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- African Cities Insights I L’African Cities Lab : une plateforme de cours en ligne au service de la transformation urbaine en Afrique
< Back L’African Cities Lab : une plateforme de cours en ligne au service de la transformation urbaine en Afrique Le projet African Cities Lab (ACL) est une initiative révolutionnaire regroupant plusieurs universités africaines, visant à créer une plateforme bilingue pour l'éducation numérique sur le développement urbain. Proposant des MOOCs et des formations en ligne, l'ACL forme les acteurs urbains pour les défis à venir en Afrique d'ici 2050. Allant au-delà des cours en ligne, elle offre une exploration interactive de l'avenir urbain africain avec des cours interactifs, des études de cas réelles, et des outils pratiques dispensés par des experts. Malgré des défis techniques, financiers et sociaux, le projet explore des modèles économiques durables tout en maintenant un accès gratuit. L'ACL contribue significativement à former des acteurs clés pour un développement urbain durable et inclusif en Afrique. Une initiative portée par le continent Le projet African Cities Lab (ACL) est une initiative conjointe de plusieurs universités africaines qui vise à créer une plateforme bilingue anglais – français, d’éducation numérique africaine sur le développement urbain, offrant des MOOCs de qualité et des formations continues en ligne pour les professionnels. En d’autres termes, le projet African Cities Lab a pour ambition de former le maximum d’acteurs urbains capables de faire face aux défis auxquels les villes africaines feront face d’ici 2050. Mais la plateforme de MOOCs African Cities Lab est bien plus qu'une simple collection de cours en ligne. C'est un portail dynamique où la découverte de l'avenir urbain africain se dévoile à travers des cours interactifs basés sur les réalités des villes et proposés par des experts du domaine, des études de cas concrets et des outils théoriques utiles. L'objectif est de développer les compétences des citoyens, mais aussi des professionnels et des innovateurs afin de façonner des villes africaines durables, connectées et inclusives. La durabilité passe donc pas la formation ; c’est du moins de pari de fait l’African Cities Lab. Pour cela, l’initiative a été développée autour de trois axes que sont la plateforme, les cours en lignes, et les formations rendant ainsi le projet totalement indépendant face aux infrastructures existantes. Addis Ababa, Ethiopie Des défis à la fois techniques, financiers mais également sociaux Si acquérir un espace suffisant sur un serveur est aisé, héberger des cours de plusieurs semaines facilement accessibles et lisibles sur des téléphones portables, des tablettes, le tout dans un contexte de connexion internet instable est un défi majeur. L’accès à Internet en Afrique variant considérablement d'une région à l'autre, le défi majeur consiste à garantir l’accès à la plateforme pour les apprenants, qu'ils soient en zone urbaine ou rurale. Ensuite, la mise en place d'une infrastructure serveur solide est essentielle. La plateforme doit être capable de gérer un trafic en constante augmentation, tout en offrant un accès rapide et fluide aux cours et aux contenus. L'intégration de contenu multimédia, tels que des vidéos et des documents interactifs, est également une tâche complexe. Gérer ces éléments tout en maintenant une expérience utilisateur sans faille exige des compétences techniques avancées. La compression optimale pour un rendu de qualité a ainsi été l’objet de nombreuses questions. La sécurité des données est un défi omniprésent. La protection des informations personnelles des utilisateurs et de leurs progrès dans les cours est une priorité absolue. La plateforme doit donc mettre en place des mesures de sécurité robustes pour protéger ces données sensibles. Financé pour une première période de trois ans et demi par le Secrétariat d’État à l’économie en Suisse, le projet doit maintenant réfléchir à un modèle économique durable. Question d’autant plus difficile que les cours doivent rester libres d’accès et gratuit pour rester dans la philosophie de départ. Des pistes de solutions sont aujourd’hui à l’essai. Enfin, c’est un défi social. La création d’une communauté entre les apprenants, les professionnels de l’urbain et les partenaires qui animent et réalisent les cours sont au cœur du projet. Que ce soit dans l’évaluation des exercices entre pairs au sein même des cours en ligne, la prise de contact direct entre un professionnel et un partenaire pour obtenir un avis sur une question urbaine spécifique ou la mise en commun de force pour résoudre une problématique, la plateforme African Cities Lab développe différentes solutions gratuites pour faciliter la mise en relation. Une communauté sur Whatsapp existe par exemple pour les diplômés des MOOCs afin qu’ils puissent interagir et bénéficier d’un accès privilégié à des événements spécifiques. Groupe d'étudiants utilisant la plateforme sur un téléphone mobile Un éventail de contenus Des MOOCs axés sur la mobilité urbaine aux cours sur l'aménagement urbain, la gouvernance digitale ou encore l’éco construction, la plateforme African Cities Lab propose une variété de contenus conçus pour répondre aux défis complexes et spécifiques des villes africaines. Des experts de renommée mondiale partagent leur savoir-faire et leur expérience, offrant aux apprenants un accès direct aux dernières innovations dans le domaine du développement urbain et durable en Afrique. Quelques exemples de cours disponible sur la plateforme Un MOOC dans la lumière : La Gestion des données urbaines : clé du développement de villes africaines intelligentes », du Center of Urban Systems de l’UM6P Parmi les MOOCs offerts, celui-ci met un accent sur la collecte de données grâce à des moyens à bas coût tel que le crowdsourcing pour concevoir des solutions urbaines telles que des solutions de sécurité ou de mobilité urbaine. Vous découvrirez le rôle essentiel des données urbaines dans le développement des villes intelligentes et des moyens innovants de les collecter. En outre, vous aurez un aperçu approfondi des technologies de pointe telles que les systèmes d’information géographique, la télédétection et l’analyse des données massives, et apprendrez comment elles peuvent aider à créer des solutions pour les villes africaines. Ce MOOC m'a permis de me lancer dans le développement d'un projet qui permettra aux citoyens béninois d'avoir une vue claire des actions du gouvernement dans leur localité, en mettant en place une application mobile et web où chaque projet gouvernemental sera répertorié et où chaque citoyen contributeur pourra mettre à jour ces informations accessibles à tous. Ces données seront utiles non seulement pour le gouvernement, mais aussi pour les autorités locales et les citoyens. J'ai eu l'occasion de postuler pour un poste de chef de projet informatique sur le marché français très compétitif, et j'ai été sélectionné. À mon avis, ce qui a joué en ma faveur était la mention d'une certification en gestion des données urbaines. Aziz Vorrez, l'un des tout premiers « apprenants » de la plateforme Aziz Vorrez, l'un des tout premiers « apprenants » de la plateforme Les principales thématiques que nous couvrons dans ce MOOC sur la gestion des données urbaines répondent à un manque de connaissance dans l’utilisation des données. Nous avons abordé trois thématiques de façon chronologique à savoir : Les données urbaines massives c'est quoi? Comment collecter ces données à moindre coût à travers notamment le crowdsourcing ? Comment traiter et visualiser ces données pour une meilleure analyse. Le MOOC offre ainsi une meilleure compréhension de l'utilisation des données dans le contexte africian. Il offre les méthodes avancées d’apprentissage automatique telles que les classifications pour mieux sortir des connaissances des données. Ceci permettra de trouver des solutions aux problématiques urbaines en terme de mobilité, de gestion des déchets ou des infrastructures. Le MOOC offre aussi des études de cas pour appliquer ces données. El Bachir DIOP, l'un des initiateurs du MOOC sur la gestion des données urbaines El Bachir DIOP, l'un des initiateurs du MOOC sur la gestion des données urbaines Previous Next
- African Cities Insights I Abidjan: Repenser la mobilité par la planification, l’inclusion et le dialogue
< Back Abidjan: Repenser la mobilité par la planification, l’inclusion et le dialogue Dans cet entretien, Charlène Kouassi, Directrice de Movin’On Lab Africa, met en lumière les défis du système de transport urbain à Abidjan. Les coûts élevés de déplacement, résultant d'une offre non intégrée et d'un manque de subvention de l’État, poussent les usagers à des solutions alternatives telles que la marche. Les véhicules vieillissants et l'inégalité d'accès aux offres de mobilité soulignent l'urgence de solutions inclusives et immédiates. Les femmes, particulièrement touchées, nécessitent une conception de transport adaptée à leurs besoins. Pour améliorer la situation, Charlène préconise des dialogues réguliers avec les acteurs du secteur et une meilleure inclusion du transport artisanal dans les offres publiques. En parallèle, l'initiative Movin’On Lab Africa vise à promouvoir des pratiques durables et innovantes en matière de mobilité. Enfin, une planification urbaine adéquate, favorisant l'intermodalité et les modes de transport doux, s'avère cruciale pour transformer les villes africaines en espaces harmonieux, durables et accessibles à tous. La configuration actuelle du système de transport urbain à Abidjan pose des défis à plusieurs niveaux En 2019, la Banque mondiale estimait que le transport représente la troisième principale source de dépenses des ménages derrière la nourriture et le logement en Côte d’Ivoire. De plus, une amélioration de la mobilité à Abidjan de l’ordre de 20 % pourrait accroître la croissance économique du pays d’au moins 1%. Ce qui renforce davantage l’enjeu immense que représente la mobilité. Au-delà des aspects structurels liés au déficit de l’offre de transport formel par rapport à la demande, l’inclusion des personnes joue également un rôle prépondérant. “Se déplacer dans la ville d’Abidjan représente à peu près 40% des revenus d’un ménage moyen, ce qui représente une charge importante. Aujourd’hui l’offre ne permet pas de réduire drastiquement cette source de dépenses.” , affirme Charlène KOUASSI, Directrice de Movin’On Lab Africa. Ces coûts élevés de transport résultent d’une part de l’absence d’une offre intégrée réunissant l’ensemble des modes de transports suivant une logique d’intermodalité et d'interopérabilité. D’autre part, l’absence de subvention de l’Etat dans le secteur des transports complique l’accès aux services de transport dits formels pour tous. La plupart des usagers se voit ainsi contrainte de recourir à des solutions alternatives telles que la marche qui représente environ 40% des déplacements bien que dans un contexte où les voies piétonnes sont mal conçues, inadaptées, voire inexistantes. Au-delà de la marche, les modes de transport popilaires sont hautement plébiscités. Ceux-ci représentent environ 70% de l’offre de mobilité à Abidjan et sont les plus utilisés pour les déplacements motorisés constitués entre autres par les minibus (gbakas) et les taxis collectifs (woro-woro). Toutefois, l’inclusion financière dans ce secteur représente un défi majeur aussi bien pour les ménages, dans la mesure où la décomposition du trajet entraîne des coûts supplémentaires, ainsi que pour les transporteurs avec des revenus faibles, le manque de traçabilité, l’absence de couverture sociale, etc. L’accès aux véhicules de bonne qualité et à des prix abordables est également un enjeu important lorsqu’il s’agit de mobilité inclusive. Bien que le taux de motorisation soit faible, la majeure partie des véhicules constituant le parc automobile sont vieillissants et d’occasion issus de l’importation non soumis à des normes. En raison des revenus faibles des ménages, ceux-ci ne peuvent s’offrir un véhicule neuf et aux normes. Boulevard Abrogoua à côté de la mosquée du marché Adjamé à Abidjan, par AIN, décembre 2021 Le transport dit artisanal est également un important consommateur de ces véhicules de seconde main qui échappent aux normes de sécurité et de pollution entre autres. Pourtant, cette situation est contradictoire à la loi de 2017 fixant la limitation d’âge des véhicules d’occasion importés et affectés au transport public des personnes et des marchandises en Côte d’ivoire à cinq ans. Enfin, sur le plan territorial, les offres de mobilité sont inégalement distribuées, ce qui accentue la fracture spatiale. On observe un décalage entre la planification urbaine et la planification des systèmes mobilités. Les quartiers reculés et informels se retrouvent mal desservis avec des offres en transport qui se concentrent majoritairement sur les axes principaux. Plus loin, les politiques et stratégies de mobilité durable pensées pour la ville d’Abidjan et la plupart des villes africaines proposent des interventions sur le long terme (10 à 20 ans). Or, il urge de penser également des solutions pouvant d’une part, mobiliser des moyens techniques, humains et financiers sur le court terme, et d’autre part être mises en œuvre rapidement afin d’améliorer le quotidien des usagers. Bien que, des initiatives telles que l’aménagement des arrêts minutes pour les minibus à Abidjan, sur la commune de Yopougon, sont à encourager et à multiplier, quoiqu’elles restent insuffisantes. Les femmes sont malheureusement misent en marge dans le design de l’offre de transport La configuration de l’offre de transport actuelle à Abidjan place les personnes vulnérables au rang desquelles les femmes, en ligne de front face aux dangers liés aux services inadaptés des offres de mobilité existantes. En effet, que ce soit en termes de sécurité, avec l’absence d’éclairage public et de systèmes de surveillance ; ou en termes de confort, avec l’absence de commodités comme les aires de repos, les toilettes, etc., la conception des modes de transport ne prend pas en compte les besoins spécifiques et les vulnérabilités des femmes pour leur bien-être et leur épanouissement en matière de mobilité urbaine. Pourtant, en adressant ces questions, les systèmes de transport seraient inclusifs non seulement pour les femmes, mais profiteraient au bien-être de tous. “Quand on s'intéresse aux problématiques que vivent les femmes dans le transport, on se rend compte que ce sont des problématiques qui, si elles trouvaient une réponse adéquate, pourraient profiter à l'ensemble de la population” précise Charlène. Du point de vue des usages, les femmes sont les principales usagers du transport public et des espaces publics. Tandis que l’homme a un trajet beaucoup plus linéaire de type domicile-travail, les femmes par contre ont un trajet beaucoup plus dynamique domicile – travail – marché – école pour récupérer les enfants – etc. En dépit de cela, ces dynamiques de mobilités ne sont pas souvent traduites dans la plupart des études de transport. Cet écart de données sur le genre peut s’avérer pourtant crucial dans la planification, la conception et l’exploitation des infrastructures de transport. D’ailleurs, des initiatives telles que WomenMobilizeWomen travaillent à réduire ces écarts en organisant des campagnes de collecte de données de mobilité basées sur le genre. Promouvoir le dialogue et concilier avec l’informel pour une mobilité durable à Abidjan Transformer la mobilité urbaine implique de multiplier les cadres de concertation avec l’écosystème des acteurs de la mobilité au niveau local, incluant les institutions villageoises, les usagers, les entreprises, les start-ups, etc. Ceci afin de co-créer, à travers les échanges et le dialogue, des solutions innovantes, plus inclusives, particulièremennt pour les femmes mais aussi pour les groupes dits vulnérables tels que les personnes âgées, les personnes à mobilité réduites et les jeunes. “Bien que certains espaces de dialogue avec les transporteurs aient été mis sur pied, ceux-ci manquent de proactivité” souligne Charlène. Une approche plus efficace consisterait à instaurer des échanges beaucoup plus fréquents, idéalement chaque semaine, et à allouer des ressources de manière continue pour assurer leur bon déroulement. Cela favoriserait un suivi et une évaluation plus rigoureux en utilisant des critères de performance basés sur les retours d'expérience des transporteurs et des voyageurs. Dès lors, rendre la mobilité inclusive reviendra à intégrer le transport artisanal aux offres de transport public existantes. D’autant plus que l’offre actuelle ne représente qu’un faible pourcentage comparé au transport artisanal représentant près de 70% de l’offre globale. Cette inclusion passera notamment par, la formation et l’accompagnement des chauffeurs de Gbaka, de woro-woros, et de pinasses mais aussi par la maintenance ou le renouvellement de leur flotte. La digitalisation a permis l'essor des solutions digitales comme GO TAXI, MOJA RIDE et BIM BARA, YANGO et UBER, l’on assiste à l’émergence d’une palettes de services de mobilité à l’instar du transport à la demande ou encore de la professionnalisation du secteur des taxis compteurs. Ces solutions émergentes ont l’avantage d’offrir une meilleure inclusion financière aux transporteurs artisanaux. Grâce à des mécanismes de suivi de leurs revenus, d’octroi de récompenses selon leurs performances, de certification, etc., ceux-ci pourront avoir accès à de meilleures conditions de travail ainsi qu’aux services financiers. Movin’On Lab Africa, acteur engagé pour la promotion d’une mobilité durable et inclusive en Afrique L’initiative Movin’On Lab Africa, est un Think & Do Thank, dédié à la mobilité durable en Afrique et qui promeut des bonnes pratiques et solutions innovantes à travers le continent. A cet égard, le Think Tank propose plusieurs pistes de réflexion sur les opportunités, challenges et défis à venir, etc. Différents canaux de communication sont utilisés à cet effet pour faire passer des messages clés, notamment : ateliers, conférences, podcasts, talkshow, etc. “Le rôle de Movin’On Lab Africa est de fédérer, autour d’un objectif commun, la création de valeur locale et la soutenabilité des systèmes de mobilité en Afrique” , affirme Charlene. L’objectif étant de mettre en place des communautés d’intérêt centrées sur des problématiques propres aux villes africaines à l’instar du transport artisanal. Une meilleure planification urbaine est un prérequis incontournable pour une meilleure planification des transports Dans le contexte des villes africaines et particulièrement de la ville d’Abidjan, la planification des transports doit encourager l'intermodalité avec la mise en place d'infrastructures dédiées favorisant les modes doux et la mobilité partagée. Cela contribuera à réduire significativement la congestion, la pollution sonore et atmosphérique. “Dans les cinq prochaines décennies, ma vision pour les villes africaines est finalement assez terre à terre. Des villes où il fait bon vivre, où la nature reprend sa place et où tradition et modernité cohabitent de façon harmonieuse. J'aspire à l'adoption de designs et de techniques architecturales intégrant des services de première nécessité, des espaces culturels et de loisirs accessibles à tous. Une ville où il y a une multitude d'offres de transports accessibles à tous.” conclut Charlène. Previous Next
- African Cities Insights I Une nouvelle vision du développement urbain au Sénégal à travers la ville intelligente
< Back Une nouvelle vision du développement urbain au Sénégal à travers la ville intelligente Les villes intelligentes en Afrique offrent de nouvelles voies pour une transformation urbaine durable. Les réformes réglementaires permettent désormais aux autorités locales de créer des réseaux numériques, un changement qui soutient les partenariats public-privé (PPP), attire les investissements tout en favorisant des infrastructures partagées et en prévenant les monopoles. Diop Dieynaba, responsable du programme Ville Intelligente de Diamniadio, souligne la nécessité d'une adoption technologique adaptée qui respecte le contexte unique de chaque ville, plutôt que de copier des modèles étrangers. L'approche de Diamniadio démontre que le développement des villes intelligentes peut renforcer la durabilité, l'efficacité et le bien-être des citoyens lorsqu'il est en adéquation avec les besoins et les valeurs locales. Malgré des obstacles comme des ressources limitées et le scepticisme public, Dieynaba est convaincue que les villes africaines peuvent façonner leurs propres modèles urbains intelligents en favorisant l'innovation locale, en actualisant les réglementations et en adoptant les partenariats. La ville intelligente est un modèle de fabrique urbaine qui offre de nombreuses opportunités pour la transformation urbaine en Afrique Dakar, Senagal Leandry Jieutsa 2023 Le développement des technologies ouvre de nombreuses portes en matière de développement urbain, résilient inclusif et durable. La ville intelligente est une approche pertinente, car permettant de mettre en place des infrastructures, réseaux et services interconnectés. Diop Dieynaba Cheffe de cellule de la Smart city de Diamniadio et Responsable du programme Smart city de Diamniadio. En effet, les réseaux d’infrastructures d’une Smart city sont des supports de la gestion optimisée d’une ville et cela permet d’anticiper et de résoudre les lacunes et pannes. Ces infrastructures permettront le raccordement des principaux équipements de gestion d’une ville intelligente à commencer par les caméras de vidéoprotection nécessaires pour en faire une ville sûre, tous les capteurs pour les solutions intelligentes de services urbains et mobilité. La ville intelligente est un processus de structuration urbaine utilisant les nouvelles technologies pour apporter des solutions durables, intégrant les aspects économiques, sociaux et environnementaux. Elle repose sur l’usage de technologies avancées comme les capteurs, les réseaux, l'IoT et la blockchain, qui jouent un rôle central dans l'amélioration de la ville. Dans les villes Africaines, on a l’habitude de construire et de gérer de manière sectorielle, les réseaux, les voiries et les services de la ville. Maintenant avec la Smart city on peut avoir un seul noyau qui est le centre de pilotage pour superviser tous les services de la ville. Cependant elle ajoute que chaque ville doit s’approprier et contextualiser ces technologies. Chaque ville adapte les technologies selon ses besoins spécifiques, en fonction de son identité et de ses priorités en aménagements numériques. Par exemple, au Sénégal, la ville nouvelle de Diamniadio, actuellement en cours d'aménagement, nécessite d'abord le développement d'infrastructures de base telles que la fibre optique, les réseaux Wi-Fi, et l'IoT pour supporter des solutions numériques. À Dakar, en revanche, le focus n'est pas principalement sur les infrastructures, mais sur des projets numériques facilitant la vie des citoyens, tel que des applications pour la mobilité, le covoiturage, et la gestion du trafic. Des start-up sénégalaises développent aussi des solutions innovantes pour répondre aux besoins spécifiques de la population. Ainsi, le concept de ville intelligente, ou Smart City, est aujourd’hui l’outil le plus adapté pour accompagner le développement des villes africaines en croissance. Il permet d'améliorer les conditions de vie des citoyens grâce au déploiement de solutions numériques et d'encourager l'intégration des nouvelles technologies dans un contexte de développement urbain. La ville intelligente de Diamniadio s’appuie sur l'Internet des objets pour optimiser la gestion urbaine à travers des infrastructures connectées La planification urbaine est un processus très complexe et implique plusieurs compétences et métiers. Par conséquent il faut digitaliser le processus et mettre en réseau tous les acteurs pour une meilleure transversalité. Smart City Diamniadio Les nouvelles technologies vont apporter des solutions innovantes dans la collecte des données, la prise de décision, travailler sur la modélisation des processus urbains. L'introduction du numérique dans la planification de ville vise notamment à ajuster et optimiser au mieux la consommation des ressources : énergie au niveau de la distribution électrique avec les smarts grids, consommation du réseau d’éclairage public, optimisation du traitement des déchets solides et liquides, gestion des réseaux d’eau. L'Internet des objets (IoT) joue un rôle central dans ce que nous mettons en place pour la ville intelligente de Diamniadio. Nous misons sur des réseaux en fibre optique, le Wi-Fi, et le IT, car l'IoT permettra de développer diverses solutions pour la gestion urbaine. Le projet Smart City de Diamniadio vise à créer une ville intelligente, durable et résiliente, en appuyant le développement d'infrastructures de connectivité mutualisées telles que la fibre optique, le réseau mobile et le Wi-Fi public. Cette approche permettra des usages numériques massifs et innovants. En parallèle, l'IoT facilitera la gouvernance numérique et la gestion des services publics, avec une unité centrale assurant la coordination des données en temps réel pour des solutions de sécurité (vidéoprotection) et de gestion de la mobilité urbaine. Diamniadio va devenir une référence dans la gestion des villes au Sénégal et en Afrique de l’Ouest. Cette gestion Smart permettra une maîtrise des coûts de fonctionnement, d’optimiser les temps de trajet et donc de réduire la pollution, et grâce à ses services et infrastructures, d’attirer un plus grand nombre de citoyens. Diamniadio se distingue par une approche intégrée combinant plusieurs fonctions incluant administration, évènementielle, éducation, industrielle, résidentielle et loisirs. La ville héberge 16 ministères décentralisés et la deuxième université du Sénégal, l’Université Amadou Mahtar Mbow, prévue pour accueillir environ 30 000 étudiants. Le marché d’intérêt national et la gare des gros porteurs, la maison des Nations Unies, des programmes immobiliers etc... Des capteurs intelligents seront installés pour optimiser la gestion de la mobilité et du stationnement et des services urbains, notamment dans la gestion des cas d’usages gestion des incendies, des inondations, des bacs à ordures, le trafic, l’éclairage public, la gestion numérique de l’assainissement en renforçant ainsi l'efficacité des infrastructures et la sécurité des citoyens. Pour faciliter l’interaction entre l’administration, les citoyens et les entreprises locales, une application numérique sera développée, offrant un accès en temps réel à des informations essentielles. Ce projet s'appuie sur le numérique pour non seulement répondre aux besoins des usagers en matière d’énergie, d’eau, d’assainissement, de mobilité et de gestion des déchets, mais aussi pour piloter le développement du Pôle urbain de manière durable et moderne. Mettre en place une infrastructure de fibre optique pour soutenir le développement rapide de la ville intelligente de Diamniadio Diamniadio, Hub technologique en pleine croissance au Sénégal, accueillent des infrastructures de pointe comme le parc technologique numérique, les datacenters de Sénégal Numérique SA. des bâtiments intelligents, tels que la Maison des Nations Unies et les sphères ministérielles, le Stade Abdoulaye Wade, le centre des Expositions de la SOGIP, le CICAD, Centre de Conférence Abdou DIOUF, l’Hôtel Radisson Diamniadio etc… illustrent la modernité de la ville. Dakar Arena de Diamniadio ajoute également à cette dynamique, visant à faire de Diamniadio un centre moderne et attractif. Face à la demande croissante de solutions technologiques que posent ces infrastructures et les entreprises, installées sur le site, un inventaire des besoins a été réalisé pour structurer l’aménagement numérique. Innovation – Le Sénégal inaugure officiellement son super calculateur, by prodpafrica Le déploiement de la fibre optique est un élément structurant de cette transformation. C’est dans cette optique qu’est mis en place un projet de connectivité en Fibre, Wi-Fi et IoT dans toute la ville. Ce projet, prévu pour fin 2024, offrira une couverture réseau mutualisée et partagée par les opérateurs aux logements, entreprises, administrations et établissements publics, garantissant une accessibilité équitable. La Délégation générale à la Promotion des Pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose (DGPU) développe également un projet destiné à améliorer la sécurité et la gestion de la ville en temps réel. Ce projet géré avec le Ministère de l’intérieur, inclura l’installation de 700 caméras de vidéoprotection, des capteurs intelligents pour l’éclairage, la gestion des feux tricolores et des espaces verts, et une plateforme d’intelligence artificielle pour surveiller les embouteillages, détecter les déchets et prévenir les fuites d’eau. Grâce à un data center sécurisé, cette infrastructure permettra une gestion proactive des données. L’IoT sera mobilisé pour surveiller l’eau, la qualité de l’air, et la consommation électrique, assurant une efficacité énergétique, une sécurité accrue et un cadre de vie amélioré, positionnant Diamniadio comme un modèle de ville intelligente et durable. Enfin, pour garantir une exploitation efficace des solutions technologiques, une formation à la gestion des solutions cloud et des données sera offerte aux futurs opérateurs du centre de supervision de la ville. Ce centre jouera un rôle crucial dans la supervision des infrastructures, facilitant la maintenance proactive des services urbains tels que l’eau, l’air, et l’énergie. Les capteurs permettront, par exemple, de détecter rapidement les fuites d’eau ou les pics de pollution, contribuant ainsi à améliorer la sécurité et le bien-être des citoyens de Diamniadio. Le Partenariat Public-Privé pour soutenir une transformation urbaine qui optimise les ressources et favorise la transformation numérique des territoires Le Partenariat Public-Privé (PPP) joue un rôle structurant dans le développement du projet de ville intelligente de Diamniadio, en impliquant un éventail d’acteurs publics et privés. Ce modèle novateur s’articule autour de l'implication de divers acteurs, parmi lesquels figurent la Présidence de la République, plusieurs ministères (dont celui de l'Économie, du Plan et de la Coopération par le biais de l’Unité Nationale d’Appui aux PPP (UNAPPP) et celui de la Communication des Télécommunications et du Numérique, et du Ministère de l’intérieur), ainsi que des régulateurs comme l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) et l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP). Le Cabinet Tactis, en tant que mission d’assistance à la maîtrise d’ouvrage (AMO), accompagne la DGPU dans la coordination de ce projet complexe qui mobilise des ressources financières et technologiques issues du secteur privé sous la supervision étatique. L'initiative a aussi nécessité une approche pragmatique d’intégration des opérateurs privés afin de maximiser les investissements tout en permettant à l'État de gérer les remboursements sur une période définie. On est en train de finaliser deux PPP sur le projet Smart city Diamniadio, un PPP doit nécessairement être réalisé par une entreprise dédiée à cet effet SPV (Société dédiée pour réaliser le PPP) qui doit avoir un actionnariat majoritairement sénégalais, les entreprises étrangères peuvent avoir leur place, mais n’auront pas la majorité, ce sont les textes. Le PPP s’est imposé dans le cadre de la Smart City de Diamniadio, à la suite de recommandations formulées lors des séries ateliers de co contstruction de la vision en octobre 2021, par la suite, le principe des deux PPP a fait l’objet d’une validation dans le cadre d’ateliers de validation organisés les 15 et 16 novembre 2022 auxquels participaient divers partenaires comme le MCTN, l’ARTP, l’UNAPPP, la DCMP et la SENUM où les parties prenantes ont mis en avant la pertinence de ce modèle pour répondre aux exigences techniques et financières du projet. Atelier de validation de l'étude d'assistance à maîtrise d'ouvrage du projet Smart City Diamniadio En effet, la complexité du déploiement d’infrastructures telles que la fibre optique, combinée aux compétences limitées de l’État en la matière, a incité l’Unité Nationale d’Appui aux Partenariats Public-Privé (UNAPPP) à adopter une approche de dialogue compétitif. Ce processus a permis de rassembler les opérateurs privés nationaux, candidats à l’appel d’offres dotés des licences et de l’expertise nécessaires pour structurer un réseau de connectivité. Bien que la concurrence ait été limitée par les exigences réglementaires, cette méthodologie a permis d’engager les opérateurs télécoms nationaux tout en maintenant un cadre ouvert pour les sociétés infrastructures de fibre optique, ce qui a permis d’extraire les réseaux mobiles de l’appel d’offres, afin de faciliter une participation plus large. Le modèle PPP Diamniadio une ville connectée, connectivité ne vise pas seulement à optimiser les ressources pour le déploiement de la fibre optique et des infrastructures de communication, mais il sert aussi à garantir une gestion partagée et mutualisée des infrastructures, évitant ainsi les monopoles privés. Au Sénégal, où les opérateurs de télécommunications dominent traditionnellement le déploiement des réseaux, le PPP à Diamniadio offre un modèle de réseau public partagé qui permet à chaque opérateur de participer au développement tout en évitant un monopole d’un acteur unique. Le choix d’un modèle de réseau mutualisé permet ainsi de maintenir une concurrence saine et de conserver une vision équilibrée pour la Smart City. Dans un contexte africain où les opérateurs maîtrisent souvent les réseaux et le déploiement de la fibre, nous avons découvert que nous pouvions mettre en place un réseau Fibre optique public mutualisé, partagé entre opérateurs. La DGPU supervise la mise en place de deux principaux PPP : le premier, orienté vers la connectivité, couvre l’installation d’un réseau de fibre optique, de Wi-Fi public et d’IoT, et le second PPP : Diamniadio une ville sure, intelligente et durable, se concentre sur le déploiement de solutions matérielles et logicielles permettant un pilotage en temps réel de la ville. Outre les aspects techniques, le projet Diamniadio bénéficie également de l’apport financier des partenaires privés, lesquels permettent à l’État de réduire les coûts initiaux en se concentrant sur un modèle de remboursement échelonné. Ce cadre de PPP permet à l'État d’éviter un endettement direct tout en assurant le financement de technologies et infrastructures avancées. Cette approche est un modèle économiquement viable qui peut inspirer d’autres villes en Afrique de l’Ouest. Cette démarche permet de contrôler l'infrastructure et de réduire les risques de monopole privé, un enjeu crucial dans le développement de villes intelligentes. Le contrôle des infrastructures et des données reste un défi majeur, mais cette approche mutualisée nous offre une meilleure maîtrise du projet. En favorisant un environnement de gouvernance partagée, le PPP Diamniadio, une ville connectée pour la Smart City de Diamniadio crée un écosystème où l’innovation technologique et la durabilité se rejoignent pour faire de Diamniadio un modèle de ville intelligente, adapté aux besoins contemporains et aux attentes de croissance du Sénégal. Ce n'est pas un simple marché, car le PPP connectivité de Diamniadio concerne ici un vaste déploiement sur 1,644 hectares, soit environ quatre fois la taille du centre-ville de Dakar, dans le pôle urbain de Diamniadio. Il était essentiel de garantir la concurrence pour ne pas confier ce projet à un seul opérateur sans appel d’offres, ce qui n’aurait pas servi l’intérêt général. Une réforme des cadres réglementaires est essentielle pour le développement des villes intelligentes en Afrique, car elle crée un environnement favorable à l'innovation Les cadres actuels, souvent rigides et inadaptés, limitent l'innovation. Un cadre réglementaire modernisé encourage les investissements en clarifiant les attentes pour les entreprises et les investisseurs. En permettant des partenariats public-privé et des collaborations avec des acteurs internationaux, ces réformes facilitent l'accès aux technologies et au financement nécessaires. En outre, elles renforcent la transparence et la responsabilité, éléments cruciaux pour bâtir la confiance des citoyens envers les initiatives de ville intelligente. C’est le moment de la rupture sur nos façons de planifier, de concevoir et d’habiter nos villes, cependant une mise à jour des savoirs est nécessaire pour mettre en phase le développement de ce processus avec l’évolution de nos villes. Au Sénégal, il était initialement impossible pour les collectivités locales de déployer leur propre réseau de fibre optique, cette prérogative étant réservée aux opérateurs télécoms. Cependant, un décret du 7 juillet 2022 a permis aux collectivités d’aménager des réseaux de fibre afin de développer des villes intelligentes, une initiative qui n'existait pas auparavant au Sénégal. Cette réglementation a ouvert de nouvelles possibilités et a été un catalyseur pour Diamniadio. Dans le Plan d’actions de la Stratégie Sénégal Numérique 2025 (SN 2025), il est prévu dans l’action 624, la DGPU est chargée de la mise en place d’une Ville Numérique sur l’Axe Diamniadio- Sébikotane, Diass et Lac Rose avec le Ministère. Avec l'appui du ministère des Télécommunications et du régulateur, un guichet unique a été créé pour accompagner la DGPU dans la gestion et le partage des réseaux à Diamniadio. Cette évolution a marqué un tournant : désormais, les opérateurs doivent suivre les directives de l'État et des collectivités locales avant de procéder à l’installation de leurs infrastructures, notamment dans les grandes villes. Les maires, souvent peu informés de ces changements, doivent encore prendre conscience de leurs nouvelles responsabilités, et il est essentiel que les réglementations évoluent pour donner aux collectivités locales davantage de pouvoir et de flexibilité afin de répondre aux enjeux de développement numérique. De plus, l'UNAPPP a mis en place de nombreux arrêtés pour soutenir les PPP et accompagner l'activité locale ainsi que les entités publiques. L'ARTP mène également des réformes pour promouvoir le partage de réseaux, mettant fin au déploiement anarchique. Sur Diamniadio on a travaillé sur une stratégie de partage de réseau pour le projet de connectivité de Diamniadio, le projet sera financé par un opérateur gestionnaire unique (SVP), il se chargera de la conception, le déploiement des réseaux, l’exploitation et commercialisation du réseau sur une durée de 18 à 20 ans, puis transférera sa gestion à la DGPU, assurant ainsi la propriété nationale. I l est indispensable de surmonter les défis de la transformation digitale en Afrique pour bâtir des modelés endogènes de villes intelligentes qui répondent aux réalités locales Il existe une résistance marquée au refus du changement et un scepticisme généralisé. L'innovation technologique est souvent perçue comme une idée éloignée des réalités quotidiennes africaines, où les problèmes liés à l'eau, à l'électricité et à la salubrité demeurent criants. Cette mentalité, ancrée dans les modèles urbains traditionnels, limite l'acceptation des nouvelles technologies et freine l'adoption de pratiques plus modernes et durables, rendant difficile la transition vers des villes intelligentes. Le manque de ressources financières et de compétences spécialisées constitue un autre obstacle majeur. La transformation vers des Smart Cities requiert des investissements importants, mais aussi des experts en urbanisme et en technologies numériques, qui font souvent défaut. Cette insuffisance de compétences entraîne des difficultés pour concevoir, déployer et gérer les infrastructures intelligentes, ajoutant des complexités à la mise en œuvre des projets et limitant leur impact potentiel. Par conséquent, les villes africaines se retrouvent souvent dépendantes de soutiens externes pour avancer vers le numérique. A cela s’ajoute, le défis de la réalisation des voiries et réseaux divers (VRD) intelligents, qui intègrent les infrastructures d’accueil (fourreaux, chambres, galeries techniques) pour le passage de la fibre. Ces infrastructures d’accueil de la Smart city sont réalisées concomitamment aux opérations de VRD sans ces derniers il n’aura pas de Smart cities (villes intelligentes). Cependant ces défis ne doivent pas empêcher l’innovation et freiner la dynamique de transformation urbaine dont a besoin le continent. Certes, il y a des défis liés aux infrastructures et aux ressources, mais je suis convaincue que nos villes peuvent évoluer vers ce que nous voulons en faire. Le président de la République a initié le projet de Diamniadio dans l'optique de rompre avec les déficits d’urbanisation des villes sénégalaises, marquées par un manque de planification et des quartiers dortoirs sans activité économique, sans voirie ni services d'assainissement. Les villes Africaines de demain doivent être durables, résilientes et faire l’objet d’une véritable planification numérique globale au moment de leur construction pour les villes nouvelles. Pour les villes existantes, travailler sur le développement de solutions technologiques adaptées aux besoins des citoyens. Il est crucial de répondre aux idées reçues selon lesquelles l'Afrique serait ‘’en retard’’ ou incapable de réussir dans le domaine des villes intelligentes. Certains pensent qu'il suffirait de transposer des modèles étrangers pour résoudre nos défis, mais ce n'est pas la solution. Chaque ville a son propre territoire, son identité et ses besoins spécifiques. Nous devons concevoir et planifier nos villes en tenant compte de nos moyens, de nos besoins spécifiques et de nos projections futures. Il n'est pas réaliste de demander à des acteurs étrangers de résoudre nos problèmes urbains. L'initiative doit venir de nous, les Africains. Nous devons porter notre propre vision et adapter la modernité et les technologies aux réalités locales» Previous Next
- African Cities Insights I Pan-African Architecture Biennale 2026
< Back Pan-African Architecture Biennale 2026 The Pan-African Architecture Biennale (PAAB), launching in Nairobi in 2026, is a groundbreaking event redefining how Africa’s built environment is imagined and discussed. In this interview with the African Innovation Network for The African Cities Magazine, curator Omar Degan, Somali-Italian architect and founder of the Biennale, explains how PAAB rejects Eurocentric notions of “modernity” and architectural value, calling instead for architectural sovereignty by Africans for Africa. Rather than showcasing spectacle, the Biennale will foster debate, collaboration, and radical self-definition across disciplines like architecture, art, urbanism, literature, and policy. Structured around decolonization, democratization, and reconnection, it aims to dismantle inherited hierarchies, revive erased knowledge, and promote education rooted in African contexts. Rotating biennially across African cities and mirrored by an open-access digital archive, PAAB ensures inclusivity and continuity. For Degan, it’s not just an event but an infrastructural and cultural movement—a collective act to reclaim authorship and reimagine African futures on African terms. In 2026, Nairobi will become the stage for a historic first: the Pan-African Architecture Biennale (PAAB). It’s not just a new event, it’s a turning point. For the first time, architects, urbanists, designers, academics, artists, writers, and policy thinkers from across the African continent and its diaspora will gather to explore, question, and rewrite the architectural narratives that have too long been defined by others. But don’t expect sleek models of futuristic towers or polite panel discussions about “development.” This Biennale isn’t selling architectural spectacle. It’s demanding architectural sovereignty. Curated by Somali-Italian architect and educator Omar Degan, the PAAB is being shaped as a radical act of self-definition. A public space where African voices lead the conversation about African spaces. It’s a break from the legacy of Eurocentric frameworks that have long dictated what counts as “good design,” “progress,” or “modernity” on the continent. Africa has always been the center of life, of resources, of knowledge. This Biennale is about reclaiming that center. It’s about shifting the architectural discourse from one imposed on Africa to one authored by Africa. Degan doesn’t mince words. He’s not trying to imitate Venice or align with global design trends. His vision is rooted in the belief that architecture is not neutral, it is cultural, political, and deeply historic. And in a continent of over 1.4 billion people, 54 countries, and thousands of traditions, the idea of a single ‘African architecture’ is both problematic and powerful. The Biennale, in his hands, becomes a platform to deconstruct clichés, surface erased knowledge, and reimagine the future of African cities on Africa’s terms. This isn’t about chasing global relevance, It’s about recognizing that what’s happening here on this continent is already shaping the future. We just need to stop asking permission to say so. At the heart of the Pan-African Architecture Biennale is a bold provocation. Indeed what if everything we’ve been taught about African architecture is wrong? For too long, the architectural identity of the continent has been boxed into two shallow extremes. On one side, there’s the romanticized image of vernacular mud huts, frequently used in travel brochures and academic footnotes, rarely treated as serious architecture. On the other, the glass-and-steel mimicry of Western cities, where so-called “modernity” is measured by height, cost, and how closely a building resembles something seen in Dubai or Shanghai. There’s this dangerous idea that architecture in Africa doesn’t exist unless it’s a safari lodge or a luxury resort designed by someone from the West. That’s the result of decades of colonial framing and academic neglect. This false binary has done real damage. It erases the rich diversity of architectural practices on the continent, flattens cultural expression, and undermines local knowledge systems that have evolved over centuries to respond to specific environments, climates, and ways of living. But Degan isn’t advocating a nostalgic return to tradition, nor is he interested in simply adding African flair to Western templates. His call is for a contemporary African architecture that emerges from the continent’s own logic, one that speaks to its ecological conditions, cultural pluralities, and social dynamics. Architecture is not about style, it’s about relationships to land, to people, to heritage. He points to the double standard embedded in global design culture. In Europe, the stone-and-wood chalets of the Alps are hailed as iconic examples of regional architecture, proof of cultural continuity and environmental wisdom. But when similar values appear in African architecture, natural materials, passive cooling, climate sensitivity they’re often dismissed as backward or undeveloped. Why are our vernacular buildings seen as primitive?” They’re no less architectural. They just haven’t been celebrated through the same lens. Degan believes this lens needs to be shattered and the Biennale aims to do just that. By gathering a wide range of voices and projects from across Africa, it seeks to expand the architectural imagination of the continent and show that African architecture is not a style, but a living, evolving system of knowledge. This is not about aesthetics. It’s about power. It’s about who gets to define what counts as architecture, and who is left out of that definition. The PAAB is not just an event, it’s a challenge to the architecture world itself. Set to debut in Nairobi in 2026, and designed to roam from city to city across the continent every two years, the Biennale aims to spark nothing short of a continental reckoning. It’s a deliberate move away from static, elitist formats and toward something fluid, collective, and rooted in African realities. We’re not trying to copy Venice. We’re not interested in replicating Western models. This is something that needs to feel African, function African, and speak African. At its core, the Biennale is a manifesto for reclaiming authorship, framed around three guiding principles: decolonization, democratization, and reconnection. The Biennale is a direct response to centuries of colonial and neocolonial control over the architectural narrative of Africa. From the design of public spaces to the curriculum in architecture schools, much of what defines “good architecture” on the continent still comes from outside. This event is about taking back the pen about giving African architects, academics, communities, and creatives the space to define, critique, and project their own visions of the built environment. The Biennale seeks to dismantle inherited hierarchies of value, style, and legitimacy. I want real conversations. Hard conversations. Like, why are local architects left out of humanitarian projects? Why does African architecture only get recognition when it’s filtered through a Western lens? The physical event in Nairobi will feature exhibitions showcasing both built and speculative projects, documentation of vernacular practices, and design research rooted in African contexts. But this isn’t just about presentation, it’s about dialogue. Instead of the usual polished panel discussions, the Biennale will host open debates where friction is welcomed and difficult questions are confronted head-on. Workshops will engage not only professionals but also students and families, making space for intergenerational exchange and grassroots participation. Across the city, installations and pop-up events will decentralize the experience, taking the Biennale out of formal institutions and into public spaces. It welcomes not just architects, but sociologists, anthropologists, planners, artists, historians, community activists, writers, and even sci-fi authors. Because building the future of African cities isn’t just a technical task, it’s a cultural, social, and political one. I want to hear from sci-fi writers. They’re imagining futures. And architects need to be in conversation with that. With dreamers, storytellers, and community builders. Workshops will engage families, students, and citizens not just professionals. Discussions will be multilingual, and spaces will be physically and digitally decentralized. It’s a vision of architecture as something collaborative, public, and alive. I don’t care about cute exhibitions where people take selfies at the vernissage. I want debates. I want friction. I want uncomfortable questions. Most global architecture events cater to the few elite institutions, jet-setting practitioners, and media-friendly “starchitects.” The PAAB is designed to do the opposite. The Biennale is preparing a fully digitized, open-access version that mirrors its physical counterpart. Every exhibition, talk, and research project will be documented, archived, and made freely available online. The reality is 90% of the people who would benefit from this Biennale won’t be able to travel to Nairobi. So we’re bringing the Biennale to them. That’s not a compromise. That’s the point. This is not an afterthought or a supplement, it’s a core component of the Biennale’s vision. The digital platform is being designed as a long-term knowledge infrastructure, a living archive that grows with each edition and remains accessible to anyone, anywhere. For students in Kisangani, researchers in Accra, or architects in the diaspora, the Biennale will be just a few clicks away. The goal is to redistribute access to architectural discourse, to break the cycle where African architects must go through Western publications or institutions to gain visibility on their own continent. The structure of the Biennale also reflects its pan-African ambition. After its inaugural edition in Nairobi, the Biennale will rotate every two years, landing in a different African city each time. This mobility is more than symbolic. Each host city will shape the identity, themes, and content of its edition, ensuring that the Biennale remains rooted in local realities and reflective of the continent’s vast diversity. What it looks like in Dakar will not be what it looks like in Addis Ababa, and that’s the point. One of the most urgent battles the Pan-African Architecture Biennale hopes to ignite is not about buildings, it’s about education. For Degan, the crisis in African architecture starts in the classroom, where outdated syllabi continue to shape how the next generation of architects think, design, and imagine. We’re still teaching Le Corbusier and Mies van der Rohe like they’re gods. But how many students know about Demas Nwoko, Hassan Fathy, or even someone like Laurie Baker, who worked in India for decades ? This is not a call to erase Western architectural history, but a demand for relevance and balance. Why are African architecture students still learning about 20th-century European masters in isolation without grounding in their own contexts, their own histories, their own climates and communities? The result, Degan warns, is a profession that continues to design for ideals imported from elsewhere, instead of from the ground up. But he’s quick to point out that fixing this is not as simple as swapping out a few textbooks. The deeper issue is a systemic absence of African documentation. Generations of African architects have worked often under challenging conditions, but left little behind in the way of drawings, essays, case studies, or critical reflections. Without archives, without records, without publications, the knowledge vanishes. If practitioners don’t write, if they don’t publish, then the next generation has nothing to learn from. We need to build a culture of documentation, archiving, and knowledge-sharing. Otherwise, we’re just repeating the same mistakes in silence. The Biennale, then, is not just an event or a showcase, it’s a call to action for a more self-reflective, self-sustaining architectural culture. Through its digital archive, its cross-generational dialogue, and its continent-wide network of contributors, it hopes to create a new reference library for African architectural education, one written from within. For Degan, the Biennale is also a political intervention, a way to build momentum behind local agency and push back against a top-down, imported vision of urban development. He believes African architects should have a stronger voice not just in the profession, but in policymaking, planning, and governance. We need to stop asking for a seat at the table. We need to build the table ourselves, and make it strong enough that no one can ignore it. The most radical ambition behind the Pan-African Architecture Biennale may not lie in what it presents, but in how it exists. From the start, Omar Degan has been clear: this is not another iteration of Venice in warmer weather, nor a tribute act to Chicago or Lisbon. It’s not about adapting a Euro-American model to African soil, it’s about a strory rooted in African realities, complexities, and contradictions. This has never been done before. That’s why it’s hard. But if we don’t create an African model for architectural discourse now, then when? What Degan and his team are attempting is not just a cultural event it’s an infrastructural shift. One that questions the frameworks of prestige, the flows of funding, the language of validation. One that builds its own platforms, its own archive, its own vocabulary. And crucially, one that does not wait for approval. Each one of us has a role to play. Students, practitioners. the moms bringing their kids to see what the future could be. This is not a passive event, this is a collective act. Participation doesn’t require a plane ticket. If you can’t be in Nairobi, the Biennale will meet you where you are digitally, openly, in your language and on your terms. Through its digital platform, open access archive, and decentralized philosophy, the PAAB is actively dismantling the idea that meaningful architectural discourse only happens in the room where power gathers. What’s being launched in 2026 is not a culmination, it’s a beginning. A beginning of new networks, new pedagogies, new alliances across borders and disciplines. A beginning that insists African cities are not blank slates for imported visions, but living systems of memory, struggle, creativity, and resilience. Get the full African Cities Magazine 6 Download the full article here degan-article-african_cities_magazine_6_english-20250826 .pdf Download PDF • 4.12MB Previous Next
- Africityshoot: Lubumbashi-DRC
Lubumbashi is the second-largest city in the Democratic Republic of the Congo, located in the country's southeasternmost part, along the border with Zambia. Discover through this series all the energy and beauty of this city of more than 2 million inhabitants, with a rich history and an impressive architectural heritage. Lubumbashi-DRC Lubumbashi is the second-largest city in the Democratic Republic of the Congo, located in the country's southeasternmost part, along the border with Zambia. Discover through this series all the energy and beauty of this city of more than 2 million inhabitants, with a rich history and an impressive architectural heritage.
- AIN Videos Podcasts I Vers une Modernisation Participative: Défis et Aspirations de la Commune de Bakel
El Hadji Diouf de Bakel évoque la participation citoyenne, défis en eau et assainissement, et vise la modernisation de sa ville. < Back Vers une Modernisation Participative: Défis et Aspirations de la Commune de Bakel EL Hadji Diouf Dans cette vidéo El Hadji Diouf, premier adjoint au maire de Bakel, décrit l'implication citoyenne dans la conception du budget communal et les défis principaux de la commune, notamment la gestion de l'eau, la mobilité urbaine, et l'assainissement. Il mentionne les progrès réalisés grâce au soutien de l'État et de la diaspora, mais souligne la nécessité d'améliorer le traitement des déchets et la gestion des inondations. El Hadji Diouf aspire à transformer Bakel en une commune moderne qui répond aux besoins fondamentaux des citoyens. https://www.youtube.com/watch?v=HV4Q3Z9jtr8
- African Cities Insights I Comment les drones facilitent l’obtention de titres fonciers en RDC
< Back Comment les drones facilitent l’obtention de titres fonciers en RDC Cities Alliance Kasangulu, une petite ville en République Démocratique du Congo, fait face à des défis dus au manque de droits fonciers formalisés et à l'absence de données précises. Le gouvernement de la RDC met en œuvre un projet pilote utilisant des drones pour faciliter la clarification foncière et autonomiser les femmes, visant à moderniser la gouvernance foncière et à promouvoir un développement économique inclusif basé sur des droits fonciers sécurisés. L'initiative a impliqué la cartographie des conflits, des ateliers participatifs, et l'utilisation de drones topographiques et de logiciels de cartographie pour aider l'administration du registre foncier à passer de la documentation papier à la documentation numérique. Le projet a également fourni une formation technique aux jeunes et aux agents fonciers pour l'opération des drones. L'introduction de drones civils a facilité la collecte de données en temps réel et modernisé les outils de gestion. Le projet a également contribué à sécuriser les droits des communautés locales et à augmenter leur résilience, particulièrement pour les ménages dirigés par des femmes. L'initiative a aussi le potentiel pour la durabilité et la résilience environnementale en fournissant des données géographiques précises pour surveiller l'expansion de la ville et protéger les zones vertes. Kasangulu est une petite ville de la République Démocratique du Congo (RDC), située à seulement 35 km au sud-est de Kinshasa, une mégalopole en rapide expansion comptant près de 15 millions d'habitants. L'expansion urbaine de Kinshasa exerce une pression sur le Kasangulu rural, car les riches habitants de Kinshasa cherchent à acquérir des terrains en périphérie de la mégapole. En revanche, la communauté de Kasangulu est principalement composée de pauvres agriculteurs, dont beaucoup de femmes qui sont les principales soutiens de famille pour leurs nombreuses familles. La plupart des habitants de Kasangulu n'ont pas de droits formalisés sur leurs terres. Par tradition coutumière, les familles de Kasangulu ont historiquement reçu des allocations de terres et "possèdent" les mêmes parcelles depuis des générations – mais sans aucun document légal ou officiel prouvant leur propriété. Cette dualité a créé une insécurité puisque ces terres ne sont protégées ni sécurisées par des documents officiels, laissant les résidents vulnérables aux conflits fonciers, y compris les menaces d'accaparement de terres et d'expulsion. Les efforts pour produire des titres fonciers officiels ont été entravés par l'absence de données précises, des systèmes de gestion foncière obsolètes et le manque d'espaces de dialogue entre les membres de la communauté, les parties prenantes foncières et les autorités locales. En conséquence, le gouvernement de la RDC entreprend des réformes d'aménagement régional pour résoudre, entre autres, la dualité et les conflits qu'elle entraîne entre la loi des chefs coutumiers et les autorités législatives foncières. « Dans la situation actuelle, il y a un manque sévère de données et d'outils modernes, ce qui crée du désordre et affecte la vie des communautés locales pauvres, » explique Barthelemy Boika, directeur technique de l'IRDAC, une organisation de développement travaillant aux côtés des autorités locales et des communautés pour aborder les problèmes de tenure foncière. Dans le cadre de cet effort, l'IRDAC a mis en œuvre le projet pilote Drones pour la Clarification Foncière et l'Autonomisation des Femmes - Moderniser la gouvernance foncière en République Démocratique du Congo, à Kasangulu, avec le soutien financier de Cities Alliance. Le pilote est un projet multipartite qui inclut la facilitation de la communication entre toutes les parties prenantes foncières, l'introduction de nouveaux outils de gestion foncière et la promotion du développement économique inclusif basé sur des droits fonciers sécurisés. « Assurer la sécurité de la tenure, les droits fonciers et immobiliers dans les établissements urbains informels reste l'un des défis de développement les plus persistants et inextricables aujourd'hui. La situation est particulièrement aiguë en Afrique, qui connaît des taux de croissance démographique très élevés, notamment dans ses villes de taille petite et moyenne. À Kasangulu, en RDC, une organisation locale collecte des données avec des drones et travaille avec les communautés et les autorités locales pour sécuriser les titres fonciers. » Rassembler tous les acteurs Un objectif clé de l'initiative IRDAC était d'établir une réconciliation entre toutes les parties prenantes et d'ouvrir le dialogue entre les résidents, les chefs traditionnels, les autorités concernées et le secteur privé, afin que chaque partie impliquée dans les problèmes fonciers ait l'opportunité de discuter et de travailler ensemble pour répondre aux défis identifiés et proposer des solutions communes. Cela a été réalisé en menant des cartographies des parties prenantes et des conflits et en établissant des ateliers participatifs et des événements. Au cours du processus, il a été constaté que la plupart des résidents de Kasangulu ignoraient les risques associés à l'insécurité de la tenure foncière informelle. Ce manque d'information sur les raisons et les méthodes de formalisation des droits fonciers, combiné à la faible capacité d'achat des ménages, aide à expliquer le faible accès des communautés locales aux titres fonciers. Parmi les 116 membres de la communauté consultés durant le processus, seulement une personne possédait un certificat d'enregistrement officiel. Les ateliers participatifs ont offert un espace unique pour que tous les acteurs acquièrent une compréhension globale des problèmes fonciers en jeu à Kasangulu et des responsabilités et droits des différents intervenants. Multi-stakeholder dialogue La voie à suivre, convenue par les parties prenantes, impliquait l'intégration de nouvelles technologies avec la participation communautaire. Dans le cadre de ce processus, des drones topographiques et des logiciels de cartographie ont été utilisés pour aider l'administration du registre foncier à passer de la documentation papier au numérique. Comme première étape, l'IRDAC a fourni une formation technique aux jeunes et aux agents fonciers pour leur permettre d'opérer les drones. « Le projet a apporté de nouvelles technologies à une administration qui ne savait pas comment les utiliser. Conformément à notre engagement social et à l'objectif du projet, nous avons formé 14 jeunes hommes et femmes de la communauté locale, ainsi que 8 représentants des autorités locales intéressés par la manipulation des drones, la collecte de données et la formation aux enquêtes sur le terrain. » L'introduction de drones civils dans le système de gestion foncière a facilité la collecte de données précises en temps réel, mais a également aidé à attirer l'attention sur le sujet et a renforcé la nécessité d'un soutien public pour sécuriser les propriétés foncières. Une autre facette du pilote consistait à aider l'administration à moderniser ses outils de gestion et à établir une base de données cadastrale numérique et automatisée qui répond à des questions clés, par exemple, combien de parcelles y a-t-il à Kasangulu ? Quelles sont leurs superficies ? Où sont-elles situées ? Les données collectées par les drones et les outils SIG ont été vérifiées et complétées par des enquêtes sur le terrain. « Les images de données collectées par les drones sont des données silencieuses. Vous devez aller sur le terrain pour découvrir qui possède quelle terre. Ensuite, vous compilez les deux pour obtenir des données attributives. » Ce processus est essentiel pour la formalisation des droits fonciers et immobiliers, et l'octroi de titres fonciers. Construire une résilience sociale et une durabilité En leur fournissant une base légale, le projet a contribué à sécuriser les droits des communautés locales et à augmenter leur résilience. Les ménages possédant un titre foncier sécurisé peuvent accéder à des microcrédits, ce qui est particulièrement utile pour les ménages dirigés par des femmes - souvent les plus vulnérables à l'insécurité foncière. Selon Boika, le titre foncier devient un moyen de subsistance pour les familles et leurs enfants et crée un cercle vertueux. « Posséder des titres fonciers sécurisés leur permet d'obtenir des microcrédits, de démarrer des activités génératrices de revenus et d'améliorer leurs conditions de vie et leur bien-être. Les femmes à Kasangulu ont été très impliquées dans ce projet : 40 à 50 % d'entre elles possèdent une parcelle de terrain que ce projet aide à formaliser et à numériser. » Cependant, bien que les femmes aient été au centre des activités de développement économique et qu'elles devaient bénéficier considérablement des prêts microcrédits potentiels, en raison de la pandémie de Covid-19, de nombreux projets sont actuellement en suspens. L'initiative pilote a également un fort potentiel pour favoriser la durabilité et la résilience environnementale en fournissant aux autorités de Kasangulu des données géographiques précises et actualisées. Cela leur permettra de surveiller et de gérer l'expansion de la ville pour protéger les zones vertes environnantes contre l'expansion urbaine. « Kasangulu est bordée de forêts. Et quand une ville s'étend, elle empiète sur les forêts et leur environnement environnant car les informations correspondantes ne sont ni disponibles ni sécurisées. » Néanmoins, l'initiative n'aurait pas d'avenir si les leçons apprises ne sont pas portées à un niveau légal, surtout dans le contexte des réformes du gouvernement de la RDC. « Les innovations et les leçons apprises à Kasangulu ont été transmises à l'autorité de certification foncière du gouvernement afin qu'elles puissent traduire ces expériences en cadres légaux et les intégrer dans la politique nationale d'aménagement du territoire, pour permettre aux provinces de numériser le cadastre foncier, plus tard, à l'échelle nationale lorsque les ressources seront disponibles » Il est également nécessaire de renforcer les capacités de l'administration et d'intégrer l'innovation dans les systèmes de gestion foncière, et un programme interactif sur mesure pour la gestion du registre foncier devrait être introduit. La technologie seule ne suffit pas. Un dialogue participatif est requis L'initiative IRDAC est conforme à la politique foncière actuelle en RDC, en termes d'intégration de l'innovation technologique et des systèmes de gestion foncière efficaces. Le projet pilote montre comment la numérisation peut être utilisée pour légaliser les actes fonciers coutumiers et sécuriser les parcelles de terre des communautés mais, surtout, il montre qu'un système inclusif ne peut être atteint qu'en maintenant des canaux efficaces et participatifs avec toutes les parties prenantes impliquées. Avec son impact social et environnemental, l'initiative démontre également l'importance des titres fonciers dans la poursuite d'un développement inclusif. « Ce projet a montré comment la technologie seule n'est pas suffisante. Ses principales innovations étaient l'établissement d'un espace pour le dialogue participatif multi-acteurs, conjointement avec l'utilisation des drones. C'est pourquoi ce projet ouvre de nouvelles opportunités pour nous de travailler avec d'autres partenaires et institutions. » L'accès à la terre avec une tenure sécurisée est désormais reconnu dans les agendas de développement mondial, donnant un élan considérable à cette question. Bien que cet intérêt mondial soit encourageant, le changement ne doit pas se produire exclusivement au niveau de la politique nationale. Les individus et les communautés urbains pauvres sont des acteurs essentiels dans le renforcement de la sécurité de la tenure, et des solutions incrémentielles à petite échelle et à court terme peuvent être clés pour améliorer la sécurité de la tenure, les conditions de logement et la construction de la ville. À travers l'initiative « Tenure sécurisée dans les villes africaines : Microfonds pour l'innovation communautaire », Cities Alliance a attribué des subventions à des organisations qui, comme l'IRDAC, innovent pour améliorer la sécurité de la tenure, les droits fonciers et immobiliers dans les villes africaines au niveau local. L'initiative a été financée par le réseau Omidyar, avec le soutien de PLACE. A propos de Cities Alliance Cities Alliance est un partenariat mondial qui lutte contre la pauvreté urbaine et soutient les villes dans la réalisation d'un développement durable. Hébergée par l'UNOPS, l'organisation compte 23 membres, incluant des institutions multilatérales, des agences des Nations Unies, des gouvernements, des organisations non gouvernementales, des gouvernements locaux et des réseaux de villes. Nos principaux domaines de travail incluent l'égalité des genres, la migration, la résilience climatique et l'innovation, avec un accent sur l'informalité. Previous Next
- AIN Videos Podcasts I La place des matériaux locaux dans la production de logements abordables
Enjeu des matériaux locaux pour le logement abordable < Back La place des matériaux locaux dans la production de logements abordables Pierre-Marie BISSEK L’accès au logement abordable reste encore une difficulté dans plusieurs villes du Cameroun. Le coût du logement est largement fonction du coût des matériaux de construction. Pierre-Marie BISSEK II LOA nous parle de la question des matériaux locaux et de ses avantages pour le logement abordable. https://www.youtube.com/watch?v=H95N0TKv0YM
- African Cities Insights I Geo Sanitation - INSTAMAP: A geoportal to facilitate decision-making on urban water management in Antananarivo, Madagascar
< Back Geo Sanitation - INSTAMAP: A geoportal to facilitate decision-making on urban water management in Antananarivo, Madagascar Lova Andriarimalala Antananarivo, Madagascar, faces recurring flooding and landslides, causing significant damage to agricultural land and buildings. The city faces challenges in implementing integrated urban water management plans due to topography, uncontrolled urban expansion, and climate change. A Sanitation Geoportal is proposed to centralize and democratize geographic data related to sanitation, streamline project development, and reduce costs. The platform aims to improve coordination, streamline project development, and reduce costs by replacing physical documents with digital versions. The Sanitation Geoportal for Antananarivo is a groundbreaking project that uses advanced geospatial technologies to address urban sanitation and environmental management challenges. The platform consolidates data from multiple sources, enabling coordinated planning across sectors. It uses predictive modeling to forecast potential risks, promoting proactive planning and intervention. The Geoportal's design eliminates redundancy, promotes efficient resource use, and encourages public participation. Its modern interface promotes widespread adoption and integration into everyday planning. Key impacts include improving health, promoting economic development, and promoting social inclusion. The project aims to enhance the well-being of target populations and promote environmental protection. The core challenge is implementing integrated and effective urban water management plans for Antananarivo Antananarivo's city faces recurrent flooding and landslides, affecting several neighborhoods annually. In January 2022, the town witnessed 12,000 displaced individuals (1), around 10 fatalities (1), and significant damage to 8,000 hectares of agricultural land and 4,500 buildings (2). These problems stem from challenging topography, uncontrolled urban expansion, and reactive rather than preventive measures, exacerbated by climate change. This context highlights the need for an integrated approach to sustainable urban development. Key issues include difficulties accessing geographic data, as obtaining data requires navigating multiple entities and platforms. Additionally, data fragmentation leads to non-standardized, specific datasets, complicating their usage. An example is the disjointed relationship between administrative boundaries and census results. A street in the Malagasy capital Antananarivo after torrential rains on January 8, 2020 (MAMYRAEL / AFP), Furthermore, no unified geospatial platform for managing stormwater and wastewater data is slowing project implementation and decision-making in urban sanitation and development. The proposed solution is a Sanitation Geoportal, aimed at enhancing the coordination of planning tools and stakeholder actions. This platform will centralize and democratize geographic data related to sanitation and cross-cutting themes, streamline project development by enabling online data consultation, and reduce costs, such as reprography expenses, by replacing physical documents with digital versions. The urbanization of Antananarivo has evolved haphazardly since Madagascar's independence, significantly encroaching on the wetlands of the Betsimitatatra plain. Driven by its economic allure, this urban sprawl has surged without the support of large-scale infrastructure projects since the 67 Ha development. Consequently, most of the city's neighborhoods now face severe sanitation issues. Flooding and poor sanitation characterize these challenges. Floods are common during the wet season, largely due to obstructed drainage systems clogged with solid waste and vegetation. Additionally, inadequate wastewater systems force residents to connect to stormwater drains, creating environmental and health hazards. Institutionally, multiple actors, including two key ministries, are involved in the city's sanitation efforts. However, coordination and organizational problems are prominent, compounded by financial and technical constraints. Funding is deficient, and there is a pressing need to enhance staff capacity. On the user level, strategic behavioral changes are essential, as sectoral degradation fosters further non-compliance. In late January 2022, the four main rivers crossing the city experienced severe flooding. This was particularly evident along the left bank of the Ikopa River, where flood zones extended beyond the usual boundaries. Analysis via GIS revealed that approximately 4,500 buildings, mainly residential and housing around 58,000 people, were directly affected, inundating 165 hectares of residential areas. The economic repercussions were severe, especially for agriculture. Over 8,000 hectares of farmland, predominantly rice fields, were impacted. Additionally, about 337 km of roads were submerged, affecting transportation, commerce, and daily mobility. The floods of the week of January 17 covered 120 km², or 15% of the urban area, excluding water bodies. In the southwest, flooding was exacerbated by a breach in the left bank of the Sisaony River at Ampitatafika. This led to the inundation of low-lying areas, primarily rice fields. By January 2023, the breach remained unrepaired, causing ongoing flooding during the cyclone season. The resulting devastation formed a large lake, submerging extensive agricultural parcels in the Fokontany of Anjanamaintso and Ambohidava. The Sanitation Geoportal for Antananarivo presents a pioneering approach to addressing the city’s pressing sanitation and environmental management challenges. Geosanitation Instamap a module to visualise and spatially share the impacts of heavy rains, Lova A 2023 This innovative project leverages advanced geospatial technologies to create a sustainable, resilient, and smart solution, uniquely suited to the complexities of urban management in the African context. Below is a detailed explanation of the project’s approach and innovations: 1. Addressing Key Sanitation and Environmental Management Challenges The Geoportal will consolidate data from multiple sources into a single, accessible platform. This integration facilitates comprehensive analysis and coordinated planning across different sectors, overcoming the current fragmentation of data and responsibilities among various entities. By incorporating real-time data capabilities, the Geoportal will offer dynamic monitoring of stormwater and wastewater systems. This functionality enables quick responses to emergencies like floods and pollution incidents, significantly enhancing urban resilience. The platform fosters improved coordination among governmental bodies, NGOs, private sector participants, and local communities. By providing a shared, transparent data interface, it promotes a holistic approach to urban planning and sanitation management, ensuring that diverse interests and insights are integrated into decision-making processes. 2. Innovations in Resilience The Geoportal will utilize predictive modeling to forecast potential sanitation and environmental risks. This capability allows for proactive planning and intervention, reducing the impact of natural hazards such as floods. For example, it will predict areas at risk of flooding and suggest preventive measures based on historical data and real-time inputs. A dedicated module within the Geoportal will focus on environmental risk management, offering real-time alerts for hazards like flooding and landslides. This system ensures timely dissemination of critical information, enabling authorities and communities to act swiftly and effectively. The platform will support scenario-based planning, allowing users to simulate various intervention strategies and assess their outcomes. This flexibility is crucial for adapting to changing environmental conditions and urban growth patterns. 3. Sustainability Innovations The Geoportal’s design as a centralized hub for geospatial data eliminates redundancy and promotes the efficient use of resources. It simplifies access to critical information, reducing the time and cost associated with data collection and analysis. By providing open access to data and planning documents, the Geoportal encourages public participation and transparency. This inclusivity not only educates communities about sanitation issues but also fosters a culture of accountability and collaborative problem-solving. The Geoportal’s capability to streamline project planning and resource allocation enhances the efficiency of sanitation infrastructure investments. It reduces wastage and ensures that financial and material resources are deployed where they are most needed, aligning with principles of sustainable development. Geosanitation spatial data visualisation, Lova A 2023 4. Smart Innovations The Geoportal will feature a modern, intuitive interface designed to be accessible to users with varying levels of technical expertise. This ease of use promotes widespread adoption and integration into everyday planning and management activities. The platform’s ability to automatically process and update data ensures that users have access to the latest information without the need for manual intervention. This automation reduces administrative burdens and enhances operational efficiency. Designed with interoperability in mind, the Geoportal can integrate with other systems and platforms, allowing for future expansions and adaptations. This scalability ensures that the platform remains relevant as urban management needs evolve. The Sanitation Geoportal for Antananarivo is set to significantly enhance the well-being of target populations, foster economic development, promote social inclusion, and advance environmental protection in Antananarivo. The Geoportal will centralize and visualize data related to stormwater and wastewater management, addressing critical sanitation issues. Enhancing coordination among stakeholders and providing real-time data, will streamline interventions in sanitation infrastructure, reducing the frequency and severity of flooding and landslides. This will directly mitigate health and human security risks associated with poor sanitation and lack of rainwater management. Improved infrastructure planning facilitated by the Geoportal will lead to cleaner neighborhoods, particularly in flood-prone areas. This will enhance overall public health by reducing exposure to unsanitary conditions. The Geoportal will aid in safeguarding agricultural lands from flooding, preserving the productivity of about 8,000 hectares of farmland affected by past inundations. This is crucial for local rice farmers, ensuring economic stability and contributing to food security. By providing a unified platform for data, the Geoportal will enhance the efficiency of resource allocation in sanitation and infrastructure projects. It will enable precise and timely interventions, minimizing costs associated with emergency responses and improving planning efficiency. Reduced flooding and improved sanitation will enhance the reliability of transport networks, facilitating smoother movement of goods and people. This will bolster commercial activities and economic transactions, especially in areas previously disrupted by poor infrastructure. The Geoportal will democratize access to sanitation and environmental data, empowering communities to participate in planning processes. By making data and planning documents available online, citizens can better advocate for improvements in their neighborhoods. The platform will improve communication among government agencies, NGOs, and local communities. Providing a common data interface and clarifying roles will foster more inclusive and collaborative planning efforts, ensuring diverse community needs are met. By offering open access to sanitation and urban planning data, the Geoportal will enhance transparency in decision-making processes. This will build trust between citizens and authorities, improving public engagement and accountability. The Geoportal will support better management of wastewater and stormwater, minimizing pollution of water bodies and soils. Effective planning will prevent sewage system overflows and illegal waste disposal, leading to cleaner urban environments. By integrating data on urban planning and environmental management, the Geoportal will promote sustainable development practices. It will ensure new developments consider ecological impacts and contribute to urban resilience against climate-related challenges. The platform will include modules for assessing and alerting environmental risks like flooding. This capability will enhance the city’s responsiveness to environmental threats, mitigating potential impacts on ecosystems and human settlements. The Geoportal will enable adaptive planning through real-time data and predictive modelling, allowing Antananarivo to proactively respond to environmental changes and urban growth, thus ensuring long-term resilience. The project will stimulate the development of geospatial and geomatic skills locally, fostering technical expertise and innovation in geospatial professions, crucial for sustainable urban management. The Sanitation Geoportal for Antananarivo exemplifies a groundbreaking solution to urban sanitation and environmental management challenges in the city. Through the integration of diverse geospatial datasets, real-time monitoring, and predictive analytics, the Geoportal offers a comprehensive decision-support tool. It consolidates fragmented data, enhancing coordination among stakeholders and promoting efficient resource allocation. Our methodology involved extensive data analysis, stakeholder engagement, and the integration of existing geospatial platforms. By developing an intuitive and accessible user interface, the Geoportal fosters transparency and community participation. The platform's ability to adapt to changing conditions through scenario-based planning and real-time data integration enhances the city's resilience against environmental hazards. Key findings highlight the Geoportal’s potential to streamline urban planning, optimize infrastructure investments, and improve emergency response. The platform's centralized data hub and automated processing capabilities reduce administrative burdens and enhance operational efficiency. Additionally, by incorporating local insights and providing open access to data, the Geoportal promotes sustainable development and empowers communities. This project not only addresses immediate sanitation needs but also lays the foundation for ongoing improvements in urban management practices. However, an open question remains: How can we further enhance the integration of emerging technologies such as artificial intelligence and machine learning to predict and mitigate urban environmental challenges more effectively? Previous Next
- Africityshoot: Saint Louis
Saint Louis, often referred to as Ndar in Wolof, is one of Senegal's most historically significant cities, located in the northwest part of the country near the mouth of the Senegal River. Founded in 1659 by French colonialists, it was the first French settlement in Africa and served as the capital of French West Africa before Dakar. Renowned for its distinctive colonial architecture and vibrant cultural scene, Saint Louis is listed as a UNESCO World Heritage site. The city is famous for its annual Jazz Festival, attracting music enthusiasts globally. Its economy primarily revolves around fishing, tourism, and education, with a rich cultural heritage deeply embedded in its society. Saint Louis Saint Louis, often referred to as Ndar in Wolof, is one of Senegal's most historically significant cities, located in the northwest part of the country near the mouth of the Senegal River. Founded in 1659 by French colonialists, it was the first French settlement in Africa and served as the capital of French West Africa before Dakar. Renowned for its distinctive colonial architecture and vibrant cultural scene, Saint Louis is listed as a UNESCO World Heritage site. The city is famous for its annual Jazz Festival, attracting music enthusiasts globally. Its economy primarily revolves around fishing, tourism, and education, with a rich cultural heritage deeply embedded in its society.
- African Cities Magazine 5 | AIN website
< Back African Cities Magazine 5 October 31, 2024 This issue of African Cities Magazine highlights the role of digital innovation and sustainable design in addressing Africa's urban challenges. In the Special Feature, Rachel Adams of the Global Center on AI Governance discusses AI’s ethical potential for tackling poverty and healthcare. Practical applications include South Africa's BEAM tool for mapping informal settlements, a water management geoportal in Antananarivo, IoT air quality sensors in Douala, and Senegal's Diamniadio Smart City Program. The Urban Planning Innovation section focuses on community-driven solutions, such as Senegal’s Urban Renewal Revolving Fund, which co-finances housing projects, and Nigeria’s Abuja Urban Lab, promoting collaborative waste management. In Architecture Innovation, architects like Nzinga Biegueng Mboup in Dakar and the TwistBlocks® initiative in Nairobi showcase affordable, culturally inspired designs. Across Africa, architects use tools like BIM and 3D printing to create sustainable, Afrocentric architecture. The African Architecture and Urban Heritage section celebrates heritage preservation, from Benin’s LIDAR-digitized Afro-Brazilian architecture to Goethe-Institut Senegal’s sustainable building archive. Lastly, Cities, Pixels, and Colors captures the roles of intermediate cities like Bakel and Kaédi, showcasing their efforts to balance growth with resource limitations, visually celebrated by Leandry Jieutsa and odysseesdarchitectures. Special feature: The potential of digital technologies for urban transformation in Africa Interviews with Rachel Adams, CEO of the Global Center on AI Governance, Diop Dieynaba, Head of Diamniadio’s Smart City Program, and Issaka Maman Lourwana, founder of Digital Niger Transformative projects harnessing digital innovation to address Africa's urban challenges A vision built from earth: Portrait of Nzinga Biegueng Mboup, Architect and cofounder of Worofila Our goal is really finding a way to democratize it and also teach people the very basic notion of good design principles Community-driven projects that empower residents, improve infrastructure, and promote sustainable, resilient development across African cities The Urban Planning Innovation section, community-led projects take center stage. Senegal’s Urban Renewal Revolving Fund offers a co-financing model inspired by traditional savings practices, empowering vulnerable communities in housing and infrastructure. Similarly, Nigeria’s Abuja Urban Lab engages stakeholders in creating sustainable waste management frameworks. Digital preservation with sustainable design to celebrate cultural resilience and timeless beauty of Africa's urban heritage The African Architecture and Urban Heritage section celebrates cultural heritage, from LIDAR digitization of Afro-Brazilian architecture in Benin to the preservation of pre-colonial city designs, bridging history and modern urbanism across Africa. English version Version française Previous Next
- AIN Videos Podcasts I Décentralisation et gouvernance locle au centre du développement de la ville de Bakel
Dr. Abdou Azis discute de la nécessité d'actualiser l'urbanisation et de renforcer l'autonomie économique des communes pour le développement local, en mettant l'accent sur l'intercommunalité. < Back Décentralisation et gouvernance locle au centre du développement de la ville de Bakel Dr. Abdou Azis Dr. Abdou Azis, directeur de l'agence régionale de développement de Tambacounda et ancien maire de Bakel, aborde les défis d'urbanisation et de développement économique. Bakel, limitée par sa géographie, doit actualiser son plan d'urbanisation pour étendre son périmètre communal, confrontée à la rigidité des structures administratives et à l'insuffisance des ressources budgétaires. La solution envisagée inclut l'intercommunalité, favorisant une gestion partagée des espaces et des ressources. Ce processus est soutenu par des réformes législatives récentes, visant à renforcer l'autonomie financière et administrative des communes, cruciale pour le développement économique local et la valorisation des entreprises locales, en particulier celles dirigées par les jeunes et les femmes. https://www.youtube.com/watch?v=rXMfDr6JZY4











