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  • African Cities Insights I Un parcours de recherche création pour repenser les espaces publics : Récit d’un pilote à Douala au Cameroun

    < Back Un parcours de recherche création pour repenser les espaces publics : Récit d’un pilote à Douala au Cameroun Le parcours de recherche-création sur l’analyse et le design des espaces publics en Afrique s’inscrit dans une volonté de repenser des modèles d’aménagement endogènes et inclusifs, ancrés dans les réalités locales. Organisé sur neuf semaines en format hybride par Africa Innovation Network, le Campus AFD, et la ville de Douala il combine activités asynchrones, ateliers en ligne, et ateliers en présentiel. Sa démarche repose sur trois piliers : s’inspirer des imaginaires pour réinventer les espaces publics, apprendre et créer à travers l’expérimentation collective, et enfin diffuser et influer par la production de rapports, d’articles, de capsules et d’événements publics. Les participants, issus de profils interdisciplinaires ont été sélectionnés pour représenter la diversité des usagers et enrichir la co-construction des savoirs. Les résultats soulignent la nécessité de penser les espaces publics comme des communs urbains avec des règles partagées, de former les praticiens à un urbanisme sensible, et de concevoir des carrefours fluides conciliant commerce, mobilité multimodale et sécurité. Ce parcours propose ainsi un cadre méthodologique inédit et un plaidoyer pour des espaces publics plus inclusifs, créatifs et adaptés aux pratiques locales. Pourquoi les espaces publics ? Le point de départ de ce parcours repose sur un constat majeur : les modèles urbains dominants sont souvent inadaptés aux réalités des habitants, qui réinterprètent et réutilisent les espaces publics selon leurs besoins. Friches urbaines, trottoirs, rues ou places deviennent ainsi des lieux de vie sociale, culturelle et économique. Dans les villes africaines, l’espace public se révèle être un véritable lieu de confluence où se rencontrent, s’entrechoquent et se recomposent pratiques sociales, imaginaires culturels et dynamiques économiques. Occupation de la rue pour des activités ludiques lors de la Semaine de la mobilité 2025 à Douala. Photo : Leandry Jieutsa. Il ne s’agit donc pas seulement d’infrastructures urbaines, mais de terrains d’expérimentation, de laboratoires vivants où émergent des formes inédites d’occupation et de production de l’espace. Ces espaces incarnent un paradoxe : d’un côté, des formes urbaines importées, issues d’un urbanisme dit « moderne » et standardisé ; de l’autre, des usages locaux qui, bien que souvent qualifiés « d’informels », traduisent en réalité des aspirations endogènes profondément ancrées. Les rues, en particulier, deviennent des lieux centraux de vie, d’échange et même de participation démocratique. Cette inadéquation entre formes, fonctions et usages s’explique par de multiples facteurs : les ruptures historiques liées à l’esclavage et à la colonisation, la standardisation des modèles urbains, le déficit de compétences locales, la faible théorisation de l’espace public, des problèmes de gouvernance, ou encore la coexistence d’imaginaires multiples et parfois déconnectés des réalités. Or, face à une urbanisation rapide dont les bénéfices économiques tardent à se concrétiser, les villes africaines doivent définir leur propre identité. Repenser les modèles de développement urbain devient une nécessité, afin de permettre aux villes du continent d’affirmer leur souveraineté culturelle et économique dans un contexte de mutations accélérées et de défis globaux tels que le changement climatique. C’est dans cette perspective qu’a émergé ce parcours: une démarche exploratoire qui mobilise la recherche-création, alliant analyse scientifique, expérimentations et participation citoyenne. L’objectif est de dépasser la vision strictement fonctionnelle de l’espace public pour l’aborder comme un lieu de récits et de projections collectives, où les imaginaires urbains trouvent à s’exprimer. En mettant en lumière les pratiques d’appropriation (qu’il s’agisse des marchés dits informels, des rues investies par les jeunes ou des places publiques transformées en espaces de débat) ce parcours entend impulser de nouvelles manières d’analyser et de construire la ville. Un parcours pour inspirer de nouvelles pratiques de fabrique urbaine Ce parcours de recherche-création propose une immersion dans la compréhension et la réinvention des espaces publics à travers une approche pluridisciplinaire et collaborative. Il vise à analyser leur rôle central dans les dynamiques urbaines du continent, en intégrant les dimensions historiques, sociales, économiques et environnementales. L’initiative invite à comprendre l’importance des espaces publics, à construire une analyse pluridimensionnelle autour de l’inclusion sociale, de la mobilité, de l’économie urbaine, de l’adaptation climatique et du design urbain, et à réimaginer ces espaces à partir d’approches endogènes. L’usage des nouvelles technologies, notamment de l’intelligence artificielle, y est exploré comme levier pour une conception et une gestion plus innovantes et inclusives. Le parcours s’articule autour de quatre piliers : s’inspirer, apprendre et créer, diffuser et influer. S’inspirer consiste à mobiliser les imaginaires collectifs, symboliques et mémoriels pour réinventer des modèles africains d’aménagement et d’harmonisation des usages. Apprendre et créer s’incarne dans un programme de deux mois mêlant activités asynchrones, ateliers en ligne et sessions en présentiel autour d’études de cas concrets, permettant aux participants de documenter les usages et de tester des outils adaptés. Diffuser et influer vise à inscrire les résultats dans le débat public et institutionnel à travers des ressources multimédias, un numéro spécial d’African Cities Magazine, un événement de lancement et la participation à des forums et cafés urbains, afin de renforcer l’impact de la démarche à différentes échelles. Travail d’équipe lors du premier atelier en présentiel du programme d’analyse et de conception des espaces publics à Douala. Porté conjointement par Africa Innovation Network, le Campus AFD, le programme repose sur une équipe pédagogique engagée dans la production et la valorisation de savoirs endogènes pour éclairer les politiques publiques d’aménagement. Les animateurs, spécialistes des dynamiques urbaines africaines, sociologues et experts des espaces publics, ont conçu et animé une série de cours et d’activités favorisant la transmission de connaissances et le partage d’expériences entre les participants. Grâce à une approche interdisciplinaire, le parcours a réuni des participants issus d’horizons variés : urbanistes, architectes, ingénieurs, sociologues, artistes, communicants, activistes et spécialistes de la gouvernance. Cette diversité a permis d’enrichir la réflexion collective, de croiser les savoirs et d’esquisser des visions innovantes pour repenser les espaces publics. À travers la co-construction d’idées et d’outils, les participants ont produit des propositions concrètes capables d’alimenter les politiques publiques et d’inspirer de nouvelles pratiques de fabrique urbaine sur le continent. Neuf semaines de partage D’une durée de neuf semaines, ce parcours adopte un format hybride combinant apprentissage autonome, ateliers collaboratifs en ligne et sessions pratiques sur le terrain. Les activités asynchrones offrent aux participants la possibilité d’explorer, à leur rythme, des ressources variées telles que vidéos, textes, podcasts, quiz et exercices, formant un socle théorique essentiel à la réflexion collective. Les ateliers en ligne favorisent les échanges et la co-construction de grilles de lecture endogènes, tandis que les ateliers en présentiel permettent d’expérimenter ces approches dans des contextes réels et de formuler des visions partagées pour l’avenir des espaces publics. Cette articulation entre théorie, interaction et pratique encourage un apprentissage continu et collaboratif, garantissant une compréhension fine et contextualisée des enjeux urbains. Séance d’échange et d’apprentissage mutuel entre les participants lors du premier atelier en présentiel à Douala. Le parcours repose sur un écosystème d’outils numériques et collaboratifs qui facilitent la participation et le partage de connaissances. La plateforme MOOC du Campus AFD héberge les cours, lectures et quiz, constituant la base des apprentissages individuels. Miro sert de tableau blanc interactif pour structurer les analyses collectives, tandis que Padlet permet de partager les productions et d’échanger sur les travaux des pairs. Zoom soutient les ateliers en ligne et les discussions en direct, et une communauté WhatsApp renforce la dynamique du groupe par des échanges informels et un suivi régulier entre les participants et l’équipe pédagogique. Les contenus hebdomadaires sont organisés en séquences progressives. Les premières semaines posent les fondations théoriques en explorant les définitions, dimensions et imaginaires liés à l’espace public, tout en invitant les participants à mobiliser leurs propres expériences pour construire une lecture endogène des usages et des enjeux. Les semaines suivantes sont consacrées à l’expérimentation d’outils d’analyse et d’action (observation, cartographie participative, méthodes narratives et sensibles) adaptés aux réalités locales. Enfin, les dernières semaines ouvrent la réflexion sur les approches et innovations en matière d’aménagement, de gouvernance et de co-construction des espaces publics, en s’appuyant sur des études de cas inspirantes à travers le continent et sur la notion des communs comme levier d’inclusion, de solidarité et de justice spatiale. Ainsi, le parcours propose un véritable laboratoire d’apprentissage collectif où les savoirs locaux rencontrent des méthodologies contemporaines pour repenser les espaces publics à la lumière des défis actuels et des imaginaires partagés. Trois ateliers collaboratifs en ligne Le parcours s’est structuré autour de trois ateliers collaboratifs en ligne, moments clés d’échanges, de co-construction et de mise en perspective collective. Le premier atelier, organisé lors de la semaine inaugurale, a posé les bases du programme autour d’une réflexion participative sur la question « Qu’est-ce que l’espace public en Afrique ? ». À travers des discussions en sous-groupes et des exercices de brainwriting, les participants ont partagé leurs perceptions, élaboré une compréhension commune et pris conscience de l’importance de reconsidérer les espaces publics comme leviers de transformation urbaine. Cet atelier a également permis de créer une dynamique de groupe et d’instaurer un engagement collectif dès le lancement du parcours. Le deuxième atelier, tenu à mi-parcours, a préparé l’analyse de terrain en invitant les participants à construire une grille de lecture endogène pour observer et comprendre les espaces publics. En s’appuyant sur l’intervention de Julieta Leite, spécialiste des approches sensibles et spatiales, les échanges ont permis d’articuler les dimensions sociales, environnementales, économiques et de mobilité dans une perspective africaine. Les participants ont travaillé en sous-groupes thématiques pour identifier les outils les plus pertinents, débattre de leurs usages et élaborer une première grille d’analyse commune, véritable socle méthodologique pour la suite du parcours. Le troisième atelier, en semaine 8, a marqué une transition vers l’action et la prospective. À partir des diagnostics précédemment établis et d’exemples inspirants présentés par Clémentine LARATTE (GRET), les participants ont imaginé des récits projetés en 2035 autour de personas symbolisant différents usagers (commerçante, moto-taximan, écolier, personne à mobilité réduite, etc). Ces récits ont permis d’esquisser des futurs souhaitables où formes, usages et fonctions des espaces publics s’articulent harmonieusement. L’atelier s’est conclu par une mise en perspective collective des visions produites, mettant en évidence les convergences, les tensions et les acteurs clés à mobiliser. Il a ouvert la voie à la co-construction d’une vision intégrée pour la transformation du carrefour Bassong et, plus largement, des espaces publics. Deux Ateliers d’expérimentation en présentiel Le parcours s’est enrichi de deux ateliers d’expérimentation en présentiel, organisés à Douala, choisie comme ville laboratoire pour explorer les liens entre inclusion, mobilité, environnement et économie urbaine. Le carrefour Bassong, situé dans le 5 e arrondissement, a servi de terrain d’étude emblématique : un espace dense, traversé par de multiples flux et révélateur des défis de la métropole en matière de cohésion sociale et de planification urbaine. Ces ateliers ont permis de confronter les savoirs théoriques aux réalités du terrain et d’expérimenter des outils collaboratifs favorisant une approche sensible et partagée de la fabrique urbaine. Entretien de terrain avec un vendeur ambulant mené par les participants lors de l’activité d’observation sur le terrain à Douala. Le premier atelier en présentiel, intitulé Lire et comprendre l’espace, a constitué un moment décisif du parcours. Sur deux jours, il a permis d’expérimenter différentes méthodes (design thinking, cartographie participative, facilitation graphique, méthode ATL-9, usage d’images aériennes et outils numériques) pour articuler savoirs experts et vécus citoyens. La première journée a été consacrée à l’immersion sur le terrain du carrefour Bassong : observations directes, enquêtes, micro-trottoirs et cercles de narration ont permis de révéler la diversité des pratiques et des perceptions. La seconde journée a favorisé la mise en commun des résultats et la formulation de propositions concrètes d’amélioration à travers croquis, collages et récits fictifs. De cet atelier, quatre enseignements majeurs se dégagent : la richesse des profils a amplifié la qualité de la lecture collective ; les récits d’usagers ont révélé des dimensions invisibles aux méthodes classiques ; l’immersion sensible a permis une compréhension fine et incarnée des enjeux ; et l’inclusion des usagers marginalisés s’est imposée comme condition essentielle à la durabilité des propositions. Séance d’examen et de retour d’information sur le travail de groupe dirigée par M. Ebongue Ngoh Jean Daniel, directeur de l’urbanisme, du développement et de la mobilité au conseil municipal de Douala. Le deuxième atelier en présentiel, organisé en clôture du parcours, a prolongé cette dynamique en orientant les participants vers la co-création de scénarios prospectifs pour transformer les espaces publics. À l’aide d’une fresque analytique, de la méthode des persona et du design thinking, les participants ont élaboré des visions situées à partir de cinq figures d’usagers : Muna l’écolière, Aminata la commerçante, Sophie l’usagère, Rigo le mototaximan et Albert la personne handicapée. Ces récits ont permis d’aborder les dimensions croisées de gouvernance, d’inclusion, d’aménagement et d’économie urbaine. Le deuxième jour, accompagné par des experts tels que Guy Tchakam, Danièle Diwouta et Bruno Proth, a conduit à la structuration des scénarios et à la formulation de recommandations concrètes présentées lors d’une restitution finale. Les travaux ont souligné la nécessité d’une approche collaborative et inclusive de la conception urbaine, où institutions, experts et citoyens partagent la responsabilité des espaces publics. Faire des espaces publics des communs urbains Le parcours a permis de produire une analyse approfondie et transversale du carrefour Bassong, à Douala, en mobilisant des approches sensibles, participatives et interdisciplinaires. Les résultats, issus d’observations, d’ateliers de co-analyse et de propositions d’aménagement, traduisent une compréhension renouvelée des espaces publics comme lieux d’inclusion, de mobilité, d’économie, d’environnement, de gouvernance et d’innovation sociale. Illustration résumant les enjeux clés de Bassong Junction, site pilote du programme, réalisée collectivement par les participants, les animateurs et les résidents locaux afin de mettre en lumière les dynamiques spatiales et sociales en jeu. En matière d’inclusion urbaine, les observations et micro-trottoirs ont révélé une organisation fortement marquée par le genre : les femmes dominent les activités de restauration et de commerce de détail, tandis que les hommes se concentrent dans la mécanique et les motos-taxis. La présence d’enfants vendeurs ambulants souligne la dimension socio-économique informelle du site, alors que l’absence quasi totale de personnes handicapées pointe une exclusion structurelle. Les cercles de narration ont mis en lumière la vulnérabilité accrue des femmes en situation de handicap et les obstacles physiques à leur participation à la vie urbaine. En réponse, les participants ont proposé un parcours piéton sécurisé avec signalétique inclusive et espaces de repos, accompagné d’un récit d’usager illustratif pour sensibiliser à la diversité des besoins. Sur le plan de la mobilité urbaine, les analyses ont mis en évidence la prédominance des motos-taxis, véritables acteurs du quotidien, mais aussi la complexité des flux piétons et des conflits d’usage. Le carrefour apparaît comme un espace à la fois vivant et désordonné, où l’ingéniosité des usagers pallie l’absence de planification formelle. Les propositions formulées prévoient la création d’aires dédiées aux motos-taxis, la sécurisation des traversées et la requalification des trottoirs pour garantir une meilleure cohabitation entre modes de déplacement et usagers. L’approche environnementale a révélé de fortes nuisances visuelles et sonores, des dépôts sauvages de déchets et un manque de végétation, malgré une qualité de l’air globalement acceptable. Ces constats ont conduit à la proposition d’un plan de requalification environnementale intégrant une meilleure gestion des déchets, le renforcement de la couverture végétale et des dispositifs de réduction du bruit. Ces recommandations ont été illustrées à travers des cartes annotées et des bandes dessinées sensibles, rendant compte du vécu environnemental du site. Concernant l’économie urbaine, les analyses montrent que le carrefour Bassong fonctionne comme un écosystème dynamique d’activités formelles et informelles. Loin d’un désordre, cette effervescence économique témoigne d’une véritable intelligence spatiale endogène. Les participants ont proposé un modèle d’aménagement modulaire pour le commerce informel, articulant zones partagées et plan d’organisation spatiale, afin de valoriser l’économie populaire comme moteur de régulation et de développement local. En termes d’outils et de méthodes, le parcours a mis en évidence la nécessité de dépasser les instruments classiques d’analyse pour privilégier des approches adaptatives et inclusives. Les participants ont expérimenté la fresque analytique, la méthode des persona et le design thinking, favorisant la co-analyse et la co-création. Comme le souligne Danièle Diwouta, « tout est dans la méthode » : concilier formes, usages et temporalités est essentiel à une fabrique urbaine sensible et durable. Sur le plan de la gouvernance, les discussions ont révélé la complexité des rapports entre institutions, usagers et opérateurs économiques. Les participants ont formulé la proposition d’une charte de fonctionnement partagée, définissant des règles claires de salubrité, d’hygiène et d’occupation commerciale. Illustration visionnaire du futur de Bassong Junction, co-créée par les participants et les acteurs locaux, dépeignant un espace urbain attrayant et inclusif combinant des formes flexibles et des fonctions mixtes. L’objectif est de renforcer la coopération et la coresponsabilité, en concevant les espaces publics comme de véritables communs urbains, gérés collectivement. En matière d’acteurs et de rôles, les échanges ont souligné la nécessité d’une implication coordonnée entre bailleurs, ministères, collectivités et citoyens. Les participants recommandent de revoir les termes de référence des projets urbains pour y intégrer systématiquement des démarches participatives et de co-design. Le ministère de l’Urbanisme est invité à considérer les carrefours comme des plans de secteur d’urbanisme intégrant les dimensions sociales, culturelles et économiques. Les écoles d’architecture et d’urbanisme sont encouragées à inclure ces approches dans leurs formations afin de préparer une nouvelle génération de praticiens sensibles aux contextes locaux. Enfin, les propositions d’aménagement insistent sur la hiérarchisation du carrefour Bassong dans la typologie urbaine de Douala. Les participants envisagent les carrefours comme des espaces hybrides, fluides et évolutifs, conciliant commerce, circulation multimodale, accessibilité universelle et convivialité. Cette approche flexible permet d’imaginer des espaces publics inclusifs et vivants, capables de s’adapter aux temporalités locales et de renforcer la vitalité économique et sociale des quartiers. En somme, le parcours a permis d’élaborer un ensemble cohérent de diagnostics, de visions et de propositions, ancrées dans le terrain et portées par la diversité des participants. Ces résultats constituent une base solide pour repenser les espaces publics comme des lieux de cohésion, d’équité et d’innovation urbaine. Ce programme de recherche-création a mis en lumière plusieurs leçons clés Photo de groupe prise après la cérémonie de remise des certificats marquant la fin du programme d’analyse et de conception des espaces publics à Douala. Ce parcours de recherche-création a permis de mettre en lumière plusieurs enseignements clés : la nécessité de considérer les espaces publics comme des communs urbains, la pertinence d’impliquer tous les acteurs, habitants, autorités locales, experts, bailleurs, dans un processus de co-analyse et de co-design, ainsi que l’importance de concevoir les carrefours et espaces publics comme des formes fluides et inclusives, capables de concilier mobilité, économie, environnement et vie sociale. Au-delà des résultats immédiats, ce parcours confirme l’importance de développer des méthodologies innovantes et sensibles, ancrées dans les réalités locales, mais transférables à d’autres villes africaines. Il démontre que la transformation des espaces publics ne peut être pensée uniquement comme une question d’infrastructures, mais comme un levier de cohésion sociale, de vitalité économique et de durabilité urbaine. Ce travail collectif invite désormais à renforcer cette dynamique collaborative et créative, en donnant une place centrale aux usagers et en consolidant les alliances entre institutions, praticiens et communautés. C’est à cette condition que les villes africaines pourront inventer des espaces publics véritablement adaptés à leurs besoins et aspirations, porteurs d’inclusion et de souveraineté urbaine. La version complète du magazine est accessible ici Télécharger l’article complet ain-article-african_cities_magazine_6_francais-20260118 .pdf Download PDF • 6.59MB Previous Next

  • African Cities Magazine 2 | AIN website

    < Back African Cities Magazine 2 October 31, 2021 This second edition of our magazine takes up some of the major axes that underlie the development of African cities. A special feature is devoted to education in architecture and urban planning in Africa in the first part. Then we address major issues of the urban future of the continent including public spaces, urban resilience, smart city. etc. You will have the opportunity to discover special interviews with some of the major actors of architecture and urbanism on the continent, who will present their visions for the African cities of tomorrow. Inspiring projects in architecture and urbanism are also presented, especially those that promote better social inclusion, integration of local communities, and local economic development. Finally, this second edition of the magazine shows the place of religious cultures in architecture in Africa before highlighting inspiring urban art projects. Special feature: Education in architecture, planning and design in Africa: challenges and vision for more sustainable and resilient African cities A series of interviews with academics, researchers and heads of urban studies teaching institutions to understand the challenges and draw a common vision of how to teach architecture and urban planning to build more sustainable cities in Africa. Interview with Professor Jérôme Chenal Academic Director Excellence in Africa (EXAF - EPFL) I n this interview conducted by Patrick Emmanuel Somy ij Abidjan in Ivory Coast , the themes mentioned are the challenges of African cities, the role of education in urban studies for more sustainable cities in Africa, the models of the urban planners of tomorrow, the vision of the African city of tomorrow, etc. https://www.youtube.com/watch?v=fFGQU3-z1Bk Portrait of Hayate Ndiaye, president of the national order of architects of Chad The sustainable city is above all a city thought locally by the inhabitants... English version Version française Previous Next

  • World cities day talk 2024 | AIN website

    < Back World cities day talk 2024 Conference November 9, 2023 Cameroon Rethinking urban development through transport and inclusive mobility The World Cities Day Talk (WCDT) is an annual event co-organized with the Nandhaa firm to celebrate World Cities Day. This event aims to provide a forum for discussion on the issues facing African cities and to raise awareness of urban development challenges in Africa. It also seeks to reflect on innovative solutions that can address the identified challenges. Thus, gathered around a key theme of sustainable urbanism in Africa, city stakeholders and professionals share their knowledge and experiences. The WCDT2023 was held on November 9, 2023, at the K Hotel in Douala, Cameroon, focusing on the theme of urban resilience. This edition took place in a context marked by the resurgence of disasters in Cameroonian cities (landslides, floods, etc.). The discussions aimed primarily to highlight the various stakeholders involved in building more resilient cities in Cameroon, the challenges they face, and the available action levers to overcome these challenges. Nearly 50 participants were engaged by the insights shared by distinguished professionals. Subsequently, the debate shifted to more cross-cutting topics contributing to urban resilience, such as land management and technological innovation. Online and/or in-person, the WCDT brings together numerous city stakeholders every year to discuss inclusive, resilient, and sustainable cities in Africa. Moreover, this event is also dedicated to the launch of the African Cities Magazine. Previous Next

  • About | Africa Innovation Network

    Africa Innovation Network is a think tank developing new approaches for more inclusive, resilient, and sustainable cities in Africa. We bring together experts in diverse and varied fields to offer sustainable and innovative solutions for a better urban future in Africa. Acerca de Who we are Africa Innovation Network brings together experts in diverse and varied fields to offer sustainable and innovative solutions for a better urban future in Africa. We are a think tank developing new approaches for more inclusive, resilient, and sustainable cities in Africa. We develop initiatives, projects, programs, and materials to support cities to move forward to more sustainable human settlements. Our approach is human-centered and based on frugal innovations. We are developing simple, participative ideas and solutions to make our cities and our rural areas a better place for all. Our work is based on creativity and innovation to propose solutions that help to build a better future in our cities for all. Initiatives of Africa Innovation Network are made to analyze, understand and develop solutions in order to promote sustainable development in our cities. What we offer INNOVATIVE AND SUSTAINABLE URBAN PROJECTS Through our network of experts and specialists in urban planning, architecture, engineering, transport and mobility, geographic information systems, design, etc. we accompany cities and territories in the creation of more inclusive and sustainable living environments through sustainable planning tools, coaching, capacity building, urban development strategies, marketing tools, strategic plans, etc. COUNTRY/REGION/CITIES MAGAZINES The country magazine uses the same ideology and structure of African Cities Magazine but on the scale of a country, a specific city, or any scale of territory. The aim is to work with local actors to draw up a picture of the dynamics of architecture, urban planning, design, art, architectural and urban heritage. DOCUMENTARY SERIES We produce documentary series on the scale of countries, cities and territories that give voice to the continent’s actors to draw a vision of more sustainable, resilient and inclusive African cities, particularly through the potential of innovation and technological development. Urban planners, architects, designers, artists, engineers and simple city dwellers, our documentary series aims to take stock of the urban dynamics of the target territory, while taking a forward-looking look at the future. Our documentaries analyze the urban dynamics of the target territories and draw the fundamentals to build more resilient and sustainable urban settlements. Let’s Work Together Get in touch so we can start working together. First Name Last Name Email Thanks for your message. We will get back to you soon. Message Send

  • News: Nouvelle série de vidéos documentaires sur la question du logement au Cameroun

    Cette série aborde l'état actuel du marché, les défis de la pénurie de logements et les initiatives mises en place pour y remédier < Back Nouvelle série de vidéos documentaires sur la question du logement au Cameroun Cette série aborde l'état actuel du marché, les défis de la pénurie de logements et les initiatives mises en place pour y remédier Nous avons réalisé une série de vidéos sur la complexe question du logement au Cameroun. Cette série aborde l'état actuel du marché, les défis de la pénurie de logements et les initiatives mises en place pour y remédier. Les vidéos explorent divers thèmes, tels que la promotion immobilière, ou encore la résorption des quartiers précaires. Elles examinent également les défis de l'industrie de la construction, l'utilisation des matériaux locaux par rapport aux matériaux importés. À travers des interviews avec des experts, nous approfondissons divers aspects du logement au Cameroun. M. PONDI Paul, président de l'ordre des urbanistes, discute des stratégies pour réduire le déficit en logements et propose des solutions face à la croissance démographique. M. Pierre-Marie BISSEK II LOA de TEBIS ARCHITECTS aborde les défis de la construction économique et l'utilisation des matériaux locaux. M. MOUCHILI, urbaniste, examine les causes et les politiques en faveur des quartiers précaires. Enfin, M. MOUNGANG Blaise, promoteur immobilier et Président de l'Association des Promoteurs Immobiliers du Cameroun, analyse les enjeux et incitations de la promotion immobilière, en mettant l'accent sur le financement, le foncier et la fiscalité. En 2015, le déficit de logements au Cameroun était estimé à 1,5 million d’unités, majoritairement en zone urbaine. Pour combler ce déficit, des approches de restructuration et de rénovation urbaine, ainsi que la création de nouvelles zones d’habitation, sont mises en avant. La Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 introduit plusieurs actions, notamment le programme national de résorption de l'habitat précaire, présenté par M. Idrissa Mouchili, urbaniste au ministère de l'habitat et du développement urbain. https://www.youtube.com/playlist?feature=share&list=PLcSasIYTDIpltYJjHup_r1tT2NZ55GdTO La série souligne également les difficultés d'accès au logement abordable, influencées par le coût des matériaux de construction, et les avantages de l'utilisation des matériaux locaux. Pierre-Marie BISSEK II LOA nous éclaire sur cette question essentielle pour le logement abordable au Cameroun. Previous Next

  • AIN ROADMAP | AIN website

    FOLLOW US ON OUR SOCIAL MEDIA PLATFORMS TO STAY UPDATED Share 1. AFRICA URBAN PLANNING IMAGERY LUANDA-ANGOLA DAR ES SALAM ASMARA ADIS ABEBA LUANDA-ANGOLA DAR ES SALAM ASMARA ADIS ABEBA LUANDA-ANGOLA DAR ES SALAM ASMARA ADIS ABEBA LUANDA-ANGOLA DAR ES SALAM ASMARA ADIS ABEBA LUANDA-ANGOLA DAR ES SALAM ASMARA ADIS ABEBA LUANDA-ANGOLA DAR ES SALAM ASMARA ADIS ABEBA LUANDA-ANGOLA DAR ES SALAM ASMARA ADIS ABEBA LUANDA-ANGOLA DAR ES SALAM ASMARA ADIS ABEBA Africa Urban Planning Imagery aims to capture and promote urban planning complexity and originality in Africa through satellite images of urban tissues. With a rapid growth rate, urbanization in Africa is one of the most important in the world with 472 million people living in urban areas and this will double in 25 years. To absorb this additional population, Africa urban tissue is in constant mutation through the densification of urban areas, urban regeneration projects, housing development projects, etc. and urban tissues are the witnesses of these mutations. It’s with the objectives to capture, analyze and promote those mutations that Africa Urban Planning Imagery presents satellite images of different cities in Africa to show the history, diversity, originality, and complexity of urbanization in the continent. 2. CITIES PIXELS AND COLORS Cities are the center of opportunities where live and interact different people. With soul and body dependent on each other, cities are also the center of innovations who contribute to improving quality of life. The body is the combination of infrastructures, buildings, roads, etc. while the soul of the city is related to people, their cultures and their behaviors. The purpose of the initiative Cities Pixels and Colors is to show the diversity and the singularity of the cities, especially in the African context. All the expression modes are welcome here to show the beauty of our cities. Photography, paintings, sketches, Illustrations, sculptures, etc. 3. URBAN PLANNING INNOVATIONS How to make our cities more inclusive, resilient, sustainable and improve the quality of life of all citizens? that is the main purpose of the initiative Urban planning innovations. With two-thirds of the world’s population live in the city by 2050 and more than 1.5 billion in Africa, urbanization is raising many challenges. Climate adaptation, end poverty, food security, city, and health are some of those challenges, and how to meet them and be sure that no one is left behind is the question. Africa Innovation Network aims through this initiative to develop innovative solutions to build better places for all. We want to develop and promote ideas throughout Africa and all over the world to take advantage of urbanization. 4. ARCHITECTURE AND INNOVATIONS The body of a city is the shelter of his soul. With the rapid growth of populations in urban areas, is crucial to provide affordable housing for all, sustainable infrastructures, social facilities, and utilities. To reach these goals we need to develop new approaches and design in order to create inclusive cities. Through the initiative Architecture Innovations, we want to develop and promote original architecture solutions to facing cities’ challenges like climate change, housing for all, social inclusion, etc. 5. AFRICAN ARCHITECTURE AND URBAN HERITAGE African cities are endowed with enormous built remains dating back decades, construction techniques that have evolved architecture over time as well as the design concepts used nowadays in the most innovative projects. In some cases, this heritage is classified worldwide, therefore protected. In others, it is abandoned at the risk of time. Architecture and urban heritage initiave aims to put on the spot beauty and efficiency of previous architecture and to show up construction techniques and rehabilitation. This is because, today’s identity and tomorrow’s innovation are based on the genius of the past.

  • Africityshoot: Kinshasa-DRC

    Kinshasa is the largest city and capital of the Democratic Republic of the Congo. It lies about 320 miles from the Atlantic Ocean on the south bank of the Congo River. With a population of more than 20 million inhabitants, Kinshasa is one of the largest cities in sub-Saharan Africa. The city's inhabitants are popularly known as Kinois. These few snapshots present the architectural landscape of the city. Kinshasa-DRC Kinshasa is the largest city and capital of the Democratic Republic of the Congo. It lies about 320 miles from the Atlantic Ocean on the south bank of the Congo River. With a population of more than 20 million inhabitants, Kinshasa is one of the largest cities in sub-Saharan Africa. The city's inhabitants are popularly known as Kinois. These few snapshots present the architectural landscape of the city.

  • African Cities Insights I L’African Cities Lab : une plateforme de cours en ligne au service de la transformation urbaine en Afrique

    < Back L’African Cities Lab : une plateforme de cours en ligne au service de la transformation urbaine en Afrique Le projet African Cities Lab (ACL) est une initiative révolutionnaire regroupant plusieurs universités africaines, visant à créer une plateforme bilingue pour l'éducation numérique sur le développement urbain. Proposant des MOOCs et des formations en ligne, l'ACL forme les acteurs urbains pour les défis à venir en Afrique d'ici 2050. Allant au-delà des cours en ligne, elle offre une exploration interactive de l'avenir urbain africain avec des cours interactifs, des études de cas réelles, et des outils pratiques dispensés par des experts. Malgré des défis techniques, financiers et sociaux, le projet explore des modèles économiques durables tout en maintenant un accès gratuit. L'ACL contribue significativement à former des acteurs clés pour un développement urbain durable et inclusif en Afrique. Une initiative portée par le continent Le projet African Cities Lab (ACL) est une initiative conjointe de plusieurs universités africaines qui vise à créer une plateforme bilingue anglais – français, d’éducation numérique africaine sur le développement urbain, offrant des MOOCs de qualité et des formations continues en ligne pour les professionnels. En d’autres termes, le projet African Cities Lab a pour ambition de former le maximum d’acteurs urbains capables de faire face aux défis auxquels les villes africaines feront face d’ici 2050. Mais la plateforme de MOOCs African Cities Lab est bien plus qu'une simple collection de cours en ligne. C'est un portail dynamique où la découverte de l'avenir urbain africain se dévoile à travers des cours interactifs basés sur les réalités des villes et proposés par des experts du domaine, des études de cas concrets et des outils théoriques utiles. L'objectif est de développer les compétences des citoyens, mais aussi des professionnels et des innovateurs afin de façonner des villes africaines durables, connectées et inclusives. La durabilité passe donc pas la formation ; c’est du moins de pari de fait l’African Cities Lab. Pour cela, l’initiative a été développée autour de trois axes que sont la plateforme, les cours en lignes, et les formations rendant ainsi le projet totalement indépendant face aux infrastructures existantes. Addis Ababa, Ethiopie Des défis à la fois techniques, financiers mais également sociaux Si acquérir un espace suffisant sur un serveur est aisé, héberger des cours de plusieurs semaines facilement accessibles et lisibles sur des téléphones portables, des tablettes, le tout dans un contexte de connexion internet instable est un défi majeur. L’accès à Internet en Afrique variant considérablement d'une région à l'autre, le défi majeur consiste à garantir l’accès à la plateforme pour les apprenants, qu'ils soient en zone urbaine ou rurale. Ensuite, la mise en place d'une infrastructure serveur solide est essentielle. La plateforme doit être capable de gérer un trafic en constante augmentation, tout en offrant un accès rapide et fluide aux cours et aux contenus. L'intégration de contenu multimédia, tels que des vidéos et des documents interactifs, est également une tâche complexe. Gérer ces éléments tout en maintenant une expérience utilisateur sans faille exige des compétences techniques avancées. La compression optimale pour un rendu de qualité a ainsi été l’objet de nombreuses questions. La sécurité des données est un défi omniprésent. La protection des informations personnelles des utilisateurs et de leurs progrès dans les cours est une priorité absolue. La plateforme doit donc mettre en place des mesures de sécurité robustes pour protéger ces données sensibles. Financé pour une première période de trois ans et demi par le Secrétariat d’État à l’économie en Suisse, le projet doit maintenant réfléchir à un modèle économique durable. Question d’autant plus difficile que les cours doivent rester libres d’accès et gratuit pour rester dans la philosophie de départ. Des pistes de solutions sont aujourd’hui à l’essai. Enfin, c’est un défi social. La création d’une communauté entre les apprenants, les professionnels de l’urbain et les partenaires qui animent et réalisent les cours sont au cœur du projet. Que ce soit dans l’évaluation des exercices entre pairs au sein même des cours en ligne, la prise de contact direct entre un professionnel et un partenaire pour obtenir un avis sur une question urbaine spécifique ou la mise en commun de force pour résoudre une problématique, la plateforme African Cities Lab développe différentes solutions gratuites pour faciliter la mise en relation. Une communauté sur Whatsapp existe par exemple pour les diplômés des MOOCs afin qu’ils puissent interagir et bénéficier d’un accès privilégié à des événements spécifiques. Groupe d'étudiants utilisant la plateforme sur un téléphone mobile Un éventail de contenus Des MOOCs axés sur la mobilité urbaine aux cours sur l'aménagement urbain, la gouvernance digitale ou encore l’éco construction, la plateforme African Cities Lab propose une variété de contenus conçus pour répondre aux défis complexes et spécifiques des villes africaines. Des experts de renommée mondiale partagent leur savoir-faire et leur expérience, offrant aux apprenants un accès direct aux dernières innovations dans le domaine du développement urbain et durable en Afrique. Quelques exemples de cours disponible sur la plateforme Un MOOC dans la lumière : La Gestion des données urbaines : clé du développement de villes africaines intelligentes », du Center of Urban Systems de l’UM6P Parmi les MOOCs offerts, celui-ci met un accent sur la collecte de données grâce à des moyens à bas coût tel que le crowdsourcing pour concevoir des solutions urbaines telles que des solutions de sécurité ou de mobilité urbaine. Vous découvrirez le rôle essentiel des données urbaines dans le développement des villes intelligentes et des moyens innovants de les collecter. En outre, vous aurez un aperçu approfondi des technologies de pointe telles que les systèmes d’information géographique, la télédétection et l’analyse des données massives, et apprendrez comment elles peuvent aider à créer des solutions pour les villes africaines. Ce MOOC m'a permis de me lancer dans le développement d'un projet qui permettra aux citoyens béninois d'avoir une vue claire des actions du gouvernement dans leur localité, en mettant en place une application mobile et web où chaque projet gouvernemental sera répertorié et où chaque citoyen contributeur pourra mettre à jour ces informations accessibles à tous. Ces données seront utiles non seulement pour le gouvernement, mais aussi pour les autorités locales et les citoyens. J'ai eu l'occasion de postuler pour un poste de chef de projet informatique sur le marché français très compétitif, et j'ai été sélectionné. À mon avis, ce qui a joué en ma faveur était la mention d'une certification en gestion des données urbaines. Aziz Vorrez, l'un des tout premiers « apprenants » de la plateforme Aziz Vorrez, l'un des tout premiers « apprenants » de la plateforme Les principales thématiques que nous couvrons dans ce MOOC sur la gestion des données urbaines répondent à un manque de connaissance dans l’utilisation des données. Nous avons abordé trois thématiques de façon chronologique à savoir : Les données urbaines massives c'est quoi? Comment collecter ces données à moindre coût à travers notamment le crowdsourcing ? Comment traiter et visualiser ces données pour une meilleure analyse. Le MOOC offre ainsi une meilleure compréhension de l'utilisation des données dans le contexte africian. Il offre les méthodes avancées d’apprentissage automatique telles que les classifications pour mieux sortir des connaissances des données. Ceci permettra de trouver des solutions aux problématiques urbaines en terme de mobilité, de gestion des déchets ou des infrastructures. Le MOOC offre aussi des études de cas pour appliquer ces données. El Bachir DIOP, l'un des initiateurs du MOOC sur la gestion des données urbaines El Bachir DIOP, l'un des initiateurs du MOOC sur la gestion des données urbaines Previous Next

  • African Cities Insights I Abidjan: Repenser la mobilité par la planification, l’inclusion et le dialogue

    < Back Abidjan: Repenser la mobilité par la planification, l’inclusion et le dialogue Dans cet entretien, Charlène Kouassi, Directrice de Movin’On Lab Africa, met en lumière les défis du système de transport urbain à Abidjan. Les coûts élevés de déplacement, résultant d'une offre non intégrée et d'un manque de subvention de l’État, poussent les usagers à des solutions alternatives telles que la marche. Les véhicules vieillissants et l'inégalité d'accès aux offres de mobilité soulignent l'urgence de solutions inclusives et immédiates. Les femmes, particulièrement touchées, nécessitent une conception de transport adaptée à leurs besoins. Pour améliorer la situation, Charlène préconise des dialogues réguliers avec les acteurs du secteur et une meilleure inclusion du transport artisanal dans les offres publiques. En parallèle, l'initiative Movin’On Lab Africa vise à promouvoir des pratiques durables et innovantes en matière de mobilité. Enfin, une planification urbaine adéquate, favorisant l'intermodalité et les modes de transport doux, s'avère cruciale pour transformer les villes africaines en espaces harmonieux, durables et accessibles à tous. La configuration actuelle du système de transport urbain à Abidjan pose des défis à plusieurs niveaux En 2019, la Banque mondiale estimait que le transport représente la troisième principale source de dépenses des ménages derrière la nourriture et le logement en Côte d’Ivoire. De plus, une amélioration de la mobilité à Abidjan de l’ordre de 20 % pourrait accroître la croissance économique du pays d’au moins 1%. Ce qui renforce davantage l’enjeu immense que représente la mobilité. Au-delà des aspects structurels liés au déficit de l’offre de transport formel par rapport à la demande, l’inclusion des personnes joue également un rôle prépondérant. “Se déplacer dans la ville d’Abidjan représente à peu près 40% des revenus d’un ménage moyen, ce qui représente une charge importante. Aujourd’hui l’offre ne permet pas de réduire drastiquement cette source de dépenses.” , affirme Charlène KOUASSI, Directrice de Movin’On Lab Africa. Ces coûts élevés de transport résultent d’une part de l’absence d’une offre intégrée réunissant l’ensemble des modes de transports suivant une logique d’intermodalité et d'interopérabilité. D’autre part, l’absence de subvention de l’Etat dans le secteur des transports complique l’accès aux services de transport dits formels pour tous. La plupart des usagers se voit ainsi contrainte de recourir à des solutions alternatives telles que la marche qui représente environ 40% des déplacements bien que dans un contexte où les voies piétonnes sont mal conçues, inadaptées, voire inexistantes. Au-delà de la marche, les modes de transport popilaires sont hautement plébiscités. Ceux-ci représentent environ 70% de l’offre de mobilité à Abidjan et sont les plus utilisés pour les déplacements motorisés constitués entre autres par les minibus (gbakas) et les taxis collectifs (woro-woro). Toutefois, l’inclusion financière dans ce secteur représente un défi majeur aussi bien pour les ménages, dans la mesure où la décomposition du trajet entraîne des coûts supplémentaires, ainsi que pour les transporteurs avec des revenus faibles, le manque de traçabilité, l’absence de couverture sociale, etc. L’accès aux véhicules de bonne qualité et à des prix abordables est également un enjeu important lorsqu’il s’agit de mobilité inclusive. Bien que le taux de motorisation soit faible, la majeure partie des véhicules constituant le parc automobile sont vieillissants et d’occasion issus de l’importation non soumis à des normes. En raison des revenus faibles des ménages, ceux-ci ne peuvent s’offrir un véhicule neuf et aux normes. Boulevard Abrogoua à côté de la mosquée du marché Adjamé à Abidjan, par AIN, décembre 2021 Le transport dit artisanal est également un important consommateur de ces véhicules de seconde main qui échappent aux normes de sécurité et de pollution entre autres. Pourtant, cette situation est contradictoire à la loi de 2017 fixant la limitation d’âge des véhicules d’occasion importés et affectés au transport public des personnes et des marchandises en Côte d’ivoire à cinq ans. Enfin, sur le plan territorial, les offres de mobilité sont inégalement distribuées, ce qui accentue la fracture spatiale. On observe un décalage entre la planification urbaine et la planification des systèmes mobilités. Les quartiers reculés et informels se retrouvent mal desservis avec des offres en transport qui se concentrent majoritairement sur les axes principaux. Plus loin, les politiques et stratégies de mobilité durable pensées pour la ville d’Abidjan et la plupart des villes africaines proposent des interventions sur le long terme (10 à 20 ans). Or, il urge de penser également des solutions pouvant d’une part, mobiliser des moyens techniques, humains et financiers sur le court terme, et d’autre part être mises en œuvre rapidement afin d’améliorer le quotidien des usagers. Bien que, des initiatives telles que l’aménagement des arrêts minutes pour les minibus à Abidjan, sur la commune de Yopougon, sont à encourager et à multiplier, quoiqu’elles restent insuffisantes. Les femmes sont malheureusement misent en marge dans le design de l’offre de transport La configuration de l’offre de transport actuelle à Abidjan place les personnes vulnérables au rang desquelles les femmes, en ligne de front face aux dangers liés aux services inadaptés des offres de mobilité existantes. En effet, que ce soit en termes de sécurité, avec l’absence d’éclairage public et de systèmes de surveillance ; ou en termes de confort, avec l’absence de commodités comme les aires de repos, les toilettes, etc., la conception des modes de transport ne prend pas en compte les besoins spécifiques et les vulnérabilités des femmes pour leur bien-être et leur épanouissement en matière de mobilité urbaine. Pourtant, en adressant ces questions, les systèmes de transport seraient inclusifs non seulement pour les femmes, mais profiteraient au bien-être de tous. “Quand on s'intéresse aux problématiques que vivent les femmes dans le transport, on se rend compte que ce sont des problématiques qui, si elles trouvaient une réponse adéquate, pourraient profiter à l'ensemble de la population” précise Charlène. Du point de vue des usages, les femmes sont les principales usagers du transport public et des espaces publics. Tandis que l’homme a un trajet beaucoup plus linéaire de type domicile-travail, les femmes par contre ont un trajet beaucoup plus dynamique domicile – travail – marché – école pour récupérer les enfants – etc. En dépit de cela, ces dynamiques de mobilités ne sont pas souvent traduites dans la plupart des études de transport. Cet écart de données sur le genre peut s’avérer pourtant crucial dans la planification, la conception et l’exploitation des infrastructures de transport. D’ailleurs, des initiatives telles que WomenMobilizeWomen travaillent à réduire ces écarts en organisant des campagnes de collecte de données de mobilité basées sur le genre. Promouvoir le dialogue et concilier avec l’informel pour une mobilité durable à Abidjan Transformer la mobilité urbaine implique de multiplier les cadres de concertation avec l’écosystème des acteurs de la mobilité au niveau local, incluant les institutions villageoises, les usagers, les entreprises, les start-ups, etc. Ceci afin de co-créer, à travers les échanges et le dialogue, des solutions innovantes, plus inclusives, particulièremennt pour les femmes mais aussi pour les groupes dits vulnérables tels que les personnes âgées, les personnes à mobilité réduites et les jeunes. “Bien que certains espaces de dialogue avec les transporteurs aient été mis sur pied, ceux-ci manquent de proactivité” souligne Charlène. Une approche plus efficace consisterait à instaurer des échanges beaucoup plus fréquents, idéalement chaque semaine, et à allouer des ressources de manière continue pour assurer leur bon déroulement. Cela favoriserait un suivi et une évaluation plus rigoureux en utilisant des critères de performance basés sur les retours d'expérience des transporteurs et des voyageurs. Dès lors, rendre la mobilité inclusive reviendra à intégrer le transport artisanal aux offres de transport public existantes. D’autant plus que l’offre actuelle ne représente qu’un faible pourcentage comparé au transport artisanal représentant près de 70% de l’offre globale. Cette inclusion passera notamment par, la formation et l’accompagnement des chauffeurs de Gbaka, de woro-woros, et de pinasses mais aussi par la maintenance ou le renouvellement de leur flotte. La digitalisation a permis l'essor des solutions digitales comme GO TAXI, MOJA RIDE et BIM BARA, YANGO et UBER, l’on assiste à l’émergence d’une palettes de services de mobilité à l’instar du transport à la demande ou encore de la professionnalisation du secteur des taxis compteurs. Ces solutions émergentes ont l’avantage d’offrir une meilleure inclusion financière aux transporteurs artisanaux. Grâce à des mécanismes de suivi de leurs revenus, d’octroi de récompenses selon leurs performances, de certification, etc., ceux-ci pourront avoir accès à de meilleures conditions de travail ainsi qu’aux services financiers. Movin’On Lab Africa, acteur engagé pour la promotion d’une mobilité durable et inclusive en Afrique L’initiative Movin’On Lab Africa, est un Think & Do Thank, dédié à la mobilité durable en Afrique et qui promeut des bonnes pratiques et solutions innovantes à travers le continent. A cet égard, le Think Tank propose plusieurs pistes de réflexion sur les opportunités, challenges et défis à venir, etc. Différents canaux de communication sont utilisés à cet effet pour faire passer des messages clés, notamment : ateliers, conférences, podcasts, talkshow, etc. “Le rôle de Movin’On Lab Africa est de fédérer, autour d’un objectif commun, la création de valeur locale et la soutenabilité des systèmes de mobilité en Afrique” , affirme Charlene. L’objectif étant de mettre en place des communautés d’intérêt centrées sur des problématiques propres aux villes africaines à l’instar du transport artisanal. Une meilleure planification urbaine est un prérequis incontournable pour une meilleure planification des transports Dans le contexte des villes africaines et particulièrement de la ville d’Abidjan, la planification des transports doit encourager l'intermodalité avec la mise en place d'infrastructures dédiées favorisant les modes doux et la mobilité partagée. Cela contribuera à réduire significativement la congestion, la pollution sonore et atmosphérique. “Dans les cinq prochaines décennies, ma vision pour les villes africaines est finalement assez terre à terre. Des villes où il fait bon vivre, où la nature reprend sa place et où tradition et modernité cohabitent de façon harmonieuse. J'aspire à l'adoption de designs et de techniques architecturales intégrant des services de première nécessité, des espaces culturels et de loisirs accessibles à tous. Une ville où il y a une multitude d'offres de transports accessibles à tous.” conclut Charlène. Previous Next

  • African Cities Insights I Une nouvelle vision du développement urbain au Sénégal à travers la ville intelligente

    < Back Une nouvelle vision du développement urbain au Sénégal à travers la ville intelligente Les villes intelligentes en Afrique offrent de nouvelles voies pour une transformation urbaine durable. Les réformes réglementaires permettent désormais aux autorités locales de créer des réseaux numériques, un changement qui soutient les partenariats public-privé (PPP), attire les investissements tout en favorisant des infrastructures partagées et en prévenant les monopoles. Diop Dieynaba, responsable du programme Ville Intelligente de Diamniadio, souligne la nécessité d'une adoption technologique adaptée qui respecte le contexte unique de chaque ville, plutôt que de copier des modèles étrangers. L'approche de Diamniadio démontre que le développement des villes intelligentes peut renforcer la durabilité, l'efficacité et le bien-être des citoyens lorsqu'il est en adéquation avec les besoins et les valeurs locales. Malgré des obstacles comme des ressources limitées et le scepticisme public, Dieynaba est convaincue que les villes africaines peuvent façonner leurs propres modèles urbains intelligents en favorisant l'innovation locale, en actualisant les réglementations et en adoptant les partenariats. La ville intelligente est un modèle de fabrique urbaine qui offre de nombreuses opportunités pour la transformation urbaine en Afrique Dakar, Senagal Leandry Jieutsa 2023 Le développement des technologies ouvre de nombreuses portes en matière de développement urbain, résilient inclusif et durable. La ville intelligente est une approche pertinente, car permettant de mettre en place des infrastructures, réseaux et services interconnectés. Diop Dieynaba Cheffe de cellule de la Smart city de Diamniadio et Responsable du programme Smart city de Diamniadio. En effet, les réseaux d’infrastructures d’une Smart city sont des supports de la gestion optimisée d’une ville et cela permet d’anticiper et de résoudre les lacunes et pannes. Ces infrastructures permettront le raccordement des principaux équipements de gestion d’une ville intelligente à commencer par les caméras de vidéoprotection nécessaires pour en faire une ville sûre, tous les capteurs pour les solutions intelligentes de services urbains et mobilité. La ville intelligente est un processus de structuration urbaine utilisant les nouvelles technologies pour apporter des solutions durables, intégrant les aspects économiques, sociaux et environnementaux. Elle repose sur l’usage de technologies avancées comme les capteurs, les réseaux, l'IoT et la blockchain, qui jouent un rôle central dans l'amélioration de la ville. Dans les villes Africaines, on a l’habitude de construire et de gérer de manière sectorielle, les réseaux, les voiries et les services de la ville. Maintenant avec la Smart city on peut avoir un seul noyau qui est le centre de pilotage pour superviser tous les services de la ville. Cependant elle ajoute que chaque ville doit s’approprier et contextualiser ces technologies. Chaque ville adapte les technologies selon ses besoins spécifiques, en fonction de son identité et de ses priorités en aménagements numériques. Par exemple, au Sénégal, la ville nouvelle de Diamniadio, actuellement en cours d'aménagement, nécessite d'abord le développement d'infrastructures de base telles que la fibre optique, les réseaux Wi-Fi, et l'IoT pour supporter des solutions numériques. À Dakar, en revanche, le focus n'est pas principalement sur les infrastructures, mais sur des projets numériques facilitant la vie des citoyens, tel que des applications pour la mobilité, le covoiturage, et la gestion du trafic. Des start-up sénégalaises développent aussi des solutions innovantes pour répondre aux besoins spécifiques de la population. Ainsi, le concept de ville intelligente, ou Smart City, est aujourd’hui l’outil le plus adapté pour accompagner le développement des villes africaines en croissance. Il permet d'améliorer les conditions de vie des citoyens grâce au déploiement de solutions numériques et d'encourager l'intégration des nouvelles technologies dans un contexte de développement urbain. La ville intelligente de Diamniadio s’appuie sur l'Internet des objets pour optimiser la gestion urbaine à travers des infrastructures connectées La planification urbaine est un processus très complexe et implique plusieurs compétences et métiers. Par conséquent il faut digitaliser le processus et mettre en réseau tous les acteurs pour une meilleure transversalité. Smart City Diamniadio Les nouvelles technologies vont apporter des solutions innovantes dans la collecte des données, la prise de décision, travailler sur la modélisation des processus urbains. L'introduction du numérique dans la planification de ville vise notamment à ajuster et optimiser au mieux la consommation des ressources : énergie au niveau de la distribution électrique avec les smarts grids, consommation du réseau d’éclairage public, optimisation du traitement des déchets solides et liquides, gestion des réseaux d’eau. L'Internet des objets (IoT) joue un rôle central dans ce que nous mettons en place pour la ville intelligente de Diamniadio. Nous misons sur des réseaux en fibre optique, le Wi-Fi, et le IT, car l'IoT permettra de développer diverses solutions pour la gestion urbaine. Le projet Smart City de Diamniadio vise à créer une ville intelligente, durable et résiliente, en appuyant le développement d'infrastructures de connectivité mutualisées telles que la fibre optique, le réseau mobile et le Wi-Fi public. Cette approche permettra des usages numériques massifs et innovants. En parallèle, l'IoT facilitera la gouvernance numérique et la gestion des services publics, avec une unité centrale assurant la coordination des données en temps réel pour des solutions de sécurité (vidéoprotection) et de gestion de la mobilité urbaine. Diamniadio va devenir une référence dans la gestion des villes au Sénégal et en Afrique de l’Ouest. Cette gestion Smart permettra une maîtrise des coûts de fonctionnement, d’optimiser les temps de trajet et donc de réduire la pollution, et grâce à ses services et infrastructures, d’attirer un plus grand nombre de citoyens. Diamniadio se distingue par une approche intégrée combinant plusieurs fonctions incluant administration, évènementielle, éducation, industrielle, résidentielle et loisirs. La ville héberge 16 ministères décentralisés et la deuxième université du Sénégal, l’Université Amadou Mahtar Mbow, prévue pour accueillir environ 30 000 étudiants. Le marché d’intérêt national et la gare des gros porteurs, la maison des Nations Unies, des programmes immobiliers etc... Des capteurs intelligents seront installés pour optimiser la gestion de la mobilité et du stationnement et des services urbains, notamment dans la gestion des cas d’usages gestion des incendies, des inondations, des bacs à ordures, le trafic, l’éclairage public, la gestion numérique de l’assainissement en renforçant ainsi l'efficacité des infrastructures et la sécurité des citoyens. Pour faciliter l’interaction entre l’administration, les citoyens et les entreprises locales, une application numérique sera développée, offrant un accès en temps réel à des informations essentielles. Ce projet s'appuie sur le numérique pour non seulement répondre aux besoins des usagers en matière d’énergie, d’eau, d’assainissement, de mobilité et de gestion des déchets, mais aussi pour piloter le développement du Pôle urbain de manière durable et moderne. Mettre en place une infrastructure de fibre optique pour soutenir le développement rapide de la ville intelligente de Diamniadio Diamniadio, Hub technologique en pleine croissance au Sénégal, accueillent des infrastructures de pointe comme le parc technologique numérique, les datacenters de Sénégal Numérique SA. des bâtiments intelligents, tels que la Maison des Nations Unies et les sphères ministérielles, le Stade Abdoulaye Wade, le centre des Expositions de la SOGIP, le CICAD, Centre de Conférence Abdou DIOUF, l’Hôtel Radisson Diamniadio etc… illustrent la modernité de la ville. Dakar Arena de Diamniadio ajoute également à cette dynamique, visant à faire de Diamniadio un centre moderne et attractif. Face à la demande croissante de solutions technologiques que posent ces infrastructures et les entreprises, installées sur le site, un inventaire des besoins a été réalisé pour structurer l’aménagement numérique. Innovation – Le Sénégal inaugure officiellement son super calculateur, by prodpafrica Le déploiement de la fibre optique est un élément structurant de cette transformation. C’est dans cette optique qu’est mis en place un projet de connectivité en Fibre, Wi-Fi et IoT dans toute la ville. Ce projet, prévu pour fin 2024, offrira une couverture réseau mutualisée et partagée par les opérateurs aux logements, entreprises, administrations et établissements publics, garantissant une accessibilité équitable. La Délégation générale à la Promotion des Pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose (DGPU) développe également un projet destiné à améliorer la sécurité et la gestion de la ville en temps réel. Ce projet géré avec le Ministère de l’intérieur, inclura l’installation de 700 caméras de vidéoprotection, des capteurs intelligents pour l’éclairage, la gestion des feux tricolores et des espaces verts, et une plateforme d’intelligence artificielle pour surveiller les embouteillages, détecter les déchets et prévenir les fuites d’eau. Grâce à un data center sécurisé, cette infrastructure permettra une gestion proactive des données. L’IoT sera mobilisé pour surveiller l’eau, la qualité de l’air, et la consommation électrique, assurant une efficacité énergétique, une sécurité accrue et un cadre de vie amélioré, positionnant Diamniadio comme un modèle de ville intelligente et durable. Enfin, pour garantir une exploitation efficace des solutions technologiques, une formation à la gestion des solutions cloud et des données sera offerte aux futurs opérateurs du centre de supervision de la ville. Ce centre jouera un rôle crucial dans la supervision des infrastructures, facilitant la maintenance proactive des services urbains tels que l’eau, l’air, et l’énergie. Les capteurs permettront, par exemple, de détecter rapidement les fuites d’eau ou les pics de pollution, contribuant ainsi à améliorer la sécurité et le bien-être des citoyens de Diamniadio. Le Partenariat Public-Privé pour soutenir une transformation urbaine qui optimise les ressources et favorise la transformation numérique des territoires Le Partenariat Public-Privé (PPP) joue un rôle structurant dans le développement du projet de ville intelligente de Diamniadio, en impliquant un éventail d’acteurs publics et privés. Ce modèle novateur s’articule autour de l'implication de divers acteurs, parmi lesquels figurent la Présidence de la République, plusieurs ministères (dont celui de l'Économie, du Plan et de la Coopération par le biais de l’Unité Nationale d’Appui aux PPP (UNAPPP) et celui de la Communication des Télécommunications et du Numérique, et du Ministère de l’intérieur), ainsi que des régulateurs comme l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) et l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP). Le Cabinet Tactis, en tant que mission d’assistance à la maîtrise d’ouvrage (AMO), accompagne la DGPU dans la coordination de ce projet complexe qui mobilise des ressources financières et technologiques issues du secteur privé sous la supervision étatique. L'initiative a aussi nécessité une approche pragmatique d’intégration des opérateurs privés afin de maximiser les investissements tout en permettant à l'État de gérer les remboursements sur une période définie. On est en train de finaliser deux PPP sur le projet Smart city Diamniadio, un PPP doit nécessairement être réalisé par une entreprise dédiée à cet effet SPV (Société dédiée pour réaliser le PPP) qui doit avoir un actionnariat majoritairement sénégalais, les entreprises étrangères peuvent avoir leur place, mais n’auront pas la majorité, ce sont les textes. Le PPP s’est imposé dans le cadre de la Smart City de Diamniadio, à la suite de recommandations formulées lors des séries ateliers de co contstruction de la vision en octobre 2021, par la suite, le principe des deux PPP a fait l’objet d’une validation dans le cadre d’ateliers de validation organisés les 15 et 16 novembre 2022 auxquels participaient divers partenaires comme le MCTN, l’ARTP, l’UNAPPP, la DCMP et la SENUM où les parties prenantes ont mis en avant la pertinence de ce modèle pour répondre aux exigences techniques et financières du projet. Atelier de validation de l'étude d'assistance à maîtrise d'ouvrage du projet Smart City Diamniadio En effet, la complexité du déploiement d’infrastructures telles que la fibre optique, combinée aux compétences limitées de l’État en la matière, a incité l’Unité Nationale d’Appui aux Partenariats Public-Privé (UNAPPP) à adopter une approche de dialogue compétitif. Ce processus a permis de rassembler les opérateurs privés nationaux, candidats à l’appel d’offres dotés des licences et de l’expertise nécessaires pour structurer un réseau de connectivité. Bien que la concurrence ait été limitée par les exigences réglementaires, cette méthodologie a permis d’engager les opérateurs télécoms nationaux tout en maintenant un cadre ouvert pour les sociétés infrastructures de fibre optique, ce qui a permis d’extraire les réseaux mobiles de l’appel d’offres, afin de faciliter une participation plus large. Le modèle PPP Diamniadio une ville connectée, connectivité ne vise pas seulement à optimiser les ressources pour le déploiement de la fibre optique et des infrastructures de communication, mais il sert aussi à garantir une gestion partagée et mutualisée des infrastructures, évitant ainsi les monopoles privés. Au Sénégal, où les opérateurs de télécommunications dominent traditionnellement le déploiement des réseaux, le PPP à Diamniadio offre un modèle de réseau public partagé qui permet à chaque opérateur de participer au développement tout en évitant un monopole d’un acteur unique. Le choix d’un modèle de réseau mutualisé permet ainsi de maintenir une concurrence saine et de conserver une vision équilibrée pour la Smart City. Dans un contexte africain où les opérateurs maîtrisent souvent les réseaux et le déploiement de la fibre, nous avons découvert que nous pouvions mettre en place un réseau Fibre optique public mutualisé, partagé entre opérateurs. La DGPU supervise la mise en place de deux principaux PPP : le premier, orienté vers la connectivité, couvre l’installation d’un réseau de fibre optique, de Wi-Fi public et d’IoT, et le second PPP : Diamniadio une ville sure, intelligente et durable, se concentre sur le déploiement de solutions matérielles et logicielles permettant un pilotage en temps réel de la ville. Outre les aspects techniques, le projet Diamniadio bénéficie également de l’apport financier des partenaires privés, lesquels permettent à l’État de réduire les coûts initiaux en se concentrant sur un modèle de remboursement échelonné. Ce cadre de PPP permet à l'État d’éviter un endettement direct tout en assurant le financement de technologies et infrastructures avancées. Cette approche est un modèle économiquement viable qui peut inspirer d’autres villes en Afrique de l’Ouest. Cette démarche permet de contrôler l'infrastructure et de réduire les risques de monopole privé, un enjeu crucial dans le développement de villes intelligentes. Le contrôle des infrastructures et des données reste un défi majeur, mais cette approche mutualisée nous offre une meilleure maîtrise du projet. En favorisant un environnement de gouvernance partagée, le PPP Diamniadio, une ville connectée pour la Smart City de Diamniadio crée un écosystème où l’innovation technologique et la durabilité se rejoignent pour faire de Diamniadio un modèle de ville intelligente, adapté aux besoins contemporains et aux attentes de croissance du Sénégal. Ce n'est pas un simple marché, car le PPP connectivité de Diamniadio concerne ici un vaste déploiement sur 1,644 hectares, soit environ quatre fois la taille du centre-ville de Dakar, dans le pôle urbain de Diamniadio. Il était essentiel de garantir la concurrence pour ne pas confier ce projet à un seul opérateur sans appel d’offres, ce qui n’aurait pas servi l’intérêt général. Une réforme des cadres réglementaires est essentielle pour le développement des villes intelligentes en Afrique, car elle crée un environnement favorable à l'innovation Les cadres actuels, souvent rigides et inadaptés, limitent l'innovation. Un cadre réglementaire modernisé encourage les investissements en clarifiant les attentes pour les entreprises et les investisseurs. En permettant des partenariats public-privé et des collaborations avec des acteurs internationaux, ces réformes facilitent l'accès aux technologies et au financement nécessaires. En outre, elles renforcent la transparence et la responsabilité, éléments cruciaux pour bâtir la confiance des citoyens envers les initiatives de ville intelligente. C’est le moment de la rupture sur nos façons de planifier, de concevoir et d’habiter nos villes, cependant une mise à jour des savoirs est nécessaire pour mettre en phase le développement de ce processus avec l’évolution de nos villes. Au Sénégal, il était initialement impossible pour les collectivités locales de déployer leur propre réseau de fibre optique, cette prérogative étant réservée aux opérateurs télécoms. Cependant, un décret du 7 juillet 2022 a permis aux collectivités d’aménager des réseaux de fibre afin de développer des villes intelligentes, une initiative qui n'existait pas auparavant au Sénégal. Cette réglementation a ouvert de nouvelles possibilités et a été un catalyseur pour Diamniadio. Dans le Plan d’actions de la Stratégie Sénégal Numérique 2025 (SN 2025), il est prévu dans l’action 624, la DGPU est chargée de la mise en place d’une Ville Numérique sur l’Axe Diamniadio- Sébikotane, Diass et Lac Rose avec le Ministère. Avec l'appui du ministère des Télécommunications et du régulateur, un guichet unique a été créé pour accompagner la DGPU dans la gestion et le partage des réseaux à Diamniadio. Cette évolution a marqué un tournant : désormais, les opérateurs doivent suivre les directives de l'État et des collectivités locales avant de procéder à l’installation de leurs infrastructures, notamment dans les grandes villes. Les maires, souvent peu informés de ces changements, doivent encore prendre conscience de leurs nouvelles responsabilités, et il est essentiel que les réglementations évoluent pour donner aux collectivités locales davantage de pouvoir et de flexibilité afin de répondre aux enjeux de développement numérique. De plus, l'UNAPPP a mis en place de nombreux arrêtés pour soutenir les PPP et accompagner l'activité locale ainsi que les entités publiques. L'ARTP mène également des réformes pour promouvoir le partage de réseaux, mettant fin au déploiement anarchique. Sur Diamniadio on a travaillé sur une stratégie de partage de réseau pour le projet de connectivité de Diamniadio, le projet sera financé par un opérateur gestionnaire unique (SVP), il se chargera de la conception, le déploiement des réseaux, l’exploitation et commercialisation du réseau sur une durée de 18 à 20 ans, puis transférera sa gestion à la DGPU, assurant ainsi la propriété nationale. I l est indispensable de surmonter les défis de la transformation digitale en Afrique pour bâtir des modelés endogènes de villes intelligentes qui répondent aux réalités locales Il existe une résistance marquée au refus du changement et un scepticisme généralisé. L'innovation technologique est souvent perçue comme une idée éloignée des réalités quotidiennes africaines, où les problèmes liés à l'eau, à l'électricité et à la salubrité demeurent criants. Cette mentalité, ancrée dans les modèles urbains traditionnels, limite l'acceptation des nouvelles technologies et freine l'adoption de pratiques plus modernes et durables, rendant difficile la transition vers des villes intelligentes. Le manque de ressources financières et de compétences spécialisées constitue un autre obstacle majeur. La transformation vers des Smart Cities requiert des investissements importants, mais aussi des experts en urbanisme et en technologies numériques, qui font souvent défaut. Cette insuffisance de compétences entraîne des difficultés pour concevoir, déployer et gérer les infrastructures intelligentes, ajoutant des complexités à la mise en œuvre des projets et limitant leur impact potentiel. Par conséquent, les villes africaines se retrouvent souvent dépendantes de soutiens externes pour avancer vers le numérique. A cela s’ajoute, le défis de la réalisation des voiries et réseaux divers (VRD) intelligents, qui intègrent les infrastructures d’accueil (fourreaux, chambres, galeries techniques) pour le passage de la fibre. Ces infrastructures d’accueil de la Smart city sont réalisées concomitamment aux opérations de VRD sans ces derniers il n’aura pas de Smart cities (villes intelligentes). Cependant ces défis ne doivent pas empêcher l’innovation et freiner la dynamique de transformation urbaine dont a besoin le continent. Certes, il y a des défis liés aux infrastructures et aux ressources, mais je suis convaincue que nos villes peuvent évoluer vers ce que nous voulons en faire. Le président de la République a initié le projet de Diamniadio dans l'optique de rompre avec les déficits d’urbanisation des villes sénégalaises, marquées par un manque de planification et des quartiers dortoirs sans activité économique, sans voirie ni services d'assainissement. Les villes Africaines de demain doivent être durables, résilientes et faire l’objet d’une véritable planification numérique globale au moment de leur construction pour les villes nouvelles. Pour les villes existantes, travailler sur le développement de solutions technologiques adaptées aux besoins des citoyens. Il est crucial de répondre aux idées reçues selon lesquelles l'Afrique serait ‘’en retard’’ ou incapable de réussir dans le domaine des villes intelligentes. Certains pensent qu'il suffirait de transposer des modèles étrangers pour résoudre nos défis, mais ce n'est pas la solution. Chaque ville a son propre territoire, son identité et ses besoins spécifiques. Nous devons concevoir et planifier nos villes en tenant compte de nos moyens, de nos besoins spécifiques et de nos projections futures. Il n'est pas réaliste de demander à des acteurs étrangers de résoudre nos problèmes urbains. L'initiative doit venir de nous, les Africains. Nous devons porter notre propre vision et adapter la modernité et les technologies aux réalités locales» Previous Next

  • African Cities Insights I Pan-African Architecture Biennale 2026

    < Back Pan-African Architecture Biennale 2026 The Pan-African Architecture Biennale (PAAB), launching in Nairobi in 2026, is a groundbreaking event redefining how Africa’s built environment is imagined and discussed. In this interview with the African Innovation Network for The African Cities Magazine, curator Omar Degan, Somali-Italian architect and founder of the Biennale, explains how PAAB rejects Eurocentric notions of “modernity” and architectural value, calling instead for architectural sovereignty by Africans for Africa. Rather than showcasing spectacle, the Biennale will foster debate, collaboration, and radical self-definition across disciplines like architecture, art, urbanism, literature, and policy. Structured around decolonization, democratization, and reconnection, it aims to dismantle inherited hierarchies, revive erased knowledge, and promote education rooted in African contexts. Rotating biennially across African cities and mirrored by an open-access digital archive, PAAB ensures inclusivity and continuity. For Degan, it’s not just an event but an infrastructural and cultural movement—a collective act to reclaim authorship and reimagine African futures on African terms. In 2026, Nairobi will become the stage for a historic first: the Pan-African Architecture Biennale (PAAB). It’s not just a new event, it’s a turning point. For the first time, architects, urbanists, designers, academics, artists, writers, and policy thinkers from across the African continent and its diaspora will gather to explore, question, and rewrite the architectural narratives that have too long been defined by others. But don’t expect sleek models of futuristic towers or polite panel discussions about “development.” This Biennale isn’t selling architectural spectacle. It’s demanding architectural sovereignty. Curated by Somali-Italian architect and educator Omar Degan, the PAAB is being shaped as a radical act of self-definition. A public space where African voices lead the conversation about African spaces. It’s a break from the legacy of Eurocentric frameworks that have long dictated what counts as “good design,” “progress,” or “modernity” on the continent. Africa has always been the center of life, of resources, of knowledge. This Biennale is about reclaiming that center. It’s about shifting the architectural discourse from one imposed on Africa to one authored by Africa. Degan doesn’t mince words. He’s not trying to imitate Venice or align with global design trends. His vision is rooted in the belief that architecture is not neutral, it is cultural, political, and deeply historic. And in a continent of over 1.4 billion people, 54 countries, and thousands of traditions, the idea of a single ‘African architecture’ is both problematic and powerful. The Biennale, in his hands, becomes a platform to deconstruct clichés, surface erased knowledge, and reimagine the future of African cities on Africa’s terms. This isn’t about chasing global relevance, It’s about recognizing that what’s happening here on this continent is already shaping the future. We just need to stop asking permission to say so. At the heart of the Pan-African Architecture Biennale is a bold provocation. Indeed what if everything we’ve been taught about African architecture is wrong? For too long, the architectural identity of the continent has been boxed into two shallow extremes. On one side, there’s the romanticized image of vernacular mud huts, frequently used in travel brochures and academic footnotes, rarely treated as serious architecture. On the other, the glass-and-steel mimicry of Western cities, where so-called “modernity” is measured by height, cost, and how closely a building resembles something seen in Dubai or Shanghai. There’s this dangerous idea that architecture in Africa doesn’t exist unless it’s a safari lodge or a luxury resort designed by someone from the West. That’s the result of decades of colonial framing and academic neglect. This false binary has done real damage. It erases the rich diversity of architectural practices on the continent, flattens cultural expression, and undermines local knowledge systems that have evolved over centuries to respond to specific environments, climates, and ways of living. But Degan isn’t advocating a nostalgic return to tradition, nor is he interested in simply adding African flair to Western templates. His call is for a contemporary African architecture that emerges from the continent’s own logic, one that speaks to its ecological conditions, cultural pluralities, and social dynamics. Architecture is not about style, it’s about relationships to land, to people, to heritage. He points to the double standard embedded in global design culture. In Europe, the stone-and-wood chalets of the Alps are hailed as iconic examples of regional architecture, proof of cultural continuity and environmental wisdom. But when similar values appear in African architecture, natural materials, passive cooling, climate sensitivity they’re often dismissed as backward or undeveloped. Why are our vernacular buildings seen as primitive?” They’re no less architectural. They just haven’t been celebrated through the same lens. Degan believes this lens needs to be shattered and the Biennale aims to do just that. By gathering a wide range of voices and projects from across Africa, it seeks to expand the architectural imagination of the continent and show that African architecture is not a style, but a living, evolving system of knowledge. This is not about aesthetics. It’s about power. It’s about who gets to define what counts as architecture, and who is left out of that definition. The PAAB is not just an event, it’s a challenge to the architecture world itself. Set to debut in Nairobi in 2026, and designed to roam from city to city across the continent every two years, the Biennale aims to spark nothing short of a continental reckoning. It’s a deliberate move away from static, elitist formats and toward something fluid, collective, and rooted in African realities. We’re not trying to copy Venice. We’re not interested in replicating Western models. This is something that needs to feel African, function African, and speak African. At its core, the Biennale is a manifesto for reclaiming authorship, framed around three guiding principles: decolonization, democratization, and reconnection. The Biennale is a direct response to centuries of colonial and neocolonial control over the architectural narrative of Africa. From the design of public spaces to the curriculum in architecture schools, much of what defines “good architecture” on the continent still comes from outside. This event is about taking back the pen about giving African architects, academics, communities, and creatives the space to define, critique, and project their own visions of the built environment. The Biennale seeks to dismantle inherited hierarchies of value, style, and legitimacy. I want real conversations. Hard conversations. Like, why are local architects left out of humanitarian projects? Why does African architecture only get recognition when it’s filtered through a Western lens? The physical event in Nairobi will feature exhibitions showcasing both built and speculative projects, documentation of vernacular practices, and design research rooted in African contexts. But this isn’t just about presentation, it’s about dialogue. Instead of the usual polished panel discussions, the Biennale will host open debates where friction is welcomed and difficult questions are confronted head-on. Workshops will engage not only professionals but also students and families, making space for intergenerational exchange and grassroots participation. Across the city, installations and pop-up events will decentralize the experience, taking the Biennale out of formal institutions and into public spaces. It welcomes not just architects, but sociologists, anthropologists, planners, artists, historians, community activists, writers, and even sci-fi authors. Because building the future of African cities isn’t just a technical task, it’s a cultural, social, and political one. I want to hear from sci-fi writers. They’re imagining futures. And architects need to be in conversation with that. With dreamers, storytellers, and community builders. Workshops will engage families, students, and citizens not just professionals. Discussions will be multilingual, and spaces will be physically and digitally decentralized. It’s a vision of architecture as something collaborative, public, and alive. I don’t care about cute exhibitions where people take selfies at the vernissage. I want debates. I want friction. I want uncomfortable questions. Most global architecture events cater to the few elite institutions, jet-setting practitioners, and media-friendly “starchitects.” The PAAB is designed to do the opposite. The Biennale is preparing a fully digitized, open-access version that mirrors its physical counterpart. Every exhibition, talk, and research project will be documented, archived, and made freely available online. The reality is 90% of the people who would benefit from this Biennale won’t be able to travel to Nairobi. So we’re bringing the Biennale to them. That’s not a compromise. That’s the point. This is not an afterthought or a supplement, it’s a core component of the Biennale’s vision. The digital platform is being designed as a long-term knowledge infrastructure, a living archive that grows with each edition and remains accessible to anyone, anywhere. For students in Kisangani, researchers in Accra, or architects in the diaspora, the Biennale will be just a few clicks away. The goal is to redistribute access to architectural discourse, to break the cycle where African architects must go through Western publications or institutions to gain visibility on their own continent. The structure of the Biennale also reflects its pan-African ambition. After its inaugural edition in Nairobi, the Biennale will rotate every two years, landing in a different African city each time. This mobility is more than symbolic. Each host city will shape the identity, themes, and content of its edition, ensuring that the Biennale remains rooted in local realities and reflective of the continent’s vast diversity. What it looks like in Dakar will not be what it looks like in Addis Ababa, and that’s the point. One of the most urgent battles the Pan-African Architecture Biennale hopes to ignite is not about buildings, it’s about education. For Degan, the crisis in African architecture starts in the classroom, where outdated syllabi continue to shape how the next generation of architects think, design, and imagine. We’re still teaching Le Corbusier and Mies van der Rohe like they’re gods. But how many students know about Demas Nwoko, Hassan Fathy, or even someone like Laurie Baker, who worked in India for decades ? This is not a call to erase Western architectural history, but a demand for relevance and balance. Why are African architecture students still learning about 20th-century European masters in isolation without grounding in their own contexts, their own histories, their own climates and communities? The result, Degan warns, is a profession that continues to design for ideals imported from elsewhere, instead of from the ground up. But he’s quick to point out that fixing this is not as simple as swapping out a few textbooks. The deeper issue is a systemic absence of African documentation. Generations of African architects have worked often under challenging conditions, but left little behind in the way of drawings, essays, case studies, or critical reflections. Without archives, without records, without publications, the knowledge vanishes. If practitioners don’t write, if they don’t publish, then the next generation has nothing to learn from. We need to build a culture of documentation, archiving, and knowledge-sharing. Otherwise, we’re just repeating the same mistakes in silence. The Biennale, then, is not just an event or a showcase, it’s a call to action for a more self-reflective, self-sustaining architectural culture. Through its digital archive, its cross-generational dialogue, and its continent-wide network of contributors, it hopes to create a new reference library for African architectural education, one written from within. For Degan, the Biennale is also a political intervention, a way to build momentum behind local agency and push back against a top-down, imported vision of urban development. He believes African architects should have a stronger voice not just in the profession, but in policymaking, planning, and governance. We need to stop asking for a seat at the table. We need to build the table ourselves, and make it strong enough that no one can ignore it. The most radical ambition behind the Pan-African Architecture Biennale may not lie in what it presents, but in how it exists. From the start, Omar Degan has been clear: this is not another iteration of Venice in warmer weather, nor a tribute act to Chicago or Lisbon. It’s not about adapting a Euro-American model to African soil, it’s about a strory rooted in African realities, complexities, and contradictions. This has never been done before. That’s why it’s hard. But if we don’t create an African model for architectural discourse now, then when? What Degan and his team are attempting is not just a cultural event it’s an infrastructural shift. One that questions the frameworks of prestige, the flows of funding, the language of validation. One that builds its own platforms, its own archive, its own vocabulary. And crucially, one that does not wait for approval. Each one of us has a role to play. Students, practitioners. the moms bringing their kids to see what the future could be. This is not a passive event, this is a collective act. Participation doesn’t require a plane ticket. If you can’t be in Nairobi, the Biennale will meet you where you are digitally, openly, in your language and on your terms. Through its digital platform, open access archive, and decentralized philosophy, the PAAB is actively dismantling the idea that meaningful architectural discourse only happens in the room where power gathers. What’s being launched in 2026 is not a culmination, it’s a beginning. A beginning of new networks, new pedagogies, new alliances across borders and disciplines. A beginning that insists African cities are not blank slates for imported visions, but living systems of memory, struggle, creativity, and resilience. Get the full African Cities Magazine 6 Download the full article here degan-article-african_cities_magazine_6_english-20250826 .pdf Download PDF • 4.12MB Previous Next

  • Africityshoot: Lubumbashi-DRC

    Lubumbashi is the second-largest city in the Democratic Republic of the Congo, located in the country's southeasternmost part, along the border with Zambia. Discover through this series all the energy and beauty of this city of more than 2 million inhabitants, with a rich history and an impressive architectural heritage. Lubumbashi-DRC Lubumbashi is the second-largest city in the Democratic Republic of the Congo, located in the country's southeasternmost part, along the border with Zambia. Discover through this series all the energy and beauty of this city of more than 2 million inhabitants, with a rich history and an impressive architectural heritage.

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