrains à Jerada, tout en attirant de nouveaux projets et investissements à la ville. Collage avant et après des chemins de fer reconvertie en un système de mobilité régionale 2023 Alaa Halifi Résilience territoriale : Du macro au Micro et vice versa La reconversion des friches minières de la ville, peut constituer la nouvelle colonne vertébrale de Jerada, cette ville qui dépendait depuis sa naissance sur la mono-industrie, sera dotée d’une programmation riche et diversifiée, les nouvelles fonctions doivent être connectées entre eux à la fois matériellement avec des voix, corridors, chemins de fer, espaces publics, et immatériellement au niveau fonctionnel dans une sorte de synergie, scénographie et économie circulaire… Les friches existantes, due leurs tailles monumentales, et leurs structures appropriables, ont du potentiel à se transformer en des vrais équipements à impact régional ou même national (un musée national de la mine à titre d’exemple). Le désenclavement régional est étroitement lié à la reconversion de ces friches dans le sens où ça va connecter les nouveaux programmes proposés au reste de la région, en les donnant plus de valeur et de dynamismes. De plus, il ne faut pas oublier qu’une partie des habitants de Jerada ont été adaptés au déclin pendant ces dernières années avec des coopératives qui créent des produits dérivés de l’agriculture locale. La plupart de ces produits sont exportés vers les grandes villes. Ceci dit, le désenclavement entrainera non pas juste plus de vente et d’export, mais ça peut encourager des marchés locaux au sein de Jerada, comme celui du Safran à Midelt et celui des bijoux d’argent à Tiznit, où les clients et les vendeurs de gros viennent à Jerada pour acheter ces produits de leurs sources à prix bas. Collage avant et après d'un terril reconvertie en un parc urbain 2023 Alaa Halifi Jerada comme laboratoire des villes post-minières Marocaines Les stratégies proposées sont basées sur la reconversion des éléments existants. Les chemins de fer industriels qui traversent la région, les cités, les terrils, et les friches sont des éléments indispensables dans chaque territoire minier, non pas juste à Jerada. Ça nous mène à notre prochain point, on trouve plusieurs villes post minières partout au Maroc, par exemple Kettara, Ahouli, Boulanoire, Touissit et Sidi Boubker qui sont tous des villes minières marocaines qui sont dans la même situation que Jerada, un grave déclin urbain qui pose un défi multidimensionnel, économique, sociale et urbain, sans écarter le risque de se transformer en villes fantômes. Et si on propose des stratégies pour ces territoires en se basant sur l’expérience de Jerada ? Imaginons alors une vision nationale pour les villes post miniers du pays, les stratégies inter-échelles proposées sont certes réplicables, mais ça doit être développé par rapport à chaque contexte de ces villes, à titre d’exemple, Jerada peut avoir la vocation culturelle et patrimoniale, Ahouli peut être reconvertie en l’intégrant dans des circuits touristiques déjà existant dans la région de l’atlas, Kettara peut avoir la vocation artisanale, etc. Collage avant et après d'un terril reconvertie en une zone d'agriculture urbaine 2023 Alaa Halifi De nos jours, où les taux d’urbanisation et de la population des villes marocaines se multiplient tout en entraînant une augmentation des villes et des métropoles. On y trouve de l’autre côté, plusieurs villes et régions qui sont confrontées à une tendance inverse, de grave décroissance urbaine. Durant cette recherche, qui est le fruit d'un travail académique, que j’ai mené à la fois théoriquement (recherches, documentation) et pratiquement (Investigations sur le terrain, discussions avec les citoyens), je me suis rendu compte que la reconversion de ce type de sites nécessite une réflexion assez différente, dont la première problématique qui interrompt la transition de ces territoires, c’est la mal compréhension du phénomène du déclin urbain. Alors que Jerada a du vrai potentiel à réutiliser et valoriser : un patrimoine matériel et immatériel inexploité, qui peut être la clé de sa reconversion. L’expérience de Jerada, peut fonctionner comme laboratoire d’expérimentation pour les autres villes post minières, car au-delà de ces territoires déjà en déclin, il faut aussi rappeler que dans les années à venir, plusieurs sites miniers fermeront après l’épuisement de leurs réserves. Il faut donc penser dès à présent aux stratégies de transition à élaborer, afin de faire face aux dégâts, et peut être dans une vision plus globale, est-ce qu’on peut voir un jour un programme national de reconversion de ces villes post-miniers ? avec la même vision et mobilisation qu’a eu le programme des villes nouvelles6, mais avec plus d’optimisme et de contextualité ? collage Genius loci de jerada 2023 Alaa Halif Previous Next

  • News: "African Urban Visions" Contest

    Capture the best of urban innovation and transformation at the very heart of your city, through the prism of a photograph or short video. < Back "African Urban Visions" Contest Capture the best of urban innovation and transformation at the very heart of your city, through the prism of a photograph or short video. Participate to the "African Urban Visions" contest Calling all urban innovators! 📸🎥 Share the soul of your city's transformation in a snap or a short video. The contest aim is to catalyze the ingenuity and creativity of those involved in Africa's urban fabric , by inviting participants to capture the best of urban innovation and transformation at the very heart of their city , and to share their vision through the prism of a photograph or short video . Let your creativity capture the vibrant essence of Africa's urban evolution! 🏙️💡 Show us the magic through your lens. Deadline: 19 January 2024 All the details here 👉🏾 https://africancitieslab.org/en/contest/ Previous Next

  • Africityshoot: Nairobi-Kenya

    Nairobi is Kenya's capital, premier city, and one of Africa's most important cities. Nairobi is East Africa’s largest and most industrially diversified city with a population of about 5.0 million. The city has grown and transformed significantly in recent years, in large part due to real estate and retail developments that have reshaped the city’s built environment. This series illustrates the dynamics in place in this bustling capital of East Africa. Nairobi-Kenya Nairobi is Kenya's capital, premier city, and one of Africa's most important cities. Nairobi is East Africa’s largest and most industrially diversified city with a population of about 5.0 million. The city has grown and transformed significantly in recent years, in large part due to real estate and retail developments that have reshaped the city’s built environment. This series illustrates the dynamics in place in this bustling capital of East Africa.

  • AIN Videos Podcasts I Innovation et Tradition : La Vision Africaine de Taman Mhoumadi pour le Climat

    Taman Mouhadi, consultante et artiste, souligne l'importance de solutions locales et l'engagement de la jeunesse africaine face aux enjeux climatiques urgents. < Back Innovation et Tradition : La Vision Africaine de Taman Mhoumadi pour le Climat Taman Mhoumadi Taman Mhoumadi, alias Tamaha, artiste polyvalente et consultante en dérèglement climatique, met en lumière la perception erronée que le changement climatique est un sujet exclusivement occidental. Soulignant la vulnérabilité particulière des pays africains aux impacts climatiques, elle cite l'érosion côtière au Sénégal et les perturbations agricoles comme exemples flagrants. Taman insiste sur la nécessité d'une meilleure compréhension et acceptation du dérèglement climatique pour intégrer climat et développement durablement. Malgré les faibles émissions historiques de l'Afrique, elle appelle à l'action face aux projections futures, voyant dans les défis climatiques une opportunité d'innovation et d'emploi, notamment pour la jeunesse. Elle prône l'utilisation de solutions existantes adaptées aux réalités africaines, de l'agriculture ancestrale à la construction durable, tout en soulignant le rôle crucial des artistes dans la communication et l'éducation sur les enjeux climatiques. https://www.youtube.com/watch?v=shnrhhqnzQI

  • African Cities Insights I Urbanisme tactique : les artefacts urbains comme vecteur de mobilité durable pour une meilleure qualité de l’air dans la ville de Yaoundé

    < Back Urbanisme tactique : les artefacts urbains comme vecteur de mobilité durable pour une meilleure qualité de l’air dans la ville de Yaoundé Cedrix and Christolle Tsambang Les artefacts urbains, inspirés des symboles locaux et fabriqués en bambou, offrent une alternative durable, abordable et écologique pour un cadre de vie plus sain. Conçus pour encourager la marche et l'utilisation des transports en commun, ces installations éphémères s'intègrent harmonieusement dans l'espace urbain. La fermeture temporaire d'une voie de l'avenue Kennedy a incité les habitants à adopter des modes de déplacement doux, réduisant ainsi les émissions polluantes. Cette démarche souligne l'importance de repenser l'aménagement urbain pour favoriser la mobilité durable et préserver la qualité de l'air. En impliquant les artisans locaux et en utilisant des matériaux biosourcés, cette initiative contribue également au développement économique et à la protection de l'environnement. L'expérience de l'avenue Kennedy démontre le potentiel des équipements urbains pour dynamiser les espaces publics et créer des villes africaines durables et attrayantes. Une meilleure qualité de vie dans les villes africaines passe par la création d’un cadre de vie plus sain en repensant les pratiques notamment en matière de mobilité urbaine. C’est dans cette optique que s’inscrit les artefacts urbains développés par chorus architecture le long de l’avenue Kennedy de Yaoundé au Cameroun à l’occasion de la semaine de la qualité de l’air. Il s’agit d’une scénographie inspirée de symboles locaux obtenus par une combinaison contemporaine de lignes ou de faces en tiges de bambou. Le bambou plébiscité pour ses propriétés et son attrait dans la mutation vers une architecture durable se présente ici comme une alternative verte, accessible, disponible et abordable. Plus que de simples mobiliers urbains, les installations éphémères conçues sont le reflet du lieu. Vue sur l'avenue kennedy réamenagé, 2021, alaray studio Les artefacts urbains ont été conçu pour la mise en place d’une Opération d’urbanisme tactique qui entre dans le cadre de la réalisation des actions à court terme du projet de mise en place des outils de lutte contre la pollution atmosphérique dans la ville de Yaoundé. Au cœur de l’enjeu de transition écologique, la qualité de l’air apparaît comme un sujet très important pour la protection environnementale. Mettre sur pied une politique en faveur de la protection de la qualité de l’air doit s’inscrire dans une dynamique globale et nécessite des actions ambitieuses à toutes les échelles, afin de garantir à chacun le droit de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé. Le concept de mobilité durable comprend une réflexion sur l’environnement et les problématiques de développement durable en repensant l’aménagement du territoire et de l’espace urbain. Il s’agit de limiter l’empreinte carbone et de réduire les inégalités territoriales dans les zones mal desservies par les transports, en mettant en place des solutions qui favorisent le recours aux mobilités douces. Le dispositif de lutte contre la pollution de l’air dans ce projet s’organise autour de la réduction des émissions atmosphériques causé principalement par le trafic routier, source importante d’émissions d’oxyde d’azote. L’augmentation de l’utilisation des transports en commun engendre un désengorgement sur les routes et réduit donc les substances polluantes dans l’air. Dans le centre-ville de Yaoundé les principaux transports en communs sont les taxis et les bus. Encourager à la marche serait également moyen d’améliorer la qualité de l’air tout en étant un excellent moyen de se maintenir en forme, de s’évader du quotidien tout en respectant l’environnement. Le choix du site n’est pas anodin, l’avenue Kennedy lieu mythique de la capitale est situé en plein cœur de Yaoundé et est un endroit très indiqué pour un projet de sensibilisation car toutes les couches sociales s’y côtoient. L’objectif des artefacts urbains est de contribuer à aménager des espaces urbains favorables à la mobilité douce tout en mesurant grâce à des capteurs la qualité de l’air. Il était donc question de fermer l’accès aux véhicules sur une des voies de l’avenue Kennedy pendant deux semaines afin d’inciter les habitants de la ville à plus de marche à pied et l’utilisation des transports en communs. Afin de favoriser une marche agréable et effective sur une avenue de plusieurs kilomètres tel que celle de l’avenue Kennedy il est important de créer des zones de rupture, de pause : créer des obstacles tels que des mobiliers urbains utiles afin d’agrémenter la marche et la rendre dynamique. Le mobilier urbain est donc tout à la fois porteur d’une approche fonctionnaliste et le vecteur d’une identité du projet. Le mobilier de l’espace public fait d’ailleurs aujourd’hui l’objet d’attentes qualitatives fortes en tant que véritable outil d’aménagement urbain. Il existe dans la définition même du terme « mobilier urbain » la volonté d’harmonisation, d’homogénéisation et d’appartenance : des objets rendant service, venant faciliter et embellir la vie des citoyens d’une ville. Pourtant, il semble que le mobilier urbain lorsqu’il existe est trop souvent le produit d’usages spécifiques très déterminés, qui ne laisse pas suffisamment place à des questions plus larges sur la nature de ces usages mêmes. Chorus architecture a donc designer des artefacts en guise de mobiliers urbains afin de susciter de l’interrogation, de la surprise et de la curiosité pour expérimenter de nouvelles pratiques et mettre sur pied de nouveaux concepts en amenant à remettre en question notre compréhension de la réalité afin de réintroduire l’humain dans l’urbain. Conçus et fabriqués localement avec des matériaux biosourcés de ces artefacts urbains ont permis de développer et mettre en avant le savoir-faire local en intégrant différents types d’artisans, créer des emplois tout en participant à la protection de l’environnement. En optant pour du mobilier en bambou, les artefacts concilient élégance, originalité et engagement contre la déforestation dans une perspective de développement durable. Vue sur une partie de la scénographie, 2021, alaray studio Grace aux capteurs installés dans la zone, il a été clairement démontré que la qualité de l’air à considérablement été améliorer durant ces deux semaines d’études. Ceci permet de constater l’impact sur la circulation automobile dans la ville et révéler l’importance et surtout l’efficacité des aménagements effectués. L’attrait généré par l’installation de ces équipements urbains démontre de la nécessité de réinventer nos villes en mettant un accent sur la conception de détails dans les espaces publics. De plus, des équipements urbains comme ceux-là constituent une plus-value notable pour les municipalités, et ce, quelle que soit leur taille ou leur importance. Si certains éléments présentent un aspect pratique, comme ces mobiliers urbains, de nombreux autres aménagements peuvent permettre de dynamiser la vie communale. Penser des villes africaines durables passent également par la re conception des espaces publics en mettant un accent sur l’intégration des éléments qui interpellent et qui communiquent. Cette expérience à l’avenue permet de constater qu’il est possible d’utiliser le savoir-faire local ainsi que les matériaux locaux pour créer des mobiliers urbains intéressant et respectueux de l’environnement. Previous Next

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